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3.98/5 (sur 121 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Macon , le 14/11/1945
Biographie :

Élève de l'École nationale des chartes, elle y obtient en 1970 le diplôme d'archiviste paléographe grâce à une thèse intitulée « Les livres des Vaudois »1. Également diplômée en sciences religieuses de l’École des Hautes Études, elle est la fondatrice de la revue Hérésis, consacrée à l’étude du catharisme mais aussi à l’ensemble des hérésies médiévales.
De 1982 à 1998, elle a dirigé le Centre national d’études cathares René-Nelli à Carcassonne. Elle a été chargée de cours en histoire médiévale à l’université de Montpellier. Elle est membre de la Société des Historiens médiévistes.
Auteur de nombreux ouvrages sur le catharisme, elle s’attache à en montrer la véritable nature, au-delà des clichés, des à-peu-près et des erreurs qui circulent dans le grand public. Elle a écrit des romans qui, outre leurs qualités littéraires, contribuent à donner une vision plus exacte des mentalités et des événements.
Elle est officier des Palmes académiques.
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Source : Wikipedia
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Bibliographie de Anne Brenon   (33)Voir plus

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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Ils [les Cathares] manifestent un rejet peu orthodoxe de la chair : ainsi, s'ils refusent de manger de la viande, ce n'est pas "par simple abstinence monacale", mais "parce que, née du coït, toute viande est impure". De fait, ils enseignent que "c'est le diable qui a créé la chair".
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pourquoi une eglise s'est debarrassee d'une autre eglise,alors meme que persecuteurs et persecutes se reclamaient des memes textes et du meme dieu.et debarrassee d'une maniere de force qui force,en un sens le respect!comment imaginer un systeme plus repressif que l'inquisition ,modele de toutes les polices ideologiques jusqu'a nos jours.et comment comprendre que l'eglise ait attendu vatican 2 pour tolerer dans ses marges d'autres eglises comme les eglises protestantes mais pas celle des cathares
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Comme l'hérétique, la femme apparaissait toujours susceptible de se faire l'instrument du diable, pour détourner du Salut l'homme pieux....

....Et que l'orthodoxie chercha toujours à désamorcer et exorciser la dangereuse créature féminine dans la maternité et le silence.
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heresis,en grec signifie "le choix".
l'heresie,c'est donc fondamentalement,le libre choix de son chemin religieux.
par une evolution semantique progressive,l'heresie en est venue a designer l'erreur;erreur par rapport a une orthodoxie,representante du "juste dogme"
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Contre le catharisme qui s'implantait au cœur de la société occitane, l'Église romaine ne sut pas employer le moyen d'une véritable pastorale, d'une prédication suivie, systématisée ; elle n'eut recours qu'à des missions, limitées dans l'espace et le temps, de légats cisterciens pour la plupart: les prédicateurs n'agissaient qu'en vertu d'un mandat exprès du pape, et avec l'appui des pouvoirs publics. Quelques actions coercitives spectaculaires: l'humiliation de Pierre Maurand à Toulouse purent frapper les esprits. Jusqu'au début du XIII° siècle, aucun effort réel d'évangélisation ne fut poursuivi, et il est indéniable que champ libre fut ainsi laissé à l'expansion de l'évangélisme dissident.
La fin du XII° siècle vit au contraire la succession des étapes organisant la répression, la coercition, assise sur la collaboration des pouvoirs spirituels et temporels: en 1179, au concile du Latran, Alexandre III invitait déjà les fidèles du Christ à prendre les armes contre les hérétiques ; les décrétales, issues des conférences de Vérone de 1184 entre la papauté et l'empereur Frédéric Barberousse - pape et empereur unissant leur réflexion et leur politique, une fois n'est pas coutume ! - fondèrent les préalables juridiques à la coercition: Lucius III et Frédéric convinrent que les hérétiques convaincus seraient confiés au bras séculier ; que les évêques, en leur justice "ordinaire", seraient chargés d'inspecter leur diocèse de manière régulière et de susciter la délation ; que les pouvoirs publics se verraient confier le soin de soutenir et faire appliquer les sentences ecclésiastiques.
Tous les présupposés mentaux se mettaient en place, qui rendraient possible, plus étonnante encore qu'une croisade en terre chrétienne, l'institution de la bureaucratie inquisitoriale.
Et pourtant, au Latran, en 1179, se présenta, dans sa pauvreté évangélique, Vaudès de Lyon, qui demandait le droit de prêcher. Et pourtant, à Vérone, en 1184, le mouvement vaudois, cette pulsion qui entraînait sur les routes et dans le dénuement total hommes et femmes qui cherchaient le Christ ailleurs que dans les cathédrales, fut officiellement déclaré hérétique. Quelques années plus tard, la papauté aurait pu songer à appuyer une action positive de "persuasion" des hérétiques sur une initiative d'aussi bonne et neuve volonté...
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Anne Brenon
Vous me disiez l'autre jour que Pèire Autier, si vous aviez pu le croiser, aurait réussi à vous sortir de votre athéisme militant pour vous permettre d'entrer dans la foi de ces simples chrétiens.
Philippe de Tonnac à Anne Brenon dans Cathare la contre-enquête.
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.. Les cathares, chrétiens dualistes, croyaient en effet à deux créations émanant de deux principes, selon la logique dont on a senti l'amorce dès le prologue du Livre des Deux Principes : un bon arbre ne pouvant porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre de bons fruits, il s'ensuivait logiquement que le monde visible, soumis à la corruption, à la mort et au mal, ne pouvait être la création du Dieu d'amour enseigné par le Christ : "Mon royaume n'est pas de ce monde ..." (Jo, 18,36).

Pénétrés de cette logique forte, elle-même admirablement soutenue et fondée dans le Nouveau Testament, les prédicateurs cathares et les lettrés, auteurs de leurs textes théoriques, ne cherchèrent jamais à ménager l'Eglise romaine, ni à composer avec elle. Elle était la fausse Eglise, suscitée par le faux Dieu de ce monde, pour détourner le message du Christ. Ils s'exprimaient en héritiers directs des apôtres.

"Vers l'heure des vêpres, quand nous fûmes rentrés des vignes et que nous eûmes bu, nous nous mîmes près du feu et l'hérétique commença à prêcher. Il dit ... que nul ne pouvait être sauvé à moins d'avoir été reçu dans leur secte et dans leur foi ; que la foi suivie dans l'Eglise romaine ne valait rien, mais celle-là seulement qu'ils suivaient, eux, parce qu'eux seuls, à ce qu'il disait, suivaient la voie de Jésus Christ ..."

Ce petit récit est dû à Guilhem Escaunier, d'Ax (les Thermes), déposant au début du XIVème siècle devant l'inquisiteur Jacques Fournier, évêque de Pamiers. D'où l'emploi de termes comme "l'hérétique", "leur secte", "à ce qu'il disait", derrière lequel le déposant protège son orthodoxie mise en question, mais qui n'enlèvent rien au fond du témoignage.
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Dans l'argumentaire cathare, la « mauvaise Église romaine », tournant le dos au voeu de vérité des apôtres comme à leur voeu de justice, est en effet communément l'Église « qui dit de grands mensonges », preuve de son illégitimité chrétienne. Au jeune berger qui lui demande pourquoi elle ne laisse pas les bons hommes prêcher en paix, Pèire Autier a cette réponse amère :

Parce que, si nous pouvions aller et prêcher librement, l'Eglise romaine perdrait toute créance ; les gens préféreraient notre foi à la sienne, car nous ne disons et prêchons que la vérité, alors que l'Eglise romaine dit de grands mensonges.
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on ne peut pas imaginer l'autoflagellation de la part des bons hommes
la plupart des religieux,et des religieuses cathares sont des gens murs,qui ont vecu dans le monde et qui ont depasse l'age ou le desir de la chair est trop violent.a la difference des ordres catholiques ou est vigoureusement recommande,comme condition d'entree en vie religieuse.la,on se fait mal.le christ est alle au desert,mais il en est revenu.il n'a jamais enjoint a ses disciples de s'exclure du monde dans des ermitages ou des monasteres
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Quatre ans que je n'ai vu mon frère. La Lombardie se tient entre nous. Elle retient nos gestes. Chacun de nous a un élan vers l'autre, qui s'interrompt dans la même gêne. Raimond ne me fera jamais son melhorier. Je l'avais su avant même de prendre la route de Montpellier avec mes vaches. Il n'est pas l'ennemi des Bons Hommes. Au fond de lui, je le sais, il leur a toujours voué plus d'estime et de foi qu'aux clercs de Rome. Mais je ne l'imagine pas en repenti. Raimond Rafart est un homme droit, il n'est pas un homme pieux. C'est de ce monde qu'il se soucie, des dés qui ne cessent de rouler, des pions qu'il faut imprévisiblement avancer, des calculs qui ne peuvent traîner, pour éviter les pièges de la faim, du froid et du malheur. L'éternité, c'est pour après. On dirait qu'il a pensé à voix haute. Le regard qu'il tourne vers moi m'est transparent, comme l'est son cœur. Il est mon frère. Son affection et son aide me sont acquises, mais il ne m'approuve pas d'avoir pris le chemin périlleux.
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