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ISBN : 2020985012
Éditeur : Editions du Seuil (2012)


Note moyenne : 3.84/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
À quarante ans, Antonio Yammara dresse le bilan de sa vie et revient sur sa relation, brève mais lourde de conséquences, avec Ricardo Laverde, un homme laconique et secret qu’il a autrefois fréquenté dans une salle de billard du centre de Bogota. Un soir alors qu’ils ma... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Henri4, le 11 août 2012

    Henri4
    Juan Gabriel Vasquez : Le bruit des choses qui tombent
    Traduit de l'espagnol (Colombie) par Isabelle Gugnon
    A paraître au Seuil le 23 août
    Voici une des pépites de cette rentrée. Un roman plein d'histoires (et d'Histoire) qui brasse avec virtuosité une matière foisonnante. L'art de Juan Gabriel Vasquez est de rendre toute la richesse de l'expérience vécue avec ses multiples niveaux et recoins d'une façon aussi immédiate et évidente que la vie même. Entre le présent anarchique, buissonnant, fait de hasards, d'incohérences, de surgissements, et le destin qui se dessine à l'échelle d'une vie, existe un hiatus qui turlupine tout romancier qui se respecte et que Juan Gabriel Vasquez semble avoir mis à jour !
    Le narrateur, Antonio, jeune professeur de droit, est gravement blessé dans un attentat qui vise et tue le mystérieux Ricardo Laverde, rencontre évanescente faite quelques mois plus tôt dans un bar où il a quelques habitudes. Cet événement bouleverse Antonio dont l'existence perd désormais toute consistance alors même qu'il s'éprend d'une de ses élèves, lui fait un enfant et l'épouse. Il n'est plus que l'ombre de lui-même, hanté par la mort : la sienne, évitée d'un cheveu, et celle de Ricardo Laverde dont il a recueilli les derniers instants. Quel sens donner aux derniers instants d'une vie dont on ne sait par ailleurs presque rien ? Cette énigme habite Antonio comme un fantôme.
    Cette idée d'une vie posée en énigme dont la résolution s'impose au narrateur, voilà déjà un beau dispositif !
    Quelque chose se dénoue pour Antonio lorsqu'une certaine Maya l'appelle et se présente comme la fille de Ricardo Laverde. Ensemble, ils vont faire de grandes excursions dans le passé et reconstituer à partir d'indices, de lettres, de photos une vie emplie de drames, qui croise l'Histoire de la Colombie, notamment son armée et ses trafiquants de drogue (Pablo Escobar) etc. On découvre le père de Ricardo Laverde, héros national de l'aviation, puis sa femme, américaine idéaliste et très attachante venue en Colombie par une association humanitaire.
    Dans son essence, la vie du défunt Laverde (une vie manquée, jusqu'au dernier rendez-vous), semble se confondre alors avec le récit que peuvent en faire Antonio et Maya, après coup.
    On présent aussi, sans avoir mis les pieds en Colombie, que ce roman capte l'air du temps et appartient à la génération de l'écrivain né à Bogotà en 1973. Un roman qui mêle magnifiquement l'histoire de son pays, l'air du temps et le poids de quelques existences.
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    • Livres 4.00/5
    Par traversay, le 27 octobre 2012

    traversay
    En cette rentrée littéraire, trois auteurs latino-américains, de la même génération, se penchent sur le passé récent de leurs pays respectifs, tumultueux et violent, qu'ils n'ont connu qu'enfant ou adolescent : le chilien Alejando Zambra (né en 1975), l'argentin Patricio Pron (1975) et le colombien Juan Gabriel Vasquez (1973). Trois romans qui ont en commun d'être à la fois une quête, existentielle, et une enquête, sur des événements qui symbolisent le legs sanglant d'une époque. Aucun n'affronte directement les faits qui, reconstitués, n'ont qu'une valeur symbolique pour compléter les failles de toute une génération dont l'héritage est trop lourd. Des trois romans évoqués, celui de J.G Vasquez est le plus touchant et le plus convaincant. Parce qu'il réussit le mieux la jonction entre deux périodes avec son personnage principal qui a souffert dans sa chair la barbarie d'un pays livré aux narco-traficants. Inutile de dire que cet homme ne s'est jamais remis de l'attentat qu'il a subi même s'il n'était pas directement visé. Tout l'art de l'écrivain colombien, qui signe ici son meilleur livre, est d'entrer dans l'intime, de plonger au plus profond dans la psychologie de ce trentenaire déboussolé, sur le point de gâcher sa vie, qui n'a de cesse de comprendre ce qui lui est arrivé. le style fluide et évocateur de l'auteur fait merveille et raconte avec une sérénité inquiète l'histoire de son pays. Il y a de très belles pages sur Bogota, cette incroyable ville haut perchée, sur son âme, ses habitants et leur fatalisme. le bruit des choses est bourré de détails qui font sens sans que jamais le romancier n'ait besoin de crier son désarroi ou son indignation. C'est un livre écrit mezza voce, qui a d'autant plus le pouvoir d'émouvoir.
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    • Livres 4.00/5
    Par luocine, le 20 janvier 2013

    luocine
    Un grand plaisir de lecture pour un roman tout en nuance.
    Le récit se situe en Colombie et fait revivre le passé d'enfants dont les parents on été mêlés au trafic de drogue.
    Ce n'est pas un roman style reportage qui permet d'apprendre tout sur le quartel de Medellin ou la personnalité d'Escobar, mais à travers les questions que se pose le personnage principal on comprend peu à peu les différents drames de ce pays.
    Antonio Yammara rencontre un homme qui a fait 20 ans de prison, celui-ci est victime d'un attentat au cours duquel il est lui-même grièvement blessé.

    Sa vie en est totalement bouleversée et, pour s'en sortir, il veut comprendre qui était Ricardo Laverde.
    Cette quête permettra à l'écrivain de nous décrire les années sombres de Colombie .

    J ai apprécié toutes les réflexions sur la mémoire et les souvenirs.
    La frontière entre le bien et le mal est assez difficile à tracer , à la fin du roman on ne sait toujours pas qui était vraiment Ricardo Laverde ni pourquoi exactement, il a été tué . Au fil des pages on se trouve pris dans une ambiance assez lourde et triste que je pense assez proche de la la réalité.
    Le titre est très bien trouvé et à lui seul résume le roman,mais je vous laisse découvrir pourquoi.

    Plusieurs fois je me suis dit que si j'avais vécu sur place , je n 'aurais pas mieux compris les différents enjeux de ce pays que les personnages du roman.




    Lien : http://luocine.over-blog.com/article-le-bruit-des-choses-qui-tombent..
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    • Livres 4.00/5
    Par mgeffroy, le 10 octobre 2012

    mgeffroy
    La rencontre avec ce livre se fit d'abord par sa couverture. Elle m'évoquait un autre roman, policier celui là, de Tonino Benacquista Trois carrés rouges sur fond noir”. Hormis les boules, une rouge, une blanche et une queue de billard, la comparaison entre ces deux romans s'arrête à la couverture mais c'est quand même pour elle que j'ai choisi ce livre. Pour Benacquista, le billard était la raison de vivre de son personnage principal, pour Juan Gabriel Vasquez (normalement, sur Vasquez le a est avec avec accent aigu mais je ne sais pas le faire sur mon clavier - je sais, j'aurais pu chercher sur Internet mais je préfère m'en remettre à vous), c'est dans une salle de billard que se rencontre les protagonistes : le narrateur, Antonio, la quarantaine (mais seulement 26 ans lors de la rencontre), professeur d'université et Antonio, d'une bonne vingtaine d'années son aîné, homme secret et dont on pressent un lourd passé.
    C'est en lisant dans la presse la mort d'un hippopotame ayant fait partie du zoo mégalo de Pablo Escobar qu'Antonio se remémore, quelques années auparavant, le germe d'une amitié qui le noua à Ricardo Valverde. Avant que celui ci ne soit assassiné en pleine rue de Bogota en compagnie d'Antonio qui lui, sera blessé. Les éléments pourraient être en place pour un roman policier mais cela n'intéresse pas l'auteur.
    Il se penche sur le ressenti d'Antonio qui s'il se remet peu à peu de ses blessures sombre dans une dépression liée bien sûr à l'attentat qu'il vient de subir mais également à cette jeunesse dans laquelle la violence était partout, ses anniversaires marqués par les meurtres commis par Escobar et par la guerre des cartels. A travers son personnage, Vasquez s'interroge sur les répercussions subies par quelqu'un qui naît en même temps que le trafic de drogue. Antonio est persuadé qu'il doit comprendre la mort de Ricardo pour comprendre pourquoi il est si difficile pour lui de se remettre de cet acte terroriste. Avec Maya, la fille de Ricardo, qui cherche à réunir le maximum de témoignage sur son père, il va enquêter sur le passé, sur l'histoire de son pays pour essayer de décoder sa propre vie.
    Les choses qui tombent ce sont avant tout les avions puisque Ricardo, pilote, est doublement touché par des accidents d'avions mais c'est surtout, pour l'auteur, les répercussions que le terrorisme lié au marché de la drogue, ont sur la vie privé des gens, sur l'éducation de leurs enfants pendant les années 80 en Colombie. Comment peut-on grandir, devenir adulte, dans un pays où la terreur est omniprésente ?

    Lien : http://avelbre.fr/2012/10/le-bruit-des-choses-qui-tombent-de-juan-ga..
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    • Livres 4.00/5
    Par marcossor, le 11 mars 2014

    marcossor
    Lo más triste que puede pasarle a una persona, tener recuerdos de mentira.
    Cela commence étrangement avec une histoire d'hippopotame. Un hippopotame que l'on retrouvera beaucoup plus loin dans le récit et qui réapparaîtra comme une mémoire lancinante, pas très compréhensible, et coûteuse. Pas à pas, c'est le récit d'une vie cachée ou oubliée qui est remontée à la surface, celle de Ricardo Laverde, pilote d'avion, que sa fille Maya et qu'une rencontre de hasard, Antonio Yammara, vont travailler obsessionnellement à retrouver.
    Un vie cachée, secrète même, qui s'inscrit entre deux accidents d'avion qui décideront de sa vie, en dehors de lui. Celui qui décidera de sa vocation de pilote avant même sa naissance et celui qui mettra fin à son avenir. Entre les deux, il y a l'histoire de la Colombie, prise dans les illusion et mensonges du narcotrafic, entraînée dans la violence de la guerre à la drogue. Dévorés par la nécessité de mieux découvrir, de connaître et comprendre le passé qui les a condamné à ne vivre qu'à moitié, Antonio et Maya semblent butter sur une réalité sans raison, sans explication, simplement sur le bruit des catastrophes et sur le silence qui les suit. Si les choses ont été autrement avant, elles ne peuvent plus se rejouer. Les ressasser, c'est prendre le risque de s'y perdre, de s'y noyer. Il leur faudra apprendre à vivre, à revivre, avec des bribes de souvenirs toujours amputés ou déformés.
    Un récit emprunt de fatalisme sur le poids de l'histoire, des histoires, et du silence trop grand qui les accompagnent, sur le besoin de savoir comme sur celui d'ignorer. le besoin de comprendre, de trouver le sens ou au moins la raison des choses nous entraîne irrésistiblement dans le récit de l'Histoire, aussi énigmatique, discrète et irréelle que cet hippopotame qui surgit dans la lumière des phares pour aussitôt s'éclipser dans la jungle soumise à une pluie équatoriale.
    Solidement ancrée dans l'histoire colombienne, bien méconnue du lecteur occidental moyen, Le bruit des choses qui tombent nous la fait découvrir par la bande, en l'éclairant de l'intérieur. Au delà, il y a l'histoire, avec son grand H, et le rapport que chacun d'entre nous peut avoir avec elle, de l'ignorance à la fascination. Si Antonio a vite la conviction que cet homme taciturne qu'il a rencontré était un autre homme avant, lui aussi devient un autre homme une fois que L Histoire lui a mis la main dessus. Il en est un peu de même du lecteur à la sortie du récit. Le bruit des choses qui tombent résonne encore dans le silence qui suit.

    Lien : http://filsdelectures.over-blog.com/vasquez-le-bruit-des-choses-qui-..
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Critiques presse (2)


  • Bibliobs , le 02 janvier 2013
    Scène de la violence ordinaire dans la Colombie des années 1990, dont Juan Gabriel Vásquez restitue le tragique dans ce style limpide et sombre qu'il emprunte à ses maîtres Joseph Conrad et Philip Roth
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • LaLibreBelgique , le 06 novembre 2012
    [Ce] roman, avec son écriture fluide et agréable, nous plonge dans l’intimité d’un homme bouleversé et dans les coulisses humaines d’une guerre sans merci
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique

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Citations et extraits

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  • Par luocine, le 20 janvier 2013

    Essaierais je de la convaincre .... que Le monde est trop dangereux pour qu'on s'y promène seul , sans personne pour nous attendre à la maison , se faire du souci quand on ne rentre pas ou venir nous chercher ?



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  • Par luocine, le 20 janvier 2013

    Nul ne sait a quoi sert le souvenir , s'il s'agit d'un exercice profitable ou q i peut se révéler néfaste , ni en quoi l'évocation du passé peut changer ce que l'on a vécu.

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  • Par luocine, le 20 janvier 2013

    En Colombie, personne ne l'avait regardé de la sorte: depuis son arrivée , Elaine n'avait couché qu'avec des Américains ou qu'avec des hommes qui avaient des orgasmes en anglais.

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  • Par luocine, le 20 janvier 2013

    Ce sont mes seuls vrais souvenirs . Les autres ont été inventés ce sont des souvenirs mensongers. Le plus triste qu'on puisse transmettre à quelqu’un, ce sont de faux souvenirs .

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  • Par mgeffroy, le 10 octobre 2012

    La petite averse aux gouttes épaisses à bientôt cédé la place à une pluie violente : en quelques secondes, le ciel est devenu aussi sombre et bombé que le ventre d’un âne et avant même que nous ayons eu le temps d’aller nous abriter, nos chemises étaient trempées.

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