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Note moyenne 3.95 /5 (sur 108 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Bordeaux , le 15/03/1958
Mort(e) à : Belgique , le 02/10/2017
Biographie :

Anne Bert est une écrivaine française.

Elle accumule des expériences et des emplois variés avant d'être nommée mandataire judiciaire à la protection des majeurs, activité qu'elle exerce jusqu'en 2003.

Depuis la publication, en 2009, de "L'Eau à la bouche", son premier recueil de nouvelles érotiques, elle ne se consacre plus qu'à la littérature et à des activités annexes (conférences, émissions-radio).

En juin 2015, elle prend les commandes d'une nouvelle collection littéraire de Numériklivres, L'Intime.

Atteinte de la maladie de Charcot et partisane du "droit de mourir dans la dignité", elle annonce début septembre 2017 qu'elle va se rendre en Belgique pour se faire euthanasier. C'est dans un hôpital belge de soins palliatifs qu'elle reçoit le 2 octobre 2017 une injection létale.

son site : https://anneelisa.wordpress.com/

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Anne Bert - l'Emprise des femmes - Tabou L'auteur Anne Bert vous présente dans cette vidéo son dernier roman "L'emprise des femmes". Résumé : Si le pouvoir et l'emprise des hommes sur les femmes ont...
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jmquentin   06 septembre 2017
Le tout dernier été de Anne Bert
Entretien avec Anne Bert. l'Obs le 05/09/2017

Propos recueillis par Louise Auvitu



Attablée dans une brasserie située non loin de la gare Montparnasse, Anne Bert, 59 ans, sirote son café à l’aide d’une paille. Depuis deux ans, elle est atteinte de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), ou maladie de Charcot, qui paralyse progressivement l’ensemble de ses muscles. Elle a notamment perdu la mobilité de ses bras.



Quand les médecins lui ont annoncé le diagnostic, cette auteure de romans érotiques et de l’intime savait qu’aucune guérison n’était possible. Faute de pouvoir bénéficier d’une aide active à mourir en France, elle partira d’ici quelques semaines en Belgique. Un choix qu’elle explique dans "Le Tout dernier été", publié chez Fayard le 4 octobre 2017. Rencontrée en août dernier, voici ce qu’Anne Bert nous confiait :



"Je suis quelqu’un de très ordinaire, une femme comme il en existe des milliers d’autres. Je ne suis ni militante, ni particulièrement courageuse. Ce qui m’arrive n’est pas injuste, j’ai simplement fait une mauvaise pioche.



Le corps ne ment pas. Le mien a commencé à me lâcher il y a environ deux ans. Tout est allé très vite. Mes doigts ont commencé à se crisper sans aucune raison. Plutôt sportive, je n’arrivais soudainement plus à bouger mes bras normalement. Tenir un bâton pour réaliser des exercices d’assouplissement m’était impossible. Sur un vélo, je pouvais pédaler, mais je n’arrivais plus à tenir le guidon. A table, un geste aussi simple qu’attraper une bouteille relevait de l’exploit.

Quelque chose n’allait pas, alors je suis allée consulter un médecin



"Je n’irai pas au bout"



En septembre 2015, le diagnostic est tombé : ma corne antérieure était atteinte. Je me souviens de l’annonce, du médecin qui tentait de schématiser ma maladie sur une feuille de papier, de cette impression de suffoquer, de mon incapacité à trouver les mots et de cet inexorable désir de m’extirper de ce cauchemar sans y parvenir.



J’ai beau être optimiste, je suis également quelqu’un de lucide. Même si, au début, les médecins sont restés évasifs, je pensais déjà à la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie de Charcot. Quelques jours plus tard, l’horrible scénario a été confirmé.



La SLA est une maladie neurodégénérative incurable. Aucune issue, aucun espoir. J’étais condamnée. D’ici trois à cinq ans, je serais alitée, rattachée à des machines, sans parler, les yeux fixant le plafond… et je mourrais d’une lente agonie.



Trois ou quatre jours après avoir appris la nouvelle, j’ai dit à mon mari :



"Tu me connais ? Tu sais, tu le sais que je n’irai pas au bout."



Il savait. Ma fille aussi. J’aime bien trop la vie, je ne pouvais pas concevoir de finir la mienne ainsi.



J’étais condamnée à agoniser



La vie, la mort, le sexe, la fin de vie sont des sujets qui n’ont jamais été tabous pour moi. Bien avant que le diagnostic tombe, j’avais déjà fait part à mes proches de mes directives si un jour il m’arrivait quelque chose de grave sans espoir de vie. Je ne souhaitais pas finir dans un état végétatif.



Evidemment, il y a une différence entre tenir un tel discours et prendre une décision. Pourtant, je n’ai pas hésité longtemps. J’ai vite compris que si je ne prenais pas les devants, j’étais vouée à mourir de la pire des manières.



Au printemps dernier, je me suis rendue dans un centre de soins palliatifs pour me renseigner. Puisque j’allais mourir, je voulais savoir comment ça allait se passer en France. La loi Leonetti pouvait-elle m’aider ? La directrice de l’établissement m’a fourni une réponse très claire : il fallait être "suffisamment" agonisante – au point de refuser d’être nourrie artificiellement – pour espérer que le personnel hospitalier accepte de me sédater. Et encore, il n’y avait rien de certain. Tout ce que je pouvais donc espérer, c’était d’être plongée dans une sédation irréversible jusqu’à ma mort, où je serais réveiller régulièrement.



Ce choix, je l’ai fait seule.

Cela m’était impossible et cela me confortait dans ma décision : je n’irai pas au bout de ma maladie. Ce choix, je l’ai fait seule. A défaut d’être égocentrique, je pense qu’on a le droit d’être parfois égoïste quand il s’agit de sa mort.



Quand j’ai annoncé à mes proches mon choix, ils ont été choqués de l’imminence. Moi aussi, je l’étais. On venait de m’annoncer que j’étais malade, que j’allais mourir et que personne ne pouvait rien pour moi. J’étais totalement abandonnée à l’impuissance de la médecine.



Ma seule issue : l’euthanasie en Belgique



Je ne suis ni dépressive, ni provocatrice, j’estime simplement avoir le droit de mourir comme je l’entends. N’impose pas aux autres ce que tu ne voudrais pas. Toute ma vie, j’ai été quelqu’un de tolérant, qui respecte le choix de chacun, mais au crépuscule de ma vie, je n’ai pas la possibilité de choisir en France.



J’ai longuement réfléchi aux possibilités qui s’offraient à moi. Le suicide ? Ce n’est pas toujours fiable et ce serait d’une violence extrême pour moi et mes proches. Trouver un médecin qui accepterait de "m’aider" ? Il n’était pas envisageable de faire courir le moindre risque à une tierce personne. Ma seule option consistait donc à avoir recours à l’euthanasie ou au suicide assisté en Suisse ou en Belgique. J’étais forcée de fuir mon pays pour mourir.

J’ai commencé par me renseigner sur le suicide assisté en Suisse, mais la démarche coûte cher : entre 6.000 et 11.000 euros pour les étrangers. Malgré une réelle compassion, c'est un business. Cela allait à l’encontre de mes principes, j’ai donc décidé de me tourner vers la Belgique.



Là-bas, une loi autorise le suicide assisté et l’euthanasie en milieu hospitalier ou à domicile. En revanche, il est totalement faux de croire qu’il suffit de toquer à leurs portes et de dire "je veux mourir" pour que ça aboutisse. La procédure est très encadrée, elle est ponctuée par de multiples rencontres avec des médecins, spécialistes, mais aussi des psychologues. Il faut compter environ un an de démarches, mais aussi trouver les médecins qui acceptent de les pratiquer.



Je suis en train d’être emmurée vivante



Certes, j’éprouve peu de douleurs physiques, mais cette maladie impose une dépendance totale, irréversible, sans espoir de vie. Dans mon cas, l’évolution de la maladie a été très rapide. En quelques mois, j’ai cessé de pouvoir me coiffer seule, de me laver les cheveux, de m’habiller, de manger sans être aidée. Pour poser une main sur une table, je suis contrainte de faire un mouvement de bascule avec tout mon corps. Depuis quelques semaines, j’éprouve aussi des difficultés à déglutir et à marcher.



J’ai la motricité d’un enfant de 18 mois, ma masse musculaire a réduit comme peau de chagrin et j’ai perdu près de 15 kg en un an.



J’attends que ça empire.

Chaque matin, je me réveille, je me lève, puis je m’assieds sur une chaise. Si je veux boire, il faut qu’on me serve un verre et qu’on y glisse une paille. J’attends que la journée passe sans être capable de faire quoi que ce soit. J’attends que ça empire.



Je sais que je vais baver d’ici peu de temps. Que je ne pourrai plus parler, ni marcher, ni déglutir. Mes bras, mes jambes, puis mon corps entier seront des poids morts. Je suis en train d’être emmurée vivante.



Aujourd’hui, il ne me reste que la parole alors je ne vais pas me gêner pour m’en servir jusqu’au bout. C’est pour cette raison que j’ai décidé d’écrire un livre. Incapable de taper sur un ordinateur, je l’ai dicté à l'aide d’un logiciel, mon éditrice m’a aidée à le saisir. Le fruit d’un incroyable effort qui m’a épuisée mais qui me tenait à cœur. La littérature dit le monde, l’interroge. Je tiens à rester audible pour aider les Français à obtenir le droit à choisir leur fin de vie.

C’est déchirant de devoir quitter son pays pour mourir



Depuis environ sept mois, avec mes proches, nous faisons notre deuil ensemble. On se prépare, on se dit au revoir. Et ça peut paraître étrange, mais ça se fait toujours dans la joie, autour d’un verre, d’un bon repas.



J’ai déjà franchi le seuil que je m’étais fixé. D’ici quelques semaines, j’ai décidé qu’il sera temps pour moi de partir, de faire un aller simple pour la Belgique.



Même si j’ai vécu en Belgique quand j’étais enfant, je regrette de devoir y mourir. C’est une souffrance de ne pas pouvoir m’éteindre paisiblement chez moi, entourée de mes proches, mais on ne me donne pas le choix.



La suite, je la connais. Je serai incinérée là-bas comme en catimini puis ma famille dispersera mes cendres dans l’océan Atlantique, en Charente-Maritime après un assemblement d’au revoir qui fera office d’obsèques laïques. J’essaye de me convaincre que l’endroit où l’on meurt a peu d’importance, que je suis européenne, mais l’affect compte tellement. C’est déchirant de devoir faire ça.



Nous sommes tous concernés par la fin de vie



Il y a quelques semaines, j’ai eu l’occasion de rencontrer la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Selon elle, je suis un cas particulier. Elle a tort. Je suis loin d’être la seule dans cette situation. Pas moins de 6.000 personnes en France sont atteintes de la maladie de Charcot et tant d’autres en phase terminale ou incurable. Des milliers de Français ont signé la pétition en faveur d’une loi française. Nous sommes tous concernés par la fin de vie.



Même si je mets quiconque au défi de savoir ce que je vis, ce que j’éprouve, je sais aussi qu’il faut briser le tabou de la fin de vie. Les politiques n’ont ni le courage ni l’audace de vouloir faire changer les choses. Moi, je ne demande ni aux médecins de violer leur conscience en pratiquant l’euthanasie, ni aux gens de choisir d’y avoir recours, je veux juste qu’on reconnaisse aux malades comme aux médecins le droit de choisir ou d’accepter l’aide active à mourir, avec une loi strictement réglementée.



Je suis certaine que la société française est prête à faire ce pas. La morale religieuse ne doit pas édicter nos lois. Nous sommes un pays laïc.
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coquinnette1974   15 octobre 2017
Le tout dernier été de Anne Bert
Notre mort ne tue rien du monde ni de la nature.

Le moment venu, seule notre existence cesse

Les lilas continueront de fleurir. L'été de chauffer le jardin, et l'automne de revenir.
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rulhe   11 septembre 2017
L'eau à la bouche de Anne Bert
un mariage 💍 est soit une

corne d,abondance, soit une abondance de cornes.
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Bouvy   31 juillet 2015
S'inventer un autre jour de Anne Bert
L’érotisme des étreintes n’exclut pas celles de nos enfants, le plaisir d’étreindre n’est pas sale, toucher, caresser, pour donner du plaisir à l’amant, l’enfant, un parent, un ami, a toujours quelque chose d’érotique, ce sont juste les mots « plaisir » et « érotique », qui sont salis et dénaturés sous nos regards tordus par le vice ou la vertu.
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Bouvy   03 août 2015
S'inventer un autre jour de Anne Bert
J’ai dormi comme un ange. « Comme un ange » me fait penser à Bob, il a vraiment une gueule d’ange dans un corps délié de matou prêt à bondir. J’ai bien fait de ne pas être resté chez lui pour revenir auprès de Sarayu, je suis sûr que je serais devenu pédé. Au moins juste un peu. C’est pas tant le fait de baiser avec un homme que le mot qui m’effare. Que je suis con quand même, je passe peut-être bêtement à côté d’un grand bonheur.
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Bouvy   08 mai 2015
Que sais-je du rouge à son cou ? de Anne Bert
Louise est mon rayon vert, une femme- dune du désert, façonnée par le vent des énergies et des émotions, jamais semblable, lisse, longue, mobile et sinueuse ou à l’inverse, ramassée et étrangement angulaire. Je ne me lasse pas de la regarder, rien n’arrête ni ne fixe mon regard, Louise est à perte de vue. Un rêve éreinté qui renonce à l’éveil.
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Bouvy   27 janvier 2016
L'emprise des femmes de Anne Bert
On sait qu’on a vieilli lorsqu’on est devenu capable de plus de haine que d’amour.
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manU17   12 avril 2018
Le tout dernier été de Anne Bert
C'est bien lui qui m'assassine. Ce corps cannibale qui divorce en moi.
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Bouvy   26 janvier 2016
L'emprise des femmes de Anne Bert
Dominique n’est qu’une pelure, je l’appelle désormais Lui . Voilà ce qu’on récolte à ne pas vouloir assumer ce que l’on est, on n’est plus qu’un pronom tout ce qu’il y a de plus impersonnel, n’en déplaise à la grammaire.
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Bouvy   31 juillet 2015
S'inventer un autre jour de Anne Bert
Tu m’avais pourtant juré devant l’autel de ne jamais m’abandonner. Avant que tu prennes le large, j’ai voulu te refaire ma promesse crâneuse du jour de notre mariage, celle de t’être fidèle au-delà de l’absence et en dépit de ce saccage, ce genre de serment complètement idiot que seule la désespérance est capable de dicter.
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