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Guy Abadia (Traducteur)
ISBN : 225311927X
Éditeur : Le Livre de Poche (25/04/2007)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Voici l'un des chefs-d'oeuvre incontestés de la science-fiction, par l'un des plus grands écrivains américains de fantasy et de science-fiction, Gene Wolfe.

Loin de la Terre, deux planètes sœurs, Sainte-Anne et Sainte-Croix, ont été colonisées par des Français qui ont détruit la population indigène de la seconde. Des décennies plus tard, un ethnologue, le Dr Marsh, s'efforce de retrouver des traces de cette culture effacée, oubliée, passée au rang de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Walktapus
09 août 2012
Gene Wolfe est un grand écrivain. Tout court. Et La cinquième Tête de Cerbère, un formidable roman de même, pas seulement de science-fiction. Je viens de le relire, deux ans après la première fois, et la deuxième était encore meilleure, sans doute parce que là j'ai enfin compris l'essentiel. Enfin je crois...
Il y a du Proust, du Faulkner, du Borges dans la Cinquième Tête. Mais c'est de la SF, de la SF dont les thèmes (le clonage, l'évolution, les extra-terrestres, la colonisation) se rapportent à des sujets fondamentaux : l'identité, le passage à l'âge adulte, la mémoire. de la SF amenée par une voix originale, qui transcende les genres.
Wolfe est qualifié de mythographe sur le WolfeWiki (*) Je préfère penser qu'il est joueur, et qu'il adore faire appel à l'intelligence et la curiosité du lecteur. Par exemple, un autre que lui aurait présenté le contexte des deux planètes jumelles, Sainte-Anne et Sainte-Croix, avant de commencer son histoire. Ici il faut collationner les indices et les allusions réparties dans tout le livre et coller les morceaux pour composer un tableau d'autant plus vivant et puissant qu'il contient une part d'interprétation du lecteur.
Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'histoire, loin de là. Il y en a même plusieurs, et c'est tellement bien amené, et avec un tel style, qu'on tourne les pages de toutes façons, dès ce début qui pique la curiosité et surprend par son originalité.
Pour comprendre en profondeur ce roman, ou Wolfe en général, il faut tenir compte de la subjectivité. Les points de vue sont très importants. Tout témoignage, même sincère, est subjectif. Deux personnes ayant assisté au même événement ne verront pas la même chose, ne retiendront pas la même chose. Il y a dans ce roman des souvenirs déformés, des témoignages de seconde main, des interprétations erronées, des gens qui ne comprennent pas ce qu'ils voient, qui mentent, qui ne voient qu'un phénomène là où il y en a deux ou trois, qui confondent. Au lecteur de décoder tout ça pour se forger sa propre opinion.
C'est un peu comme un mystery novel, où la solution serait réservée à ceux qui savent la trouver, et où d'ailleurs il ne serait écrit nulle part clairement qu'il y a un mystère à résoudre, encore moins combien de mystères. D'ailleurs, différents lecteurs pourront avoir des interprétations différentes sur certains points. Ca peut facilement irriter ou frustrer le lecteur, surtout parmi les amateurs d'un genre qui recherche en général la clarté. Il faut le lire l'esprit aiguisé et ouvert, être patient, interpréter correctement les fausses pistes laissées par un Wolfe facétieux, et guetter les indices (rien n'est gratuit chez lui). Ils sont de deux sortes : narratifs et symboliques. Car il y a un niveau symbolique aussi.
Un monstre d'originalité et d'intelligence, un ovni passionnant et déroutant à la fois.
(*) http://www.wolfewiki.com/pmwiki/pmwiki.php?n=WolfeWiki.Contents - un site où les fans recueillent les indices, présentent des hypothèses et discutent de leurs inteprétations.
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OlivierH77
27 décembre 2014
Nous sommes sur la planète Sainte Croix, soeur ennemie de la planète Sainte Anne, où le Dr Marsch, anthropologue terrien et américain, narrateur de cette histoire, nous parle depuis sa prison. Accusé d'assassinat d'un espion de Sainte Croix et d'être à la solde de Sainte Anne, il était venu enquêter sur Sainte Anne pour retrouver la trace et les légendes des aborigènes exterminés par les colons terriens.
A travers son récit, il va nous faire part de ses doutes et convictions quant à ce passé, dans un contexte difficile de dictature militaire et d'esclavage, de témoins qui brouillent les pistes.
L'espion assassiné s'avère être le propriétaire de la "Maison du Chien", ni plus ni moins qu'une maison close très rentable. Cet homme mystérieux vit avec ses deux enfants "n°5" et David, leur précepteur Mr Million et sa propre soeur le Dr Veil.
On comprend vite que cette maison est en fait surtout celle des manipulations génétiques et des androïdes, les expériences dans cette curieuse et inquiétante "famille" font la vie quotidienne, et depuis longtemps :
- le père vend des esclaves génétiquement manipulés et fabrique des clônes.
- N°5 est une réplique de son père, qui le drogue et fait des expériences sur lui, et de sa tante.
- M. Million est un "simulateur non relié", alias un androïde, à qui on a implanté la mémoire d'ancêtre des deux enfants.
Et N°5 est bien éduqué dans la lignée, faisant également des expériences sur des animaux et à qui on bourre le crâne de théories sur les aborigènes.
Le Dr Marsch va interroger le Dr Veil, qui lui révèle que les habitants actuels de Sainte Anne seraient les descendants des aborigènes, ceux-ci ayant eux-mêmes exterminé les colons terriens et pris leur apparence jusqu'à en oublier leurs origines.
Mais pendant la visite de l'anthropologue, N°5, qui hait son père va le tuer, et le Dr Marsch fait un suspect idéal. Mais finalement, l'enfermement du Dr Marsch n'est-il pas lié à son obstination à écrire que les aborigènes existent toujours ?
Dans cette succession de trois textes étranges, Gene Wolfe démontre des qualités d'écriture exceptionnelles. Ce fin lettré nous entraîne dans une enquête à l'atmosphère inquiétante où les faux-semblants individuels s'insèrent dans une ambiance de secret d'Etat.
Premier grand livre de cet auteur, qu'il faut absolument connaître pour son originalité dans le paysage littéraire de la SF, car même dans ses fameux cycles plus fantasy, il ne cède rien sur l'élégance de style, que bien des écrivains "généralistes" doivent lui envier !
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Tatooa
01 juillet 2016
Bon. J'y arrive pas. Et pourtant dieu sait que je me suis accrochée (page 195 sur 300, j'ai fait des efforts). Mais j'y arrive pas.
ça ne m'intéresse pas, rien à faire. J'ai bien aimé la première partie, mais quand on est arrivé à la seconde, le "récit par John V. Marsh", olala, j'ai gravement galéré. Et là, la troisième partie n'arrive pas à réveiller mon intérêt.
Il me manque une histoire continue, un fil conducteur, quelque chose qui me maintienne en éveil, là franchement il n'y a rien de tout ça, de mon point de vue, qui ne reste que cela. Je trouve que tout va trop vite, dans la seconde partie je n'ai quasiment rien compris, je sais pas, c'est trop "ésotérique" pour moi (et en lisant les autres avis, sans doute trop intello aussi), cette histoire, gonflaga...
Je me suis pas mal tâtée, mais en fait, comme hier soir j'ai préféré lire mon manga que ça, bah je laisse tomber, tant pis. Et ça ne me donne pas du tout envie de lire les autres que j'ai de cet auteur, franchement, j'en suis à me demander si je vais pas les virer de ma PAL, ça ferait toujours ça de moins... *gros soupir*
Lecture pour le défi ABC.
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GrandGousierGuerin
13 décembre 2015
La cinquième tête de Cerbère est un roman du genre science-fiction qui regroupe trois récits distincts avec un fil conducteur qui se révèle bien souvent au détour d'une phrase. Toutefois ces trois récits pourraient presque être lus indépendamment mais il y manquerait sûrement le lien ténu et essentiel que Wolfe a su y laisser dans la trame.
La planète Sainte-Croix a été colonisée initialement par les français et conquise depuis par une nation anglo-saxonne. Sur cette planète vit une société en apparence assez proche de la nôtre mais avec des préoccupations propres à une colonie implantée depuis peu sur un territoire pas complètement exploré. La planète Sainte-Croix a dans son orbite la planète Sainte-Anne. Cette dernière planète aurait connu avant sa colonisation une population autochtone, appelée « abos », qui aurait disparue selon certains. Toutefois d'autres récits parlent des étranges pouvoirs protéiformes de ces abos qui auraient remplacé les colonisateurs en prenant leur apparence et en oubliant leur origine.
La première partie du récit se situe sur la planète Sainte-Croix et relate les souvenirs de prime enfance à la vie d'adulte d'un homme. Cette première partie permet d'installer un univers à part où le lien familial, l'identité prennent une part essentielle. La seconde partie relate les pérégrinations d'un abo en proie à des expériences terribles et mystiques sur la planète Sainte-Anne. Enfin la dernière partie traite de la lecture parcellaire du journal intime d'un ethnologue emprisonné sur Sainte-Croix en vue d'une éventuelle libération.
Récit tenant plus de l'uchronie, ce roman ouvre la porte à différents champs de réflexion aussi bien scientifiques, ethnologiques, sociaux que moraux. Même si sa lecture peut s'avérer déconcertante, j'ai pris grand plaisir à la lecture de ce roman parcellaire où le souvenir et la mémoire tissent une toile frêle mais aux ramifications multiples.
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lyoko
27 février 2015
Ce livre est réellement très particulier.
Il est monté comme un puzzle. Chaque pièces s'imbriquent les unes dans les autres mais encore faut t'il leur trouver la bonne place.
Un livre de SF qui traite de bioéthique avec le clonage mais aussi de la colonisation (entre autre mais tout dévoiler dans ma critique ne rendrait pas service aux futurs lecteurs).
L'auteur met bien en évidence le manque de tolérance des colonisateurs face aux abos. Les maltraitances faites par la domination des "envahisseurs".
En fait ce livre m'a beaucoup fait penser à la domination US vis à vis des peaux rouges.
Mais restont dans la SF, si jamais d'autres êtres vivants dans l'univers existaient et venaient coloniser la terre, serait il légitime qu'ils traitent les humains comme des animaux.
Un livre , qui, pour moi, fait réfléchir.....
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Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
TatooaTatooa29 juin 2016
Les enfants, ne sachant distinguer l'extraordinaire du plus banal, se tiennent habituellement au milieu des deux ; ils trouvent de l'intérêt à des incidents que les adultes ne se soucient même pas de remarquer et acceptent avec sérénité les événements les plus improbables. Mon frère et moi nous étions fascinés par les antiquités frelatées et les bonnes affaires de la rue de l'Asticot, mais le marché aux esclaves où Mr Million insistait souvent pour s'arrêter une heure nous laissait totalement indifférents.
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WalktapusWalktapus07 août 2012
« Une fois, la femme d'un bouvier a eu son bras sectionné par le train. Sans doute qu'elle était ivre et qu'elle s'était allongée sur les rails. Le bouvier l'a conduite aussitôt à l'hôpital. Eh bien, ils en ont pris un à la banque des organes, et ils le lui ont greffé normalement. Mais coureur des cendres trouva ensuite celui qu'elle avait perdu, et il fit pousser avec un nouvelle femme, de sorte que le bouvier eut deux épouses. Naturellement, la seconde, celle que Coureur des cendres avait créée, était abo à l'exception d'un bras. La partie qui était abo volait tout ce qu'elle pouvait, et ensuite le bras humain restituait ce qu'elle avait pris. Eh bien finalement les Dominicains accusèrent le pauvre bouvier de polygamie, et il décida de chasser celle qui avait été créée par Coureur des cendres. Comme elle n'avait qu'un seul bras humain, elle était incapable de couper le bois comme il faut, voyez-vous... »
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WalktapusWalktapus09 août 2012
Il y a un nouveau prisonnier, cinq cellules plus bas que la mienne, je crois. De le voir amener m'a peut-être évité de perdre la raison. Je ne l'en remercie pas pour autant. Après tout, la santé d'esprit n'est que la raison appliquée aux affaires humaines, et quand cette raison, utilisée pendant des années, n'a eu pour résultat que le désastre, la destruction, le désespoir; la misère, la famine et le pourrissement, l'esprit a raison de l'abandonner. Cette décision de renoncer à la raison, je le comprends maintenant, est non pas le dernier, mais le premier acte de raison. Et cette déraison qu'on nous enseigne à redouter tellement ne consiste à rien d'autre qu'à réagir naturellement et instinctivement plutôt que la manière sophistiquée et acquise culturellement que l'on appelle la manière raisonnable. Un fou dit des choses insensées parce que, comme un chat ou un oiseau, il est trop sensé pour dire des choses raisonnables.
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TatooaTatooa28 juin 2016
Les enfants, garçons ou filles, avaient un cours extraordinairement bas à Port_mimizon ; et Pon m'avait dit que mon père, qui jadis en faisait commerce, ne s'intéressait plus à cette branche d'activité en raison de la précarité du marché. Que ce fût vrai ou pas, tout le monde - ou presque tout le monde - connaissait un professionnel prêt à fournir ce qu'on lui demandait, dans des limites raisonnables, pour un prix très peu élevé.
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WalktapusWalktapus08 août 2012
Mon frère, bien sûr, regardait son livre au lieu d'écouter, et je lui lance un coup de pied enthousiaste en espérant que cette fois-ci il est coincé. Mais il répond : « Les abos sont humains parce qu'ils sont tous morts. «
« Développe. »
« S'ils étaient vivants, il serait dangereux de les laisser être humains, parce qu'ils demanderaient des choses ; mais étant morts, il est plus intéressant qu'ils le soient, et aussi les colons les ont tous tués. »
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