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ISBN : 2021030156
Éditeur : Editions du Seuil (2012)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Initié par Mao à la fin des années 1950, le « Grand Bond en avant » provoque un gigantesque désastre économique dans les campagnes chinoises. Pour nourrir les villes, on en est réduit à affamer les paysans. La ferveur révolutionnaire des cadres locaux se mêle à la terre... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 5.00/5
    Par Unvola, le 05 mars 2015

    Unvola
    Une oeuvre Historique et Mémorielle colossale et fondamentale sur l'effroyable politique du "Grand Bond en avant" qui a engendré, entre 1958 et 1961, en seulement trois années, la mort par la Famine de 36.000.000 de Chinois.
    Le propre père de Yang Jisheng est mort de faim en 1959. L'auteur était alors âgé de seulement 19 ans et ne comprenait pas encore que c'était le régime Totalitaire Communiste de Mao Zedong qui était en train d'exterminer une partie importante de la population Chinoise par l'Arme de destruction massive qu'est : la Famine.
    Le "Grand Bond en avant" consista donc dans les Collectivisations et les réquisitions forcées des récoltes agricoles, les exécutions sommaires et massives, les tortures à mort, la mort horrible à petit feu par la faim rendant les gens totalement fous et provoquant d'innombrables actes de Cannibalisme, les maladies, etc..
    Ce n'est que lors de l'autre période d'extermination de masse, celle nommée de la "Révolution Culturelle" qui dura dix ans de 1966 à 1976, coûtant à nouveau la vie à plusieurs autres millions de Chinois, que Yang Jisheng compris l'immense responsabilité du régime Totalitaire Communiste de Mao Zedong dans le "Grand Bond en avant".
    Afin d'avoir un petit aperçu de l'horreur de cette tragédie, voici quelques extraits issus de la présentation de l'auteur (pages 24, 32, 33, 34) :
    "La faim avant la mort est encore plus terrible que la mort. On avait mangé jusqu'aux rafles de maïs, il ne restait plus de légumes sauvages ni d'écorces d'arbres, on se calait le ventre avec de la fiente d'oiseaux, avec des rats, et même des fibres de coton ou du charbon. Là où l'on extrayait du kaolin (le kaolin est une argile blanche qui sert notamment à la fabrication de porcelaine. Non digestible, elle bloquait les intestins et provoquait la mort), les affamés en avalaient des bouchées. Les cadavres des morts de faim, qu'ils soient membres de la famille ou non, devinrent de la nourriture.
    Le "cannibalisme" ne fut pas un phénomène isolé. Les annales anciennes mentionnent l'expression "échanger les enfants pour les manger" (l'expression date du siège du pays de Song (VIe siècle av. J.-C.) et se trouve dans le Lie Zi (classique taoïste traduit sous le titre Traité du vide parfait)), et pendant la Grande Famine, il y eut des cas où des parents mangèrent leurs propres enfants. Dans plusieurs districts, j'ai entendu des témoins évoquer d'effroyables histoires, j'ai rencontré des gens qui avaient mangé de la chair humaine et m'en ont décrit le goût. Selon l'analyse de documents fiables que j'ai obtenus, les cas se comptent par milliers au plan national.
    J'ai rassemblé sur ces cas tragiques des témoignages détaillés dans les districts de chaque province, qu'on trouvera dans les pages qui suivent.
    C'est une tragédie sans précédent dans l'histoire de l'humanité que, dans des conditions climatiques normales, en l'absence de guerre et d'épidémie, des dizaines de millions d'hommes soient morts de faim et qu'il y ait eu du cannibalisme à grande échelle.
    (...) Les communes populaires ont permis le développement de l'agriculture collective, et renforcé le système totalitaire. Elles constituent un système intégré dans lequel le gouvernement et l'entreprise ne se distinguent pas l'un et l'autre : toutes les activités économiques sont intégrées dans les objectifs politiques, toutes les richesses sont placées sous le contrôle des agents de l'administration, et les organes du régime remplacent la famille, la religion et tous les organes sociaux. En 1958, on a aussi introduit dans la vie du peuple l'organisation militaire, on a lancé des "campagnes" pour l'acier, les travaux hydrauliques et l'agriculture ; les fonctionnaires donnaient des directives aux paysans et les affectaient comme des soldats. Et, à travers l'instauration des cantines, des jardins d'enfants, etc., on a finalement atteint l'objectif de destruction de la famille comme unité économique.
    Le système des cantines communes est la cause principale d'un grand nombre de morts de faim. Les fourneaux familiaux des paysans ont été démantelés, leur vaisselle, leurs ustensiles de cuisine, leurs tables et tabourets ont été confisqués pour servir dans les cantines ; mais aussi les céréales et le bois à brûler, les animaux d'élevage et de basse-cour. Même les légumes sauvages devaient être remis à la cantine. Dans certains endroits, il était interdit aux cheminées familiales de fumer.
    (...) Les cantines communes ont aussi été la base à partir de laquelle les cadres, qui mangeaient toujours à leur faim, se sont dotés de privilèges abusifs. Leur effet le plus important a été d'enfoncer la "dictature du prolétariat" dans le ventre de chacun. Ceux qui n'obéissaient pas aux ordres étaient privés de repas. Obliger les paysans à remettre aux dirigeants leurs louches à riz, c'était les obliger à abandonner leur droit de vivre.
    Parmi les dizaines de millions d'âmes de ces morts injustes, une partie a péri sous les coups ou a été poussée à la mort par les cadres locaux. Les paysans récalcitrants, ceux qui mangeaient en cachette les récoltes en germe parce qu'ils avaient faim, ceux qui n'avaient pas la force de travailler sur les chantiers hydrauliques parce qu'ils tombaient d'inanition, risquaient tous des châtiments cruels. Il y avait des dizaines de châtiments : coups en étant suspendu, agenouillement, parade publique, privation de nourriture, exposition au froid ou au soleil, oreilles coupées, etc. La cruauté était insoutenable.
    (...) le système totalitaire est le plus arriéré, le plus sauvage, le plus inhumain qui soit au monde. Les dizaines de millions d'innocents morts pendant ces trois ans de famine en ont sonné le glas. Les mouvements qui ont suivi, comme l'éducation socialiste ou la Révolution culturelle, non seulement n'ont pu le sauver, mais l'ont condamné sans rémission.
    (...) La mise en place de l'économie de marché a déjà jeté les bases économiques de l'établissement de la démocratie, et par là nous sommes entrés dans un système post-totalitaire. La transformation de l'économie vers le marché accélère l'accouchement de la démocratisation. Je suis convaincu que, en Chine, le système totalitaire sera remplacé un jour par un système démocratique, et que ce jour n'est plus très lointain."
    En attendant ce jour de Libération, aujourd'hui, le Parti Communiste Chinois (P.C.C.) contrôle toujours étroitement la société Chinoise : l'exemple le plus flagrant réside dans l'interdiction même de la publication de cet ouvrage du courageux Yang Jisheng !
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  • Par Christelle_alexandre, le 07 mai 2015

    Christelle_alexandre

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Critiques presse (2)


  • LaViedesIdees , le 11 janvier 2013
    Indispensable pour l’étude de la famine, ce livre capital offre en outre maint aperçu sur la nature et le fonctionnement du régime.
    Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
  • Telerama , le 26 septembre 2012
    Stèles n'est pas simplement l'analyse statistique d'une des plus grandes tragédies du XXe siècle, mais un récit précis et implacable, construit à partir de la consultation et du recoupement d'archives, ainsi que d'une centaine d'entretiens.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par Unvola, le 07 juin 2015

    (Pages 32, 33 et 34) : Les communes populaires ont permis le développement de l'agriculture collective, et renforcé le système totalitaire. Elles constituent un système intégré dans lequel le gouvernement et l'entreprise ne se distinguent pas l'un et l'autre : toutes les activités économiques sont intégrées dans les objectifs politiques, toutes les richesses sont placées sous le contrôle des agents de l'administration, et les organes du régime remplacent la famille, la religion et tous les organes sociaux. En 1958, on a aussi introduit dans la vie du peuple l'organisation militaire, on a lancé des "campagnes" pour l'acier, les travaux hydrauliques et l'agriculture ; les fonctionnaires donnaient des directives aux paysans et les affectaient comme des soldats. Et, à travers l'instauration des cantines, des jardins d'enfants, etc., on a finalement atteint l'objectif de destruction de la famille comme unité économique.

    Le système des cantines communes est la cause principale d'un grand nombre de morts de faim. Les fourneaux familiaux des paysans ont été démantelés, leur vaisselle, leurs ustensiles de cuisine, leurs tables et tabourets ont été confisqués pour servir dans les cantines ; mais aussi les céréales et le bois à brûler, les animaux d'élevage et de basse-cour. Même les légumes sauvages devaient être remis à la cantine. Dans certains endroits, il était interdit aux cheminées familiales de fumer.

    (...) Les cantines communes ont aussi été la base à partir de laquelle les cadres, qui mangeaient toujours à leur faim, se sont dotés de privilèges abusifs. Leur effet le plus important a été d'enfoncer la "dictature du prolétariat" dans le ventre de chacun. Ceux qui n'obéissaient pas aux ordres étaient privés de repas. Obliger les paysans à remettre aux dirigeants leurs louches à riz, c'était les obliger à abandonner leur droit de vivre.

    Parmi les dizaines de millions d'âmes de ces morts injustes, une partie a péri sous les coups ou a été poussée à la mort par les cadres locaux. Les paysans récalcitrants, ceux qui mangeaient en cachette les récoltes en germe parce qu'ils avaient faim, ceux qui n'avaient pas la force de travailler sur les chantiers hydrauliques parce qu'ils tombaient d'inanition, risquaient tous des châtiments cruels. Il y avait des dizaines de châtiments : coups en étant suspendu, agenouillement, parade publique, privation de nourriture, exposition au froid ou au soleil, oreilles coupées, etc. La cruauté était insoutenable.

    (...) Le système totalitaire est le plus arriéré, le plus sauvage, le plus inhumain qui soit au monde. Les dizaines de millions d'innocents morts pendant ces trois ans de famine en ont sonné le glas. Les mouvements qui ont suivi, comme l'éducation socialiste ou la Révolution culturelle, non seulement n'ont pu le sauver, mais l'ont condamné sans rémission.

    (...) La mise en place de l'économie de marché a déjà jeté les bases économiques de l'établissement de la démocratie, et par là nous sommes entrés dans un système post-totalitaire. La transformation de l'économie vers le marché accélère l'accouchement de la démocratisation. Je suis convaincu que, en Chine, le système totalitaire sera remplacé un jour par un système démocratique, et que ce jour n'est plus très lointain.
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  • Par Unvola, le 07 juin 2015

    (Pages 27 et 28) : Malgré la réduction des surfaces cultivées depuis les années 1960 et une augmentation de la population de 200 millions, la production céréalière en Chine a considérablement crû dans la décennie 1980, à tel point que les jeunes ignorent la famine et que les paysans peinent à écouler leur production. Cela est dû au fait que le système de rémunération liée à la production a remplacé les communes populaires. On voit ainsi l’importance de l’effet du système de production sur la famine ! Le prix Nobel d’économie Amartya Sen l’a exposé en ces termes :

    « Dans la terrible histoire des famines du monde, aucune famine de quelque envergure ne s’est jamais produite dans un pays indépendant et démocratique doté d’une presse relativement libre. On ne peut trouver d’exception à cette règle, où que nous regardions : les récentes famines en Éthiopie, en Somalie ou dans d’autres pays soumis à des régimes dictatoriaux ; les famines en Union soviétique dans les années 1930 ; en Chine, la famine de 1958-1961 avec l’échec du Grand Bond en avant ; ou, à une époque plus lointaine, les famines en Irlande et en Inde sous domination étrangère. Bien que réussissant beaucoup mieux que l’Inde dans de nombreux domaines sur le plan économique, la Chine a néanmoins souffert d’une famine (à l’inverse de l’Inde) qui fut la plus terrible jamais enregistrée dans l’histoire mondiale : près de 30 millions de personnes périrent de la faim alors que la politique fautive du gouvernement ne fut pas amendée et resta même inchangée pendant trois longues années. De telles politiques n’essuyèrent aucune critique, car il n’existait pas d’opposition parlementaire, de liberté de la presse, et pas d’élections multipartites. En réalité, c’est précisément ce manque d’opposition qui a permis à des politiques complètement erronées de perdurer, bien qu’elles aient été responsables de millions de morts chaque année. »

    C’est exactement cela : la raison fondamentale à l’origine de la famine en Chine et de ses dizaines de millions de victimes, c’est le système totalitaire. Bien sûr, il ne provoque pas nécessairement des morts à une telle échelle, mais il facilite grandement les erreurs politiques, et rend très difficile leur correction. Plus important encore, dans ce type de système où le gouvernement monopolise toute la production et les ressources vitales, en cas de catastrophe, les gens n’ont pas la capacité de se sauver.

    La République populaire de Chine a mis en œuvre, dans les domaines politique et idéologique, la dictature totale du prolétariat, réprimant brutalement tous ceux qui professaient des opinions politiques différentes ; en économie, elle a mis en œuvre la planification hautement centralisée. Selon les propres termes de Mao Zedong, ce système politique est la combinaison de « Marx et du premier empereur Qin ». Par Marx, il faut entendre ici Marx revu par Lénine et Staline. Il greffe le système despotique hautement centralisé de l’Union soviétique sur celui fondé par Qin Shi Huangli voici deux mille ans (en 221 av. J-C.), qui est devenu peu à peu de plus en plus rigoureux au cours de l’histoire et des dynasties. De la sorte, les abus du pouvoir exécutif dépassaient ceux de l’ancienne URSS, ainsi que ceux de Qin Shi Huangdi. C’est cela, le système totalitaire.

    (…) Le Parti contrôle de façon très serrée toute la politique, l’économie, la culture, la pensée, la vie même de la société. La force coercitive de la dictature s’étend jusqu’au moindre village reculé, jusque sur chaque membre de chaque foyer, jusque dans la tête et les tripes de chacun. Dire que ce système est totalitaire, cela signifie que le pouvoir exécutif s’est étendu à l’extrême, au maximum de ses possibilités.

    La République populaire de Chine a perpétué la structure pyramidale du pouvoir de l’empereur Qin Shi Huangdi. Au sommet, un petit groupe d’hommes, le Comité permanent du Bureau politique du Comité central du Parti, organe de délibération. Mao Zedong en était le noyau, il avait le pouvoir de décider de tout, il était en réalité dans une position équivalente à celle d’un empereur. Chef du Parti et président de la République, il présidait en outre la Commission militaire centrale, qui lui donnait le contrôle des forces armées, et par là un pouvoir formidable. Les autres hommes au sommet de la « pyramide » suivaient Mao Zedong aveuglément, tenaillés par la peur, tout en étant absolument attachés à leurs places. Ainsi, la dictature du prolétariat du Parti communiste chinois était devenue la dictature personnelle de Mao Zedong.
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  • Par Unvola, le 07 juin 2015

    (Pages 22, 23 et 24) : Le drame survenu dans ma famille s’est produit en même temps dans des dizaines de millions de familles à travers la Chine.

    Au chapitre XII de ce livre, le lecteur découvrira que, d’après les documents chinois et étrangers que j’ai consultés, entre 1958 et 1962, quelque 36 millions de personnes sont mortes de faim en Chine. En outre, le taux de naissances à baissé à cause de la famine, résultant en un déficit de 40 millions de naissances.

    A Xinyang, Tongwei, Fengyang, Bozhou, Luoding, Wuwei, Guantao, Jining, dans de nombreux endroits du Sichuan, il y eut un mort de faim dans presque chaque foyer, et des familles entières ont disparu. Certains villages ont perdu toute leur population. Cela fait écho à un poème de Mao Zedong :

    Mille hameaux herbeux où l’être humain se mine,
    Dix mille toits vidés où chantent les démons.

    36 millions de morts de faim, qu’est-ce que cela représente ?
    Cela équivaut à 450 fois le nombre de morts le 9 août 1945 sous la bombe atomique de Nagasaki.
    Cela représente 150 fois le nombre de victimes du tremblement de terre de Tangshan le 28 juillet 1976.
    Cela dépasse le nombre de morts de la Première Guerre mondiale, qui n’a fait « que » 10 millions de morts entre 1914 et 1918, soit en moyenne moins de 2 millions de morts par an. Au cours de la seule année 1960, en Chine 15 millions de personnes sont mortes de faim.
    La Grande Famine a été de loin beaucoup plus meurtrière que la Seconde Guerre mondiale (relativement parlant). Celle-ci a fait entre 40 et 50 millions de victimes en Europe, en Asie et en Afrique, sur une période de sept à huit ans, alors que les 36 millions de morts de la famine chinoise ont péri sur une période de trois à quatre ans - la plupart des morts étant concentrés sur une période de six mois.

    (…) Il n’y eut ni pleurs ni lamentations, ni funérailles en robe de chanvre blanche (tenue traditionnelle de deuil), avec pétards et papier-monnaie, ni condoléances, ni chagrin, ni larmes, ni choc, ni terreur. Quelques dizaines de millions d’hommes ont disparu comme cela, sans un bruit, sans un soupir, dans l’indifférence ou l’hébétude.

    Dans certains endroits, on entassait les cadavres sur des charrettes pour les tirer vers l’orée du village et les enterrer dans des fosses communes ; là où l’on n’avait pas eu la force de les enterrer convenablement, on voyait leurs membres émerger de la terre ; ailleurs encore les corps gisaient là où la mort les avait pris en train de chercher de la nourriture. Il y en avait aussi beaucoup qu’on garda longtemps chez soi, où les rats leur rongeaient le nez et les yeux.
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  • Par Unvola, le 07 juin 2015

    (Page 30) : Mao Zedong était alors la plus haute autorité idéologique, il tenait dans ses mains le pouvoir politique et militaire, ce qui faisait de la Chine une sorte de « théocratie laïque » où le centre du pouvoir et celui de la vérité faisaient un. Tout avis divergent était hérétique et, le gouvernement ayant le pouvoir absolu de punir et de priver les dissidents de tout, les gens, à la seule idée d’exprimer leur mécontentement, étaient terrorisés. Le système totalitaire engendrait la terreur et le mensonge, piliers sur lesquels reposait son fonctionnement. Les fonctionnaires et les intellectuels, ayant plus à perdre que l’homme de la rue, étaient par conséquent les plus « loyaux » envers le système. Pour se protéger, ils se livraient à une course effrénée au mensonge, auxquels ils feignaient tous de croire. Le discours des fonctionnaires, des sciences sociales, des arts et lettres, de la presse, de l’éducation, jusqu’aux slogans qui couvraient les murs le long des rues, répétés année après année, jour après jour, fabriquaient et répandaient les mensonges, trompant sans cesse le peuple et l’asservissant.

    Partout dans le pays existaient les mêmes organes, étaient appliquées les mêmes politiques, chacun relevait d’une entité placée sous la direction du Parti communiste. Tout le monde criait les mêmes slogans, utilisait les mêmes expressions politiques, tenait les mêmes réunions aux mêmes contenus aux mêmes moments. Ainsi, la moindre faute politique provoquait une catastrophe de dimension nationale.
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  • Par Unvola, le 07 juin 2015

    (Pages 56 et 57) : La Conférence de Chengdu porté le culte de la personnalité à de nouveaux sommets. Le 10 mars, Mao Zedong évoqué la question. Il a commencé par dire : « Il y en a certains qui s’intéressent à l’opposition au culte de la personnalité » puis a continué : « Il y a deux sortes de culte de la personnalité : l’un est correct, comme celui envers Marx, Engels, Lénine et Staline, auxquels nous devons vouer un culte éternel, sans faille. La vérité est dans leurs mains, pourquoi ne les vénérerions-nous pas ? Nous croyons à la vérité, qui est un reflet de la réalité objective. Une classe doit vénérer son chef, infailliblement. L’autre est le culte erroné, non fondé sur l’analyse, aveugle ».

    Dans le système de l’ère maoïste, où « politique et religion faisaient un », c’est lui qui a le pouvoir qui détient la vérité, et le dirigeant suprême en est l’incarnation. Quand Mao Zedong dit qu’il faut adorer la vérité, il veut en fait que les autres l’adorent lui-même. Dans ce discours il emprunte à Lénine la phrase : « Il vaut mieux que le dictateur soit moi plutôt que toi ».
    Selon cette logique, la dictature est raisonnable.
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