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EAN : 9782213705521
162 pages
Fayard (04/10/2017)
4.1/5   124 notes
Résumé :
"Je viens de rencontrer mes passeurs. Ces hommes qui font désormais partie de ma vie puisqu’ils vont m’aider à la quitter.
Je les ai sentis rigoureux, exigeants, prudents. Et engagés à me tendre doucement la main. Une autre médecine qui, quand elle ne peut plus soigner le corps, se décide à soigner l’âme."

Parce qu’elle aime furieusement la vie et qu’elle est condamnée, Anne Bert a décidé de choisir et de ne pas subir jusqu’au bout les tortures... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
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C'est parce qu'elle aimait passionnément la vie qu'Anne Bert a choisi de la quitter dignement sans se laisser emmurer vivante dans un corps qui ne lui répondrait plus.
Sans jamais tomber dans le larmoyant, Anne Bert nous parle avec beaucoup de sérénité et de pudeur dans « le tout dernier été » de ce qui a compté dans sa vie, de ses choix et de ses convictions.
Elle y évoque l'annonce de la maladie de Charcot, son cheminement intérieur jusqu'au choix ultime du suicide assisté. C'est en Belgique qu'Anne Bert a quitté ce monde, le 02 octobre 2017, la veille de la parution de son livre.

Comment ne pas être ému par tant de courage ?
Comment ne pas se poser des questions sur ces fins de vies tellement dramatiques où la médecine est impuissante à soulager ?

Je retiens cette phrase magnifique et terrible à la fois :

« le goût des dernières fois. Rien à voir avec les premières, les dernières fois ne renversent rien, elles ne procurent qu'un sentiment doux et tiède, presque désolant. J'aurais pourtant tant aimé qu'elles me chauffent, me brûlent et s'inscrivent en moi. Que ce soit organique. »

J'ai fait cette lecture grâce à NetGalley et aux Editions Fayard que je remercie.

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en refermant ce livre,peu de mots me viennent,tant l'émotion m'envahit...
Il s'agit de la Mort,de sa propre mort racontée,organisée par l'auteur qui ne veut pas agoniser,dépérir se sachant condamnée,emprisonnée par la Maladie.
Elle va décider d'aller en Belgique où l'euthanasie active est légalisée.Elle parle de ses passeurs qui vont l'aider à passer sur l'autre rive,à fuir cette Maladie tout comme les Migrants fuient leurs pays car privés de leur liberté.
Des passeurs d'âme...
J'aime beaucoup sa lucidité,sa pudeur face à la Mort.Elle n'est pas pathétique et pourtant,elle chante l'hymne de la vie, l'amour des siens qu'elle veut préserver de cette image de souffrance,de déchéance.
Elle veut rester digne jusqu'à la fin,bravo, on en ressort humainement grandi!
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Je ne connaissais pas Anne Bert.
Je la découvre par ce livre dans des circonstances dramatiques.
Elle nous raconte en effet son tout dernier été, parce qu'elle va mourir.
Elle est atteinte de la maladie de Charcot et a programmé sa fin de vie en Belgique.
Elle profite au maximum de tout ce qu'elle ne verra bientôt plus.
Ses derniers lilas, ses dernières réunions de famille, ses dernières terrasses......
C'est écrit en toute simplicité, avec tact et pudeur, avec poésie aussi.
C'est très émouvant et il est difficile de trouver les mots pour commenter ces derniers moments de vie.
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Déçue et émue en même temps. Je ne m'attendais pas à ça alors que tout est dit dans le titre. J'en attendais plus vu le sujet d'actualité et sensible traité.
Tout d'abord je tiens à remercier ma belle-soeur car sans elle je serais passée à côté.
Le choix de mourir…. Voilà ce qu'a choisi Anne Bert.
Je n'étais pas là pour juger son choix. Je respecte mais j'attendais qu'elle me parle de son cheminement. Comment est-elle passée outre les lois même si elle l'a fait en Belgique.
Dans ce court roman, elle parle de son dernier été. Je trouvais qu'elle se justifiait. Elle disait au revoir à sa manière mais elle se justifiait beaucoup. Je peux comprendre que ce soit compliquer d'écrire avant de mourir. Mais Anne Bert a ouvert les vannes sur l'euthanasie et malheureusement moi en tout cas j'en attendais beaucoup.
Va-t-il avoir une suite de son roman par la journaliste qui l'a suivi ? Je l'espère bien.
Par contre je tiens à souligner qu'Anne Bert a su transcrire à la perfection ses émotions. Beaucoup de pudeur et de poésie. Les voyeurs passaient votre chemin, c'est loin d'être morbide. Au contraire on sent beaucoup d'amour et de vie dans son court roman. Elle m'a touchée en parlant de sa maladie qui pour moi n'est qu'un simple mot scientifique.
Malgré le très beau texte d'Anne Bert, je ne peux pas mettre une meilleure note alors que j'aurais donné un coup de coeur. Les médias ont mis en avant le dernier roman d'une auteure qui a choisi l'euthanasie et « voici son dernier roman ». Comme je l'expliquais au départ, je m'attendais à autre chose.
Mes hommages à Mme Anne Bert pour son choix et de l'avoir assumé jusqu'au bout.
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C'est avec beaucoup d'émotions que j'ai lu ce roman de Anne Bert, auteure que je ne connaissais pas du tout et que j'ai découvert grâce à un article sur internet, suite à la parution de son livre.
Une fois encore, nous sommes face au témoignage d'une personne atteinte d'une maladie incurable et qui demande juste le droit de bénéficier d'une aide afin de partir dignement et avant que d'atroces souffrances ne viennent gâcher les derniers moments d'une vie.
Ce livre n'est pas une accusation vis à vis de l'état français, aucun reproche n'est stipulé dans ce livre. Ce livre, comme son nom l'indique raconte le dernier été de l'auteure, puisque son livre est paru en librairie le 4 octobre et que Anne Bert a été euthanasiée en Belgique 2 jours plus tôt.
Anne Bert a voulu nous raconter comment elle percevait les dernières fois, dernière fois qu'elle conduit une voiture, dernière fois qu'elle cuisine, dernière fois qu'elle arrive à se préparer seule le matin... Et surtout comment savoir que c'est la dernière fois avec cette maladie qui gagne du terrain sur son corps au fil des jours.
Il est dur de lire ce livre en sachant qu'elle a bénéficié d'une aide à partir dans la dignité quelques jours plus tôt, car même si c'était son souhait (à cause de cette foutue maladie, bien évidemment, car sinon on sent bien qu'elle aimait la vie), de savoir que ce livre a été écrit par une personne qui savait que ces jours étaient compté, prend aux tripes et ne laisse pas indifférent.
Anne Bert, n'a pas voulu faire dans le pathologique et son écriture est agréable, on sent qu'elle n'a pas voulu faire couler les larmes, mais juste dire ce qu'elle a ressentit vis à vis de ses "dernières fois", elle a aussi, je pense voulu exprimer beaucoup de reconnaissances envers sa famille, qui l'a beaucoup soutenue, envers les médecins, les gens qu'elle connaissait et les anonymes qui lui écrivaient régulièrement.
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critiques presse (1)
Bibliobs
08 novembre 2017
On a beaucoup parlé de cette disparition, pas assez de cette parution. C'est regrettable. Car «Le tout dernier été» mérite mieux que d'être rangé dans le rayon dévolu aux débats sur l'euthanasie.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Notre mort ne tue rien du monde ni de la nature.
Le moment venu, seule notre existence cesse
Les lilas continueront de fleurir. L'été de chauffer le jardin, et l'automne de revenir.
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Cette maladie de Charcot, en France, j'aurais eu l'obligation de la subir jusqu'au bout.
Des mots, des textes de lois posés sur des patients qui n'ont plus leur mot à dire dès que le médecin les jugent excessifs. Des voiles jetés sur la réalité des horreurs de fin de vie.
Mais un malade incurable n'a aucun devoir. Je ne nuis à personne en assumant mon choix, je ne fais aucun tort à ceux qui acceptent de vivre l'enfer.
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Marcher calme la violence qui me ravage. Je déambule dans les rues, et chaque enjambée disgracieuse ravive mon plaisir de bouger.
Je ressens encore le travail de mes muscles moribonds mêmes si mes pieds et mes mollets se tétanisent.
Mes pas chancelants me dirigent vers la passerelle qui enjambe la Charente.
Mes bras pendent le long de mon corps, leur poids tire sur mes épaules, mon cou, et je dois les réunir sur le bas de mon ventre, une main posée sur l’autre pour les soutenir.
Je continue à longer les quais en suivant des yeux les avirons qui glissent silencieusement sur l’eau et s’éloignent.
Comme eux, je suis libre et me grise de ce mirage
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L'amour me porte même s'il complique tout. Mes amis et mes amours s'inventent de joyeuses attentions palliatives. Je végète étroitement attachée à eux dans la lumière. Ils sont ma force et ma faiblesse. Mes guides et ma plaie. J'apprends le détachement. Je dois découdre les petits points si serrés, relâcher l'ouvrage de l'amour. Consentir à la distance, alléger le fardeau pour rendre la séparation définitive moins cruelle. Je veux les voir courir vers la vie, sans moi, les regarder partir. p.89
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Je viens de rencontrer mes passeurs. Ces hommes font désormais partie de ma vie : ils vont m'aider à la quitter.
Je les ai sentis rigoureux, exigeants, prudents. Et engagés à me tendre doucement la main. Des passeurs.
Une autre médecine qui, quand elle ne peut plus soigner le corps, se décide à soigner l'âme.
Il a donc fallu m'exiler, partir en Belgique où j'ai vécu enfant, pour pouvoir être accompagnée avant de mourir dans la douceur d'une main tendue. p.112
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