ISBN : 2228902772
Éditeur : Payot et Rivages (2008)
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Longtemps la politique révolutionnaire a été saisie sous la métaphore du théâtre. Sophie Wahnich propose de l'appréhender sous celle de l'opéra. Elle redonne ainsi à ceux que l'on a trop vite considérés c... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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  • Par de, le 13 janvier 2012

    de
    Sophie Wahnich nous présente dans le détail une séquence historique qui « s'ouvre avec l'acceptation par le roi de la Constitution de 1791 (14 septembre 1791) et se referme sur la mort du roi dont la voix a été couverte le jour de l'exécution par des roulements de tambours (21 janvier 1793). »
    Dès la chaude ouverture « Un désir de république, l'insu manifeste » et « 1792, un opéra révolutionnaire en actes » l'auteure assume son projet « Éclairer intensément certains détails de ce tableau, c'est tenter de comprendre ce qui se joue dans cette insistance populaire à vouloir déjouer les faux-semblants d'une concorde qui renonçait à reconnaître en chacun des hommes un citoyen à part entière. » Puis l'auteure s'adresse au lecteur, comme prélude ou placement de langue, de corps, de politique. Comme incitation à découvrir l'ensemble de l'ouvrage, je m'attarderais uniquement sur cette plus qu'introduction.
    La référence à l'opéra n'est pas une coquetterie, car « il s'agit bien de raconter la voix du peuple, de tenter de la restituer, de montrer comment elle advient et comment elle s'efface ou resurgit pour laisser sa place au texte d'un livret où il faut faire parler la loi. ». Il convient d'analyser la place de l'opinion publique, de l'usage public de la raison, de l'émotion, de la multiplication des imprimés, des délégations, du vote à main levé, de la décision sur le vif.
    1792 c'est le moment « où la figure du monarque est congédiée et où la notion de citoyenneté passive devient un non-sens ». le rejet du modèle de citoyenneté fictive ou passive est donc à scruter « ce sera bien sûr l'objet de ce récit, mais, sans aller plus avant pour le moment, je crois qu'ils commencent par politiser la plainte et plus radicalement qu'ils finissent par affirmer que la représentation n'est légitime que si entend et retraduit la plainte. »
    Ou pour le dire autrement, et contre « une lecture dépréciative des foules », faire le récit d'une activation démocratique « cette démocratie doit en passer finalement par le corps à corps violent pour faire valoir ses droits face à la surdité des représentants. »
    Sophie Wahnich redéfinit les responsabilités et l'ensemble des usages de la violence, de l'incapacité des représentants à la trahison du roi. Il ne s'agit plus ici d'une histoire refroidie mais en une temporalité « désormais ouverte, complexe, incertaine et fondamentalement vectorisée par une attente démesurée », en un temps « densifié par cette intensification cumulative des expériences vécues » de donner à voir les actions nécessaires des acteurs et actrices, du souverain en agir constituant d'un nouvel ordre de la société.
    Un regard d'historienne citoyenne, un regard nécessairement politique sur une séquence historique, un récit relativement discontinu, basculement de monde et révolution (« Une séquence politique comme une faille qui s'ouvre et qu'il n'est plus possible de refermer »), pas d'une page insipide d'un livre d'histoire reconstituée et décharnée, sans acteur et sans actrice, sans homme et sans femme réelle, sans foule, sans violence, sans débat. Loin des commémorations froides ou patrimoniales, un récit questionnant les processus révolutionnaires d'hier (et de demain). La voix du souverain, de la longue patience du peuple dans un livre érudit, passionnant, une lecture radicalement en couleurs.
    Je rappelle deux ouvrages précédents de l'auteure : L'impossible citoyen, l'étranger dans le discours de la Révolution française (Albin Michel, Paris 1997) et La liberté ou la mort, essai sur la terreur et le terrorisme (La Fabrique, Paris 2003)
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Citations et extraits

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  • Par de, le 25 octobre 2011

    Éclairer intensément certains détails de ce tableau, c’est tenter de comprendre ce qui se joue dans cette insistance populaire à vouloir déjouer les faux-semblants d’une concorde qui renonçait à reconnaître en chacun des hommes un citoyen à part entière.
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  • Par de, le 25 octobre 2011

    il s’agit bien de raconter la voix du peuple, de tenter de la restituer, de montrer comment elle advient et comment elle s’efface ou resurgit pour laisser sa place au texte d’un livret où il faut faire parler la loi
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  • Par de, le 25 octobre 2011

    je crois qu’ils commencent par politiser la plainte et plus radicalement qu’ils finissent par affirmer que la représentation n’est légitime que si entend et retraduit la plainte
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Vidéo de Sophie Wahnich

Histoire et pouvoir 1/5
Sophie Wahnich, interrogée par Antoine Perraud pour Mediapart dans la bibliothèque Jean-Maitron du Centre d'histoire sociale du XXe siècle (Paris I-CNRS), fait par de son opposition raisonnée au projet de Maison de l'histoire de France que le président Sarkozy entend installer aux Archives nationales à Paris.








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