Ajouter une critique

Critiques sur La Part de l'autre (78)


Classer par:       Datecroissant     Les plus appréciéescroissant


    • Livres 4.00/5
    Par nanougo44 le 11/12/2011


    Vous avez tous entendu, un jour, parlé de « l'effet papillon », »La Théorie du chaos ». Mais si ! Vous savez... :  « le battement d'aile d'un papillon peut déclencher une tornade à l'autre bout du monde ». Les « si j'avais fait ça... », « si j'étais parti de chez moi 5 minutes plus tôt, j'aurais sûrement été percuté par le camion qui arrivait en face de moi », « si j'avais travaillé plus à l'école au lieu de rêvasser sur les bancs du fond de la classe, j'aurais eut plus de choix » (ou les « si ma tante en avait... » mais ça fait moins poétique et littéraire...)
    On l'a sûrement tous fait un jour, de se demander comment aurait été notre vie si tel ou tel événement s'était passé différemment, si nos choix avaient été différents.
    Voilà donc l'outil de travail de base d'Éric-Emmanuel Schmitt pour ce roman impressionnant et même...dérangeant, par moment.
    Le sujet: Adolph Hitler !
    L'auteur écrit deux histoires en parallèle.
    L'une parlant de l'Adolph Hitler que nous connaissons tous et qui est devenu le tortionnaire inhumain et meurtrier de million d'hommes et de femmes, dont la Shoah reste le fait le plus marquant.
    L'autre, l'histoire d'Adolphe H. reçu à l'examen d'entrée de l'école des Beaux-arts de Vienne qui ne rêve que d'une seule chose devenir un grand peintre célèbre !
    Ce qui est frappant dans le récit c'est que d'un chapitre à l'autre vous sentez Hitler s'enfoncer dans le « côté obscur ». Cet homme rongé par la haine, élevé par un père violent et autoritaire et une mère soumise et emportée par un cancer, dont il était très proche. Un homme à l'esprit faible et perturbé, noir qui s'est facilement laissé entrainer vers le bas et qui a fait de mauvaises rencontres et aux mauvais moments.
    De l'autre, un Adolph H. timide, introverti et non guéri de son complexe d'œdipe, qui va chercher à devenir meilleur en se faisant psychanalyser par... Freud...(passage que j'ai trouvé excellent et une très bonne idée de l'auteur). Lui fera, évidemment, de bonnes rencontres.
    Un Hitler découvrant la Haine, la misère, le mensonge, le dégoût. Un Adolph découvrant l'amour, le désir, le plaisir, la vie. Hitler remercie Dieu de lui avoir fait connaître la Guerre, Adolph H. remercie Dieu de lui avoir fait connaître l'amour.
    Un sentiment de montagnes russes en lisant ce roman. D'un chapitre à l'autre, on descend vers l'Enfer avec Hitler puis on remonte vers la lumière avec Adolph H.
    Je ne vais pas vous dire que je me suis attachée au personnage d'Hitler, comme je me suis attachée au personnage d'Adolph, mais le chemin qui l'a mené vers la déchéance m'est, du coup, plus clair et
    je pense qu'on a tous en nous cette faculté de choisir entre le bien et le mal, entre la facilité de se laisser aller ou le courage de se battre, même dans l'échec, pour devenir meilleur...ou pire.
    Un livre à lire...sans faute.

    critique de qualité ? (27 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par cicou45 le 25/12/2011


    Cela faisait déjà un petit moment que j'avais ce livre sous le coude et j'attendais à chaque fois le bon moment pour le lire mais je ne sais pas si il y a réellement un moment approprié car je savais déjà plus oyu moins à quoi m'attendre et je pense que c'est cela que je redoutais. En effet, Eric-Emmanuel Schmitt retranscrit ici une superbe uchronie de l'histoire mondiale.
    A travers l'histoire de deux hommes qui ne sont en réalité qu'un, Adolf H. et Hitler, l'un étant la part d'umanité qui se trouve en chacun de nous et l'autre, au contraire, son pire ennemi, à savoir un monstre démuni de sentiments et capable des pires choses qui soient sur cette terre.

    Adolf H. est un jeune homme très humain qui a réussi son concours d'entrée à l'école des Beaux-Arts, qui s'épanouit au fur et à mesures autant dans ses relations amicales qu'amoureuses et, plus que tout, apprend l'amour altruiste, en prenant du plaisir à donner du plaisir aux autres. Cet homme va d'ailleurs en payer les frais puisqu'en ayant appris à aimer plus qu'à être aimé, il va également découvrir ce qu'est la souffrance, et notamment la souffrane de perdre un être proche.

    En parallèle de cette histoire, le lecteur découvre celui qu'il croyait connaître au travers des abominables actes qu'il a commis lors de son arrivée à la tête du parti naziste en Allemagne mais il se rend également compte qu'il ignorait une grande partie de sa vie avant qu'il ne devienne cet homme-là. En tous cas, ce fut valable pour moi et je crois que c'est un peu pour cela que je remettais sans cesse à plus tard la lecture de ce livre car l'auteur nous démontre qu'il existe un Hitler enfoui au plus profond de nous, qui est la part la plus obscure de nous-mêmes et que, même si c'est un être que l'on exècre, il est suscepible de remonter à la surface.


    Un roman bsoulument envoûtant et captivant, tantôt effrayant, tantôt attendrissant. L'écriture d'Eric-Emmanuel Schmitt fait parfois peur tellement elle réveille en nous des émotions fortes, soit en nous indignnant, soit en nous démontrant que nous avons rarement raison et que l'erreur peut parfois être dangereuse autant qu'elle peut être instructive. Un roman, certes, mais aussi une magnifique leçon d'histoire, de morale et de philosophie. Une merveille. A lire sans faute !

    critique de qualité ? (24 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par sandrine57 le 29/01/2011


    Le roman raconte deux histoires en parallèle: celle d'Adolf Hitler, d'abord, tel que nous le connaissons et puis celle d'Adolf H., sorte de jumeau du premier mais qui aurait choisi la voie du Bien. Eric-Emmanuel SCHMITT est parti de l'idée que si Hitler n'avait pas échoué au concours d'entrée à l'école des beaux-arts il se serait épanoui dans la peinture, changeant ainsi le cours de sa vie et par conséquent le cours de l'Histoire.
    La partie concernant Hitler est extrêmement bien documentée. On croit tout savoir sur le personnage mais Eric-Emmanuel SCHMITT nous fait découvrir l'intimité d'Hitler, ses psychoses, ses névroses, ses frustrations, ses problèmes sexuels, toutes ses choses qui, accumulées, vont le conduire vers la folie.
    Dans les passages relatant la vie d'Adolf H., il laisse libre cours à son imagination. On fait la connaissance d'un jeune timide, introverti, passionné par son art et surtout conscient de ses problèmes même si il ne sait pas les expliquer. Il va donc se prendre en main et demander de l'aide. Cette vie romancée m'a beaucoup plû. Avec Adolf H., on étudie aux beaux-arts, on flâne dans la vienne d'après-guerre, on vit la vie de bohême à Paris, on aime, on se marie, on fait des enfants et surtout on évite la deuxième guerre mondiale.
    Le propos de SCHMITT est de nous montrer l'ambivalence de l'être humain qui a en lui le Bien et le Mal et qui fait ses choix de vie vers l'un ou vers l'autre. Il insiste sur le fait qu'Hitler est un être humain, qu'il fait partie de l'Humanité et que nous devons tous vivre avec l'idée que notre espèce est capable d'engendrer ce genre de personnalité. Son livre fait réfléchir et surtout laisse songeur quant à tout ce qui aurait pû être -et surtout ne pas être- si Hitler avait trouvé en lui la capacité d'assumer ses échecs.
    Un très beau livre qui marque l'esprit et qui continue à vivre en soi longtemps après que la dernière page se soit tournée.

    critique de qualité ? (17 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Metaphore le 08/05/2012


    Hum, voilà un livre qui dérange, par le sujet, le regard qu'il nous pousse à porter, la révélation qu'il apporte. Je l'ai acheté quand il est sorti en poche, je l'ai commencé, mais à l'époque j'étais trop jeune et rigide pour accepter de suivre Schmitt, j'ai refermé le livre au bout de 100 pages pour ne le redécouvrir qu'aujourd'hui.

    Oh n'imaginez pas qu'aujourd'hui j'ai plus de sagesse pour lire un écrit tel que celui là mais surement plus de maturité et de détachement.

    C'est un travail osé, écrire sur Hitler c'est prendre le risque d'être associé à ce terrible nom, c'est se tirer une balle dans le pied professionnellement. Et bien non, Eric Emmanuel Schmitt s'est sorti de cet exercice de manière prodigieuse !

    Il a l'idée surprenante d'écrire sur deux Hitler, l'un le réel, qu'il nomme Hitler et l'autre l'imaginaire : Adolf H. Il débute deux histoires, deux chemins de vie, que nous découvrons en alternance de paragraphe en paragraphe en partant de la réussite(Adolf H.) ou non (Hitler)au concours de l'école des beaux arts.

    Ce n'est pas tant cet événement qui va tout déterminer, mais comment dans une vie, la manière d'appréhender, la capacité à se relever, à exister dans une société peut nous pousser à vivre une autre vie. Eric Emmanuel Schmitt nous proposer d'analyser et de comprendre.
    Comment souhaiter comprendre l'horreur ? Ce n'est pas de cela dont il s'agit, il souhaite nous amener à réaliser qu'Hitler n'est rien d'autre qu'un être humain qui pour exister, pour devenir quelqu'un va petit à petit se transformer en cet être sans affect pour les autres, qui ne prend plaisir que lorsqu'il convainc les foules et se fait aimer d'elle, pour cela il ira jusqu'à devenir antisémite (au départ, il ne l'est pas).
    Hitler, dans sa névrose, explique de nombreuses choses grâce à la pensée magique, il va se croire invincible puisqu'il échappe plusieurs fois à la mort, il va déterminer le peuple juif comme étant les responsables de perte de la première guerre : il a besoin de tout rationaliser.
    Nous comprenons comment un manque conséquent d'estime de soi peut conduire à un besoin d'accomplissement au prix de l'horreur, comment chacun d'entre nous peut basculer dans sa part mortifère dans le seul but d'exister, de ne plus se dégouter et d'être enfin reconnu.
    En présentant son double, Adolf H., l'auteur nous brosse le portrait de celui qui fait face, qui prend les devants, qui essaye de comprendre. Il nous facilite le travail de discernement, renvoie au contraire, à un autre chemin possible de vie, à la résilience.
    Est-ce que le fait d'avoir été rejeté et battu par un père peut conduire à devenir un être malfaisant, ou est-il aussi acteur de sa vie en décidant de travailler sur lui, de souhaiter devenir meilleur en reconnaissant avoir des problèmes ?

    Voilà un roman psychologique même si l'auteur s'en défend, une analyse d'une existence et un énorme travail historique. Il m'a amené à me poser des questions que je souhaitais éviter. Avant ce livre, Hitler n'était qu'un personnage infâme, explication simpliste me protégeant et ne permettant aucune comparaison avec celle que je suis. Aujourd'hui, j'ai conscience que cet être abject peut éclore en chacun de nous, que nous avons tous une part d'inhumanité et que nous avons le pouvoir de nous poser des questions sur nos vérités, sur les raisons de penser telle ou telle chose, de remettre en question le fondement de chaque opinion.

    Alors, oui, lire ce livre n'est pas aisé, il faut savoir se détacher du personnage, il faut accepter de rentrer en lui, de suivre ses chemins de pensées aussi monstrueux soient ils, en ayant à l'esprit qu'en comprenant nous éviterons de revivre la même chose.


    Lien : http://thebookaddictes.canalblog.com/archives/2012/05/08/21913459.html

    critique de qualité ? (16 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Ubikson le 06/05/2012


    Un concept particulier pour un sujet particulier : raconter la vérité historique d'Hitler et l'entremêlant avec une uchronie : que se serait-il passé si Adolf H. avait été reçu en école d'art ?

    Un sujet difficile également : comment écrire sur Hitler sans le sur-diaboliser ou le dédiaboliser ? Une prise de risque des plus osées, mais qui prend au final.

    Suivant de près les deux personnages, l'auteur ne nous offre pas sa vision, mais une fantaisie très intéressante, entrecoupée d'une leçon d'Histoire. Les deux romans sont menés simultanément, tambour battant, sans forcément noyer le lecteur.

    Une lecture novatrice.

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par fee-tish le 13/01/2012


    Si les rêves d'artiste peintre d'Adolf Hitler n'avaient pas été avortés par l'Ecole des Beaux-Arts de Vienne, quelle aurait été la vie de cet autrichien et quel aurait été le monde de la première moitié du XXe siècle ? C'est cette question que s'est posée Eric-Emmanuel Schmitt au travers de ce roman.

    Adolf Hitler, Adolf H. Deux personnalités différentes, un seul homme. Dans "La part de l'autre", le livre alterne les paragraphes racontant la vraie histoire d'Hitler, depuis 1908 jusqu'à sa mort, et ceux imaginant la vie qu'aurait été la sienne s'il avait été accepté aux Beaux-Arts.
    Entre roman historique basé sur des documents d'archives et histoire romancé, le lecteur s'ouvre à un sujet tabou : comprendre les horreurs commises par Hitler en essayant de décrypter comment les péripéties de sa jeunesse l'ont conduit à devenir le monstre qui a commis l'un des plus grands génocides du XXe siècle.

    Premier problème de conscience qui survient : oui, le jeune Hitler m'est sympathique. A cette époque, il n'est pas encore le furieux dictateur, simplement un adolescent qui n'accepte pas que l'on nie sa qualité de peintre. Il ne se remet pas en cause, il est seul. Ce qui va le transformer, c'est la Première Guerre mondiale. Il va se révélé à lui-même dans ce conflit puisque l'armée le fait exister et le reconnaît. Et surtout l'échec de l'Allemagne, qui va faire naître son antisémitisme. Eric-Emmanuel Schmitt ne juge pas son personnage. A la fin de l'ouvrage, dans son "Journal" d'écrivain, il raconte qu'il hait Hitler comme la plupart d'entre nous ; mais cela ne se ressent pas dans le récit. Il veut comprendre ; ce qui ne veut pas dire excuser.

    Bien sûr on se sentira plus à l'aise avec Adolf H. Lui aussi a ses travers, mais il cherche à se soigner. Ses relations avec les femmes et la sexualité ne lui semblent pas normales ? Il va consulter le Dr Freud sur les conseils de son médecin de famille. Ce que l'Hitler que l'on connaît ne fera jamais. La vie de ce personnage est plutôt banale mais elle prend tout son sens quand on le replace dans le contexte : cette vie aurait pu être celle d'Adolf Hitler.

    J'ai trouvé ce roman magnifiquement écrit. du début à la fin, il y a du rythme, de la documentation, des recherches sur la psychologie humaine, sur la façon dont une personnalité se forge. Certains passages contitués de phrases courtes rendent le récit presque musical.
    C'est un roman que je conseille vivement car, en plus de nous apprendre des vérités historiques sur la vie d'Hitler que l'on pourrait ignorer, il ne nous laisse pas indemne. On se pose alors une question fondamentale : s'il m'arrivait un évènement X, je pourrais moi aussi laisser émerger "l'autre", cette part de nous qui serait aussi mauvaise que celle d'Hitler. Effrayant oui, mais il est essentiel d'en être conscient.

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par jostein le 26/05/2010


    Une fois de plus, ce livre d'Eric-Emmanuel Schmitt ne peut pas laisser indifférent.

    "Si le nez de Cléopâtre eût été plus court, la face du monde en eût été changée."

    Si Hitler avait su analyser ses échecs et affronter ses problèmes, il n'aurait pas été aussi égocentrique et empreint de ce sentiment de vengeance.
    ....
    Dans ce livre, Eric-Emmanuel Schmitt glisse des réflexions sur l'amitié (lettre d'Adolf à ses deux compagnons de guerre), sur la foi (discussions avec la soeur), sur l'art, sur le Mal et la conscience du Mal


    Lien : http://surlaroutedejostein.over-blog.com/article-la-part-de-l-autre-..

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par bonogirl le 22/07/2011


    J'ai mis du temps avant de commencer ce livre je m'attendais a un énième livre sur les horreurs de la seconde guerre mondiale, avec son lots de maltraitance, d'humiliation des juifs et un Hitler toujours aussi inhumain et machiavélique
    … Mais là où se roman a su faire la différence c'est que justement Hitler n'est pas dépeint comme un monstre, mais tout simplement comme un homme avec ses faiblesses, ses qualités, ses souffrances.


    Ce livre composé en quelque sorte de deux parties, une relatant la vie d'Hitler et une fictive relatant la vie d'Adolphe H. reçu aux Beaux Arts m'a vraiment plu. L'écriture, le style, la diversités des personnages, dont une apparition de Freud que j'ai adoré, la réflexion sur le mal qui sommeille en chacun de nous ainsi que l'Histoire de la montée au pouvoir d'Hitler et l'histoire fictive d'Adolphe font que j'ai adoré ce livre. Il m'a vraiment marqué et donné matiére à réflexion,.
    Il montre à quel point de simple incident de notre enfance peuvent influencer définitivement notre vie d'adulte et dans le cas d'Hitler, l'avenir de l'humanité entiere.


    Un incontournable

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par fleurdusoleil le 15/01/2012


    Eric-Emmanuel Schmitt est un auteur qui aime prendre des risques en choisissant des thèmes très épineux pour ses romans.
    La part de l'autre est, je pense, la plus grosse prise de risque qu'il ait pris. En écrivant son livre sur Adolf Hitler, il met volontairement sa carrière en danger. Hitler fait partie des tabous, des sujets à éviter. Pourtant, il va jusqu'au bout de son projet : montrer aux gens que cet homme était humain, et que le mal qu'il a répandu sur le monde peut-être tapi au fond de chacun de nous. La vie est ainsi faite.
    Il pose donc une réflexion simple et folle à la fois : que serait devenu Adolf Hitler s'il avait été accepté à l'Ecole des Beaux-Arts de Vienne ? Aurait-il pris un tout autre chemin que celui qui a marqué le monde entier ?
    En alternance, nous suivons donc le destin de Adolf H, jeune peintre en devenir et Hitler, jeune homme frustré et paranoïaque, c'est à dire l'homme qu'il aurait pu être et celui qu'il est devenu.
    Adolf H affronte le coeur battant un avenir difficile mais proche de ses ambitions. Il s'ouvre au monde, il lutte contre ses démons et avance fièrement dans sa vie de peintre. Hitler, au contraire, va de frustrations et désillusions et s'enferme peu à peu dans un univers personnel, nourri de haine et de revanche. Quand Adolf prend conscience de ses erreurs, Hitler lui les réfute et les impute aux autres.
    Bien qu'ayant compris la réflexion et le travail de l'auteur, je n'y ai pas entièrement adhéré. Certes je ne peux juger le côté historique de la vie d'Hitler, n'étant pas une grande spécialiste. Je ne permettrais pas de porter un avis quelconque sur un sujet que je ne maitrise pas. Ma gêne s'est plus concentrée sur la vie inventée de Adolf H et sur sa personne. J'ai eu beaucoup de mal à admettre qu'une personne puisse changer à ce point, juste par le biais d' un événement majeur qui oriente son avenir vers d'autres desseins. Pour moi, chaque être est doté d'une personnalité propre, de caractéristiques innées et immuables. Je n'ai pas réussi à associer une seule ressemblance entre Adolf H et Hitler. Tout au long de ma lecture, il m'a semblé suivre la vie de deux êtres parfaitement distincts. Cet antagonisme total m'a vraiment gênée dans mon appréciation. J'aurais aimé découvrir un Adolf H un peu plus belliqueux, colérique et imprévisible, que de temps à autre le mal qui sommeillait dans son être pointe à la surface et menace un peu le déroulement de sa vie.

    Bref, dans l'ensemble, ce roman d'Eric-Emmanuel Schmitt, mène chaque lecteur à une grande introspection sur la nature de l'Homme et sur sa prédisposition a faire le mal. Adolf Hitler n'était pas un monstre sorti du bestiaire des légendes. Non. L'humanité entière porte en elle les germes du Mal. Pour éviter de revivre le scénario dramatique de la seconde guerre mondiale, il ne faut pas fermer les yeux, ne pas juste tenter d'oublier, mais en parler et admettre l'imperfection humaine.


    Lien : http://lacaveauxlivres.blogspot.com/2012/01/la-part-de-lautre-eric-e..

    critique de qualité ? (12 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par ennapapillon le 14/02/2011


    L'auteur raconte deux histoires... Les histoires parallèles d'un même homme qui n'aurait pas évolué de la même manière...

    Dans un cas, il raconte l'histoire d'Adolf Hitler, celui que l'on connaît tous et dans l'autre il raconte la vie imaginaire de Adolf H, un homme complètement différent. Il est parti de l'idée qu'Adolf H a été accepté à l'Ecole des Beaux-Arts de Vienne alors que Adolf Hitler a été recalé...

    C'est passionnant et très bien écrit. J'ai dévoré les 500 pages de ce roman historique très particulier (l'Histoire avec un grand H et l'histoire de l'Europe du début du siècle, le Paris d'entre deux guerres et à la fin une histoire imaginaire... celle du monde si Hitler n'avait pas été celui que nous avons connu...), il y a aussi une grande part sur l'art.

    Je vous recommande de lire une édition avec la postface : "Le Journal de La Part de l'autre" (c'est le cas de l'édition le Livre de Poche) dans laquelle Eric-Emmanuel Schmitt se confie sur la création très perturbante pour lui de ce roman. Cette partie est également passionnante et apporte un éclairage très intéressant sur le roman et sur le processus d'écriture.

    (...)


    Lien : http://ennalit.canalblog.com/archives/2011/01/10/20002168.html

    critique de qualité ? (12 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir La Part de l'autre par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (1072)

> voir plus

Quiz