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Note moyenne 3.77 /5 (sur 68 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Saint-Paul (974) , le 22/10/1818
Mort(e) à : Voisins-le-Bretonneux , le 17/07/1894
Biographie :

Charles-Marie René Leconte de Lisle est un poète français.

Né à la Réunion, il vient poursuivre ses études en France. Séduit par les doctrines sociales du philosophe Fourier, il collabore aux Journaux "La Phalange" et "La Démocratie pacifique". L'échec de la Révolution de 1848 l'accable et signe sa rupture avec la politique. De sa foi sociale, il ne garde dès lors qu'une vive rancœur contre Dieu et les hommes, et il va chercher refuge dans la poésie.

Son pessimisme s'alimente à deux sources, l'une passionnelle ("Les Damnés" 1855, "Le Dernier souvenir", 1868, "Les Spectres", 1866 ), l'autre historique à travers la Grèce ("Les Poèmes antiques", 1852, "Les Poèmes Barbares", 1862).

En réaction contre la poésie romantique, Leconte de Lisle réclame une poésie "scientifique" qui doit être essentiellement l'expression de la sérénité du beau. Son âme tourmentée rend toute relative son impassibilité. Celle-ci trouve toute sa place parmi ses admirateurs réunis autour de lui dans l'école parnassienne.

Élu en 1886 membre de l'Académie française, sa célébrité, pour les nouvelles générations, éclipse même celle de Victor Hugo. En 1872, il aborda le théâtre avec une tragédie eschyléenne, "Les Erinnyes".
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Source : http://anthologie.forum-poesie.com/leconte-de-lisle/
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Vidéo de

Leconte de LISLE – Pourquoi devint-il parnassien ? (Chaîne Nationale, 1953) Une conférence de Géraud Venzac, intitulée « Leconte de Lisle, témoin de l'échec religieux et politique du romantisme », prononcée le 6 juin 1952 à l’Institut Catholique de Paris, diffusée sur la Chaîne Nationale le mois suivant.

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Citations et extraits (133) Voir plus Ajouter une citation
Charles-Marie Leconte de Lisle
Piatka   25 juin 2015
Charles-Marie Leconte de Lisle
MIDI



Midi, roi des étés, épandu sur la plaine,

Tombe en nappes d'argent des hauteurs du ciel bleu.

Tout se tait. L'air flamboie et brûle sans haleine ;

La terre est assoupie en sa robe de feu.



L'étendue est immense, et les champs n'ont point d'ombre,

Et la source est tarie où buvaient les troupeaux ;

La lointaine forêt, dont la lisière est sombre,

Dort là-bas, immobile, en un pensant repos.



Seuls, les grands blés mûris, tels qu'une mer dorée,

Se déroulent au loin, dédaigneux du sommeil ;

Pacifiques enfants de la terre sacrée,

Ils épuisent sans peur la coupe du soleil.



Parfois, comme un soupir de leur âme brûlante,

Du sein des épis lourds qui murmurent entre eux,

Une ondulation majestueuse et lente

S'éveille, et va mourir à l'horizon poudreux.



Non loin, quelques boeufs blancs, couchés parmi les herbes,

Bavent avec lenteur sur leurs fanons épais,

Et suivent de leurs yeux languissants et superbes

Le songe intérieur qu'ils n'achèvent jamais.



Homme, si, le coeur plein de joie ou d'amertume,

Tu passais vers midi dans les champs radieux,

Fuis ! la Nature est vide et le Soleil consume :

Rien n'est vivant ici, rien n'est triste ou joyeux.



Mais si, désabusé des larmes et du rire,

Altéré de l'oubli de ce monde agité,

Tu veux, ne sachant plus pardonner ou maudire,

Goûter une suprême et morne volupté,



Viens ! Le soleil te parle en paroles sublimes ;

Dans sa flamme implacable absorbe-toi sans fin ;

Et retourne à pas lents vers les cités infimes,

Le coeur trempé sept fois dans le néant divin.

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Charles-Marie Leconte de Lisle
Pavlik   03 août 2016
Charles-Marie Leconte de Lisle
On a mécontenté tout le monde ? Il y a des chances pour que l'on ait dit la vérité.
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babounette   11 septembre 2016
Poèmes barbares de Charles-Marie Leconte de Lisle
CHRISTINE

.....

La mère repose, et Christine pleure,

Immobile auprès de l'âtre noirci.

Au long tintement de la douzième heure,

Un doigt léger frappe à l'humble demeure :

_ Qui donc vient ici ?

_ Tire le verrou, Christine, ouvre vite :

C'est ton jeune ami, c'est ton fiancé.

Un suaire étroit à peine m'abrite ;

J'ai quitté pour toi, ma chère petite,

Mon tombeau glacé. -

Et coeur contre coeur tous deux ils s'unissent

Chaque baiser dure une éternité :

Les baisers d'amour jamais ne finissent.

Ils causent longtemps ; mais les heures glissent,

Le coq a chanté.

....
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Charles-Marie Leconte de Lisle
palamede   14 juin 2017
Charles-Marie Leconte de Lisle
Juin



Les prés ont une odeur d'herbe verte et mouillée,

Un frais soleil pénètre en l'épaisseur des bois,

Toute chose étincelle, et la jeune feuillée

Et les nids palpitants s'éveillent à la fois.



Les cours d'eau diligents aux pentes des collines

Ruissellent, clairs et gais, sur la mousse et le thym ;

Ils chantent au milieu des buissons d'aubépines

Avec le vent rieur et l'oiseau du matin.



Les gazons sont tout pleins de voix harmonieuses,

L'aube fait un tapis de perles aux sentiers,

Et l'abeille, quittant les prochaines yeuses,

Suspend son aile d'or aux pâles églantiers.



Sous les saules ployants la vache lente et belle

Paît dans l'herbe abondante au bord des tièdes eaux ;

La joug n'a point encor courbé son cou rebelle,

Une rose vapeur emplit ses blonds naseaux.



Et par delà le fleuve aux deux rives fleuries

Qui vers l'horizon bleu coule à travers les prés,

Le taureau mugissant, roi fougueux des prairies,

Hume l'air qui l'enivre, et bat ses flancs pourprés.



La Terre rit, confuse, à la vierge pareille

Qui d'un premier baiser frémit languissamment,

Et son oeil est humide et sa joue est vermeille,

Et son âme a senti les lèvres de l'amant.



O rougeur, volupté de la Terre ravie !

Frissonnements des bois, souffles mystérieux !

Parfumez bien le coeur qui va goûter la vie,

Trempez-le dans la paix et la fraîcheur des cieux !



Assez tôt, tout baignés de larmes printanières,

Par essaims éperdus ses songes envolés

Iront brûler leur aile aux ardentes lumières

Des étés sans ombrage et des désirs troublés.



Alors inclinez-lui vos coupes de rosée,

O fleurs de son Printemps, Aube de ses beaux jours !

Et verse un flot de pourpre en son âme épuisée,

Soleil, divin Soleil de ses jeunes amours !
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Charles-Marie Leconte de Lisle
sagesse66   20 juin 2020
Charles-Marie Leconte de Lisle
L'orbe d'or



L'orbe d'or du soleil tombé des cieux sans bornes

S'enfonce avec lenteur dans l'immobile mer,

Et pour suprême adieu baigne d'un rose éclair

Le givre qui pétille à la cime des mornes.



En un mélancolique et languissant soupir,

Le vent des hauts, le long des ravins emplis d'ombres,

Agite doucement les tamariniers sombres

Où les oiseaux siffleurs viennent de s'assoupir.



Parmi les caféiers et les cannes mûries,

Les effluves du sol, comme d'un encensoir,

S'exhalent en mêlant dans le souffle du soir

A l’arôme des bois l'odeur des sucreries.



Une étoile jaillit du bleu noir de la nuit,

Toute vive, et palpite en sa blancheur de perle ;

Puis la mer des soleils et des mondes déferle

Et flambe sur les flots que sa gloire éblouit.



Et l'âme, qui contemple, et soi-même s'oublie

Dans la splendide paix du silence divin,

Sans regrets ni désirs, sachant que tout est vain,

En un rêve éternel s'abîme ensevelie.
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Charles-Marie Leconte de Lisle
domisylzen   07 octobre 2016
Charles-Marie Leconte de Lisle
Aux modernes



Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,

Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,

Châtrés dès le berceau par le siècle assassin

De toute passion vigoureuse et profonde.



Votre cervelle est vide autant que votre sein,

Et vous avez souillé ce misérable monde

D'un sang si corrompu, d'un souffle si malsain,

Que la mort germe seule en cette boue immonde.



Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin

Où, sur un grand tas d'or vautrés dans quelque coin,

Ayant rongé le sol nourricier jusqu'aux roches,



Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,

Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,

Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches.

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Charles-Marie Leconte de Lisle
Piatka   10 août 2015
Charles-Marie Leconte de Lisle
LES ROSES D'ISPAHAN



Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse,

Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l'oranger

Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce,

O blanche Leïlah ! que ton souffle léger.



Ta lèvre est de corail, et ton rire léger

Sonne mieux que l'eau vive et d'une voix plus douce,

Mieux que le vent joyeux qui berce l'oranger,

Mieux que l'oiseau qui chante au bord du nid de mousse.



Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse,

La brise qui se joue autour de l'oranger

Et l'eau vive qui flue avec sa plainte douce

Ont un charme plus sûr que ton amour léger !



O Leïlah ! depuis que de leur vol léger

Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce,

Il n'est plus de parfum dans le pâle oranger,

Ni de céleste arôme aux roses dans leur mousse.



L'oiseau, sur le duvet humide et sur la mousse,

Ne chante plus parmi la rose et l'oranger ;

L'eau vive des jardins n'a plus de chanson douce,

L'aube ne dore plus le ciel pur et léger.



Oh ! que ton jeune amour, ce papillon léger,

Revienne vers mon coeur d'une aile prompte et douce,

Et qu'il parfume encor les fleurs de l'oranger,

Les roses d'Ispahan dans leur gaine de mousse !
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Charles-Marie Leconte de Lisle
Piatka   05 octobre 2015
Charles-Marie Leconte de Lisle
JANE



Je pâlis et tombe en langueur :


Deux beaux yeux m'ont blessé le coeur.





Rose pourprée et tout humide,


Ce n'était pas sa lèvre en feu ;


C'étaient ses yeux d'un si beau bleu


Sous l'or de sa tresse fluide.





Je pâlis et tombe en langueur :


Deux beaux yeux m'ont blessé le coeur.





Toute mon âme fut ravie !


Doux étaient son rire et sa voix ;


Mais ses deux yeux bleus, je le vois,


Ont pris mes forces et ma vie !





Je pâlis et tombe en langueur :


Deux beaux yeux m'ont blessé le coeur.





Hélas ! la chose est bien certaine :


Si Jane repousse mon voeu,


Dans ses deux yeux d'un si beau bleu


J'aurai puisé ma mort prochaine.





Je pâlis et tombe en langueur :


Deux beaux yeux m'ont blessé le coeur.





Chansons écossaises

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Charles-Marie Leconte de Lisle
Piatka   28 août 2015
Charles-Marie Leconte de Lisle
UN COUCHER DE SOLEIL



Sur la côte d’un beau pays,

Par delà les flots Pacifiques,

Deux hauts palmiers épanouis

Bercent leurs palmes magnifiques.



À leur ombre, tel qu’un Nabab

Qui, vers midi, rêve et repose,

Dort un grand tigre du Pendj-Ab,

Allongé sur le sable rose ;



Et, le long des fûts lumineux,

Comme au paradis des genèses,

Deux serpents enroulent leurs noeuds

Dans une spirale de braises.



Auprès, un golfe de satin,

Où le feuillage se reflète,

Baigne un vieux palais byzantin

De brique rouge et violette.



Puis, des cygnes noirs, par milliers,

L’aile ouverte au vent qui s’y joue,

Ourlent, au bas des escaliers,

L’eau diaphane avec leur proue.



L’horizon est immense et pur ;

À peine voit-on, aux cieux calmes,

Descendre et monter dans l’azur

La palpitation des palmes.



Mais voici qu’au couchant vermeil

L’oiseau Rok s’enlève, écarlate :

Dans son bec il tient le soleil,

Et des foudres dans chaque patte.



Sur le poitrail du vieil oiseau,

Qui fume, pétille et s’embrase,

L’astre coule et fait un ruisseau

Couleur d’or, d’ambre et de topaze.



Niagara resplendissant,

Ce fleuve s’écroule aux nuées,

Et rejaillit en y laissant

Des écumes d’éclairs trouées.



Soudain le géant Orion,

Ou quelque sagittaire antique,

Du côté du septentrion

Dresse sa stature athlétique.



Le Chasseur tend son arc de fer

Tout rouge au sortir de la forge,

Et, faisant un pas sur la mer,

Transperce le Rok à la gorge.



D’un coup d’aile l’oiseau sanglant

S’enfonce à travers l’étendue ;

Et le soleil tombe en brûlant,

Et brise sa masse éperdue.



Alors des volutes de feu

Dévorent d’immenses prairies,

S’élancent, et, du zénith bleu,

Pleuvent en flots de pierreries.



Sur la face du ciel mouvant

Gisent de flamboyants décombres ;

Un dernier jet exhale au vent

Des tourbillons de pourpre et d’ombres ;



Et, se dilantant par bonds lourds,

Muette, sinistre, profonde,

La nuit traîne son noirs velours

Sur la solitude du monde.

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Charles-Marie Leconte de Lisle
sagesse66   24 décembre 2018
Charles-Marie Leconte de Lisle
Le Piton des Neiges



La lumière s’éveille à l’orient du monde.



Elle s’épanouit en gerbes, elle inonde,

Dans la limpidité transparente de l’air,

Le givre des hauts pics d’un pétillant éclair.

Au loin, la mer immense et concave se mêle

À l’espace infini d’un bleu léger comme elle,

Où, s’enlaçant l’un l’autre en leurs cours diligents,

Sinueux et pareils à des fleuves d’argent,

Les longs courants du large, aux sources inconnues,

Étincellent et vont se perdre dans les nues ;

Tandis qu’à l’Occident où la brume s’enfuit,

Comme un pleur échappé des yeux d’or de la Nuit,

Une étoile, là-bas, tombe dans l’étendue

Et palpite un moment sur les flots suspendue.

Mais sur le vieux Piton, roi des monts ses vassaux

Hôte du ciel, seigneur géant des grandes Eaux,

Qui dresse, dédaigneux du fardeau des années,

Hors du gouffre natal ses parois décharnées,

Un silence sacré s’épand de l’aube en fleur.

Jamais le Pic glacé n’entend l’oiseau siffleur,

Ni le vent du matin empli d’odeurs divines

Qui rit dans les palmiers et les fraîches ravines,

Ni parmi le corail des antiques récifs,

Le murmure rêveur et lent des flots pensifs,

Ni les vagues échos de la rumeur des hommes.

Il ignore la vie et le peu que nous sommes,

Et calme spectateur de l’éternel réveil,

Drapé de neige rose, il attend le Soleil.



Charles Leconte de Lisle, Derniers Poèmes
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