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Note moyenne 4.23 /5 (sur 30 notes)

Nationalité : Russie
Né(e) à : Voronej , le 01/09/1899
Mort(e) à : Moscou , le 05/01/1951
Biographie :

Andreï Platonovitch Platonov (Андрей Платонович Платонов), de son vrai nom Andreï Platonovitch Klimentov, est un écrivain russe de la période soviétique.

Il fut l'un des tous premiers écrivains à émerger de la Révolution de 1917 et à tenter de mettre en littérature l'esprit de la révolution bolchévique. Il participa à la guerre civile.

Platonov publie tout d'abord des nouvelles, dont "Les Écluses d'Épiphane" et "La Ville de Villegrad" (1926), ou "Jokh, le filou", de 1927. Après 1933, ses écrits sont régulièrement confisqués.

En mai 1938, son fils Platon est arrêté et incarcéré. Il est libéré en 1940, grâce à la mobilisation des amis, mais souffrant de tuberculose meurt en janvier 1943.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Platonov est correspondant de guerre pour "Krasnaïa Zvezda" et reçoit la Médaille pour la victoire sur l'Allemagne en 1945.

Son œuvre majeure, "Tchevengour" (1929), long roman de l'utopie de la construction du socialisme, est restée inédite en Union soviétique jusqu'en 1972, où eut lieu une publication fragmentaire, puis en 1988, pour une publication fidèle au manuscrit original.

Alors qu'il était un communiste fervent, la plus grande part de son œuvre a été interdite de publication de son vivant en raison de son scepticisme tant envers la collectivisation qu'envers la politique stalinienne. Il estimait que la révolution libérerait l'esprit populaire.

Il est mort d'une tuberculose contractée auprès de son fils qu'il soignait à son retour de l’incarcération.
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Source : Wikipédia
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Michel Eltchaninoff, Françoise Lesourd et Anne Coldefy-Faucard présentent la pensée du philosophe Nikolaï Fiodorov. Totalement inconnue en France, la pensée utopiste de Fiodorov a influencé la culture du XXe siècle russe et demeure à ce jour une référence importante en Russie. de nombreux écrivains y trouveront des échos de leurs préoccupations, de Tolstoï à Dostoïevski ou à Vladimir Soloviov. Parmi ses héritiers, le futuriste Velimir Khlebnikov et les écrivains Andreï Platonov ou Maxime Gorki, mais également des savants comme Tsiolkovski, le père de l'aéronautique soviétique. Ses idées trouveront indirectement leur expression dans des textes de la science-fiction soviétique ou dans le cinéma d'Andreï Tarkovski et son adaptation de Solaris (1972). La pensée de Fiodorov se situe au croisement des nouvelles disciplines émergentes de son temps, telles que la linguistique et l'anthropologie, mais également la sociologie, l'agriculture, l'économie. Il est attentif aux phénomènes sociaux engendrés par l'urbanisation, l'appauvrissement de la campagne, et pressent, comme d'autres penseurs de son époque, l'avènement d'une crise mondiale majeure. Exhortant l'humanité à s'unir pour vaincre la mort, Fiodorov lui assigne aussi le devoir moral de ramener à la vie toutes les générations disparues, ces victimes du « progrès » : c'est « l'oeuvre commune ». Sur le climat, objet d'attention privilégié, ou encore, sur les transformations biologiques que connaîtra l'humanité, sa réflexion se rapproche de la question du transhumanisme, qui connaît actuellement un véritable engouement dans la Silicon Valley et ses grandes entreprises. Utopique, la pensée de Fiodorov ? Sans doute. Il n'en demeure pas moins que les idées, les interrogations du philosophe sont toujours aussi stimulantes, particulièrement lorsqu'elles sont exposées avec la spontanéité de la Correspondance: les rapports avec la nature, les questions de météorologie, l'urbanisation excessive, la maladie, la mort, la faim, la conquête de l'univers…
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Citations et extraits (9) Ajouter une citation
Charybde2   22 septembre 2014
Tchevengour de Andreï Platonov
Un jour Zakhar Pavlovitch chercha longtemps le boulon qu’il lui fallait pour refaire le filetage d’un écrou forcé. Il parcourait le dépôt et demandait si personne n’avait de boulon de 8, pour refaire un filetage. On lui répondit qu’il n’y en avait pas, quoique tout le monde eût ce genre de boulon. C’est qu’en fait les ouvriers s’ennuyaient, ils se distrayaient en se compliquant mutuellement les soucis du travail. Zakhar Pavlovitch ignorait encore cet amusement sournois, caché, qu’on trouve dans tout atelier. Cette dérision discrète permettait aux autres ouvriers d’avoir raison de la longueur de la journée de travail et de la langueur d’un labeur répétitif. En vertu de ce divertissement cher à ses voisins Zakhar Pavlovitch fit bien des choses pour rien. Il allait chercher des chiffons au dépôt alors qu’il y en avait des monceaux au bureau ; il fabriquait des échelles en bois ou des bidons pour l’huile, dont le dépôt regorgeait ; incité par quelqu’un, il fut même sur le point de changer par ses propres moyens les bouchons-témoins dans le foyer de la locomotive, mais fut prévenu à temps par un chauffeur qui se trouvait là, sans quoi Zakhar Pavlovitch aurait été congédié sans aucun commentaire.

Zakhar Pavlovitch, ne trouvant pas cette fois le boulon convenable, entreprit d’adapter un pivot à la réalisation d’un filetage et il y serait parvenu, car il ne perdait jamais patience, mais on lui dit :

– Eh, 8 pour un filetage, viens donc prendre ton boulon !

Depuis lors Zakhar Pavlovitch eut pour sobriquet "8 pour un filetage", mais on le dupa désormais moins souvent lorsqu’il eut un besoin urgent d’outils.

Ensuite personne ne sut que Zakhar Pavlovitch préférait ce sobriquet à son nom de baptême : il rappelait une partie importante de toute machine et semblait intégrer corporellement Zakhar Pavlovitch à cette patrie authentique où les pouces de métal triomphent des verstes de terre."
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Charybde2   22 septembre 2014
Tchevengour de Andreï Platonov
Kopionkine alla dans la cour rejoindre son cheval. Ce cheval possédait une complexion massive et était plus propre à transporter des poutres qu’un homme. Accoutumé à son maître et à la guerre civile, le cheval se nourrissait de haies vives, du chaume des toits et se satisfaisait de peu. Cela dit, pour se rassasier il consommait par moments une demi-livre de bois jeune promis à la coupe, puis buvait dans une marre de la steppe. Kopionkine respectait son cheval et l’honorait de la troisième classe : Rosa Luxemburg, la Révolution et ensuite son cheval.

– Salut, Force Prolétarienne ! dit Kopionkine à l’adresse du cheval qui haletait, gavé qu’il était de nourriture grossière. Allons sur la tombe de Rosa Luxemburg !

Kopionkine espérait et croyait que toutes les œuvres et les chemins de sa vie menaient à la tombe de Rosa Luxemburg. Cette espérance réchauffait son cœur et provoquait la nécessité quotidienne d’exploits révolutionnaires. Chaque matin Kopionkine ordonnait à son cheval d’aller vers la tombe de Rosa Luxemburg et sa monture était si faite à ce mot de "Rosa" qu’elle y voyait un cri pour aller de l’avant. Après les sons de ce "Rosa", le cheval se mettait aussitôt à trépigner où que ce fût : marécage, fourrés, abîme des congères neigeuses.

– Rosa-Rosa ! murmurait de temps en temps en chemin Kopionkine et le cheval tendait les forces de son gros corps.

– Rosa ! soupirait Kopionkine et il enviait les nuages qui filaient du côté de l’Allemagne : ils passeraient au-dessus de la tombe de Rosa et de la terre qu’elle avait foulée de ses souliers.

Pour Kopionkine toutes les directions de toutes les routes et de tous les vents couraient vers l’Allemagne ou, dans le cas contraire, faisaient le tour de la terre pour tomber sur la patrie de Rosa.
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Charybde2   22 septembre 2014
Tchevengour de Andreï Platonov
Tous les cinq ans, le village partait pour moitié à la ville et à la mine, pour moitié dans les bois : il y avait des années de disette. On sait depuis longtemps que, même dans les années de sécheresse, les herbes, les légumes et le blé poussent bien dans les clairières de la forêt. La moitié du village restée sur place se jetait sur ces clairières, préservant ses blés verts d’une spoliation instantanée due à des torrents de chemineaux faméliques. Mais cette fois la sécheresse s’était répétée l’année d’après. Le village ferma ses chaumières et gagna la grand-route en deux équipes – une s’en fut mendier à Kiev, l’autre s’embaucher à Lougansk ; d’autres enfin se détournèrent vers la forêt et les ravins embroussaillés, se mirent à manger de l’herbe crue, de l’argile, des écorces, et ils s’assauvagirent. Il n’y eut presque que des adultes à partir – les enfants étaient morts d’eux-mêmes, à l’avance, ou s’étaient dispersés aux quatre vents pour mendigoter. Quant aux nourrissons, c’étaient leurs mères nourricières qui les avaient achevés, en les empêchant de téter à leur faim.
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Charybde2   22 septembre 2014
Tchevengour de Andreï Platonov
Le soir Dvanov alla voir Choumiline ; à ses côtés beaucoup d’hommes marchaient à grands pas vers leurs bien-aimées. Les gens s’étaient mis à mieux se nourrir et ils se sentaient une âme. Quant aux étoiles, elles ne séduisaient pas tout le monde – les habitants étaient las des grandes idées et des espaces infinis : ils avaient acquis la conviction que les étoiles pouvaient se transformer en une mince poignée de millet – celle du rationnement – et que le pou du typhus montait la garde près des idéaux.
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Ieronim   17 août 2017
La Mer de jouvence de Andreï Platonov
Il doit y avoir tout bonnement quelques nouveaux facteurs, dit le conducteur en direction de la tour et du moulin. On trouve maintenant toutes sortes de facteurs, dans la steppe. Moi, je vis loin de tout ça, près des moyens de transport. Et le transport, ça, je connais : poids net, poids brut, 414 pouds ; freins : modèle Kazantsev, ferme l'échappement et le purgeur ! C'est le blocage automatique ; trois coups de sifflet : mets le frein manuel ; deux : relâche-le ; les bagages sont admis s'ils ont été enregistrés. Mais la steppe, par contre, ça ne me dit rien : c'est un endroit, pour ainsi dire, qui m'a l'air un peu presque incroyable ; ce que je préfère, c'est les wagons de chauffe ou bien les guérites des passages à niveau. C'est bon d'être gardien dans une guérite : pas de bruit, peu de travail, les trains qui passent à côté, tu n'as qu'à sortir et tenir le signal puis tu jettes un coup d’œil sur ton bout de terrain et tu peux rentrer te faire cuire ta soupe...
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Andreï Platonov
BourlJean   03 juin 2019
Andreï Platonov
Occupé qu'il était à changer le monde, l'homme a oublié de se changer lui-même.

La pépinière de l'homme nouveau.
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steka   09 avril 2013
Moscou heureuse de Andreï Platonov
Il avait regret, pourtant, à laisser sans réponse ces étoiles nocturnes qui le fixaient depuis l'enfance, à ne prendre aucune part à la vie universelle, pleine de labeur et du sentiment que les hommes étaient plus proches. Il craignait d'aller par la ville, silencieux, tête basse, avec pour unique et solitaire obsession la pensée de l'amour.
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steka   09 avril 2013
Moscou heureuse de Andreï Platonov
- Qu'est-ce qui n'a aucun sens ? interrogea Moscou.

- Je n'ai pas envie de tout ça, reprit Komiaguine. Il faut toujours en rajouter : penser, parler, aller ici ou là, faire ceci ou cela ... Moi, je n'ai envie de rien, je ne cesse d'oublier que je vis, et quand la mémoire m'en revient, mes cheveux se dressent sur ma tête ...
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Andreï Platonov
BRAEM   03 novembre 2021
Andreï Platonov
Occupé qu'il était à changer le monde, l'homme a oublié de se changer lui-même.
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