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Hubert Juin (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070318338
Éditeur : Gallimard (27/01/1972)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 49 notes)
Résumé :
« Il avait voulu fixer l'apparence des choses, la voix des êtres. Il rêvait à la victoire de l'homme sur le temps ennemi. Il a passé – comme il dit – des portes ouvertes sur l'imaginaire. Le Coffret de santal rassemble et mélange, sauve et confond quatre visages de femmes : Nina de Villard, sauvagement aimée, qui était brune ; Sidonie, énigmatique, inconnue, qui, si l'on en croit les poèmes, était blonde ; Mary Hjardemaal, l'épouse ; Solange de Ladevignère, morte je... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
paroles
  13 juillet 2014
Charles Cros, né en 1842 à Fabrezan (Aude), mort en 1888 à Paris, est un poète et inventeur français. La science et la poésie, quelle drôle d'alchimie... Voilà ce qui fait de Charles Cros, un personnage singulier...

Dans la préface, le poète s'adresse à ses lecteurs et les invite à fouiller dans ce coffret afin d'y faire leur choix. Ils se laisseront peut-être conquérir...
Quel encombrement dans ce coffre !
Je vends tout. Accepte mon offre,
Lecteur. Peut-être quelque émoi,
Pleurs ou rire, à chez vieilles choses
Te prendra. Tu paieras, et moi
J'achèterai de fraîches roses

Et bien c'est dit, j'ai fouillé et j'y ai trouvé mon bonheur.
Du rire, bien sûr avec "Le hareng saur",
De l'amour, très souvent,
Mais aussi, bien des regrets, déceptions et désillusions,
Ou encore de l'humour et de la mélancolie.
J'ai traversé les saisons, longé le fleuve, observé les petits métiers des rues, goûté l'absinthe...

De jolies découvertes dans ce coffret de santal dans lequel je vous conseille de plonger. Vous y trouverez forcément ce que vous cherchez...
Mes souvenirs sont si nombreux
Que ma raison n'y peut suffire
Pourtant je ne vis que par eux,
Eux seuls me font pleurer et rire.

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vincentf
  01 juillet 2010
Lecture trop diluée, je ne sais plus trop quoi dire. J'ai aimé. Cela s'est envolé. Feuilletons. J'ai souligné : "Je me tue à vouloir me civiliser l'âme". Page suivante : Lento, lue à la fenêtre, un soir d'été, à haute voix. Pas envie de le relire. Garder simplement ce moment en mémoire, la pure présence des mots, partis, ne pas trop les faire revenir. le hareng saur, Alain Faudemay, dans une salle de séminaire ("Enfance et poésie"), à Miséricorde, Faudemay croisé cet après-midi. Pas de grands signes. C'est fini. Juste le souvenir de sa voix qui récite, délicieusement, ce hareng saur, sec, sec, sec... Je suis de l'autre côté. Avoir aimé Charles Cros et ne pas vouloir en dire grand chose. Quand je lisais, il y a déjà si longtemps, je me disais, après chaque poème, que c'était terriblement bien écrit, que c'était de la poésie selon mon coeur. Je ne me dis plus rien. Je ne serai pas marqué par Charles Cros, volatilisé.
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frandj
  13 novembre 2017
Charles Cros (1842-1888) était un homme étonnant. Dans la préface de ce recueil, il décrit comme « posé de biais ». Il fut l'inventeur de la photographie en couleurs. Il conçut aussi le phonographe (qu'il nomma paléophone)… mais il se fit griller par l'Américain Thomas Edison. Par ailleurs, il écrivit des poésies qui furent presque ignorées au moment de leur parution. C'est pourquoi le préfacier écrit: « Poète maudit ? Non. Mais, par avance, oublié ». Finalement, il a fallu des décennies pour que son oeuvre commence à être remarquée.
Ce livre de poésies est remarquable par sa diversité. Certaines semblent correspondre à l'inspiration du Parnasse, d'autres évoquent l'esprit baudelairien ("Profanation"), quelques-unes sont primesautières, voire impertinentes ("Le hareng saur") et d'autres paraissent inclassables. Lors de ma lecture, j'ai beaucoup apprécié plusieurs pièces, j'en mets deux en citations.
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awei
  04 mars 2008
Peut être connaissez vous le poème qui a bercé mon enfance: l'histoire d'un hareng saur sec, sec, sec... et bien je vous invite à découvrir Charles Cros, et son coffret de santal rempli de poèmes d'amour, de personnages de rue et d'une jolie déclinaison sur les saisons.
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   17 novembre 2013
Ma belle amie est morte,
Et voilà qu’on la porte
En terre, ce matin,
En souliers de satin.

Elle dort toute blanche,
En robe de dimanche,
Dans son cercueil ouvert
Malgré le vent d’hiver.

Creuse, fossoyeur, creuse
A ma belle amoureuse
Un tombeau bien profond,
Avec ma place au fond.

Avant que la nuit tombe
Ne ferme pas la tombe;
Car elle m’avait dit
De venir cette nuit,

De venir dans sa chambre:
« Par ces nuits de décembre,
Seule, en mon lit étroit,
Sans toi, j’ai toujours froid. »

Mais, par une aube grise,
Son frère l’a surprise
Nue et sur mes genoux.
Il m’a dit: « Battons-nous.

Que je te tue. Ensuite
Je tuerai la petite. »
C’est moi qui, m’en gardant,
L’ai tué, cependant.

Sa peine fut si forte
Qu’hier elle en est morte.
Mais, comme elle m’a dit,
Elle m’attend au lit.

*

Au lit que tu sais faire,
Fossoyeur, dans la terre.
Et, dans ce lit étroit,
Seule, elle aurait trop froid.

J’irai coucher près d’elle,
Comme un amant fidèle,
Pendant toute la nuit
Qui jamais ne finit.
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parolesparoles   17 juillet 2014
Elle s'est endormie un soir, croisant ses bras,
Ses bras souples et blancs sur sa poitrine frêle,
Et fermant pour toujours ses yeux clairs, déjà las
De regarder ce monde, exil trop lourd pour Elle.

Elle vivait de fleurs, de rêves, d'idéal,
Âme, incarnation de la Ville éternelle.
Lentement étouffée, et d'un semblable mal,
La splendeur de Paris s'est éteinte avec Elle.

Et pendant que son corps attend pâle et glacé
La résurrection de sa beauté charnelle,
Dans ce monde où, royale et douce, Elle a passé,
Nous ne pouvons rester qu'en nous souvenant d'Elle.
+ Lire la suite
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MalauraMalaura   22 décembre 2011
Mes souvenirs sont si nombreux
Que ma raison n'y peut suffire.
Pourtant je ne vis que par eux,
Eux seuls me font pleurer et rire.
Le présent est sanglant et noir;
Dans l'avenir qu'ai-je à poursuivre?
Calme frais des tombeaux, le soir !...
Je me suis trop hâté de vivre.

Entre tes bras j'espérais pouvoir
Attendre l'heure qui délivre;
Tu m'as pris mon tour. Au revoir.
Je me suis trop hâté de vivre.
+ Lire la suite
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LaliLali   13 septembre 2012
Soir

Je viens de voir ma bien-aimée
Et vais au hasard, sans desseins,
La bouche encor tout embaumée
Du tiède contact de ses seins.

Mes yeux voient à travers le voile
Qu’y laisse le plaisir récent,
Dans chaque lanterne une étoile,
Un ami dans chaque passant.

Chauves-souris disséminées,
Mes tristesses s’en vont en l’air
Se cacher par les cheminées.
Noires, sur le couchant vert-clair.

Le gaz s’allume aux étalages…
Moi, je crois, au lieu du trottoir,
Fouler sous mes pieds les nuages
Ou les tapis de son boudoir.

Car elle suit mes courses folles,
Et le vent vient me caresser
Avec le son de ses paroles
Et le parfum de son baiser.
+ Lire la suite
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parolesparoles   16 juillet 2014
Alors que finissait la journée estivale,
Nous marchions, toi pendue à mon bras, moi rêvant
À ces mondes lointains dont je parle souvent.
Aussi regardais-tu chaque étoile en rivale.

Au retour, à l'endroit où la côte dévale,
Tes genoux ont fléchi sous le charme énervant
De la soirée et des senteurs qu'avait le vent,
Vénus, dans l'ouest doré, se baignait triomphale.

Puis, las d'amour, levant les yeux languissamment,
Nous avons eu tous deux un long tressaillement
Sous la sérénité du rayon planétaire.

Sans doute, à cet instant deux amants, dans Vénus
Arrêtés en des bois aux parfums inconnus,
Ont, entre deux baisers, regardé notre Terre.

SONNET ASTRONOMIQUE
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Videos de Charles Cros (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Cros
Émission "Une Vie, une Œuvre" par Marie-Paule Vettes, diffusée, le 9 avril 1992, sur France Culture. Invités : Pierre Péju et Max Milner. Participants : Louis Forestier (professeur de littérature à la Sorbonne), Bernard Delvaille (écrivain, directeur des Editions Seghers), François Cros (petit-fils de Charles Cros) et Marie-France Calas (conservateur en chef, directeur du Département de la phonothèque nationale).
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