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ISBN : 2848931140
Éditeur : Les Deux Terres (2012)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un héros dubitatif mais moral, avec une écriture pressante d’une grande force de frappe.»
The Times Literary Supplement


Une enquête de l’inspecteur Korolev

Après sa dernière enquête en 1936, l’inspecteur Korolev est décoré e... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Illion, le 28 janvier 2015

    Illion
    Nous retrouvons donc dans ce deuxième opus de ses enquêtes, l'inspecteur Korolev de la Milice de Moscou. Nous l'avions laissé en proie au doute suite aux évènements du Royaume des Voleurs, quatre mois plus tard le colonel Rodinov fait appel à lui pour enquêter sur un suicide suspect à Odessa où un film à la gloire du régime soviétique est en tournage. Nous sommes en 1937, Moscou sombre peu à peu dans l'hystérie délétère et dénonciatrice des grands procès pendant qu'à l'Ouest, les Allemands commencent à s'agiter et à fourbir leurs armes en Espagne...
    La structure du livre est similaire à celle du premier ouvrage : 29 chapitres relativement courts favorisant une lecture dynamique du texte, chacun avec son "thème" (un évènement du scénario, une étape de l'enquête...) Les personnages "principaux" étant un peu plus nombreux, l'auteur a eu la gentillesse d'ajouter en début de livre une page "personnage" avec une brève description de la fonction de chacun. J'aurais un barème à points je mettrais +1 pour cette initiative très sympa et intéressante ^^.
    Les premiers chapitres servent à remettre en place (pour ceux qui l'auraient oublié, les vilains XD) le personnage de Korovel et faire le point sur ce qu'on lui demande cette fois-ci. le pauvre est à nouveau engagé malgré lui dans une enquête à caractère politique alors qu'il ne rêve que de se faire oublier par la Tchéka... le tout parsemé et saupoudré d'une description précise et documentée du contexte de l'époque, des conditions de vie, de la psychologie de la population qui tremble en masse parce que finalement personne (ou presque) n'a totalement adhéré aux principes du Parti. Korolev lui-même est secrètement un croyant quand tous les soviétiques sont officiellement athées. Au vu du caractère politique de l'enquête, Korolev est supposé être "en vacances" sur le lieu de tournage. Mais les coïncidences s'enchainent et personne n'est dupe de la situation. Tout le monde sait mais "tout le monde" feint d'être aveugle et sourd pour ne pas avoir de problèmes... Les passages dédiés à ce fait sont, je trouve, remarquables de psychologie : même les enfants savent ce qu'il en est. Comme quoi le régime soviétique n'a réellement fonctionné que parce qu'on voulait vivre.
    Comme dans le premier livre, l'enquête patauge un long moment, presque jusqu'au dernier quart du livre. Cela permet à l'auteur de poser son décor et de mettre en place les éléments les uns après les autres afin de construire un arrière-plan contextuel de qualité, un peu comme un orfèvre. Après s'être intéressé à la Caste des Voleurs qui sévit à Moscou la citadine, nous voilà plongés dans les répercussions de la Révolution à la campagne et dans les arts avec le cinéma. Ce qui permet d'évoquer également les troubles du début de l'après-Révolution ainsi que la propagande, dans le cinéma par exemple. Bien entendu le lecteur, encore une fois, ne peut pas s'empêcher de comparer son propre mode de vie moderne et ce qu'il sait de l'Histoire, avec ce qui est dit. Les allusions aux Etats-Unis et à la supposée supériorité soviétique font rire jaune parce qu'on sait ce qu'il est vraiment advenu et, de mon point de vue, les descriptions du régime soviétique et de ces conséquences ne sont ni plus ni moins qu'une description de la misère humaine la plus noire. Tout les hommes sont égaux certes mais dans la pauvreté.
    Mais revenons à l'enquête. Si celle du premier livre était traitée à la manière d'un Sherlock Holmes avec de nombreuses références, ici nous avons plutôt droit à un Agatha Christie. Les évènements se sont déroulés en "huis clos" dans le sens où l'assassin est nécessairement présent parmi les suspects du début de l'enquête. Tous sont réticents à parler, et semblent avoir un alibi solide. Personne ne semble avoir de raison pour tuer la victime et les choses n'avancent que lentement. Les personnages les plus jeunes (les enfants) sont à nouveau ceux qui font le plus progresser l'affaire. Et comme dans un Agatha Christie, le coupable est finalement celui que l'on soupçonne le moins ou qui semble au-dessus de tout soupçon. J'ai mis un peu de temps à réaliser ces analogies mais j'aime beaucoup ^^. Je crois que l'auteur rend ainsi hommage aux auteurs emblématiques du Royaume-Uni et c'est parfaitement réussi pour moi :D
    Dernier point essentiel : la fin m'a-t-elle plu ? Pour ceux qui ont lu la chronique du Royaume des Voleurs, vous vous souvenez sans doute que la fin m'avait grandement déçue... du coup en attaquant le "fatidique" 24ème chapitre j'avais un peu d'appréhension. Mais non tout c'est bien passé ^^ Bon en soi cette fin ne casse pas des briques, mais elle est cohérente avec le scénario et permet une "décompression" progressive de la tension narrative après la montée en puissance des chapitres précédents. Ce de manière bien mieux maîtrisée que le premier livre.
    Bilan : ce coup-ci j'ai pu savourer pleinement le livre du début à la fin. Les attentions de l'auteur pour rendre son récit intelligible ou permettre aux lecteurs de s'informer plus avant sur la période historique décrite sont vraiment appréciables. C'est même un plus ! On sent dans son écriture fluide et vivante qu'il se soucie de la compréhension de ses lecteurs, c'est une bonne chose. Si le troisième livre Les enfants de l'Etat augmente encore le niveau qualitatif de la série, c'est un coup à devenir accro au style de William Ryan ;) J'ai passé un très bon moment, merci ^^.
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    • Livres 5.00/5
    Par yv1, le 15 avril 2012

    yv1
    La paranoïa organisée par Staline gangrène le pays entier et personne n'est à l'abri de se voir déporter en Sibérie ou de disparaître totalement. C'est donc dans ce contexte que Korolev doit aller enquêter sur la mort de la maîtresse d'un des hommes les plus forts du pays, l'un de ceux qui d'un claquement de doigts peut vous anéantir. C'est donc muni d'un "puissant instinct de conservation", "d'un cerveau en état de marche" (p.33) et d'une grande prudence que l'inspecteur s'envole pour Odessa.
    Là-bas, il sera secondé par une jeune policière, Slivka qui se révélera être d'une aide précieuse. Il reverra aussi les personnes présentes dans la première aventure, le Comte Kolya, prince des voleurs, Babel l'écrivain. Son enquête ne sera pas de tout repos. L'intrigue est suffisamment retorse pour tenir en haleine jusqu'au bout, alternant multiples suspects, rebondissements, divers trafics, des trahisons et des complots. Bien charpentée donc cette enquête et solidement ancrée dans ce pays et dans cette époque si tendus et si propices à de bons romans. J'aime beaucoup les polars avec contexte et là je suis servi. Comme dans le premier tome, la tension est plus que palpable, nette. Les personnages sont constamment sur le qui-vive
    A certains moments on a la sensation que les personnages ne peuvent pas donner le meilleur d'eux-mêmes, qu'ils sont brimés, limités par la chape de plomb qui règne dans la Russie de l'époque. C'est particulièrement vrai pour les deux principaux protagonistes, Slivka et Korolev dont on sent bien que s'ils étaient dans un pays libre, ils pourraient se lâcher et faire éclater leur potentiel, faire exploser les carcans qui les entourent pour enfin donner libre cour à leurs vraies personnalités. C'est très bien vu par l'auteur qui réussit avec ce atrtagème à nous faire toucher du doigt le malaise et le malheur de ces années et la difficulté à vivre dans un pays qu'on aime mais qui est gouverné par des tyrans.
    Pour conclure : un héros récurrent qui prend de l'ampleur dans sa deuxième enquête (une coéquipière qui mériterait d'en prendre aussi, mais mon petit doigt me dit...), un contexte particulièrement bien senti et fort, eh bien voilà de très bons ingrédients pour un roman policier de très bonne qualité qui appelle une suite, un troisième numéro ; je suis déjà sur la liste des prochains lecteurs !

    Lien : http://www.lyvres.over-blog.com
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    • Livres 4.00/5
    Par zembla, le 23 mars 2012

    zembla
    Deuxième aventure de l'inspecteur Korolev dans la Russie des purges stalliniennes de 1937 . Après "le royaume des voleurs" où il avait du faire face a une enquête difficile dans un contexte politique dangereux, il se retrouve embarqué dans une enquête criminelle où il doit enquêter sur le suicide présumé de Maria une jeune assistante de production sur un film de propagande.

    J'avais découvert grâce a un partenariat avec Babelio et les éditions des Deux terres le premier épisode "Le royaume des voleurs" qui m'avait emballé par la nouveauté du cadre dans lequel se déroulait le roman , la Russie de Stalline, et par la qualité de son intrigue policière. J'ai eu la surprise et la joie de recevoir le deuxième livre de la série des aventures de l'inspecteur Korolev par les éditions des Deux terres que je remercie pour cette délicate attention. le personnage de Korolev m'a fait pensé immanquablement a celui de Bernie Gunther de "la trilogie berlinoise" par son contexte historique et sa manière d'aborder les problèmes.
    On retrouve dans ce roman les mêmes qualités qui ont fait le succès du premier : une intrigue prenante et rondement menée, une galerie de personnages passionnants, une atmosphère oppressante dans une Russie où la peur est omniprésente entre terreur stallinienne et révoltes sanglantes des opposés au régime.
    On retrouve les personnages haut en couleur du premier épisode que ce soit Babel l'écrivain et le "comte" Kolya le roi des voleurs mais on fait aussi connaissance avec une nouvelle venue le sergent Slivka qui forme avec Korolev un duo d'inspecteur détonnant.
    Un 8/10 pour ce roman policier toujours aussi passionnant et haletant. Vivement la suite!
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    • Livres 4.00/5
    Par mallou29, le 27 avril 2012

    mallou29
    J'ai retrouvé dans ce nouvel opus tous les ingrédients qui m'avaient charmé dans le précédent. Pour commencer, ce cher inspecteur, fidèle à lui-même, droit et consciencieux, décidé à mener à bien l'enquête qu'on lui a confié malgré les pressions sous-jacentes et constantes qui sont de mises dans cet univers soviétique tendu. Certaines informations qui lui apparaissent au cours de l'enquête pourraient lui coûter la vie et celles de ses proches mais il cherche tout de même à mener à bien son enquête malgré le danger.
    Film noir à Odessa c'est aussi tout une ambiance formidablement bien retranscrite de l'union soviétique dans ses terribles années, quand les tensions politiques supplantent le bien être du peuple, quand la religion est brimé par l'Etat et qu'il est dangereux pour n'importe qui d'en faire mention, quand la modernisation côtoient les pénuries alimentaires. Pour moi, c'est une des forces de cette série, de pouvoir nous ramener à cette époque avec autant d'authenticité et surtout que l'on arrive à ressentir tout cela à travers les mots de l'auteur. C'est aussi un cadre très bien planté avec des paysages et des décors décrient de tel manière que l'on peut facilement se les imaginer sans avoir mis les pieds en URSS. Il est d'ailleurs possible de se plonger un peu plus dans cette atmosphère sur le site de l'auteur.
    La difficulté des thrillers avec des personnages récurrents restent de savoir se renouveler suffisamment pour éveiller la curiosité du lecteur et le garder en haleine. Après seulement deux aventures il est difficile de dire si Ryan William a cette capacité mais on peut espérer que oui. Pour ce second tome, il a su transposer son héros dans un tout autre décor, garder certains repères du premier, amener de nouveaux personnages (qui pourraient devenir eux aussi récurrent) et développer une enquête dans un tout autre contexte que la première. Une enquête qui, bien que commençant un peu lentement, va nous emmener sur plusieurs pistes, pas forcément en lien avec la mort à résoudre mais qui contribuent à poser le contexte et petit à petit à dévoiler le coupable.
    En bref, un thriller très prenant, un héros à suivre, une atmosphère oscillant entre révoltes et oppressions, et un auteur à découvrir !

    Lien : http://labibliodemalou.blogspot.fr/2012/04/film-noir-odessa-de-ryan-..
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    • Livres 2.00/5
    Par famillemartinet, le 01 septembre 2014

    famillemartinet
    2ième enquête de Korolev qui se retrouve en Ukraine pour résoudre une affaire dans le milieu du cinéma russe.
    on retrouve les éléments de l'opus précédent (flic usé et fatigué et surtout la pression du régime) mais ça ne prend pas vraiment.
    c'est assez laborieux au départ,mais c'est peut être volontaire (korolev est claqué et il a du mal à s'y mettre), pour s'améliorer ensuite.
    seul le perso principal et sa nouvelle adjointe sauve vraiment la mise.
    une déception par rapport au très bon le royaume des voleurs.
    j'espère que le 3ième,Les enfants de l'Etat, rehaussera le niveau
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Citations et extraits

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  • Par yv1, le 15 avril 2012

    Voilà pourquoi il devait demeurer vigilant, ce qui voulait dire vivre sur le fil du rasoir, en avoir conscience, et faire confiance au Seigneur pour veiller sur lui et les siens. Évidemment, certaines personnes pourraient lui dire que le Seigneur était une fiction et une superstition, inadaptée à la réalité scientifique et logique du pouvoir soviétique. Pourtant, il était prêt à parier ses belles chaussures que la moitié de ces personnes priaient avec la même ferveur que lui pour être guidées dans cette vallée de larmes. A vrai dire, il en était certain. Ces individus avaient beau parler comme des bolcheviques, ils demeureraient toujours des croyants dans leurs coeurs de Russes. C'était dans leur nature. (p.121/122)
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  • Par yv1, le 15 avril 2012

    Des militants s'accusaient mutuellement de ne pas faire preuve d'assez de vigilance, de cacher leurs origines sociales, d'être d'anciens mencheviques, ou pire encore, des partisans de Trotsky l'exilé. Et parfois un de ses collègues disparaissait. (p.24)

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  • Par yv1, le 15 avril 2012

    Mon Dieu, non, dit Shymko, avant de se ressaisir lorsque Babel exprima sa réprobation d'un petit claquement de langue : prononcer le nom du Seigneur était devenu un blasphème. (p.72)

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