Ecrire serait-ce lutter simplement contre l'oubli inévitable auquel nous sommes condamnés, après que les derniers témoins de notre existence ont disparu ? Héctor Abad, témoigne, à travers une écriture dense et subtile, poétique souvent, de la vie et des engagements de son père qui fut lâchement assassiné, victime non seulement de la violence politique de son pays, la Colombie, mais aussi de ses idéaux et de son acharnement à combattre les inégalités et les injustices sociales. Il raconte aussi son expérience profonde et intime de l'amour filial, qui l'a façonné de l'intérieur, lui insufflant la force et l'énergie nécessaires à la poursuite de sa vocation.
Il dresse un portrait de ce père tout en demi-teintes où l'ombre le dispute à la lumière, où l'affection n'empêche pas la lucidité sur ce père tant aimé.
Cet amour filial, lui a prodigué l'estime de soi et l'amour de soi grâce auxquels il a pu se construire et se reconstruire après les événements douloureux de sa vie. Il n'a empêché ni le doute ni la souffrance mais a servi d'antidote au désespoir. Il le décrit en de très belles pages. Ce père rétablissait ainsi « l'ordre dans le chaos de mes pensées », confie-t-il, car « je disposais d'un abri nocturne et éclairé ».
Y a-t-il plus bel hommage ?
(cliquer sur le lien pour lire la suite)
Lien : http://www.litterama.fr/article-hector-abad---l-oubli-que-nous-seron..