ISBN : 2226048294
Éditeur : Albin Michel (1990)


Note moyenne : 3/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Chaque âge de la vie exprime une nouvelle métamorphose et contient son propre pouvoir. Il possède sa beauté, ses ressources et sa magie. Il n'est surtout pas l'altération du précédent ! la décrépitude n'existe pas
L'auteur de la Mort viennoise et de la guerre ... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par claireogie, le 19 décembre 2010

    Dans une société où les uniques mesures d'évaluation sont celles d'un matérialisme courtaud et où le mercantilisme détermine les représentations des âges de la vie, il est clair que la vieillesse a peu d'atouts. N'est socialement admissible que celle qui continue activement de consommer : biens, cures, soins gériatriques, voyages organisés, distractions, culture, etc...
    Économiquement faible, elle incarne le mal absolu. La royauté mendiante du brahmane est ici l'enfer de l'insignifiance et le rebut. Or ce n'est certes pas la vieillesse qui nous détruit mais l'image que nous nous en sommes faite.
    L'idéologie contemporaine, qui dénie à l'esprit tout pouvoir, permet tout au plus, dans un tourbillon d'actions, de traverser, sain et sauf, l'âge adulte ; en aucun cas, la vieillesse.
    Car dans ce dernier épisode de notre vie terrestre, deux violons mènent la danse : l'esprit et le pouvoir de l'imaginaire. Nous nous pencherons sur leur musique.
    Attardons-nous d'abord à un premier constat. Pour qui s'attend à la déchéance, il n'y a pas d'illusion possible : elle sera au rendez-vous.
    Celui qui, sa vie durant, a creusé le tombeau de son âme l'y couchera.
    Rien d'heureux ni de malheureux ne nous advient jamais dont nous n'ayons en nous préparé le nid.

    Peut-être un fait divers illustrera-t-il, mieux que des propos abstraits, la force de l'esprit dont il est question ici. Un employé des chemins de fer se trouva malencontreusement enfermé dans un wagon frigorifique. Lorsqu'on vint l'en "délivrer" douze heures après, il était mort. Sur la paroi de métal, on trouva ces mots griffonnés à la craie : "Le froid m'envahit. Je me meurt." Ce sort épouvantable ne prend sa signification que lorsqu'on y ajoute un détail : le système de réfrigération n'était pas branché. Son corps révéla à l'autopsie tous les symptômes d'une mort due au froid. Il n'en va pas autrement de la vieillesse. Une seule différence : ce n'est plus un fait divers mais un fait de civilisation aux conséquences généralisées et dévastatrices.
    La représentation même de la déchéance entraîne irrévocablement sa venue. Nous venons et mourons de nos images.
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  • Par claireogie, le 19 décembre 2010

    Une sorte de licence carnavalesque est indispensable à la jeunesse pour expérimenter toute la pléthore des sentiments et des sensations qui déferlent sur elle, pour s'inventer peu à peu le contour d'un destin.
    Mais, pour le moins aussi redoutable que l'intrusion inquisitoriale de cet espace de liberté, est l'extrême sollicitude de certains adultes rêvant d'épargner aux jeunes gens les brûlures de l'échec, les erreurs, les errances. Est-il pire égarement que de vouloir dispenser de vivre qui nous croyons aimer ?
    Nous évoquions tantôt les effets salutaires de la maladie dont tant de nos contemporains ont perdu le bon usage. L'erreur, que nos systèmes de notation, nos lugubres palmarès sanctionnent, mérite semblable éloge et doit être réhabilité. Elle est le tremplin d'où s'élancent l'explication et le dialogue, le forum ou les questions nous interpellent. Elle met l'esprit en mouvement, le fouille, et l'éperonne. La psychose de la faute et de l'échec est l'éteignoir de nos cerveaux. Quel monde de baîllements ne nous ont-ils pas fait, ces décerneurs d'éloges et de blâmes, ces leveurs d'index, ces fesses-serrées de la couardise ! La vie mouchée, épouillée, peignée, torchée et livrée à domicile (et dont ils s'enorgueillissent encore), qui s'étonnerait qu'elle écoeure la jeunesse ? Qu'est une existence qui n'a pas été conquise à force d'erreurs, d'échecs, d'hésitations, de tâtonnements ? Quel est son prix ? Où est sa victoire ?

    Chaque génération se fera elle-même ou ne se fera pas.
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  • Par karine13, le 12 mai 2011

    Il est des femmes aujourd’hui à qui la gestation est à charge. Pourquoi nous et pas les hommes ? demandent-elles, renversant la plus vieille question du monde : celle que se posèrent les hommes, quand, dans la longue transmutation alchimique qui mène de l’enlacement amoureux à la surgie d’un nouvel être, ils comprirent que les dieux avaient choisi les femmes pour alliées. Pourquoi elles et pas nous ? se demandèrent-ils – et leur désarroi était profond, nous raconte la pléthore des mythes, des rites et des pratiques initiatiques.
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L`écrivain Christiane Singer est décédée le 4 avril dernier. Elle apprend le 1er septembre 2006 qu`il lui reste six mois à vivre et décide d`écrire le journal de son agonie. "Derniers fragments d`un long voyage" a paru le jour même de sa disparition. Jérôme Garcin a choisi de nous lire le moment de l`annonce par le jeune médecin viennois du verdict.








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