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Note moyenne 3.6 /5 (sur 85 notes)

Nationalité : Allemagne
Né(e) à : Heinzendorf , le 08/04/1944
Biographie :

Christoph Hein est un dramaturge, romancier, essayiste et traducteur allemand né en 1944 en Silésie, à Heinzendorf près de Münsterberg.

Hein a grandi à Bad Düben, une petite ville au nord de la Saxe, non loin de Leipzig. Son père pasteur n'étant pas considéré par les autorités de RDA comme un travailleur, il n'était pas permis à son fils de fréquenter le lycée. Le jeune Christoph Hein fréquenta donc, avant la construction du mur, un lycée de Berlin-Ouest. Après la construction de celui-ci en 1961, il est donc obligé d'arrêter ses études. Il ne passera son baccalauréat qu'en 1964, à l'aide de cours du soir, et ne pourra étudier à l'université qu'à partir de 1967, tout en occupant divers emplois : monteur, libraire, garçon de café, journaliste, acteur et assistant à la mise en scène à la Volksbühne, le célèbre théâtre alternatif berlinois. Il y occupera par la suite la fonction de conseiller littéraire, avant d'y voir jouées ses propres pièces - il en a écrit une vingtaine à ce jour. Il se consacre exclusivement à l'écriture depuis 1979.

Le succès viendra en 1982 avec son roman L'Ami étranger, publié tout d'abord en RDA puis, sous un autre titre, en RFA. Il ne s'est pas démenti depuis.

Christoph Hein, qui est souvent intervenu en public, est l'un des intellectuels allemands les plus importants de son époque - et l'un des premiers à être originaire de RDA. Il devint en 1998 le premier président du Pen Club allemand réunifié.

Christoph Hein a traduit vers l'allemand des œuvres de Racine et de Molière.
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Source : Wikipédia
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Video et interviews (3) Voir plusAjouter une vidéo

Christoph Hein : La fin de Horn
Olivier BARROT est à Evian et évoque le livre de Christophe HEIN "La fin de Horn". Il résume l'intrigue du livre et le style.
Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
viou1108   22 janvier 2019
L’ombre d’un père de Christoph Hein
[En Allemagne de l'Est, 1961]

Nous apprenons le français et l'anglais, mais n'avons pas le droit de nous rendre dans ces pays. Et maintenant, depuis la construction du mur, c'est sans espoir. N'est-ce pas insensé d'apprendre des langues étrangères quand on est enfermé derrière un mur? C'est pareil que si on lisait un livre de cuisine sur une île déserte. C'est fou, tout simplement fou!
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Jeanfrancoislemoine   06 janvier 2020
L’ombre d’un père de Christoph Hein
" Chez nous , on dit qu'on ne dort plus dans le lit conjugal , quand l'autre est parti ."( p 342)
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nadejda   06 octobre 2013
Paula T. une femme allemande de Christoph Hein
Ce n'est que maintenant, des années après mon départ de la maison paternelle que je commençais à haïr mon père. J'avais constamment été dépendante de lui, il avait réussi à m'angoisser, je craignais sans cesse de ne pas être à la mesure de ses espérances, de ne pas réussir. Je me mis à le haïr car je compris qu'il m'avait volé mon enfance. Pour lui, nous étions, ma soeur, mon frère et moi, de jeunes chiots qu'il fallait dresser pour leur apprendre à se comporter convenablement. P 259
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Drych   01 avril 2013
Willenbrock de Christoph Hein
Il se souvint alors que, des décennies plus tôt, il avait refusé de servir dans l'armée, il avait fait son service civil pour ne jamais avoir à prendre une arme en main. Et voilà que maintenant, de façon tout à fait inopinée, il possédait un revolver, une arme mortelle, terriblement dangereuse et meurtrière, dont la seule possession le faisait tomber sous le coup de la loi. Il était troublé, accablé.
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Woland   31 mai 2012
La Fin de Horn de Christoph Hein
[...] ... En mai 1943, on vint chercher la fille [des Gohl]. [Ils] avaient longtemps réussi à soustraire leur fille à l'Etat, qui plaçait les malades dans des foyers spécialisés, de façon, comme on disait officiellement, à ne pas compromettre la bonne santé du peuple. Plusieurs années durant, les Gohl avaient réussi à cacher leur fille dans leur maison jusqu'à ce qu'à la suite d'une dénonciation écrite, la municipalité ne puisse plus faire autrement que signaler l'existence de cette petite malade au Gauleiter. On était venu la chercher en mai, et on leur rapporta en septembre l'avis de décès et l'urne avec ses cendres. D'après le certificat de décès, elle était morte d'une pneumonie. M. Gohl fit déposer l'urne dans le cimetière de la forêt et dresser une petite pierre blanche, sans nom ni date. Sur la pierre, une simple croix dorée.



Depuis qu'on leur avait pris leur fille de force, les Gohl ne quittaient plus guère leur maison. On le voyait parfois, lui, aller faire les courses : à l'époque, il achetait encore tout chez Grosser, en haut, près de l'ancienne foire aux bestiaux. Il lui arrivait aussi de se rendre aux thermes, avec un gros paquet sous le bras, et d'exposer ses peintures dans le foyer puis, assis à côté, d'attendre patiemment les acheteurs. Parfois des gens de la ville lui adressaient la parole pour le consoler, mais jamais il ne leur répondait. Il se contentait de les regarder sans rien dire, les yeux remplis de larmes.



A la fin de l'année, quelques mois après l'inhumation des cendres, une effroyable rumeur se répandit pour la première fois dans Guldenberg. Pendant quelques jours, toute la ville en parla discrètement, presque sans le dire. Et tout aussi soudainement qu'elle était venue, la rumeur disparut. Personne n'était peut-être vraiment au courant, mais peut-être aussi que cette rumeur était tellement horrible que l'on préféra ne pas lui prêter attention. Je crois que dans notre ville l'on n'y pensait même plus.



Mais au printemps suivant, il se confirma que la terrible rumeur était vraie. Des promeneurs avaient vu la fille de Gohl, qui entretemps était devenue une grande jeune fille, jouer dans le jardin. Manifestement, l'année précédente, c'était la mère que l'on avait emmenée au lieu de la fille. Mme Gohl avait dû réussir à tromper les autorités et, sous le nom de sa fille, à se faire emmener dans l'un de ces établissements où l'Etat internait les gens qu'il avait condamnés à mort pour cause d'"existence inutile."



Marlene, la fille de Gohl, vivait. Dans l'urne déposée dans la forêt, il y avait les cendres de Gudrun Gohl, la mère de la jeune simple d'esprit. ... [...]
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Woland   31 mai 2012
La Fin de Horn de Christoph Hein
[...] ... - "Docteur, je n'arrive pas à dormir. Quel est le rapport avec mes parents ? Vous me prenez pour un fou ?



- Sur le plan médical, je ne peux pas l'exclure a priori, monsieur le maire.



- Ne m'énervez pas. Je peux être désagréable.



- Je ne cherche pas à vous énerver, monsieur le maire. Vous venez à ma consultation sans rendez-vous. Je mène mon examen comme bon me semble.



- D'accord, mais alors pourquoi avez-vous besoin de savoir quelles maladies ont eues mes parents et toute ma famille ? Docteur, puis-je vous poser une question ?



- Je vous en prie.



- Que faisait votre père ? Ce n'était sûrement pas un ouvrier.



- Il était patron. Je crois que vous diriez que c'était un capitaliste.



- C'est à peu de choses près ce que je pensais. C'est votre maladie héréditaire, docteur. Mais nous ne sommes pas rancuniers. On ne peut pas choisir ses parents.



- Exactement.



- C'était donc un capitaliste. Il avait une usine ?



- Est-ce que les établissements thermaux Böger vous disent quelque chose ?



- Non.



- Ce Böger, c'était mon père. C'est lui qui a fait construire notre station thermale.



- Un capitaliste philanthrope, n'est-ce pas ?



- Je ne dirais pas cela, monsieur le maire. Ce n'était pas un philanthrope. Pour lui, c'était une bonne affaire. Une très bonne affaire.



- Jusqu'à ce qu'on le dépossède.



- Il n'a pas connu cet épisode. Il est mort deux ans avant la défaite.



- De quelle défaite parlez-vous ? Vous voulez dire la libération ?



- Vous avez raison, monsieur le maire. Après tout, une défaite, c'est toujours un peu une libération." ... [...]
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Taraxacum   23 avril 2019
Le noyau blanc de Christoph Hein
Quelque chose avait changé. Il avait changé. Son ambition avait disparu, elle l’avait lâché, s’était doucement, imperceptiblement, éloignée de lui. Il se surprenait, pendant qu’il préparait ses séminaires, à feuilleter rapidement les textes, à parcourir avec lassitude la littérature critique, à prendre des notes avec ennui, à n’être plus intéressé par le sujet, et à se contenter de noter quelques points de repères pour être suffisamment armé pour le séminaire. Suivait-il maintenant ses étudiants dans leur manque d’intérêt généralisé, dans leur apathie ? S’était-il laissé contaminer par eux, par leur époustouflante absence de participation à l’ensemble de ses cours et à leurs études en général ? Ou était-ce ainsi que commençait la vieillesse, sa vieillesse ? Une gestion absurde de ses propres forces, une attention à soi ? Il ne lui manquait plus que de prendre l’habitude de faire la sieste, de se retirer, comme Rotheimer, dans son bureau après le déjeuner, de signaler à sa secrétaire qu’il ne serait pas joignable pendant une demi-heure et de piquer un roupillon.
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Aifelle   11 mai 2019
L’ombre d’un père de Christoph Hein
Je voyais pour la toute premIère fois sa photo. Ma mère prétendait que tous les documents familiaux avaient été perdus à la fin de la guerre, parce qu'elle avait dû quitter de façon précipitée la grande demeure sur la place du marché, et qu'elle ne possédait plus rien de mon père. Je fixai la photo. Je m'imaginais à quel point ma vie changerait si j'avais un père bien réel, un père qui serait chez nous, avec qui je pourrais parler, comment ça se passerait si je n'étais pas condamné à grandir seulement avec une mère. Un père peut faire tant de choses qui ne conviennent pas à une femme. Un père me manquait. Mais ensuite, je vis le criminel de guerre qu'on avait condamné à mort et exécuté. L'homme souriant de la photo devint un monstre, un ennemi de l'humanité, quelqu'un qui torture et assassine des innocents. Que ferait ce genre d'homme, de père, avec moi ?
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Woland   31 mai 2012
L'ami étranger de Christoph Hein
[...] ... Le matin même de l'enterrement, j'étais encore indécise, me demandant si je devais y aller. Et ne sachant pas quelle serait à midi ma décision, je sortis de l'armoire mon manteau de demi-saison. C'était un manteau bleu foncé à col de lapin qui pouvait passer pour un manteau noir. Ce n'était certainement pas un vêtement à mettre un jour d'été, mais je n'avais aucune envie de me promener toute la journée en tailleur sombre. Et si je devais me décider à aller au cimetière, il me semblait qu'il ne serait pas convenable de m'y montrer en costume clair. Mon manteau était un compromis. Dans le cas où je me déciderais vraiment à y aller. Je le pris sur le bras, puis fermai la porte de mon appartement à clef.



Je dus attendre devant l'ascenseur. L'officier qui habitait chez madame Rupprecht était déjà là, entre les deux portes de la cage d'ascenseur. Il n'arrêtait pas d'appuyer sur les deux boutons. Il avait lui aussi le manteau plié sur le bras, une sorte d'imperméable militaire. Peut-être n'était-il pas militaire, mais policier. Je suis incapable de faire une différence entre les uniformes. Sous son manteau pointait une serviette, un attaché-case. Lorsqu'il m'avait vue, il avait fait un léger signe de tête, puis, sans un mot, il s'était à nouveau tourné vers les boutons de l'ascenseur. Avec la pointe de la botte, il battait le rythme, nerveusement.



J'entendis quelque part, venant du fond de la cage, la vibration d'un câble d'acier, la promesse d'une modification désirée, une espérance qui rend patient. Puis la lumière apparut derrière la petite fenêtre vitrée. L'officier tira la porte et entra dans l'ascenseur. Il y avait déjà plusieurs personnes. Mon manteau sur le bras m'encombrait. Suivant l'officier, je me frayai un passage. Les visages immobiles se firent plus hostiles. Un voyage silencieux dans les profondeurs. L'ascenseur s'arrêta deux fois, mais personne n'en sortit et personne n'y entra. Sans dire un seul mot, je fixais ces regards si proches qui me dévisageaient aussi directement et silencieusement que moi. Une manière de faire connaissance avec l'autre par le biais de tous les sens : imposée et qui vous agresse l'odorat. ... [...]
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vdum   24 octobre 2010
Paula T. une femme allemande de Christoph Hein
J'ai promis de vivre avec toi, mais je n'ai pas dit que j'abandonnerai tout pour toi, que je sacrifierais ma vie pour la tienne. Je voulais vivre avec toi, mais je ne suis pas prete à mourir pour toi. Tu n'es pas assez mignon pour ça mon ami. Et ton enfant, n'y pense plus, je ne t'en donnerai pas, en tout cas pas de cette façon; pas à ta façon. Je veux avoir un enfant un jour, ou deux, ou trois, mais seulement quand cela me conviendra, et quand ce sera le moment je te le dirai. a toi ou au type avec qui je vivrai, car il se peut que ce ne soit plus toi, en tout cas tu as tout fait pour que ce ne soit pas la mort qui mette un terme à notre union, je vais la décharger de cette faute.
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