> Philippe de Monès (Autre)

ISBN : 2070366561
Éditeur : Gallimard (1975)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 94 notes) Ajouter à mes livres
Cet avertissement s'adresse à toutes les mères habitant les régions de Gehlenburg, Sensburg, Lötzen et Lyck ! Prenez garde à l'ogre de Kaltenborn ! Il convoite vos enfants. Il parcourt nos régions et vole les enfants. Si vous avez des enfants, pensez toujours à l'Ogre, ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 25 janvier 2012

    lecassin
    Le roi des aulnes : ici naît « l'ogre de Michel Tournier ».
    Après avoir dévoré « Vendredi …». Quel choc !
    « Le roi des aulnes », c'est d'abord l'histoire d'Abel Tiffauges. Et quelle histoire : celle d'un homme que l'Histoire l'entraîne en Allemagne au moment crucial ou son histoire personnelle est en train de basculer du fait de son attirance pour les cours d'école… La France est vaincue ; Abel Tiffauges découvre une Allemagne imprégnée du romantisme de Goethe, Schiller, Hölderlin ; le « pays des essences pures où tout ce qui passe est symbole».
    Symbole…? Tout est symbole dans ce texte tellement difficile à évoquer en peu de mots… A commencer par le prénom du « héros » : Abel, le nomade, qui dans la Bible fut victime de son frère Caïn, n'est-il pas présent en Tiffauges qui recrutera de jeunes enfants pour les former dans une napola, sorte d'école de la jeunesse nazie, pour finalement les envoyer vers une mort certaine… Ogre ?
    Quant à son obsession pédé-phore ( porte enfant), n'y a t'il pas du Saint Cristophe (Christo phoros, porte Christ) dans sa tentative pour sauver le jeune Garçon juif en lui faisant traverser la rivière posé sur ses épaules…
    N'est-ce pas Abel, tel probablement « Le roi des aulnes » qui fut retrouvé dans une tourbière en 1942, intact et âgé de deux siècles, qui s'enfonce dans la rivière boueuse ?
    Dès son deuxième roman, la langue de Michel Tournier s'affirme comme l'une des plus riches de la littérature du vingtième siècle : mythologique, étymologique, symbolique… Bien sur que le nouveau roi des Aulnes, c'est Abel Tiffauges, lui qui réussit à porter sur ses épaules l'histoire universelle sous les traits d'un enfant.
    Le jury Nobel, n'a rien remarqué. Tant pis pour lui !
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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 26 juin 2010

    vincentf
    Roman mythologique, destin marqué du sceau symbolique de la phorie, le récit sinistre de la vie d'Abel Tiffauges emmène le lecteur dans un monde qui croule sous des symboles qui finalement le dévorent, les oriflammes nazis tombent, le géant Tiffauges s'enfonce dans la tourbière pour y rejoindre Le Roi des Aulnes, son double inversé.
    L'intérêt du roman est là, dans l'inversion des symboles, inversion maligne ou bénigne qui fait de l'histoire un marécage dans lequel les hommes tantôt s'enfoncent en croyant s'élever, comme ce monstre qu'est devenu le peuple allemand embrigadé pour une illusoire gloire, tantôt avancent en inversant la pesanteur, portés par ce qu'ils portent en eux, leur enfance, poids énorme qui est pourtant le seul qui permet, une fois les lunettes de l'adulte mises de côté, de voir le ciel.
    Ce roman décline, il va constamment vers le bas, comme la défécation de Nestor et du cheval Barbe-Bleu, l'Ange Anal, et le cadavre allongé du Roi des Aulnes que devient Tiffauges à la fin, fécondent la terre. Ce roman grandit à l'envers. La tendresse de l'ogre s'inverse, elle devient signe de mort, ou c'est le contraire, c'est la mort qui devient signe de tendresse, la mort de Nestor dans la chaufferie du collège Saint-Christophe, au point le plus bas du bâtiment, portant le destin de Tiffauges. La mort des trois pigeons du Rhin et leur écho, celle des trois enfants devenus emblèmes, taches rouges dans la neige, découlent de l'immense amour d'Abel Tiffauges pour eux, comme si tout ce qui passait dans les mains de ce monstre de tendresse se trouvait maudit malgré lui, tout le bien qui émane de lui se transformant en mal, au point qu'il accomplit sans le savoir les rites les plus abjects des camps de concentration, la tonte des cheveux d'enfants dans lesquels il se vautre, heureux, innocent mais portant malheur, comme il portera le petit Ephraïm sur ses épaules pour le sauver tout en ne voyant pas qu'il le tue. Mais il faut sans doute encore procéder à une inversion bénigne pour constater que celui dont on a craint durant toute la lecture du roman qu'il ne devienne l'ogre qu'il croit être, s'il porte malheur, au sens littéral du terme, n'est pas un être mauvais mais un bon bougre porté par un monde qui s'effondre et qu'il ne parvient pas à sauver, même s'il porte le ciel sur ses épaules alors que, comme Atlas, c'est la terre qu'il devrait porter.
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    • Livres 4.00/5
    Par m75000, le 26 janvier 2012

    m75000
    c'était en 1986 , j'allais partir au service militaire en camp disciplinaire en Allemagne , pour avoir été trop véhément lors des trois jours , et je me préparais durement chez une amie , pour me faire réformer le plus vite possible , en réduisant nourriture , sommeil tous les jours un peu plus , journées que je passais à lire et c'est à ce moment là que je suis tombé sur ce roman qui m'a fait voyager loin de mon repaire et de mes repères d'adolescent attardé . je découvrais à cette occasion un auteur , un style et une histoire extraordinaire ....
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    • Livres 3.00/5
    Par patouche, le 01 février 2012

    patouche
    Voici un livre dont j'ai compris la finalité qu'en lisant les notes en fin d'ouvrage.
    Ma lecture à été pénible , l'attitude du personnage principal vis à vis des enfants était ambigu , désagréable .
    Un livre à lire au second degrés , une sorte de fable .
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    • Livres 4.00/5
    Par fran6h, le 07 septembre 2011

    fran6h
    Le voyage d'Abel Tiffauges jusqu'au tréfond l'âme humaine. Plusieurs époques se succèdent depuis le chétif pensionnaire de Saint Christophe jusqu'au géant porte enfant de Prusse orientale ...Un enchaînement de situations qui lie le destin du héros au destin de l'humanité.
    Tout est symbole, tout est signe dans ce roman magistralement écrit qui entremêle le lyrisme mélancolique et les écrits sinistres du héros.
    Élevé dans un monde sans tendresse, humilié à l'adolescence, frustré par son travail de garagiste, Abel Tiffauges va vivre une vie paradoxale : accusé d'un viol il échappe à la condamnation grâce à la guerre pendant laquelle il prendra soin des pigeons et sera fait prisonnier... il deviendra peu à peu l'ogre, l'homme maternel, Le Roi des Aulnes.
    C'est un roman riche, à la fois du point de vue du style que du vocabulaire, un roman à lire ou à relire.

    Lien : http://animallecteur.canalblog.com/archives/2011/09/07/21964246.html
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Citations et extraits

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  • Par toto, le 08 juin 2009

    Cet avertissement s'adresse à toutes les mères habitant les régions de Gehlenburg, Sensburg, Lötzen et Lyck ! Prenez garde à l'ogre de Kaltenborn ! Il convoite vos enfants. Il parcourt nos régions et vole les enfants. Si vous avez des enfants, pensez toujours à l'Ogre, car lui pense toujours à eux ! Ne les laissez pas s'éloigner seuls. Apprenez-leur à fuir et à se cacher s'ils voient un géant monté sur un cheval bleu, accompagné d'une meute noire. S'il vient à vous, résistez à ses menaces, soyez sourdes à ses promesses. Une seule certitude doit guider votre conduite de mères : si l'Ogre emporte votre enfant, vous ne le reverrez Jamais !
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  • Par patouche, le 25 janvier 2012

    Rien n'illustre mieux que cette statue la fonction essentielle de l'art : à nos coeurs rendus malades par le temps ( par l'érosion du temps, par la mort partout à l'oeuvre , par la promesse inéluctable de l'anéantissement de tout ce que nous aimons) l'oeuvre d'art apporte un peu d'éternité. C'est le remède souverain, le havre de paix vers lequel nous soupirons, une goutte d'eau fraîche sur nos lèvres fiévreuses.
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  • Par __monir__, le 01 mai 2011

    Il y a deux sortes de femmes. La femme-bibelot que l’on peut manier, manipuler, embrasser du regard, et qui est l’ornement d’une vie d’homme. Et la femme-paysage. Celle-là on la visite, on s’y engage, on risque de s’y perdre. La première est verticale. La seconde horizontale. La première est volubile, capricieuse, revendicative, coquette. L'autre est taciturne, obstinée, possessive, mémorante, rêveuse.
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  • Par chartel, le 15 juillet 2010

    L’une des inversions malignes les plus classiques et les plus meurtrières a donné naissance à l’idée de pureté.
    La pureté est l’inversion maligne de l’innocence. L’innocence est amour de l’être, acceptation souriante des nourritures célestes et terrestres, ignorance de l’alternative infernale pureté-impureté. La pureté est horreur de la vie, haine de l’homme, passion morbide du néant.
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  • Par patouche, le 25 janvier 2012

    Il conviendrait d'ajouté à la constitution de 1875 un article aux termes duquel tous les membres d'un gouvernement renversé seront passés par les armes sans recours ni délai.
    Il est inconcevable que des hommes auxquels la nation vient de retirer sa confiance puissent non seulement rentrer chez eux impunis, mais encore poursuivre leur carrière auréolés de leur faillite frauduleuse.
    Cette disposition aurait le triple avantage d'éponger la sanie la plus cadavéreuse de la nation, d'éviter le retour des mêmes têtes dans les gouvernements successifs , et d'apporter à la vie politique ce qui lui manque le plus : le sérieux.
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