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Note moyenne 3.78 /5 (sur 94 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Fabrezan , le 1/10/1842
Mort(e) à : Paris , le 9/08/1888
Biographie :

Charles Cros est un poète et inventeur français.

Passionné de littérature et de sciences, il fut un temps, de 1860 à 1863, professeur de chimie à l’Institut parisien des Sourds-Muets, avant de se consacrer à la recherche scientifique.

En 1869, il présenta à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l’origine du procédé actuel de trichromie. Il étudia également des améliorations à la technologie du télégraphe : il avait présenté à l’Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique.

En avril 1877, il formulait le principe d’un appareil de reproduction des sons qu’il nomma paléophone. Son document, présenté à l’Académie des sciences, suggérait que les vibrations sonores pouvaient êtres gravées dans du métal à l’aide d’un crayon rattaché à une membrane vibrante, et que, par la suite, en faisant glisser un stylet rattaché à une membrane sur cette gravure on parviendrait à reproduire le son initial. Avant que Charles Cros n’eût la possibilité de suivre son idée voire de construire un prototype, Thomas Edison, aux États-Unis, mettait au point le premier phonographe. Les deux hommes ne connaissaient pas leurs travaux respectifs.

En son honneur a été créée l’Académie Charles-Cros qui récompense chaque année les meilleurs disques.
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Source : Larousse
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Vidéo de
Émission "Une Vie, une Œuvre" par Marie-Paule Vettes, diffusée, le 9 avril 1992, sur France Culture. Invités : Pierre Péju et Max Milner. Participants : Louis Forestier (professeur de littérature à la Sorbonne), Bernard Delvaille (écrivain, directeur des Editions Seghers), François Cros (petit-fils de Charles Cros) et Marie-France Calas (conservateur en chef, directeur du Département de la phonothèque nationale).
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Citations et extraits (120) Voir plus Ajouter une citation
Charles Cros
sagesse66   27 avril 2019
Charles Cros
J’ai voulu des jardins pleins de roses fleuries,

J’ai rêvé de l’Éden aux vivantes féeries,

Des lacs bleus, d’horizon aux tons de pierreries ;

Mais je ne veux plus rien ;

Il suffit que tu ries.
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Charles Cros
Piatka   01 juillet 2014
Charles Cros
SONNET ASTRONOMIQUE



Alors que finissait la journée estivale,

Nous marchions, toi pendue à mon bras, moi rêvant

À ces mondes lointains dont je parle souvent.

Aussi regardais-tu chaque étoile en rivale.



Au retour, à l'endroit où la côte dévale,

Tes genoux ont fléchi sous le charme énervant

De la soirée et des senteurs qu'avait le vent.

Vénus, dans l'ouest doré, se baignait triomphale.



Puis, las d'amour, levant les yeux languissamment,

Nous avons eu tous deux un long tressaillement

Sous la sérénité du rayon planétaire.



Sans doute, à cet instant deux amants, dans Vénus,

Arrêtés en des bois aux parfums inconnus,

Ont, entre deux baisers, regardé notre terre.
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marina53   17 novembre 2013
Le Coffret de santal de Charles Cros
Ma belle amie est morte,

Et voilà qu’on la porte

En terre, ce matin,

En souliers de satin.



Elle dort toute blanche,

En robe de dimanche,

Dans son cercueil ouvert

Malgré le vent d’hiver.



Creuse, fossoyeur, creuse

A ma belle amoureuse

Un tombeau bien profond,

Avec ma place au fond.



Avant que la nuit tombe

Ne ferme pas la tombe;

Car elle m’avait dit

De venir cette nuit,



De venir dans sa chambre:

« Par ces nuits de décembre,

Seule, en mon lit étroit,

Sans toi, j’ai toujours froid. »



Mais, par une aube grise,

Son frère l’a surprise

Nue et sur mes genoux.

Il m’a dit: « Battons-nous.



Que je te tue. Ensuite

Je tuerai la petite. »

C’est moi qui, m’en gardant,

L’ai tué, cependant.



Sa peine fut si forte

Qu’hier elle en est morte.

Mais, comme elle m’a dit,

Elle m’attend au lit.



*



Au lit que tu sais faire,

Fossoyeur, dans la terre.

Et, dans ce lit étroit,

Seule, elle aurait trop froid.



J’irai coucher près d’elle,

Comme un amant fidèle,

Pendant toute la nuit

Qui jamais ne finit.
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Malaura   22 décembre 2011
Le Coffret de santal de Charles Cros
Mes souvenirs sont si nombreux

Que ma raison n'y peut suffire.

Pourtant je ne vis que par eux,

Eux seuls me font pleurer et rire.

Le présent est sanglant et noir;

Dans l'avenir qu'ai-je à poursuivre?

Calme frais des tombeaux, le soir !...

Je me suis trop hâté de vivre.



Entre tes bras j'espérais pouvoir

Attendre l'heure qui délivre;

Tu m'as pris mon tour. Au revoir.

Je me suis trop hâté de vivre.
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lamauvaiseherbe   14 mars 2018
Le hareng saur de Charles Cros
Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,

Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,

Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.



Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,

Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,

Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.



Alors il monte à l'échelle - haute, haute, haute,

Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,

Tout en haut du grand mur blanc - nu, nu, nu.



Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,

Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,

Et, au bout, le hareng saur - sec, sec, sec.



Il redescend de l'échelle - haute, haute, haute,

L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,

Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.



Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,

Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,

Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.



J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,

Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,

Et amuser les enfants - petits, petits, petits.
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Charles Cros
Aurel82   02 octobre 2017
Charles Cros
Paroles d’un miroir à une belle dame



Belle, belle, belle, belle !

Que voulez-vous que je dise

À votre frimousse exquise ?

Riez, rose, sans cervelle.



Je suis un petit miroir,

Je suis de glace et d’étain’

Mais vos yeux et votre teint

S’illuminent à vous voir.



Les douleurs, les ennuis pires,

Je chasse tout penser triste ;

Je ne veux (un tic d’artiste)

Refléter que vos sourires.
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paroles   17 juillet 2014
Le Coffret de santal de Charles Cros
Elle s'est endormie un soir, croisant ses bras,

Ses bras souples et blancs sur sa poitrine frêle,

Et fermant pour toujours ses yeux clairs, déjà las

De regarder ce monde, exil trop lourd pour Elle.



Elle vivait de fleurs, de rêves, d'idéal,

Âme, incarnation de la Ville éternelle.

Lentement étouffée, et d'un semblable mal,

La splendeur de Paris s'est éteinte avec Elle.



Et pendant que son corps attend pâle et glacé

La résurrection de sa beauté charnelle,

Dans ce monde où, royale et douce, Elle a passé,

Nous ne pouvons rester qu'en nous souvenant d'Elle.
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TiriNoiret   10 décembre 2019
Le Coffret de santal de Charles Cros
Ma pensée est une églantine

Éclose trap tôt en avril,

Moqueuse au moucheron subtil

Ma pensée est une églantine;

Si parfois tremble son pistil

Sa corolle s’ouvre mutine.

Ma pensée est une églantine

Éclose trop tôt en avril.



Ma pensée est comme un chardon

Piquant sous les fleurs violettes,

Un peu rude au doux abandon

Ma pensée est comme un chardon;

Tu Viens le visiter, bourdon?

Ma fleur plaît à beaucoup de bêtes.

Ma pensée est comme un chardon

Piquant sous les fleurs Violettes.



Ma pensée est une insensée

Qui s’égare dans les roseaux

Aux chants des eaux et des oiseaux,

Ma pensée est une insensée.

Les roseaux font de verts réseaux,

Lotus sans tige sur les eaux

Ma pensée est une insensée

Qui s’égare dans les roseaux.



Ma pensée est l’âcre poison

Qu’on boit à la dernière fête

Couleur, parfum et trahison,

Ma pensée est l’âcre poison,

Fleur frêle, pourprée et coquette

Qu’on trouve à l’arrière-saison

Ma pensée est l’âcre poison

Qu’on boit à la dernière fête.



Ma pensée est un perce-neige

Qui pousse et rit malgré le froid

Sans souci d’heure ni d’endroit

Ma pensée est un perce-neige.

Si son terrain est bien étroit

La feuille morte le protège,

Ma pensée est un perce-neige

Qui pousse et rit malgré le froid.
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Charles Cros
Aurel82   20 novembre 2017
Charles Cros
L’Archet



Elle avait de beaux cheveux, blonds

Comme une moisson d’août, si longs

Qu’ils lui tombaient jusqu’aux talons.



Elle avait une voix étrange,

Musicale, de fée ou d’ange,

Des yeux verts sous leur noire frange.



*



Lui, ne craignait pas de rival,

Quand il traversait mont ou val,

En l’emportant sur son cheval.



Car, pour tous ceux de la contrée,

Altière elle s’était montrée,

Jusqu’au jour qu’il l’eut rencontrée.



*



L’amour la prit si fort au coeur,

Que pour un sourire moqueur,

Il lui vint un mal de langueur.



Et dans ses dernières caresses:

« Fais un archet avec mes tresses,

Pour charmer tes autres maîtresses. »



Puis, dans un long baiser nerveux,

Elle mourut. Suivant ses voeux,

Il fit l’archet de ses cheveux.



*



Comme un aveugle qui marmonne,

Sur un violon de Crémone

Il jouait, demandant l’aumône.



Tous avaient d’enivrants frissons

A l’écouter. Car dans ces sons

Vivaient la morte et ses chansons.



*



Le roi, charmé, fit sa fortune.

Lui, sut plaire à la reine brune

Et l’enlever au clair de lune.



Mais, chaque fois qu’il y touchait

Pour plaire à la reine, l’archet

Tristement le lui reprochait.



*



Au son du funèbre langage,

Ils moururent à mi-voyage.

Et la morte reprit son gage.



Elle reprit ses cheveux, blonds

Comme une moisson d’août, si longs

Qu’ils lui tombaient jusqu’aux talons.
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Charles Cros
Aurel82   29 juillet 2017
Charles Cros
Vivre tranquille en sa maison,

Vertueux ayant bien raison,

Vaut autant boire du poison.



Je ne veux pas de maladie,

Ma fierté n’est pas refroidie,

J’entends la jeune mélodie.



J’entends le bruit de l’eau qui court,

J’entends gronder l’orage lourd,

L’art est long et le temps est court.



Tant mieux, puisqu’il y a des pêches,

Du vin frais et des filles fraîches,

Et l’incendie et ses flammèches.



On naît filles, on naît garçons.

On vit en chantant des chansons,

On meurt en buvant des boissons.
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