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> Michel Tournier (Autre)
> Jean-Louis Lalanne (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070366030
Éditeur : Gallimard (1974)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 122 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

A ceux qui nourris de grec et de latin sont morts de faim, je dédie ce livre. Jules VALLES
Jules Vallès, jeune bachelier, ne trouve pas de travail pour une raison bien simple : " J'ai dix ans de colère dans les nerfs, du sang de paysan dans les veine... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Corboland78
    Jules Vallès (1832-1885) est journaliste et écrivain. Journaliste engagé il créé le Cri du Peuple et sera membre de la Commune. Ecrivain, toutes ses expériences se retrouvent dans sa trilogie romanesque et autobiographique, L'EnfantLe bachelier – l'insurgé. Ce roman, Le bachelier, second volet de la trilogie, paraît d'abord en feuilleton sous le titre Mémoires d'un révolté dans le journal socialiste Révolution française en 1879 et en livre sous son titre définitif en 1881.

    Le narrateur Jacques Vingtras, baccalauréat en poche quitte Nantes et son collège pour monter à Paris. Il n'a pas d'argent mais il se sent libre, plein de haine pour la bourgeoisie et de fortes convictions républicaines. Après une enfance difficile et des rapports conflictuels extrêmes avec son père, il a pris l'enseignement en grippe lui reprochant d'avoir asservi son géniteur. Désormais il n'a qu'une envie, devenir ouvrier. « Qui peut le plus, peut le moins » assure un dicton mais pour Jacques ce n'est pas vrai, les éventuels employeurs se méfient d'un jeune homme trop vieux (à dix-sept ans !) et trop cultivé qui veut être ouvrier « Par ce temps de révolution, nous n'aimons pas les déclassés qui sautent du collège dans l'atelier. Ils gâtent les autres. Puis cela indique un caractère mal fait, ou qu'on a déjà commis des fautes. »
    Dès lors, il doit se résoudre pour survivre à dénicher de petits boulots qui payent à peine le quignon de pain et la chambre mansardée dans un immeuble insalubre. Vie de bohême étudiante au début, d'amis avec lesquels on refait le monde lors de longues discussions politiques dans l'attente du Grand Soir et de la révolution tant espérée. Après le coup d'état de Louis Napoléon Bonaparte alors que Jacques et ses amis n'ont pas réussi à entraîner les ouvriers dans un mouvement de défense de la démocratie, il retourne un temps revivre chez ses parents à Nantes.
    Quand il revient à Paris, beaucoup de choses ont changé, les amis sont moins engagés dans la lutte politique, sa fiancée en aime un autre, lui-même change « Puis j'ai lu des livres, j'ai réfléchi, et je ne crois plus aussi fort que jadis à l'efficacité du régicide », pourtant avec quelques comparses il va tenter d'organiser un attentat contre Napoléon III qui échouera. Arrêté, libéré, il vivote dans la presse et l'édition car ses articles sont trop polémiques pour ses employeurs.
    De leur côté, ses parents se séparent en raison d'infidélités du père. Sa mère qu'il va revoir, espère le marier avec une jeune fille mais il préfère retourner à Paris pour éviter de s'engager dans une vie bourgeoise. Finalement, dans le dernier chapitre « il se rend », acceptant un job de pion dans l'enseignement lui qui « voulait brûler les collèges », écartelé entre ses convictions et la nécessité de travailler.
    Idéaliste révolutionnaire « J'aime ceux qui souffrent, cela est le fond de ma nature, je le sens », Jacques Vingtras décide de sacrifier l'avenir bourgeois qui est censé être le sien, pour se lancer dans une vie ouvrière où il pense trouver des compagnons de rage pour la révolution qu'il espère. En confrontant ses idéaux à la réalité il découvre des facettes de sa personnalité qu'il ignorait « C'est terrible, ces goûts d'aristocrate avec mes idées de plébéien ! ». Finalement il doit abdiquer temporairement – du moins dans ce deuxième volet de la trilogie – acceptant un job honnis « Je vais mentir à tous mes serments d'insoumis ! N'importe ! Il me faut l'outil qui fait le pain… ». La rage est rentrée mais non éteinte. A suivre.
    Un livre qui sait être dur quand il évoque la misère, exaltant quand il ranime nos espoirs de jeunesse en un monde meilleur sous les traits de Jacques, mais Jules Vallès sait aussi nous faire sourire grâce à l'humour ou l'ironie de certaines situations. Ecrit dans un style haché, fragments de textes, notes comme dans un journal intime, décompte exact du budget serré du héros où chaque dépense ou rentrée fait l'objet d'une ligne, etc. un texte moderne qui déjà a mis pied dans le XXème siècle.
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    • Livres 4.00/5
    Par chapochapi, le 17 octobre 2010

    chapochapi
    Dans ce second roman, après" L'Enfant", Vallès raconte son parcours de jeune diplômé en quête d'une situation.
    Il aspire à la liberté, à la République, au bonheur, mais se heurte à ses parents toujours plus soucieux de leur image que des aspirations de leur fils ; mais il se heurte à une société craintive et dictatoriale dans laquelle il n'est pas bon d'être républicain ; mais il se heurte à la misère qui le fait courir partout pour trouver une place honnête.
    Cette famille et ce contexte social créent une situation oppressante avec laquelle le jeune bachelier se bat, pour survivre et pour rester lui-même. Mais ce n'est pas facile, lorsque l'on a des lettres, de trouver une situation. Jeune diplômé, il a trop d'éducation et est trop âgé pour se tourner vers les métiers manuels qui lui assureraient une situation. Trop d'éducation et trop d'idéaux lui font refuser le déshonneur, l'humiliation quotidienne et les pistons des bonapartistes. Mais, pour autant, Il n'est pas assez formé pour trouver une situation d'intellectuel indépendant.
    La seule possibilité ? l'enseignement, comme son père. Mais aussitôt se dresse l'image de ce père haï et longtemps incompris, de cette école blessante pour les élèves, méprisante pour le personnel qui se trouve en bas de l'échelle, sûre de son droit, de son pouvoir et, finalement, qui échoue à faire entrer les détenteurs du bachot dans la vie active.
    S'il rejette ce chemin tout tracé pour lui (il est "né dans l'enseignement", comme il ne cesse de le répéter), le jeune Vingtras n'a plus qu'à vivre en miséreux, dans la bohème de Paris, avec le peu d'argent qui lui est envoyé tous les mois. Et il lui en faut, du courage, pour ne pas succomber à la tentation du vice, au désespoir, au bonapartisme.
    Dans ce roman assez sombre, la plume de Vallès fait encore des merveilles. Que de légèreté pour parler de ses malheurs personnels, quelle ironie, quelle désinvolture pour nous montrer les petites joies d'un jeune homme qui se cherche, ses grandes misère et la situation absurde et malsaine dans laquelle il se trouve ! Par cette écriture foncièrement lyrique, on vit les bafouillements, les incertitudes, les pantalons troués de ce héros qui parvient à nous faire sourire de ses malheurs. La vie décrite est peut-être sombre, mais le roman, bien qu'il frappe efficacement là où ça fait mal, est assez léger.
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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 06 avril 2013

    Missbouquin
    Deuxième volet de la trilogie de Jules Vallès, le moins connu, Le bachelier traite des années vécues par le héros Jacques Vingtras après l'obtention de son bachot, qu'il passa à Paris. « Je suis LIBRE ! LIBRE ! LIBRE ! » .
    C'est à cette période que Vingtras connaît plusieurs désillusions : celle des études (il renonce à faire son droit), celle du travail (il ne peut gagner sa vie avec seulement son diplôme, étant toujours trop peu ou trop diplômé), celle de l'amour (aucun durable), celle de l'indépendance (il dépend toujours de ses parents), enfin celle de la révolte (avortée, il était pourtant le plus enthousiaste des jeunes révolutionnaires).
    C'est donc un roman de l'entre-deux, entre enfance et âge adulte, où le héros, qui n'est ni le plus fort, le plus beau, le plus honnête, le plus intelligent des hommes, cherche à survivre dans la jungle parisienne des années 1850, après le coup d'État de Napoléon III. J'y ai retrouvé avec plaisir – après un temps de réadaptation – le style très heurté, très passionné de Jules Vallès qui – à grande force de points d'exclamations et de retours à la ligne – exprime la jeunesse et la naïveté de son jeune héros qui fait ses premiers pas dans le monde … « Nous avons dix-huit ans, nous sommes un siècle à nous cinq ; nous voulons sauver le monde, mourir pour la patrie. »
    Avec un humour très présent, Vallès nous transporte dans ce XIXe siècle, au cœur du Quartier Latin où traînent les éternels étudiants, et nous rend très présentes les difficultés de la vie à cette époque, pour une certaine classe sociale, celle des bourgeois éduqués, mais sans le sou. « Tu nous le paieras, société bête ! » Il prendra sa revanche avec L‘Insurgé …

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2013/04/04/les-romans-non-chroni..
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    • Livres 2.00/5
    Par Elyria, le 03 novembre 2012

    Elyria
    J'ai beaucoup moins aimé ce livre que le premier de la trilogie. Déjà car il ne s'agit plus vraiment de la même période et surtout car le style narratif change (à mon sens).
    Le héros nous narre ses années de jeunesse, de galère pour trouver un travail, un logement tout en tenant ses convictions politiques. le style m'a semblé parfois s'épuiser lui-même, et pourtant j'apprécie ce ton mordant et cynique qui tourne tout au ridicule. Je pense juste que je ne suis pas faite pour l'auto-fiction puisque même celle-ci, avec toutes les qualités narratives et son caractère de référence ne me plaît pas.
    Ce qui me gène aussi plus c'est le côté anecdotique des évènements. Certes, la vie est faite de petites choses, de petits changements mais est-il besoin pour autant de nous les décrire tous en détail?
    Et puis la cohérence du personnage me semble parfois un peu bancale, le personnage traverse les bévues et petites joies sans jamais se retourner vers son passé, vers ce qu'il a vécu, ce n'est qu'un détail mais qui n'en est pas un pour moi.
    Je ne veux pas écorner le génie de Valès, je dis juste que je n'en ai pas saisi toute la substance.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lenaig1, le 06 juillet 2011

    Lenaig1
    Une écriture d'une modernité etonnante.
    Une plulme légère, un sens de l'humour certain malgrès la gravité du sujet...Si les illusion de Vingtras s'éteignent peu à peu dans sa pauvreté parisienne, ses idéaux d'égalité et de fraternité ne changent pas,sa colère sociale ne faiblit pas. On sent, malgrès le cadre bien noir, et les déboires nombreux, la force bouillonante de la jeunesse sourdre dans ce roman autobiographique. Une seule hâte:lire "l'insurgé"!
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Citations et extraits

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  • Par Tella, le 24 mars 2014

    Aimé?
    Ne voyant la vie que comme un combat, espèce de déserteur à qui les camarades même hésitent à tendre la main tant j'ai des théories violentes qui les insultent et qui les gènent. Ne trouvant nulle part un abris contre les préjugés et les traditions qui me cernent et me poursuivent comme des gendarmes, je ne pourrais être aimé que de quelques femmes qui seraient comme moi des révoltés. Mais j'ai remarqué que la violence tuait souvent la grâce ! Et moi qui voudrait que celle à qui j'associerais ma vie eût l'air d'une femme jusqu'au bout des ongles, fût jolie et élégante et marchât comme une grande dame. C'est terrible mes goût d'aristocrate avec mes idées de plébéien.
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  • Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Avez-vous donc besoin d’être ouvrier pour courir vous faire tuer à une barricade, si la vie vous pèse !… Allons ! prenez votre parti de la redingote pauvre, et faites ce que l’on fait, quand on a eu les bras passés par force dans les manches de cet habit-là. Vous pourrez tomber de fatigue et de misère comme les pions ou les professeurs dont vous parlez ! Si vous tombez, bonsoir ! Si vous résistez, vous resterez debout au milieu des redingotes comme un défenseur de la blouse. Jeune homme, il y a là une place à prendre ! Ne soyez pas trop sage pour votre âge ! Ne pensez pas seulement à vous, à vos cent sous par jour, à votre pain cuit, qui roulerait tous les samedis dans votre poche d’ouvrier… C’est un peu d’égoïsme cela, camarade !… On ne doit pas songer tant à son estomac quand on a ce que vous semblez avoir dans le cœur !
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  • Par cathcor, le 19 février 2012

    A ceux qui
    NOURRIS DE GREC ET DE LATIN
    SONT MORTS DE FAIM
    Je dédie ce livre

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  • Par chapochapi, le 17 octobre 2010

    Oh ! ce serait terrible, si je devenais un chiffreur, qui ne rêve plus, n'espère plus, chez qui l'idée de révolte ou de poésie est morte ! (chap. XXIX)

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  • Par chapochapi, le 17 octobre 2010

    Je ne puis pourtant lui dire que je déteste ce métier de professeur, encore moins lui conter que je ne voudrais pas prêter serment ; il me flanquerait à la porte comme un imbécile ou un fou, et il aurait raison... (chap. XX)

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Jules Vallès : L'enfant
Dans les murs du Lycée Clémenceau à Nantes, Olivier BARROT présente "L'enfant", roman de Jules VALLÈS, dont il lit un passage.








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