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ISBN : 2070134598
Éditeur : Gallimard

Note moyenne : 3.73/5 (sur 956 notes)
Résumé :
Le narrateur, apprenti romancier, prend conscience à l’occasion du décès de son grand-père de tout ce qu’il n’a pas su vivre avec lui. Il comprend que le seul moyen de garder l’amour vivant est de cultiver la mémoire des instants heureux. Dans le même temps, frappée par le deuil, sa grand-mère semble perdre la tête. Il assiste aux manœuvres des proches pour la placer en maison de retraite et vendre à son insu son appartement. Ce qu’il n’a pas su vivre avec son grand... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (205) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
cicou4528 septembre 2011
  • Livres 5.00/5
J'ai vraiment adoré ce roman, la preuve étant que je l'ai littéralement dévoré en deux jours. Il y en a qui ne vivent que d'amour et d'eau fraîche, moi je viens d'amour bien entendu, de littérature et d'eau fraîche histoire de me remettre de mes émotions. Et combien il y en a eu dans cette prose que j'ai trouvé magique et envoûtante. Certes, cette lecture n'est pas des plus réjouissantes puisque l'on y parle beaucoup de mort, de solitude, de séparation mais aussi, et avant tout je dirais, d'amour et de vie.
La trame du roman est celle d'un jeune garçon qui se remémore les bons souvenirs passées avec son grand-père avant que ce dernier ne rende l'âme. Et puis le jeune garçon grandit et apprend que la vie peut continuer, mais après avoir perdu des êtres qui vous sont extrêmement chers. de toutes façons, la vie finit toujours par se frayer un chemin. Elle n'a pas d'autre alternative que de continuer à avancer et d'entraîner avec elle ceux qui croient qu'ils ont été laissés pour compte sur le long chemin de la vie souvent parsemé d'embûches mais aussi de joies et de petits riens qui font que l'on continue à s'émerveiller des surprises que celle-ci nous réserve. Puis, après la mort du grand-père, ses enfant prennent la dure décision d'emmener leur mère (la grand-mère du narrateur) dans une maison de retraite mais cette dernière est loin de se résoudre à accepter la condition qu'on lui impose, à savoir celle de vielle femme incapable de subvenir seule à ses besoins. Aussi, aussi insensé que cela puisse paraître et ayant retrouvé l'inconscience de ses dix-sept ans, elle décide faire une fugue et de s'envoler sur le chemin de son enfance et de sa ville natale : Etretat. C'est encore une fois le petit-fils qui retrouvera sa trace et décidera de l'accompagner dans sa dernière folie à savoir la reconquête d'une tâche qu'elle l'impression d'avoir laissé inachevée. C'est en l'accompagnant dans l'école de son enfance qu'il fera la rencontre d'une jeune institutrice, Louise, qui deviendra bientôt sa femme et avec qui il aura un enfant : Paul.
Alors que le lecteur assiste à la formation d'un couple, un autre se déforme et ainsi de suite. C'est un peu une sorte de "tournez manège" assez étourdissant et pourtant tellement vrai : la vie est ainsi faite.
Ce que j'ai aussi trouvé éblouissant dans ce livre est aussi qu'il ne s'agit pas d'un simple roman mais aussi d'un recueil de souvenirs de personnages célèbres ou non qui n'ont peut-être été évoqués que dans une seule phrase ou qui n'ont joué qu'un rôle mineur dans l'histoire mais qui ponctuent celle-ci d'une manière extraordinaire, comme des parenthèses que l'on inclurait dans un phrase mais qui ont réellement lieu d'être et à cet endroit précis ! A découvrir !
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Lolokili
Lolokili20 septembre 2011
  • Livres 3.00/5
Peut-être vaut-il mieux éviter d'entamer ce livre avec un moral dans les chaussettes. le libraire m'avait prévenue : « Il est bien mais bon... le sujet hein... » (c'est pas un bavard le libraire).
Le fait est qu'au vu des thèmes tristement universels abordés ici, nostalgie du temps qui passe, sénilité, mort, dépression, rupture sentimentale, incompréhension entre les êtres... et j'en oublie, il y aurait de quoi douter de l'intérêt de l'existence en général et du plaisir à lire ce livre en particulier. Mais non. Une ironie douce-amère et l'humour décalé du style pimentent ces « souvenirs » tour à tour graves, touchants, comiques ou absurdes, sans trop sombrer dans la neurasthénie. Pas un chef-d'oeuvre de littérature, mais un plaisant moment de lecture.
Commenter  J’apprécie          400
Mademoiselle_Lecture
Mademoiselle_Lecture23 septembre 2015
  • Livres 4.00/5
Le roman commence sur un évènement triste, la mort du grand-père du narrateur. Et tout au long de ses pages, il sera jalonné d'une tendresse parfois mélancolique, mêlant les thèmes de vie et de mort. Mais jamais sans tomber dans le larmoyant, toujours dans la sensibilité, l'émouvant. le narrateur se rend alors compte qu'il est trop tard pour lui dire qu'il l'aime. Les jours, les années passent sans que l'on n'ose exprimer ses sentiments et à un moment, il est malheureusement trop tard. Pour ma part, je pense que l'on peut être aimé, parfois très fort, parfois inconditionnellement, sans pour autant entendre ces mots d'amour. Les actes d'amour, de tendresse, d'aide, de soutien peuvent être les plus belles déclarations.
Mais revenons à notre histoire. le narrateur est un jeune trentenaire, réceptionniste de nuit dans un hôtel, rêvant de trouver l'amour et d'écrire un roman. L'envie des deux est peut-être liée, l'envie de rêver, de créer un ailleurs… Et ce décès va lui faire prendre conscience de l'importance d'une personne dans sa vie, sa grand-mère. Profitant de moments avec elle, il l'épaule lorsqu'elle se retrouve en maison de retraite contre son gré. Jusqu'au jour où elle fugue après avoir appris la vente de son appartement, sans que personne ne l'ait consultée. C'est le genre de fait qui me hérisse les poils, d'une ingratitude sans nom mais qui pourtant est bien trop banal.
Il part alors à sa recherche et ce voyage va lui apporter bien plus qu'il n'aurait pu l'imaginer. Il paraît que c'est ça la vie, les surprises. D'histoires en rencontres, de rencontres en souvenirs… Justement, ce roman porte bien son nom ! Entre les bouts d'histoires qu'il nous raconte, David Foenkinos glisse des souvenirs, de personnes connues ou non, vivantes ou pas mais toujours en lien avec le récit. Au début, c'est un peu déroutant mais finalement, tout s'enchaîne avec fluidité et donne même un autre sens au roman.
Un livre touchant, qui donne de l'importance aux souvenirs. Mais qui surtout donne envie de profiter complètement aujourd'hui des personnes qui nous entourent afin de construire les jolis souvenirs de demain.
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brigittelascombe
brigittelascombe30 août 2011
  • Livres 4.00/5
Novembre 2009.Nous étions côte à côte pour la fête du livre du Var.Envieuse, j'ai vu défiler face à David Foenkinos tout un fan club discontinu de quinquagénaires éblouies.
Mais que lui voulaient-elles donc à ce garçon bon chic bon genre, à "ce postadolescent romantique", toutes ces groupies surexcitées qui échangeaient ses titres comme de bonnes recettes incontournables?
Aujourd'hui j'ai la réponse: primo il est le fils,gendre et petit fils idéal,deuxio, il est un écrivain hors pair.Il suffit de lire ses Souvenirs pour s'en convaincre.
"C'était absurde,à quoi cela servait de courir,il était là, il était mort,il allait à coup sûr m'attendre sans bouger".
Son grand père mort, il manie l'humour pour éviter, par pudeur,des excés de sensiblerie.
Et pourtant!
"Est-ce qu'on s'habitue aux souffrances?"
Les souffrances s'égrènent, ponctuées de souvenirs qui s'enclenchent à chaque nom évoqué, pause café ou pause cigarette,qui permettent à l'esprit de s'évader d'un quotidien trop lourd,morbide ou difficile à gérer.
Ah ce grand père, "joyeux et facétieux" qui l'emmenait voir Guignol! Et le bus pour y aller tout au bout de la ligne,presqu'au bout du monde.
Quelle aventure!Quelle expédition!
Retour case passé du premier bal des grands-parents, "rhapsodie de rotules",de l'enfant mort porté trois mois de plus et du prénom Michel donné à son père.
Retour case présent. Un emploi de veilleur de nuit dans un hôtel tout "en fantasmant sur les femmes qui montent les marches".
Modiano a travaillé là confie Gérard le propriétaire. "Mais non je déconne!"
Et hop! L'imagination galopante de David Foenkinos enclenche sur un souvenir "Modiano".
Il a l'imagination débridée.Normal le gardien de nuit écrit le jour!
Le livre est ainsi monté, entre la maison de retraite de la grand mère perdue dans ses pensées, la peur de vieillir de son père,l'hospitalisation de sa mère dépressive,sa propre "vie sexuelle qui ressemble à un film suédois","ses rêves d'aventures torrides",sa rencontre "inoubliable" avec Louise, se faufilent les souvenirs tendres,ironiques ou farfelus, de Kawabata,à Nietzsche, du voisin au propriétaire de l'hôtel en passant par Lelouch,Aloïs Alzheimer,Mastroïani et bien d'autres.
Les souvenirs est un bon livre, il nous touche, car il relate les pans de vie,traumatismes ou secrets que nous enfouissons tous au fond de notre mémoire.Il explore les rapports humains, valse à trois temps où le narrateur se pose en témoin souvent déstabilisé
par ses propres émotions.
"Leur évidence se transforma en mariage" à propos des grands parents, "C'est ta mère,tu es vraiment insensible" crache le père, "Sa possible folie m'avait terrifié" pense-t il en réponse.
Et un dialogue truculent et succulent car plein d'humour une ultime dispute entre les parents qui se lancent à la tête des petits noms d'oiseaux qui vont crescendo: "tu pues,pédophile,petite bite,frigide..." alors qu'il leur présente sa fiancée.Bonjour l'ambiance!
Une écriture sensible !
David Foenkinos, la trentaine, après des études de lettres à la Sorbonne,s'est formé au jazz pour devenir prof de guitare, puis s'est adonné à l'écriture.
Ses romans, à succés, sont traduits en plusieurs langues. Certains sont couronnés des lauriers des prix littéraires.
Le potentiel érotique de ma femme(prix Roger Nimiers 2004)
Qui se souvient de David Foenkinos?(prix Giono 2007)
La délicatesse (prix des Dunes (2010) sera prochainement adapté au cinéma avec Audrey Tautou dans le rôle féminin principal.
Les souvenirs, roman de David Foenkinos (Editions Gallimard) a été sélectionné pour le prix Goncourt 2011. Encore un prix?
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kathy
kathy30 juin 2012
  • Livres 4.00/5
Employé comme veilleur de nuit dans un hôtel parisien, le narrateur, jeune homme pudique et mélancolique, désireux de rencontrer le grand amour, attend dans une solitude volontaire, l'inspiration littéraire. Mais comme tout un chacun, il est confronté à la vie et la mort.
D'abord, la MORT de son grand-père, auquel il aurait voulu dire, tant qu'il était encore temps, qu'il l'aimait, sans y être parvenu. Ensuite, la VIE de sa grand-mère, placée en maison de retraite contre son gré et partie sans prévenir. Il l'accompagnera cependant dans son ultime fugue.
Ses deux aïeux, sont le prétexte pour l'auteur, à disséquer, avec tendresse, sensibilité et justesse, ses souvenirs. Il nous entraîne dans une réflexion sur les turbulences de la vie, la mort, la fuite du temps, les relations intergénérationnelles, la mémoire familiale, et…. l'urgence de vivre.
Au chapelet de souvenirs personnels égrenés, s'ajoutent subrepticement les souvenirs de van Gogh, Nietzsche, Serge Gainsbourg, du caissier de nuit de l'autoroute A13,… Comme si le narrateur, en plongeant dans LA (notre) mémoire collective, grave ou légère, souhaitait nous inciter à inscrire, NOUS AUSSI, nos souvenirs. Car seuls les souvenirs restent. le reste disparaît aussitôt le dernier souffle rendu.
Alors… tant qu'il est encore temps : «Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain : Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie ».
Un récit, des souvenirs d'enfance attachants qui nous font déambuler sur le fil du temps tout en se laissant bercer par la musique des mots de David Foenkinos.
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Les critiques presse (6)
Lexpress03 octobre 2011
Un roman maîtrisé qui énonce, sans prétention, mais avec justesse, ses remarques sur le temps, la vie, l'amour ou les dynamiques familiales.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LesEchos20 septembre 2011
Un roman charmant, moderne même - avec cette manière paresseuse de déambuler sur le fil du temps : David Foenkinos devrait attendrir de nombreux lecteurs avec ses « Souvenirs » en forme de tranches de vie douces-amères et de saga familiale tout juste ébauchée.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Bibliobs15 septembre 2011
Gravité et légèreté s'équilibrent. Pour son dixième roman, David Foenkinos nous offre un récit enlevé et attachant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde26 août 2011
Les Souvenirs, de David Foenkinos, n'est pas un mauvais livre, c'est un livre inutile.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs26 août 2011
Un souffle de folie slave balaie ce grand livre captivant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress18 août 2011
David Foenkinos signe un roman réussi sur la solitude, avec un personnage qui oscille entre souvenirs et oubli.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (329) Voir plus Ajouter une citation
claudeparis936claudeparis93614 juillet 2016
Quand j'y repense, je me dis que le hasard n'existe pas. Nous sommes propulsés par les bonnes pulsions.
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luocineluocine10 novembre 2011
J'ai souvent entendu dire qu'"un véritable ami c'est quelqu’un qu'on peut appeler en pleine nuit quand on se retrouve avec un cadavre sur les bras". Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours aimé cette idée. Il y a des gens qui passent leur temps à se demander ce qu'ils feraient s'ils gagnaient au Loto, moi je me demande qui j'appellerai le jour ou je devrai me débarrasser d'un corps (car il est très peu probable que je gagne un jour au Loto) je parcours la liste de mes amis, et j’hésite. Je pèse le pour et le contre d'une lâcheté éventuelle. Et puis, je me rends compte que le chois est plus complexe que prévu: aimer un ami. C'est aussi éviter de l'impliquer dans une histoire aussi sordide que risquée.
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A-FA-F02 juillet 2011
Deux jours avant, il était encore vivant. J'étais allé le voir à L'hôpital du Kremlin Bicêtre, avec l'espoir gênant que ce serait la dernière fois. L'espoir que le long calvaire prendrait fin. Je l'ai aidé à boire avec une paille. La moitié de l'eau a coulé le long de son cou et mouillé davantage encore sa blouse, mais à ce moment-là, il était bien au-delà de l'inconfort. Il m'a regardé d'un air désemparé, avec sa lucidité des jours valides. C'était sûrement ça le plus violent, de le sentir conscient de son état. Chaque souffle s'annonçait à lui comme une décision insoutenable. Je voulais lui dire que je l'aimais mais je n'y suis pas parvenu. J'y pense encore à ces mots, et à la pudeur qui m'a retenu dans l'inachèvement sentimental. Une pudeur ridicule en de telles circonstances. Une pudeur impardonnable et irrémédiable. [...] Ces dernières années avaient été pour lui qu'une longue déchéance physique. Il avait voyagé d'hôpital en hôpital, de scanner et scanner, dans la valse lente et ridicule des tentatives de prolonger notre vie moderne. A quoi ont rimé tous ces derniers trajets en forme de sursis? Il aimait être un homme; il aimait la vie; il ne voulait pas boire avec une paille.
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claudeparis936claudeparis93614 juillet 2016
Chacun exprime ses sentiments comme il peut.
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kathykathy18 juin 2012
Deux jours auparavant, mon grand-père était encore vivant. J'étais allé le voir à l'hôpital avec l'espoir gênant que ce serait la dernière fois. L'espoir que le long calvaire prendait fin. (...) Il m'a regardé d'un air désemparé, avec sa lucidité des jours valides. C'était sûrement ça le plus violent, de le sentir conscient de son état. Chaque souffle s'annonçait à lui comme une décision insoutenable. Je voulais lui dire que je l'aimais, mais je n'y suis pas parvenu. J'y pense encore à ces mots, à la pudeur qui m'a retenu dans l'inachèvement sentimental. Une pudeur ridicule en de telles circonstances. Une pudeur impardonnable et irrémédiable. J'ai si souvent été en retard sur les mots que j'aurais voulu dire. Je ne pourrai jamais faire marche arrière vers cette tendresse. Sauf peut-être avec l'écrit, maintenant. Je peux lui dire, là.
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