ISBN : 9782081267725
Éditeur : Flammarion (2011)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
Voici un texte qui alterne poésie douce et drôlerie franche.
Par la voix d'une très vieille dame sur son lit de mort, et par celle de son arrière-petitefille, une jeune femme que la vie moderne bouscule, cinq générations parlent. Face aux duretés de la vie, face ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Corboland78, le 23 mars 2012

    Corboland78
    Fanny Saintenoy est née en 1971 et vit à Paris avec ses deux enfants. Après avoir été professeur de français langue étrangère, responsable du centre d'apprentissage des langues de la CIUP, elle travaille depuis quelques années au cabinet du Maire de Paris. Son premier roman, Juste avant, vient de paraître.
    Certains livres sont comme des boîtes à musique, on les ouvre à peine et déjà la douce mélopée vous enchante. C'est exactement ce qui s'est passé lorsque j'ai entamé la lecture de ce roman, autobiographique je suppose, dès les premières lignes lues j'ai compris que j'avais un bon bouquin entre les mains.
    Une vieille femme sur son lit de mort se remémore sa vie, Fanny son arrière petite-fille l'assiste dans ses derniers instants, elle aussi repasse le cours de leurs vies dans sa tête. le sujet paraît mortifère dit ainsi mais il faut bien que je vous donne une idée du thème traité par l'auteur, d'ailleurs on ne devrait jamais s'attacher uniquement au résumé d'un roman car il n'existe finalement que très peu de sujets en vérité, l'amour, la mort et un ou deux autres peut-être, tout est dans l'art et la manière de les développer.
    Fanny Saintenoy possède cet art. le ton n'est jamais larmoyant, la vie est une succession d'instants de joie et de peines, souvenons-nous de nos moments heureux, tâchons d'oublier les mauvais. Un siècle d'histoire, en toile de fond de ce récit de la vie de cinq générations de femmes, de la mourante jusqu'à la petite Milena, fille de Fanny. Car il n'y a que des femmes dans ce roman, « les hommes, ils tiennent pas le coup dans cette famille, soit ils partent à la guerre, soit ils se défilent », le Front Populaire, les deux guerres, Mitterrand, quelques lignes suffisent à évoquer ces repères historiques dans les mémoires des deux femmes dont les réflexions se répondent par chapitres alternés.
    Tout est magnifique dans ce premier roman, l'écriture est simple et familière, aucune de ces femmes n'a de destin sortant du commun, tout est assez banal pour être franc, mais c'est exprimé avec tant d'affection modeste et d'amour qu'on s'installe dans la lecture comme si on était chez soi. Un peu comme lorsque on va chez des voisins très chaleureux qui savent vous mettre à l'aise immédiatement, « les voisins, quand ça fait tellement longtemps, c'est presque la famille ».
    Le bouquin est très court, 119 pages à peine, mais on se délecte de chacune, gorgée de force tranquille et de petites réflexions justes ou pleines d'humour, comme cette pensée de la vieille femme qui se meurt « J'ai souvent entendu les gens dire, du haut de leur grande jeunesse : « Si j'étais comme ça, je préfèrerais mourir. » J'aimerais bien vous y voir, petits frimeurs ! Quand le moment est venu, on s'emballe beaucoup moins. »
    Fanny Saintenoy a trouvé un style et un ton qui font de son premier roman une vraie réussite, je vous conseille vivement ce livre.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson, le 05 décembre 2011

    mimipinson
    Juliette, alias Granny, est tout près de la mort. Fanny, son arrière petite -fille (l'auteur?)est là pour l'accompagner de l'autre côté. Chacune son tour, elles racontent, se racontent. Un dialogue en miroir, Juste avant la fin, comme un passage de relai.
    Un livre de femmes, écrit par une jeune femme. Les hommes se font rares ; mort à la guerre pour celui de Juliette, inexistant pour Jacqueline, sa fille, parti pour celui de Martine…et là sans être là pour celui de Fanny.
    Au travers de ce cet échange sous la forme d'une conversation orale où le contenu prime sur la forme, se déroule l'histoire, et l'évolution des femmes au cours du siècle.
    Fanny Saintenoy, en adoptant un style "langage parlé "et gouaille d'enfant du peuple, donne une fraicheur et une véritable sincérité à son roman.
    Le ton y est à la fois drôle, grave, caustique.
    « le cancer n'aime pas les vieux, ça l'excite pas, il lui faut de la cellule fraiche »
    « Les morts précoces, ça met un drôle de bazar dans les familles, et dans les cœurs. »
    Vous ne pensez pas si bien dire Madame Saintenoy.
    Aucune place n'est laissée aux pleurs, à la mélancolie. S'il y a des regrets (qui n'en a pas ?) on en parle, mais pas plus qu'il ne faut. C'est de vie dont il est question, malgré les coups durs. Une vie s'en va, mais la vie se perpétue au fil des générations.
    J'ai trouvé ces pages reposantes, et tendres. Je me suis amusée de certaines répliques :
    « Ils sont drôlement décontractés, les curés de maintenant. C'est dommage d'avoir raté ça. »
    Un livre à lire, un auteur à découvrir .


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/12/juste-avant.html
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Pchabannes, le 03 septembre 2011

    Pchabannes
    Un magnifique contre-chant avec ses deux complaintes en miroir, formant un parfait équilibre tout en harmonie et contrepoint. Ce beau canon sonne juste grâce à sa ponctuation musicale le transformant en un ostinato plein d'amour et de douceur qui pénètre physiquement les yeux et les cœurs.
    “C'est bien de mettre un peu d'ordre dans ses pensées avant de partir, comme on range sa maison avant un grand voyage”. Juliette, au seuil de ses cent ans, les yeux fermés, abandonnée sur son lit, comme dans un dernier soupir revoit sa vie, ses amours….et Fanny, son arrière-petite-fille, trentenaire, à son chevet, l'enveloppe de ses souvenirs partagés. Car Juliette, sa Granny, “aime bien l'idée que les pires moments deviennent une énorme crise de rigolade entre filles de quatorze à quatre-vingt-quatorze ans”.
    Je me souviendrai longtemps de cette nouvelle qui s'offre à la lecture et laisse à penser que l'on ressent une musique.
    L'on se prend à penser que Fanny a peut-être à voir avec l'écrivain. Alors bien que n'enlevant rien aux qualités du texte, il faudra attendre une nouvelle publication née d'une source d'inspiration moins autobiographique.
    Lectori salutem, Pikkendorff


    Lien : http://quidhodieagisti.kazeo.com/Lectures-diverses-critiques-et-comm..
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Sharon, le 17 janvier 2012

    Sharon
    Ce livre est un premier roman. Bonne nouvelle : il n'est pas rempli de promesses sur l'oeuvre à venir de l'auteur, il est une réussite. J'ai eu même envie de dire "ça ne se voit pas que c'est un premier roman" pour parler avec autant de gouailles que l'héroïne.
    Ce roman peut autant se définir par ce qu'il n'est pas que par ce qu'il est. Il n'est pas pesant, il n'est pas larmoyant. La vie de l'héroïne balaie le siècle mais jamais au grand jamais, même dans les temps forts de ce siècle (première guerre mondiale, seconde guerre mondiale, mais aussi première guerre en Irak, dont on parle fort peu, finalement), elle ne sera une pesante reconstitution historique, parce que ceux qui ont vécu ces périodes ne ressentent pas le besoin de détailler le savon qu'ils utilisaient ou les réclames qui couvraient les murs.
    Pas larmoyant, certes, mais pas non plus idyllique. Il n'aurait plus manqué qu'au soir de sa vie, Granny, comme l'appelle affectueusement Fanny, la narratrice (l'auteur ?) sombre dans la béatitude la plus profonde et nimbe de rose les heures les plus difficiles et les plus douloureuses de sa vie. Ce qu'elle a vécu, ce qu'elle a souffert, elle s'en souvient. L'injustice de la mort de sa vie. La cruauté des religieuses. L'indifférence de sa mère, femme autoritaire comme il y en avait plus qu'on ne croit en cette période. L'absence des hommes, disparus ou partis. Elle ne croit pas à l'hérédité, pourtant de génération en génération, une femme se retrouve seule avec sa fille unique à élever. Il paraît qu'il faut juste se rendre compte de ce schéma répétitif pour briser la fatalité. Je me demande ce que Fanny penserait de ce jugement.
    Bien sûr, en lisant ce livre, j'ai pensé à ma propre aïeule qui elle aussi avait deux filles pendant la première guerre mondiale, un mari au front, revenu blessé lui aussi. J'ai pensé à cette longue chaîne féminine qui m'unit à elle, Geneviève, en passant par ma grand-mère, qui avait 39 ans à la naissance de ma mère. J'ai pensé à mon grand-père qui manifestait en 36 et qui n'est pas allé aussi loin que Louis - n'ai-je pas déjà dit que ma grand-mère avait une forte personnalité et que quand on a cinq filles à élever, on ne s'expose pas exagérément ?
    Ce qui se dégage aussi de ce texte est la profonde tendresse entre l'aïeule, mourante, et son arrière-petite-fille. Les deux voix se répondent avec beaucoup de douceur, sans que jamais leur alternance ne paraisse artificielle. Au contraire, j'ai eu l'impression de découvrir comme un contrepoint musical, chant et contre-chant, entre ses deux voix. Les souvenirs et les regrets aussi, pourrai-je dire si le titre n'était déjà pris. Les voyages de Fanny remplacent tous ceux que Granny n'a pu faire - et n'a même pas eu envie de faire. Les photos, ces morceaux de temps arrêtées, sont interprétées différemment par les deux femmes mais l'émotion ressentie est partagée également. Et toujours, cette douceur et cette délicatesse nous rendent les personnages particulièrement attachants.
    Juste avant est un livre touchant, délicat, à découvrir absolument.

    Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-juste-avant-de-fanny-..
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    • Livres 3.00/5
    Par lotusmauve, le 19 décembre 2011

    lotusmauve
    Dans ce premier roman, Fanny Saintenoy fait parler deux femmes qui ont plus d'un demi-siècle d'écart. Fanny, trentenaire, se rend au chevet de son arrière grand-mère pour l'accompagner en fin de vie. L'éditeur a choisi de matérialiser les deux voix qui alternent et se répondent dans des chapitres courts, en choisissant une police de caractère pour chacune des narratrices.
    Juliette, surnommée Granny par son arrière petite-fille, nous fait revivre différents moments de sa vie, de sa prime jeunesse aux dernières années.
    Les femmes tiennent une place prépondérante dans ce récit. En effet, la vieille dame a toujours vécu entourée de présences féminines : tante, sœur, fille, petite-fille... Ce récit interroge la relation mère-fille. Cela commence avec la mère de Juliette, incapable de lui donner de l'amour et qui lui préfère sa sœur, Suzanne. Puis il y a le soutien que Juliette va apporter à sa fille lorsque celle-ci aura un enfant à son tour et refusera de dévoiler l'identité du père. Juliette vivra alors avec sa fille et sa petite-fille. Son arrière-petite fille, Fanny, à son tour, lui rendra visite l'été, puis se mariera et aura une petite fille à son tour.
    Les hommes, eux s'éclipsent. le mari de Granny disparaît à la guerre, elle ne connaît pas le père de sa petite fille, quant au mari de son arrière-petite fille, la jeune narratrice nous apprend qu'elle est séparée de lui au début du récit.
    Aucune complainte dans ce récit, malgré les malheurs qui traversent une vie longue de presque cent ans... Ces souvenirs sont emprunts de nostalgie, de douceur, de tendresse, de joie.
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Critiques presse (1)


  • LeMonde , le 19 août 2011
    Ce qui pourrait être une histoire sinistre devient, grâce à la sobriété, à l'élégance et l'humour de Fanny Saintenoy, tendre et drôle. On traverse le XXe siècle, ses guerres, ses espoirs, ses tragédies, et l'on suit une famille, avec ses malheurs liés à l'Histoire, ses bonheurs et ses désastres intimes.
    Lire la critique sur le site : LeMonde

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Citations et extraits

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  • Par Corboland78, le 20 octobre 2011

    Un jour je leur ai raconté l’arrestation aux filles, c’était le première fois il me semble, j’aurai attendu quarante ans pour ça. Elles se sont foutues de moi parce que j’avais précisé que mon mari n’avait pas pu manger sa soupe avant de partir. Il était de la Corrèze, Louis, il a toujours gardé cette manie de la soupe à cinq heures du matin. Qu’est-ce que ça m’énervait ! Je me rappelle, y avait Marie, la petite filleule de Fanny, elle était pliée en deux, elle ne pouvait plus s’arrêter. C’est resté ça aussi. Ca ne m’a pas choquée. Moi, après, je rigolais comme elles. C’est vrai qu’un type qu’on emmène dans les bureaux de la Gestapo, il a sûrement d’autres préoccupations.
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  • Par csapin, le 04 juillet 2011

    J'adorais ça, les fous rires entre filles, surtout ceux qui durent, que ça monte de plus en plus jusqu'à l'étouffement et qu'il faut s'arrêter parce qu'on a trop mal au ventre. Je trouve que les garçons, ils savent pas bien avoir des fous rires, c'est pas pareil. Question d'aigus peut-être, c'est sûrement faux ce que j'avance, mais j'en resterai persuadée.
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  • Par lapublivore, le 14 décembre 2011

    Ma vieille pomme, dans le couloir, quand je venais te voir à la Madeleine, j'avais toujours l'appréhension d'en prendre un coup, il faut se gonfler un peu les épaules avant de pénétrer dans une maison de retraite, se faire une petite carapace de protection. Rien que l'odeur, et puis pousser la porte du service, on entrait dans un autre monde, celui de la désespérence. J'avançais lentement, la décrépitude impose le silence. Je jetais des coups d'oeil à droite et à gauche, toutes les deux portes. Les vieilles dans leurs fauteuils, le fauteuil ou le lit, regards vides et perdus devant la télé allumée seulement pour faire du bruit, une pure tristesse de chien dans les yeux quand elles se tournaient pour me voir passer. Des bras secs et pendants au-dessus des couvertures miteuses, éventail d'odeurs âcres et fades. Un autre genre de couloir de la mort. Comme un film au ralenti, je vois ta silhouette tout au bout, frêle, accoudée à la barre, l'épaule qui traîne un peu le long du mur. Ton visage se transformait tout doucement, le temps que tu plisses les yeux plusieurs fois pour nous reconnaître. J'aimais que tu oublies toujours les dates de nos visites, comme ça tu avais l'air surpris, à chaque fois, c'était ma récompense.
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  • Par lapublivore, le 14 décembre 2011

    Pendant des années, j'avais une copine à l'étage du dessous, Mme Garrigue, nous passions presque toutes nos journées ensemble. Elle est morte d'un seul coup, ça ne m'a rien fait, pas une larme, pas un regret, rien qu'un peu de dégoût devant son corps jauni. J'irai regarder "Tournez manège !" chez une autre, voilà tout. Incroyable, l'indifférence des vieux pour les autres vieux.
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  • Par Inextenso, le 14 novembre 2011

    Ma petite-fille va bientôt dépasser l'âge de sa mère, ça fait un drôle d'effet, je me rappelle, de se dire qu'on est plus vieux que ses parents. J'ai plein d'amis à qui ça a fait ça, ils allaient sur la tombe de leur père, mort à la guerre de 14, et ils avaient l'impression de prier pour un gamin, un gamin d'une vingtaine d'années qui était censé les élever et veiller sur eux.
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Fanny Saintenoy : Ecrire son deuxième roman .
Fanny Saintenoy a mis dix ans à faire éditer son premier roman "Juste avant" (Flammarion, 2011). Elle s'est depuis lancée dans l'écriture d'un nouveau livre. Mais comment aborder ce deuxième roman ? Selon Fanny Saintenoy, c'est une aventure à la fois excitante, passionnante et angoissante !








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