Lucien, c'est Stendhal tel qu'il aurait aimé être (pourvu d'un père riche et brillant, protecteur puissant, tendre, infatigable : polytechnicien, puis important fonctionnaire du ministère de l'Intérieur) et tel qu'il a été, républicain d'abord, puis rallié sans illusion... > voir plus
souvenir de lecture... en suivant l'éphéméride... 1842 décès de Henry Beyle, dit Stendhal écrivain. *** Stendhal peint le désenchantement de la carrière militaire vingt ans après l'épopée napoléonienne. Il évoque dans de nombreux passages le climat de suspicion des autorités militaires vis-à-vis des idées libérales, ainsi que la hantise d'une contagion carbonariste en France, y compris dans l'armée et les élites.
Le lecteur bénévole est prié de considérer que notre héros est fort jeune, fort neuf et dénué de toute expérience ; tout cela ne nous empêche pas d'éprouver un sentiment en nous voyant forcé d'avouer qu'il avait encore la faiblesse de s'indigner pour des choses politiques. C'était à cette époque une âme naïve et s'ignorant elle-même ; ce n'était pas du tout une forte tête, ou un homme d'esprit, se hâtant de tout juger d'une façon tranchante. Le salon de sa mère, où l'on se moquait de tout, lui avait appris à persifler l'hypocrisie et à la deviner assez bien ; mais, du reste, il ne savait pas ce qu'il serait un jour.
Le but unique de Madame Leuwen était d'amuser un mari qui avait vingt ans de plus qu'elle et passait pour être fort bien avec les demoiselles de l'Opéra.