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3.71/5 (sur 216 notes)

Nationalité : Russie
Né(e) à : Ilinka, oblast de Riazan , le 07/07/1975
Biographie :


Zakhar Prilepine (Захар Прилепин), de son vrai nom Evgueni Nikolaevitch Prilepine, est un écrivain, linguiste, journaliste et homme politique russe.

Zakhar Prilepine, est né en 1975 dans un petit village de la région de Riazan. Son père était professeur et sa mère infirmière. Il termine la faculté philologique (linguistique) de l’Université d’État de Nijni Novgorod en 1999.

En 1996 et 1999, il participe aux deux guerres tchétchènes en qualité de commandant au sein d'un service des OMON (unités de forces spéciales du ministère de l'intérieur russe).

Prilepine est membre du Parti National-Bolchevik depuis 1996.

Les premières œuvres de Prilepine sont publiées en 2003 dans le journal Den’ Literatouri (Jour de la Littérature). Ensuite ses œuvres paraissent dans différents journaux, notamment dans Literatournaïa Gazeta (le journal littéraire), Limonka (le journal du Parti National-Bolchevik), mais aussi dans les magazines Sever (Le Nord), Droujba Narodov (Amitié des peuples), Roman-gazeta (Roman-journal). Il a été le rédacteur principal de l’organe de presse du Parti National-Bolchevik de Nijni Novgorod, "Narodnyi Nablioudatel" (l’Observateur du Peuple).

Il a notamment participé à la Marche des Mécontents qui a eu lieu le 24 mars 2007 à Nijni Novgorod, ce qui lui a valu d’être arrêté comme de nombreux activistes de la coalition L'Autre Russie. Il est également le principal rédacteur de la section régionale de Nijni Novgorod de l’Agence des nouvelles politiques.

Début 2017, lors de la guerre du Donbass, il s'engage dans les forces militaires de la République populaire de Donetsk et prend la tête d'un bataillon de volontaires. Il publie ses chroniques sur ce conflit sous le titre "Ceux du Donbass".

Largement traduits, ses ouvrages ont été couronnés par plusieurs prix et adaptés au théâtre et au cinéma. Il est également acteur et musicien.

Il s'impose à 42 ans comme un des plus grands romanciers russes contemporains avec un livre vertigineux, un récit dense et polyphonique sur la déshumanisation orchestrée dans le premier camp soviétique : "l’Archipel des Solovki".

Prilepine est marié et est père de quatre enfants.

En février 2022, l'Union européenne a sanctionné Zakhar Prilepine suite à l'Opération militaire de la Russie contre l'Ukraine.

En août 2022, Zakhar Prilepine appelle à la délation des artistes russes opposés à la guerre menée en Ukraine. P
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Source : ActuaLitté
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Bibliographie de Zakhar Prilepine   (13)Voir plus

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Salon du Livre 2018 à Paris Zakhar Prilepine présente Ceux du Donbass.

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Citations et extraits (174) Voir plus Ajouter une citation
Je n'ai même pas trente ans, et je suis heureux.
Je ne pense pas à la fragilité de la vie ; cela fait sept ans que je n'ai pas pleuré - exactement depuis la minute où mon unique m'a dit qu'elle m'aimait, qu'elle m'aimait et qu'elle serait ma femme. Dès cet instant, je n'ai pas trouvé une seule minute pour les larmes, je ris au contraire très souvent et, plus souvent encore, je souris en pleine rue - à mes pensées, à mes amours, qui scandent à trois cœurs la mélodie de mon bonheur.
Et je caresse le dos de mon aimée, la tête de mes enfants, et je caresse aussi mes joues non rasées, et mes paumes sont tièdes, et derrière la vitre, c'est la neige et le printemps, la neige et l'hiver, la neige et l'automne. C'est mon pays, c'est là que nous vivons.
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Nous jouions à chat dans un terrain vague, derrière le magasin du village. Nous étions une bande de gosses.
Celui que le sort avait désigné se tournait vers la porte et comptait tout haut jusqu'à cent. Pendant ce temps, on devait tous aller se cacher.
Les gamins au visage hâlé, à la bouche édentée, aux épaules anguleuses se dispersaient dans les dédales du nouveau chantier voisin, de la hauteur d'un étage, qui sentait la poussière de brique et l'urine dans les coins sombres. L'un se trahissait en éternuant dans les broussailles épaisses. D'autres s'écorchaient les flancs en se glissant dans les trous de la palissade qui séparait l'école du terrain vague. On grimpait aussi dans les arbres, puis on redescendait des branches, et c'était la course pour arriver le premier à la porte du magasin et toucher le carré qu'on y avait dessiné avec un bout de brique, en criant : Chat !
Parce que, si on ne disait pas le mot, on était bon pour s'y coller soi-même.
J'étais le plus petit, et personne ne me cherchait particulièrement.
Ça ne m'empêchait pas de me cacher soigneusement et de rester sans bouger, à écouter le rire de ces garçons qui avaient déjà de grosses dents, en enviant secrètement leur effronterie, leurs jambes rapides et leurs gros mots. Leurs gros mots à eux étaient faits avec d'autres lettres que les miens : quand ils disaient des obscénités, chaque mot résonnait et bondissait comme un petit ballon gonflé de mauvaises choses.
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Sonnet raté

Tu marchais de côté. Moi je traversais.
À chuchoter mes sentiments, j'en avais mal aux dents.
De temps à autre, je me battais au pistolet (sans viser).

Tu marchais au milieu. Je tournai à l'angle.
Tous les sentiments sont simples : crayon ou charbon.
La simplicité parfois : fierté d'épouvantails.

Mais à quoi bon tous ces discours !
Si tes mains, en automne, devaient effleurer mon cou
Moins souvent que mon écharpe,
Où puiserais-je l'espoir
Que les fleuves gèleront bien en hiver ?

Tous les sentiments sont simples. Seules les poses sont compliquées.
Nous avons vécu l'automne jusqu'aux premiers givres.
Et on sent le gel, comme s'il était déjà là.
Et la couleur des pluies est grise à en mourir.
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À minuit, au plus fort de cette mauvaise gaieté faite d'alcool et de cigarettes, débarquèrent les bandits du quartier : quatre jeunes du même âge que Molotok et moi, qui se baladaient jusqu'au matin de boîte en boîte ; l'un d'eux, aimable, bien charpenté, les cheveux poivre et sel, était une des "autorités" de la ville. Il nous salua, m'appela personnellement par mon prénom : "Salut, Zakhar, comment ça va ?" et, une fois de plus, je remarquai en mon for intérieur que ça m'était agréable, ô combien agréable, putain !, qu'il se souvienne de moi, serre ma main dans sa grosse poigne et, en plus, me sourie.
"Et pourquoi, nom d'un chien, ça devrait m'être désagréable ?" me dis-je, furieux.
"Et qu'est-ce qui te met en joie ? me répondis-je aussitôt. Pourquoi tu frétilles de la queue, espèce de bâtard ? Tu t'imagines peut-être qu'il te rendra service un jour ? Il te marchera dessus sans le remarquer, c'est un loup, c'est de la chair de loup, du sang de loup, plein de cruauté..."
Disel entra dans la salle posément, jeta du coin de l'oeil un regard sur la table "des gens sérieux" qu'on apercevait de l'autre côté du rideau pas entièrement baissé, et se détourna aussitôt, comme avec indifférence.
"Ah, Disel, pensai-je avec lyrisme, tu es un homme fort, un homme d'expérience, on a peur de toi et en même temps on te respecte ; pourtant, à côté de ces gens là, tu n'es qu'un criminel de droit commun... Ton temps se termine, Disel."
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Tu sais les journalistes ne comprennent rien à rien. Tout le monde le sait. Ça ne les empêche pas d’écrire sur tout. C’est le propre de ce métier, de ne rien comprendre et de s’exprimer sur n’importe quel sujet.
P.32
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La sortie de l'ivresse est un miracle que l'on peut reproduire sans cesse et qui n'en finit pas de nous étonner ; les sensations ne s'émoussent pas. Ce doit être comparable - en aviation - à la sortie d'un piqué. Le grondement dans la tête enfle, la terre plate se rapproche de plus en plus, on est pris de vertige et soudain, ce sont des saccades, les yeux se ferment en une seconde, la tête se renverse en arrière, la gorge se remplit de salive, et c'est à présent le ciel devant soi, les espaces, le bleu.
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Je réfléchis une seconde et décidai en mon for intérieur qu'elles ne nous conviendraient pas.
"Adieu, brebis à fine toison", pensai-je avec tendresse, et, après avoir légèrement klaxonné, la voiture s'éloigna de ces deux filles visiblement chagrinées.
Je n'aime pas organiser d'orgies chez moi. On peut boire autant qu'on veut, même en compagnie de gens grossiers et graveleux. Mais si, sous mon toit, des personnes que je ne connais pas - qui peuvent être très bien par ailleurs - s'accouplent dans tous les coins, cela blesse profondément mon sens esthétique.
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Tout était sombre. La surface d’une mare était tout ridée, un arbre soupirait, un chaton s’ennuyait tout seul avec une boîte de conserve vide.
(Le diable et les autres) p.139
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L'histoire avec la Crimée était déjà terminée, l'histoire avec le Donbass venait tout juste de commencer et le feu était en train de se propager quand une grande conférence se réunit chez l'empereur. Étaient là, assis autour de la table, tous les principaux cadors du gouvernement, L'empereur leur distribua ses instructions. Untel, resserrer les boulons, untel éteindre l'incendie, untel, presser le mouvement, untel commencer à frapper. Presque tout le monde avait quelque chose à faire, mais l'essentiel demeurait inexpliqué. Entre-temps, l'empereur s'était levé, prêt à partir. C'est alors que le plus hardi des cadors gouvernementaux s'éclaircit la gorge et demanda avec précipitation : "Chacun d'entre nous a compris ce qu'il devait faire, mais...nous aimerions comprendre quel est l'objectif ultime de notre travail?" L'Empereur s'immobilisa une fraction de seconde et prononça distinctement : "L'Ukraine toute entière".
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Dans les rues, les jeunes femmes russes, sensibles à l'appel du printemps, portaient déjà des jupes et des chaussures fines. Les hanches ardentes des plus belles semblaient équipées d'un élégant balancier. Si son mouvement n'avait aucune précision ni fiabilité, en revanche, il offrait toujours de l'espoir.
Je suivis l'un d'entre eux, logé dans une jupe marron en stretch et je compris que ce balancier ne m'intéressait pas et que les espérances promises n'avaient pour moi aucune importance.
C'est bien de rester sans espoir, lorsque le cœur vide n'est rempli que d'un léger courant d'air. Quand on prend conscience que tous les êtres qui vous ont tenu par la main ne vous retiendront plus, et que vos poignets glissent de leurs paumes.
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