ISBN : 2020257750
Éditeur : Editions du Seuil (1997)


Note moyenne : 3.55/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
C'est au Caire que se déroulent les aventures de la famille Batrakani : l'enseignement français des Jésuites, la récitation de Michel devant le Sultan, la reprise du commerce familial par Edouard, les amours adultères de Georges et de Maguy... Impressionné par la figure... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(2)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par lillou, le 21 février 2011

    lillou
    Dans Le tarbouche, son premier roman, paru en 1992, Robert Solé retrace l'histoire d'une famille chrétienne dans l'Égypte de la première moitié du XXe siècle.
    Alter ego évident de l'auteur, le narrateur, Charles, est né au Caire en 1945 où il a vécu jusqu'à l'âge de 18 ans.
    En mêlant les innombrables récits qui animent les réunions dominicales, les carnets de son oncle Michel, et ses propres souvenirs, il reconstitue l'histoire de sa famille, et plus particulièrement celle de sa mère – les Batrakani. le personnage pivot, dont on découvre les ancêtres et les enfants, est son grand-père Georges Batrakani, personnage flamboyant qui, grâce à son ingéniosité et son audace, a su se faire une place au sein de la bonne société cairote.
    À travers cette saga familiale, c'est surtout l'histoire de l'Égypte – et du Caire aisé – que l'on entrevoit : le protectorat britannique, la fascination pour la France, les élites vivant dans leur bulle, les crispations nationales et l'animosité à l'égard des étrangers (dont les « Syriens » comme les Batrakani, arrivés à Alexandrie fin XIXe), le nationalisme croissant (à travers de petites choses comme le choix d'un prénom arabe pour son enfant), le déclin du roi Farouk, l'arrivée de Nasser, les nationalisations, etc.
    Mais les histoires personnelles sont tout aussi intéressantes, et la matière est dense avec ces nombreux personnages contrastés : histoires d'amour bien sûr, comme celle des parents de Charles, histoires professionnelles, comme la fameuse entreprise de tarbouches que crée le visionnaire Georges Batrakani, histoires de religions également…
    Le tarbouche se termine alors que Charles et ses parents, comme beaucoup de chrétiens, font le choix de quitter le pays : choix économique certainement, mais aussi choix politique et désir de retrouver une liberté (et souvent une aisance) perdue… en tout cas, choix déchirant le plus souvent.
    J'ai une sensibilité certaine à ce sujet et que, outre la qualité du roman, j'ai particulièrement aimé y retrouver des souvenirs et anecdotes similaires à ceux ayant bercé mon enfance et mon adolescence. Cette parenthèse uniquement pour expliquer un éventuel manque d'objectivité : tout le monde ne sera pas aussi charmé que moi par l'évocation des repas de molokheya ou du quartier d'Héliopolis (ex-oasis, aujourd'hui banlieue) !
    Mais, quoi qu'il en soit, Le tarbouche est un très beau roman, mêlant avec finesse la petite et la grande histoire, et porté par la nostalgie d'un pays qui n'est plus.


    Lien : http://monbaratin.blogspot.com/2011/02/le-tarbouche-une-soiree-au-ca..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par paulotlet, le 15 avril 2011

    paulotlet
    Cette saga familiale raconte l'histoire des Batrakani, une famille syro-libanaise chrétienne installée au Caire. Chronique d'un temps où les différentes communautés d'Orient vivaient dans une certaine harmonie, Le tarbouche nous emmène au coeur de la bonne société cairote, dans un monde de personnages pittoresques et hauts en couleur. le livre raconte aussi la fin du métissage lorsque Nasser décide de chasser tout ceux qui détonnent et menace son projet panarabe. Un livre très attachant, idéal pour une croisière sur le Nil.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (1)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par paulotlet, le 15 avril 2012

    Pour sa chance, c'était un slow. Sélim prit Viviane par la taille, sentit son visage près du sien, respira ses cheveux, son parfum et, ivre d'émotion, se laissa porter par la musique. Elle souriait. Sélim, ayant retrouvé toute son assurance, lui demanda ce qu'elle devenait.
    - Je pars après-demain pour Minia.
    - A Minia ! Quelle idée !
    - Je vais participer à une mission d'hygiène pour l'Oeuvre des écoles de Haute-Egypte. Vous ne connaissez pas l'Oeuvre du Père Ayrout ?
    Il avoua son ignorance, mais avec l'air de quelqu'un qui brûlait d'apprendre.
    - Asseyons-nous, dit Viviane. Je meurs de soif.
    Il se précipita vers le buffet pour chercher des boissons glacées.
    Henry Ayrout appartenait, comme André Batrakani, à la Compagnie de Jésus. C'était le fils de Habib Ayrout, l'entrepreneur préféré du baron Empain. Le jeune jésuite venait de publier sa thèse, Fellahs d'Egypte, qui faisait déjà autorité. A travers cet ouvrage lumineux, les membres de la bourgeoisie chrétienne du Caire découvraient un monde qu'ils ignoraient totalement. La rencontre avec l'auteur était une autre surprise : derrière le noir de la soutane, de la barbe et des lunettes rondes, couvait un volcan.
    -En décembre 40, expliqua Viviane, le Père Ayrout avait réuni un groupe de femmes et de jeunes filles dans la maison de ses parents à Héliopolis. J'y étais allée en traînant les pieds à la demande insistante de mon frère jésuite. Il m'avait dit : " Tu verras, c'est un type formidable."
    - Et, si je comprends bien, vous n'avez pas été déçue...
    - Les jeunes femmes réunies ce jour-là à Héliopolis appartenaient à toutes les communautés : grecque-catholique, maronite, latine, copte... Il y avait même des orthodoxes. "L'Egypte n'a qu'une seule chrétienté", nous a dit d'emblée le Père Ayrout. "Dans l'oeuvre qui sera la nôtre, je ne veux plus entendre parler d'appartenances confessionnelles. Celle qui fera inutilement prévaloir son rite paiera une amende de cinq piastres. "
    - Vous avez dû vous ruiner !
    - Nous nous sommes mises à rire. Nous étions conquises... Mais quand le Père Ayrout dit qu'il n'y a qu'une seule chrétienté, il pense aussi à la coupure entre les villes et la campagne. L'Oeuvre est consacrée aux enfants de Haute-Egypte. A cause de la guerre, les écoles gratuites ne peuvent plus compter sur le soutien financier de l'Europe. Nous devons donc collecter de l'argent ici. Avec les autres responsables, je quête aux portes des églises, dans les clubs, les banques, les bureaux...
    - Ya salam !
    - La première quête a rapporté mille livres. Pour la prochaine, nous visons le double. Vous ne perdez rien pour attendre : je vous mets sur ma liste.
    -D'accord, je vous bakchicherai, lança Sélim avec un grand sourire.
    Il se demanda s'il ne devait pas aller brûler d'urgence un cierge à la Radwaneya : à l'intention des enfants de Haute-Egypte mais surtout des modestes salariés de son espèce qui méritaient une augmentation pour pouvoir les aider...
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (3)

Videos de Robert Solé

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Robert Solé

La vie éternelle de Ramsès II - Robert SOLÉ .
Défi à la mort, objet de curiosité, source d?effroi et de fantasmes, les momies égyptiennes ont toujours fasciné les humains. Que dire alors de la momie du plus emblématique des pharaons, exposée au Musée du Caire et quasiment intacte depuis trente-deux siècles ?La tombe de Ramsès II avait été pillée dans l?Antiquité. C?est seulement en 1881 que le corps embaumé du souverain a été retrouvé dans une cachette de la montagne thébaine. La momie royale a connu ensuite diverses tribulations. Victime d?un mal mystérieux, elle a même été « soignée » en France pendant sept mois, dans les années 1970, par plusieurs dizaines d?équipes scientifiques, avant de regagner la vallée du Nil. C?était la première fois qu?un pharaon, accueilli en chef d?Etat à Paris, prenait l?avion !Auteur de nombreux livres sur l?Egypte, son pays d?origine, Robert Solé se penche ici, en historien et en romancier, sur la vie posthume de Ramsès II. Ce récit minutieux est interrompu de temps en temps par la voix du pharaon : lui seul peut témoigner de ses interrogations et de ses tourments. Si son voyage dans l?outre-tombe ne s?est pas passé comme prévu, le grand Ramsès espère toujours passer devant le tribunal divin pour accéder à la vie éternelle?Retrouvez ce livre sur www.seuil.com :http://www.seuil.com/fiche-ouvrage.php?EAN=9782020963381








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le tarbouche par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz