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Critiques de Christophe Siébert (52)
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Feminicid
  12 octobre 2021
Feminicid de Christophe Siébert
Ce que j’ai ressenti:



« Comment en est-on arrivé là? »



Comment en est-on arrivé là, à cette indifférence du monde, devant tant de meurtres de femmes? Comment en est-on arrivé à cette vague de Feminicid? Comment expliquer un tel phénomène?



Un homme, Timur Maximovitch Domachev décide de mener une grande investigation, en vue certainement, d’un futur roman pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette série de meurtres atroces à l’encontre des femmes. Parce qu’à un moment, (on l’espère) certains devront répondre de leurs actes, devront rendre des comptes, pour qu’il y est réparation(s). En tout cas, c’est cette noble cause que ce journaliste défendra jusqu’à son dernier souffle. Reste donc, entre nos mains en plus de la question étrange de son « suicide », les pages de son manuscrit incomplet mais déjà fortement subversif, fait de multiples documents, annexes, témoignages, bilans chiffrés qui retrace la complexité d’un phénomène de tueries sans précédents…



Déjà, il faut comprendre que ces horreurs sont commises dans une ville rongée par le Mal. En parcourant Mertvecgorod, on est saisi par tout un engrenage de jeux politiques, de fièvre bestiale, de pauvreté chronique, d’hommes imbus de pouvoirs, de mélange de légendes urbaines et d’actes atroces commis en toute impunité, de corruptions et de misères. C’est aussi tout un réseau d’économies souterraines, de trafics en tout genre, de violences et d’horreurs. Mertvecgorod, c’est une ville pourrie de l’intérieur qui se nourrit, avec férocité, de folklore et d’obscurantisme, de sang et de chair fraîche. Autant vous dire que se promener dans ses rues, c’est se confronter à ce qu’il y a de pire en l’Homme…Et à chaque fois, presque inévitablement, c’est les femmes qui en pâtissent…



Malgré la noirceur et la décadence qui se dégage de ces pages, j’ai aimé l’audace et l’originalité de cette lecture. En effet, c’est une enquête journalistique truffée de textes de différentes natures, mais qui relève d’une véritable envie de justice pour ces femmes. Et puis, l’auteur laisse au lecteur, le choix de faire ses propres conclusions sur la portée de ce manuscrit inachevé. Je regrette de n’avoir pas lu le premier tome, Images de la fin du monde, pour saisir encore mieux de l’ambiance de cette ville soviétique imaginaire et corrompue, mais déjà cette chronique, particulière, accès sur les ravages du Feminicid à Mertvecgorod est fort intéressante. Parce qu’il joue entre passé et anticipation, l’auteur nous entraîne dans une dynamique de réflexions sur les dérives du pouvoir de l’État, sur les dangers du capitalisme, sur les théories du complotisme, sur les courants dévastateurs de la violence, tout en agrémentant des profondeurs de la terre, toutes les croyances surnaturelles qui font revenir la bête en chaque homme…



Et comme on le sait, la réalité dépasse toujours la fiction, j’ai été touchée de voir que ce livre est dédié aux victimes du féminicide de Ciudad Juarez. Comme un hommage et une dénonciation de ce phénomène de société inadmissible, l’auteur sensibilise, avec panache et une imagination débordante, sur un sujet d’actualité brûlant…



Et pour contrer cela, on espère que ce fameux virus imaginé de Christophe Siébert, ce « virus » de la bonté, de l’empathie, de la piété contamine le monde entier. Que la « blagocestie » soit contagieuse et partagée par le plus grand nombre!



« En vérité je vous le dis, contaminez-vous les uns les autres. »



Remerciements:



Je tiens à remercier Babelio ainsi que les éditions Au diable Vauvert pour leur confiance et l’envoi de ce livre.
Lien : https://fairystelphique.word..
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Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images..
  05 octobre 2021
Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images de la fin du monde de Christophe Siébert
Sans nier le grand talent de l'auteur, sans contester l'ambition du sujet, sans non plus être d'une pudibonderie surannée, il faut tout de même souligner que certaines scènes " peuvent choquer les âmes sensibles". Et bien que ne me comptant pas dans celles ci, je dois dire que j'ai trouvé certains passages assez pénibles. On comprend bien l'objet et le but de l'auteur, mais quand même.... Personnellement, j'ai toujours eu plus de goût pour l'allusif que pour l'expressionnisme.
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Feminicid
  04 octobre 2021
Feminicid de Christophe Siébert
Ce livre est un vrai coup de poing! Alors certes, il faut réussir à entrer dans cet univers très sombre, voire pourri jusqu'à la moelle mais ma foi, quel uppercut!

Timur Maximovitch Domachev est retrouvé mort, une balle dans la tête, en pleine enquête sur des féminicides horribles qui durent depuis des décennies. Il voulait comprendre et nous a laissé son journal de bord, transmis à ses éditeurs d'une façon mystérieuse suite à sa mort justement.

C'est le 2ème ouvrage sur la République Indépendante de Mertvecgorod (RIM), je n'ai pas lu le premier (et ne pense pas le faire car au final, pas mon univers) mais on peut très facilement suivre cette enquête sur des meurtres atroces et gratuits, impliquant toute l'oligarchie du pays et un réseau pire que tout, sans humanité, sans pitié, sans regrets ni remords!

C'est violent, gore, plus que sanglant et amoral. J'ai lu jusqu'au bout parce que je voulais malgré tout savoir finalement mais ce fut une lecture difficile car beaucoup de passages sont très très durs...

Cependant, il faut quand même lui rendre hommage car au travers de toute cette violence, on retrouve les travers de notre société et des faits qui ont vraiment existé en filigrane...

Donc, pour les adeptes, allez-y sans problème, vous serez comblés je pense et pour les autres, soyez avertis...
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Feminicid
  30 septembre 2021
Feminicid de Christophe Siébert
Pourquoi se leurrer ! La vie et les livres tels que celui-là relatant les éléments angoissants de la vie, générant davantage L'angoisse

La vie à double tranchant qui est racontée dans l'un de ses visages inquiétants

L'on y plonge dans cet univers à essayer de décrypter avec attention, emporté dans l'aventure de se laisser conduire par l'auteur dont le roman aurait pour propos de faire admettre certaines facettes de réalités rebutantes, mais passionnantes

A lire avec toutefois quelques réserves.une histoire en un roman comme un" coup de poing" qui vous atteint de plein fouet
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Feminicid
  18 septembre 2021
Feminicid de Christophe Siébert
Le journaliste Timur Maximovitch Domachev a enquêté sur les féminicides qui sont fait des centaines de victimes à Mertvecgorod depuis le début du XXIe siècle. Pour cela, il a plongé dans les bas-fond de cette ville déjà elle-même bas-fond irrespirable et hautement dangereuse. Rencontré dans Images de la fin du monde, ce journaliste est mort, assassiné d’une balle dans la tête, avant de finaliser son enquête. Feminicid est la traduction du récit de ses recherches et de ses notes. Avec, à la clef, un nombre incroyable de révélations...



Timur Domachev, vous vous rappelez, c’est ce journaliste minable qui travaillait dans « un hebdomadaire spécialisé dans les faits divers crapoteux et sordides » découvert dans « La danse de mort », une des histoires du formidable et déstabilisant Images de la fin du monde. Toujours sous le choc de ce qu’il a vécu avec ces jeunes gens, spectateur semi-consentant de l’horreur, il a changé de vie et veut comprendre pourquoi tant de cadavres de femmes ont été répartis à travers la ville, plus ou moins mutilés, depuis le 8 septembre 2001. Et ce, au moins jusqu’en 2028, année du meurtre de Timur Domachev. Et le décompte macabre est affolant : 2388 disparitions. Au minimum ! Le journaliste enquête donc, malgré le danger. Car, il s’en aperçoit vite, les témoins ne font pas de vieux os. Et les personnes impliquées semblent très, très haut placées.



Ce livre est présenté du début à la fin comme l’œuvre originale de Timur Domachev, traduite du russe par Ernest Thomas. Le nom de Christophe Siébert n’apparaît que sur la couverture, la tranche et la page de garde. On est à nouveau dans une immersion totale. Mertvecgorod vit, dans l’esprit et dans les notes de son auteur (on peut en voir des éléments sur le site internet qu’il lui a dédié : https://mertvecgorod.home.blog/). Et c’est donc avec un parfait naturel qu’il se met dans la peau du journaliste au parcours minable pour nous proposer un récit aussi envoûtant qu’Images de la fin du monde, bien que différent, car plus suivi, moins « décousu ». Dans la première chronique de Mertvecgorod, on faisait connaissance avec la ville, son climat, son ambiance, ses principaux protagonistes et son histoire. Il fallait bien toutes ces pages pour s’imprégner de cet univers. Il fallait bien toutes ces histoires, racontées comme des perles, enfin des perles enduites de produits chimiques hautement toxiques et qu’on vous enfourne dans le bide après vous l’avoir ouvert à grands coups de dents.

Feminicid, donc, est plus suivi dans sa narration : on est dans la tête de Domachev au fur et à mesure que son enquête progresse, qu’il recueille des faits (Christophe Siébert, comme dans son premier opus, aligne des chiffres, des dates, en forme de listes, ce qui est totalement justifié, puisque l’on est dans un carnet de notes). Les déductions et les réflexions s’enchaînent progressivement, avec quelques retours en arrière et beaucoup de questions. D’ailleurs, à la fin, nous n’aurons pas toutes les réponses. Mais à quoi bon ? Le tableau dressé est suffisamment démoralisant et, en même temps, fascinant.



Car Christophe Siébert, plus encore que dans Images de la fin du monde, sait surprendre son lecteur. Le récit commence donc comme un récit d’enquête, un témoignage de première main sur quelqu’un qui a essayé d’élucider le mystère de la mort de milliers de femmes, sur leurs derniers instants sans doute douloureux et violents, vu l’état des cadavres : corps mutilés de diverses façons, traces de coups et de viols. Et tout le monde qui semble s’en moquer. Mais quoi d’étonnant à Mertvecgorod !

Cette enquête amène l’auteur à se pencher sur des personnages importants de cette ex-république soviétique. Eux aussi, nous les avons croisés dans Images de la fin du monde. Déjà, ils m’avaient impressionné. En mal, tant ils semblaient uniquement guidés par leurs propres désirs, sans aucune pensée pour ceux qui leur permettaient de les assouvir, considérant les autres habitants comme du bétail, de la chair à canon, de la chair à désir, des objets façonnables à merci, jetables ensuite, après usage. Et ce n’est pas la lecture de Feminicid qui a amélioré leur image. Des saloperies sans nom, voilà ce qu’ils sont. Mais avec une épaisseur que leur donne Christophe Siébert. Malgré leurs crimes abjects, ils ne sont pas des caricatures d’ordures rencontrées ici ou là. Ils prennent corps et esprit, avec leurs fantasmes et leurs craintes, leurs pulsions et leurs rêves.

Et ils sont le lien avec la dernière partie du livre. En particulier l’artiste Yvan Bura, dont on ignore s’il est toujours en vie après avoir simulé sa mort ou si cette dernière est réelle. Yvan Bura et son parcours chaotique mais impressionnant. Yvan Bura, artiste total, qui ne se contente pas d’un seul support : films, livres, objets créés avec les mêmes centres d’intérêts, mystérieux, mystiques, compréhensibles de ses seuls affidés. Et encore. Yvan Bura, qui est peut-être en lien avec quelque chose de plus grand.

Car, comme je le disais au-dessus, l’auteur mélange les genres. On passe peu à peu du roman noir bien crade au mystique assumé. Entrevu dans la première chronique de Mertvecgorod, entre autres avec la cérémonie présidée par le fantasque Nikolaï le Svatoj. La faille créée par l’attentat réussi (l’explosion a bien eu lieu), mais raté (les répercussions ont été bien plus grandes que prévu et toute une partie de la ville a disparu sous la surface, mettant à jour d’étranges lieux et provoquant d’étranges phénomènes) a-t-elle permis une connexion avec d’autres créatures ? D’ailleurs, un certain monstre à tentacules pointe son museau immonde. Et ce glissement d’un genre à l’autre passe comme une lettre à la poste. Je me suis laissé embarquer du début à la fin.



Malgré ma légère appréhension après le choc ressenti à la lecture d’Images de la fin du monde (la seconde chronique serait-elle à la hauteur ?), Feminicid ne m’a pas déçu, au contraire. Ce récit, au titre bien actuel hélas, prolonge le plaisir et le malaise ressentis à la lecture du premier ouvrage. Il m’a même semblé plus abouti par certains côtés. Et cela laisse présager encore du bon avec les suites annoncées (Écrits de prison, rédigés par le jeune Camille, qui a gravité autour de Nikolaï le Svatoj sont annoncés dans une note du livre, comme sur le site de Mertvecgorod) qui arriveront vite, j’espère, car Mertvecgorod est comme une drogue dont il est difficile de se passer très longtemps.
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Feminicid
  11 septembre 2021
Feminicid de Christophe Siébert
D'abord, et c'est rare que j'en parle : c'est un plaisir de contempler le beau bleu de la couverture, presque de l'art brut. Mais il faut bien ouvrir le livre.



Je pense qu’il est compliqué de se jeter dans le roman sans avoir lu le premier tome tant il y a des termes auquel l’auteur nous a habitué et de clins d’œil.



Christophe Siebert propose ici une uchronie plutôt qu’une dystopie, puisque certains éléments déclencheurs de tous ces drames ont débuté hier, et il y a même dix ans, il créé donc - et c'est ce qui m'avait particulièrement séduit dans le premier tome - tout un univers très solide.

Il exploite le mélange des croyances, anciennes ou nouvelles, existantes, propres à des civilisations enfouies ou slaves, mais aussi des élucubrations fantastiques et meurtrières. J’aime beaucoup que ce monde ait des légendes propres, un passé, une histoire solide, on y croirait, ainsi qu'au détail de ses vestiges et de l'histoire de son archéologie.

Autre mélange qui marche beaucoup sur moi quand c'est bien fait : le mélange entre science-fiction et magie. Loin de robots tueurs, d'extraterrestres et de baguette magique, Christophe Siebert exploite nos technologies comme les drones, l'informatique, le numérique, le hacking... Sans oublier une certaine nostalgie pour le vieux cinéma, qui par exemple se prête si bien aux snuff movies qu'on retrouve dans ce tome-là également. La magie est plutôt de l'énergie, Siebert s'est renseigné et utilise intelligemment les concepts de magnétisme, de rêves éveillés, de sorties de corps... Bref, encore une fois, le foisonnement, la science du détail de l'univers de Mertvecgorod fonctionne sur moi.



Peu habituel de l'auteur, le livre s'ouvre sur un appel à l'humanité, il enjoint à se soucier de son prochain. Ce mystère prend forme entre les pages, mais il tarde de voir s'il déborde su la suite des chroniques.

Aussi, le ton est différent du premier tome qui regroupait le point de vue de nombreux personnages, ici nous avons à faire au manuscrit d'un journaliste. Mort dans d'étranges circonstances, critiquant ouvertement le système, s'étant pris d'affection, faisant preuve d'humanité, touché par le sort de ces filles qu'on retrouvait terriblement assassinées. Le roman a son titre : Feminicid.



Ainsi, on est jeté dans un récit en poupées russes, on est plongé dans l'enquête comme si ce n'était pas un roman. L'immersion est folle, vraiment super réussie, prenante, un numéro d'équilibriste littéraire et stylistique qui met le lecteur à la place de l'enquêteur, le livre se compose de (liste non-exhaustive) : comptes rendus, entretiens réalistes et très vivants, billets d'humeurs écrits à l’arrache, extraits d’articles, chronologies, roman dans le roman... Autant de format qui embarquent le lecteur sur la piste de ces mystérieux féminicids.

L'immersion persiste même dans les interstices du livre, jusqu’en "note du traducteur."



Ainsi, le premier tome nous avait laissé avec plein d’interrogations où des destins tragiques s’allongent sur les pages glacées, retraçant la vie des basfonds. Le second s'attaque à la création du monde, le big bang terrible, entre thriller et fantastique.
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Feminicid
  07 septembre 2021
Feminicid de Christophe Siébert
Feminicid est le nouvel opus de Christophe Siebert dans l'univers soviet cyberpunk des Chroniques de Mertvecgorod. Autonome, il présente le dossier d'enquête d'un journaliste retrouvé assassiné sur des dizaines de disparitions et meurtres de femmes dans la mégalopole glauque et sauvage de Mertvecgorod. Une nouvelle galerie de portraits décoiffants, de scènes anthologiques pour une ambiance unique !
Lien : https://www.scifi-universe.c..
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Métaphysique de la viande - Nuit noire & para..
  05 septembre 2021
Métaphysique de la viande - Nuit noire & paranoïa de Christophe Siébert
Ce livre regroupe deux courts romans parus précédemment : Nuit Noire et Paranoïa, deux textes noirs, et même très très noirs, dans des registres pourtant forts différents.

Quand Nuit Noire est un parfait livre d'horreur relatant l'entièreté de l'existence d'un tueur en série, en détaillant sans aucune retenue toute l'étendue de ses monstrueux fantasmes et de ses passages à l'acte, Paranoïa est quand à lui à la frontière entre le polar, le fantastique voir le mythologique, avec cependant une (très) bonne dose d'horreur également, et nous conte une histoire désordonnée et précipitée, assez impossible à résumer, entre meurtres et complotisme sur fond de fin du monde.



Commencer par Nuit Noire est une furieuse expérience. C'est un court roman cru, violent à l'extrême. On peut même sans exagérer employer des mots comme épouvantable, exécrable ou repoussant tant il évacue l'idée même d'un quelconque tabou. Cela constitue donc le parfait écrin pour que l'écriture très sensitive (et même organique) de Siébert s'épanouisse dans les détails les plus sordides, donnant corps (touchers, odeurs...) à cette litanie de scènes abjectes.

Cependant, le summum arrivant assez rapidement dans l'histoire, on se sent très vite anesthésié quant au niveau de dégueulasserie auquel on est confronté.

C'est plutôt au milieu de l'ouvrage que l'on finit par être rattrapé, voire frappé, par l'étrange rythme qui se dégage de l'ensemble. Au-delà des pensées déviantes du tueur, ses mots et ses actions, répétés jusqu'à l’écœurement, finissent par tisser une sorte de poésie sordide, dans laquelle ma raison et mon envie de compréhension se sont effacées face à une étrange, une inqualifiable esthétique.



En comparaison, Paranoïa est beaucoup plus délirant, et si les scènes infernales y sont également légion, l'aspect bien plus hallucinatoire de l'histoire désamorce une partie des sentiments qu'elles inspirent, et c'est surtout l'ambiance très malsaine et poisseuse qui finit par prédominer.



Si le premier m'a plus emballé que le second, j'ai retrouvé dans les deux la volonté de cet auteur de plonger bien au fond des plus sombres aspects de ses personnages, de livrer au lecteur leur folie autant que leur médiocrité, sans compromis ou compassion. J'y ai retrouvé également sa formidable écriture aussi précise qu'invocatrice, qui, à mon avis, s'épanouira plus encore dans Images de la fin du monde...

Une lecture éprouvante donc, qui met les sens et la raison à rude épreuve, qui fait vriller (un peu) et qui répugne (beaucoup) mais pour le fond de son propos bien plus que pour son horreur frontale.
Lien : https://unspicilege.org/inde..
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Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images..
  30 août 2021
Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images de la fin du monde de Christophe Siébert
Images de la fin du Monde pourrait porter le très joli et doux nom de « roman chorale » c’est à dire plusieurs points de vues se succèdent pour parler de la même histoire.

Ici, c’est l’histoire de Mertvecgorod qu’on découvre. Une ville poubelle imaginaire de l’ancienne URSS qui est une ville et à la fois le pays dont elle est capitale et unique ville, avec plus de 2 000 habitants au mètre carré, cette dernière se déploie dans le ciel. Au-dessus des trottoirs principalement composés de détritus.



Qu’est ce qu’on découvre dans cette uchronie ? En effet, nous sommes plus sur de l’uchronie que de la dystopie car les points de vues, comme des journaux intimes ou des lettres de suicides, se mélangent, nous baladant de 2025 à 2018 en passant par 2022 ou bien par notre propre année. Ainsi, nous parlons de trafique d’organes, de snuff-movies (un vrai Serbian Film ce bouquin !), de secte, de pauvreté, de pollution, de surveillance à outrance, de prostitution. Bref, on est bien contents de ne pas vivre à Mertvecgorod.



Le livre tourne autour d’un attentat qui a lieu dans les premières pages. Après ce premier témoignage journalistique, tourne justement, toutes les autres histoires comme autant de genèses au désastre. Pour retracer, ou semer des pistes, qui permettraient de comprendre ce monde étrange et qui ressemble pourtant au nôtre et qui a amené à cet attentat. C’est donc un livre trash, gore, avec des gens qui survivent plus qu’ils ne vivent, une décharge vivante de l’Europe, où tous les maux semblent macérer. Ainsi, les drames qui se multiplient sans cesse, amènent fatalement à la terrible situation qui ouvre le roman, mais, puisqu’il s’agit ici d’un tome 1, les mystères ne sont pas tous révélés, au contraire, on est plutôt sur un plantage de décor, pour notre plus grande frustration.



Particulièrement intéressant, l’auteur se nourri de diverses spiritualités, religions, croyances de l’Est et de l’Orient pour créer le mysticisme de son roman. Ce dernier mêle, exactement comme j’aime, la spiritualité presque chamanique, ancestrale, avec la science-fiction, la robotisation, la réalité virtuelle.

Il réussi à mélanger tout ça à l’ambiance sale et glauque pour créer un univers bien à lui. C’est à dire qu’on découvre une réelle genèse avec une patte particulière qui donne envie de découvrir le fin mots de toutes ces ficelles politiques et sociales. On s’intrigue sur ce pays, cette ville-pays, renfermée sur elle-même et décrite avec beaucoup de brio en passant d’un témoignage à un autre.



Trash, science-fictif, totalement halluciné, ce premier tome donne fiévreusement envie de découvrir la suite !
Lien : https://barauxlettres.wordpr..
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Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images..
  26 août 2021
Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images de la fin du monde de Christophe Siébert
Mertvecgorod. Ne cherchez pas ce pays sur votre atlas. Il n’existe pas. Pourtant Christophe Siébert fait vivre pour nous cette pseudo-république, tout droit venue de l’ère soviétique, avec son lot de corruption, d’oligarques, de désespoir, de pollution, de violence et de magie. Un monde dur et froid, mais dont on ne peut se détacher.



Images de la fin du monde se présente sous la forme de plusieurs textes de tailles variées, des nouvelles mais aussi des articles de journaux, des portraits (des chroniques, dit le sous-titre). Tous en tout cas sont liés à la ville de Mertvecgorod. Mais elle n’est pas le seul point commun : on retrouve des personnages d’un texte à l’autre, parfois juste furtivement, au détour d’une phrase ; on explore des lieux par étapes ; on découvre des évènements qui s’éclairent au fur et à mesure de leur narration, une nouvelle éclairant une autre, par petites touches. Ce livre est donc une porte d’entrée nécessaire dans l’univers inventé par Christophe Siébert. Et je dis bien univers inventé, car ce n’est pas la seule incursion que nous pourrons faire dans Mertvecgorod et son ciel huileux de pollution. L’auteur a créé le pays dont elle est la capitale : la République Indépendante de Mertvecgorod (RIM), dont il a imaginé la fiche Wikipédia (qu’on trouve à la fin du livre, mais aussi sur le site de l’auteur, à cette adresse : https://mertvecgorod.home.blog/2019/12/02/fiche-wikipedia-de-la-rim/). Il a aussi dessiné les plans de la ville, disponibles également sur son site, imaginé un glossaire (pas une nouvelle langue, comme Tolkien, mais plusieurs termes qui colorent les récits, leur donnent une couleur locale, de l’est), une liste d’évènements, qui nous seront peut-être racontés dans d’autres opus. D’ailleurs, en parlant de « suite », un autre ouvrage situé dans le même monde va paraitre le 16 septembre : Feminicid. Et plusieurs indices, dans Images de la fin du monde, en préparent la venue. Je devrais mettre en ligne une chronique de cet ouvrage dans peu de temps.



En entrant dans Mertvecgorod, préparez-vous à prendre quelques baffes ! Car Christophe Siébert ne plaisante pas. Il nous convie dans une ville en sursis, dont la naissance en tant que ville en décomposition est un attentat raté. Raté, non parce que la bombe n’a pas explosé. Raté parce qu’elle a fait trop de dégâts et qu’elle a ouvert la porte à quelque chose de mystérieux, d’inconnu, de trop grand. Mais cela semble avoir ouvert des portes. Et à présent (enfin, il faut savoir que les textes que contient ce recueil s’étalent sur une longue période de temps : de 2000 à 2025, environ), tout y est possible. Surtout de souffrir et de perdre espoir.

Car la vie y est d’une dureté exceptionnelle. Si vous habitez dans les quartiers pauvres, proches de la Zone, vos chances de survie sont minimes. Et votre qualité de vie va aller de mauvaise à carrément lamentable. L’air est presque solide tant il est pollué. Les cancers sont monnaie courante à Mertvecgorod. En plus, y fleurissent les groupes armés chargés de fournir à de plus riches des corps : corps encore chauds pour le sexe (et on baise à tire-larigot, de toutes les façons, essentiellement les plus violentes, voire létales) ou pour la figuration ; corps déjà froids pour des dons involontaires d’organes. Mertvecgorod est un gigantesque supermarché pour ceux qui ont de l’argent. Les habitants ont, pour beaucoup, atteint un niveau de fatalisme rarement obtenu. Ils se battent pour survivre, ils tremblent pour leur vie, celle de leurs proches. Mais, en tant que lecteur, on voit poindre ce côté inéluctable de leur destinée que leur comportement finit par montrer : peu des personnages essaient vraiment de se battre. Ils subissent beaucoup, comme si cela était normal, inéluctable. Et c’est sans doute vrai. Le monde est dur, on doit faire ce qu’il faut pour y vivre le mieux possible, quitte à laisser de côté son humanité. D’ailleurs, pour tenir, beaucoup se réfugient dans le rire et la dérision, « ils s’en tirent en ricanant » et vont « rire pour se mettre en règle avec leur conscience ». Refuge ultime devant l’absurdité du monde qui nous entoure, d’une société qui part en déliquescence.

« Le péché est l’expression religieuse du remords » dit un des protagonistes. Le narrateur de lui répondre une citation de Cioran, pas le plus rigolard des philosophes : « Le regret son expression poétique ». On voit bien que tout est possible dans la noirceur. Et il faut avoir le cœur bien accroché pour lire certaines pages. Mais Christophe Siébert a le talent de nous accompagner dans cette horreur et je n’ai jamais songé à refermer le livre avant la fin. Au contraire, j’ai eu du mal à lâcher l’ouvrage avant de l’avoir terminé. Et pourtant, des passages ont pu me choquer, me troubler, me toucher. Que ce soient ceux qui mettent en scène des personnages prêts à tout, avec des violences écœurantes. Ou ceux qui tournent autour du sexe, sous toutes ses formes, même les plus étranges ou, en tout cas, les moins conventionnelles. Et, malheureusement, rarement consenties. Car le plaisir des uns va rarement avec celui des autres, victimes de viols plus ou moins atroces, voire de mutilations ou de meurtres. Des extrêmes dans le plaisir.



Mertvecgorod est la ville de tous les excès, sans fard, avec des préoccupations terre à terre, et d’autres plus mystiques. Des personnages étonnants, auxquels on s’intéresse malgré leur veulerie, leur égoïsme, leur cruauté. Nikolaï le Svatoj, par exemple, chef mystérieux d’un groupe de truands extrêmement puissant, au passé empli de trous et de légendes, à la vie pleine de meurtres et de stupre, qui clame une hygiène du corps exigeante et passe ses nuits dans des boites à multiplier les partenaires des deux sexes dans des soirées où l’alcool et la drogue coulent à flots. Homme à l’origine de l’attentat qui a changé la face de Mertvecgorod. Ou bien Camille, qui finit par fuir le foyer familial tant il en a assez de supporter les disputes entre sa mère et son père, disputes qui finissent souvent par des coups violents (de la mère contre le père). Jeune garçon que l’on retrouvera dans plusieurs textes et que l’on verra grandir. D’autres, victimes ou bourreaux, qui marquent notre esprit de leur présence fugace.



La lecture d’Images de la fin du monde m’a marqué. Moi qui ne cours pas après les récits post-apocalyptiques ou autres textes décrivant la déliquescence de nos sociétés, j’ai été fasciné par ces chroniques qui ont su me plonger instantanément dans une ville hideuse, mais hypnotisante. Grâce au talent de conteur de Christophe Siébert que j’ai découvert à l’occasion. Mais qui m’a donné envie instantanément de replonger dans les profondeurs de Mertvecgorod. Ce que je vais faire rapidement avec Feminicid, toujours hanté que je suis par certains spectres venus de cette ville et qui me poursuivent encore, de façon fugace, depuis que j’ai refermé le livre.
Lien : https://lenocherdeslivres.wo..
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Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images..
  17 août 2021
Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images de la fin du monde de Christophe Siébert
Voilà un livre que j’ai dévoré comme Mertvecgorod dévore ses habitants : avec un appétit insatiable et un goût certain pour la noirceur. Inutile de rappeler ici de quoi parlent ces dizaines de chroniques, puisque c’est précisé en haut de cette fiche, et encore mieux expliqué dans les critiques des lecteurs.



Ce qui m’intéresse, et que j’ai peut-être encore du mal à appréhender, c’est le talent de Christophe Siébert à bâtir une cité qui s’effondre sans cesse - à commencer par ce terrible attentat qui en engloutit une bonne partie au début du livre, un épisode rejoué dans plusieurs chroniques. Plutôt que de proposer un bloc unique, l’auteur nous invite à découvrir Mertvecgorod par paliers ou strates ; une construction qui permet de « novelliser » un roman dans lequel plusieurs narrateurs s’expriment et se croisent (même s’il est vraisemblablement un recueil de textes disparates). Ca se lit donc tout seul.



Et pourtant, l’ouvrage n’en est pas moins dense, bien au contraire. Anticipation, SF et horreur sont convoqués pour décrire un monde qui n’en finit pas de mourir et de faire mourir, remuant des thèmes politiques, sociologiques, technologiques et surtout profondément humains. J’ai même eu l’impression par moment que Christophe Siébert se positionnait plus en observateur qu’en créateur de cette République, avec toujours en miroir un monde contemporain qui a déjà largement de quoi effrayer. En ce sens, et contrairement à ce qui est dit dans certaines critiques ici, Images de la fin du monde n’est pas foncièrement plus glauque ou horrible qu’un bulletin d’informations bien réel daté de 2021.



D’autant que si le ton est direct, il n’est ni malsain ni cruel, et l’espoir est parfois même bien là (voir la dernière chronique et ce jeune couple décidé à partir). Car s’il y a un salut à Mertvecgorod, il se trouve soit dans la transcendance (changement de paradigme personnel pour trouver un sens), soit dans la fuite (se sortir physiquement de ce contexte – mais pour trouver quoi ailleurs ?). De ce point de vue, le choix d’une République d’ex-URSS semble particulièrement approprié, tant cette région est à la fois proche de nous géographiquement, mais apparaît aussi largement mystérieuse et méconnue en Europe occidentale.



Dernier aspect que j’ai particulièrement apprécié dans ce livre : les références, voire même la concordance, à un style musical qui m’est cher : le black metal. Souvent mal compris et mal utilisé par les littérateurs, il trouve dans la mélasse de Mertvecgorod une place naturelle (comme la musique de Noir Boy George du reste, également mentionnée). De fait, les pays de l’ex-URSS ont donné naissance entre les années 1990 et aujourd’hui à des centaines de groupes de ce style, dont certains des plus extrêmes. Images de la fin du monde m’évoque une transcription littéraire de cette musique sombre et sale à souhait, et pourtant pas dénuée d’une forme de pureté et de beauté. Une union des opposés qui correspond à mon sens au propos de ce livre finalement assez baudelairien (en plus d’être dickien et ballardien) : la beauté dans la crasse, la transcendance les pieds dans la merde, le spirituel à l’épreuve du néolibéralisme. Et l’espoir à l’épreuve de la mort.



Le paradoxe comme modus operandi, seule arme pour avaler la pilule du monde moderne ? Bref, c’est à lire, et surtout par les âmes les plus sensibles !

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Feminicid
  10 août 2021
Feminicid de Christophe Siébert
En retrouvant certains personnages et en détaillant des événements qui avaient marqué à la lecture des Chroniques de Mertvecgorod, Feminicid de Christophe Siébert signe un univers de plus en plus cohérent, où chaque nouvelle et chaque terrible histoire se répondent. L’auteur signe avec Feminicid un récit haletant, insoutenable et fascinant. Bravo à lui !
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Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images..
  02 août 2021
Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images de la fin du monde de Christophe Siébert
Les première et dernière nouvelles concluent une fresque perturbante, burlesque et éprouvante pour le genre humain. Images de la fin du monde est à lire pour ceux qui désirent découvrir les parts sombres de l’être humain pour mieux fuir un monde où une telle horreur deviendrait réalité, et pour les curieux d’une dystopie sombre et charnelle.
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Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images..
  15 juillet 2021
Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images de la fin du monde de Christophe Siébert
Les première et dernière nouvelles concluent une fresque perturbante, burlesque et éprouvante pour le genre humain. Images de la fin du monde est à lire pour ceux qui désirent découvrir les parts sombres de l’être humain pour mieux fuir un monde où une telle horreur deviendrait réalité, et pour les curieux d’une dystopie sombre et charnelle.
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Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images..
  03 juillet 2021
Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images de la fin du monde de Christophe Siébert
Christophe Siébert n’en est pas à son coup d’essai. Explorant depuis de nombreuses années les recoins les moins reluisants de l’expérience humaine dans ses romans et nouvelles publiés sur ses blogs, dans des fanzines qu’il a parfois lui-même édité, ou des maisons d’édition confidentielles, il a construit une œuvre dans laquelle on n’entre qu’à ses risques et périls. Noirs, gores, pornographiques, déjantés, on ne respire pas beaucoup dans ses textes, l’âme s’y trouve souvent coincée au milieu d’un paquet de viscères, immergée dans un magma épais et sombre.



Passé, comme il l’écrit lui-même, du statut de clochard de la littérature à celui de prolétaire et enfin de smicard de la littérature, il publie au Diable Vauvert Mertvecgorod, Images de la fin du monde.



Bienvenue à Mertvecgorod, donc. Mégalopole-état soviétique imaginaire et personnage principal du livre. Le lecteur est plongé dans un univers sombre, battu par un vent glacial, un air vicié par une pollution effroyable, une ville où règne pauvreté, violence et corruption, constamment survolée de drones chargés par des entreprises privées de surveiller la population.

Conçu comme une porte d’entrée dans un projet littéraire ambitieux, construit autour de ce lieu qui représente bien plus qu’une toile de fond, ce recueil de courts textes met en scène une galerie de personnages variés – journalistes, adolescents désabusés, oligarques aux mœurs peu réjouissants, chef légendaire d’un mouvement de contestation politique s’apparentant à une véritable secte païenne autant qu’à un groupe terroriste – comme autant de rouages d’un monde en perdition. Mertvecgorod apparaît comme une divinité maléfique, enchaînant les personnages à leur destin tragique.



Le projet de Christophe Siébert dépasse largement le cadre de ce livre, qui constitue le premier tome d’un vaste cycle littéraire. L’univers de Mertvecgorod fait l’objet d’un site web, d’une page Wikipedia, d’une chaîne Youtube et d’autres textes publiées ici ou là. On décèle l’influence de différents registres littéraires, SF dystopique, roman noir, fantastique paranoïaque ou cyber-punk. Mais Christophe Siébert évite soigneusement le piège du pastiche ou de la redite. L’ouverture du livre, magistrale, brosse un portrait par petites touches de Mertvecgorod, servie par un style sobre, doté d’une grande puissance évocatrice et favorisant l’immersion totale du lecteur. Les nouvelles de ce recueil ne sont pas totalement indépendantes, elles forment plutôt un canevas, un ensemble de personnages et de situations connectées par des liens, à commencer évidemment par la ville elle-même, parfois très directs, parfois plus ténus, mais formant un tout cohérent.



Si elle est moins étouffante que dans certains de ses précédents méfaits, la noirceur est ici toujours présente. Peu importe l’énergie déployée par certains des personnages pour y échapper, l’espoir est rarement de mise à Mertvecgorod. Reste à suivre les trajectoires erratiques de ces personnages, naïfs ou désabusés, ceux dont l’énergie noire et maléfique nourrit la ville et ceux écrasés par elle, condamnés dés le départ.



Les Chroniques de la fin du monde constituent une entrée en matière très réussie dans un monde imaginaire qui fascine par son ampleur. L’auteur se donne les moyens de son ambition et le lecteur, après avoir refermé ce livre, attendra avec impatience son prochain billet pour Mertvecgorod.
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Feminicid
  26 juin 2021
Feminicid de Christophe Siébert
En Mars 2020, Christophe Siébert créait la surprise avec le premier volume des Chroniques de Mertvecgorod. Nommé au Grand Prix de l’Imaginaire et acclamé par la critique, le français frappait fort et dur.

Un peu plus d’un an plus tard, il récidive avec Feminicid, deuxième ouvrage autour de Mertvecgorod et de ses atrocités.

Avec un titre aussi évocateur (et provocateur), Siébert offre aux lecteurs une habile expérimentation littéraire qui oublie le fix-up de nouvelles pour du journalisme d’investigation et de la théorie du complot à foison.

Sauf qu’à Mertvecgorod, lorsque les cadavres s’entassent, le complot et l’entreprise macabre ne font aucun doute…



Pour cette deuxième incursion dans la République Indépendante de Mertvecgorod (RIM), Christophe Siébert rassemble tout ce qu’il a déjà écrit sur ce pays imaginaire (et où tous les enfants sont perdus depuis toujours) pour développer l’un des textes contenus dans Images de la fin du monde.

Il porte son dévolu sur Feminicid, article d’un certain journaliste de Mertvecgorod du nom de Timur Domachev dans lequel celui-ci menait l’enquête sur des centaines de meurtres de jeunes femmes retrouvées (ou pas) dans l’un des secteurs de la mégalopole, rajon 14.

Souvent atrocement mutilées, les victimes avaient fini par attirer l’attention de la population mais aussi des autorités qui niaient purement et simplement le côté systémique de cette entreprise meurtrière pour accuser quelques dizaines de coupables trop évidents aux intentions plutôt floues…

C’était aussi l’occasion pour Christophe Siébert d’imaginer une sorte de virus empathique, le blagočestie, qui permettait à certains habitants de Mertvecgorod de communiquer avec les victimes de ce feminicid (entraînant la constitution d’une secte et la tenue de réunions quasi-mystiques après chaque découverte macabre au cœur du rajon 14).

En reprenant ces éléments, le français va imaginer une enquête entière de la part de Timur Domachev autour de ce feminicid et la faire coïncider avec toute la mythologie déjà connue par le lecteur à propos de la sinistre Mertvecgorod.

Nous revoici donc dans la capitale grisâtre où le trafic d’ordures, d’organes et de drogues se porte toujours aussi bien et où la pollution ambiante refile le cancer à une proportion ahurissante de miséreux et de laissés-pour-compte.

L’atmosphère post-soviétique à la Volodine reste la même, le goût pour le gore, la violence, la pauvreté, le sexe et les notes d’humour grinçant également.

Lecteurs d’Images de la fin du monde, vous ne risquez guère le dépaysement (et les autres, vous devriez déjà filer lire ce précédent coup de poing littéraire pour pouvoir profiter au plus vite de Feminicid…parce que Siébert n’a pas décidé de lever le pied).



Feminicid retrouve donc toute l’histoire et les personnalités politiques corrompues d’Images de la fin du monde pour élargir son univers d’une façon tout bonnement stupéfiante. Christophe Siébert prend le prétexte de son enquête pour relier tous les fils (ou presque) de son monde en niveaux de gris afin d’accoucher d’une œuvre encore une fois puissante, subversive, glauque et cruelle.

Mertvecgorod, ancien goulag, décharge de l’ex-URSS puis repaire des oligarques les plus décadents et sanguinaires de toute l’Europe de l’Est.

Mertvecgorod, encore et toujours à la lisière entre un capitalisme mortifère qui détruit toute notion de moralité et cette étrange résilience slave post-soviétique qui fleure bon l’autoritarisme et la milicia.

Découpé en plusieurs parties, Feminicid suit l’enquête minutieuse de Timur Domachev qui va creuser encore plus loin que dans le précédent ouvrage à propos de certains personnages que l’on connaît désormais très bien. Le Clan des 4, le Svatoj, l’amiral Doubinski, les membres de la Danse de la mort…. Christophe Siébert opère une vaste opération de relecture pour relier les différents récits et construire de toute pièce une théorie du complot autour du feminicid…une théorie du complot qui n’en est d’ailleurs pas une.

Derrière le drame, des personnages puissants, des sadiques, des monstres, des fanatiques. L’horreur de Feminicid va crescendo, pioche dans toutes les formes, des plus graphiques aux plus psychologiques et délivre un message sur la considération du monde actuel envers les femmes qui meurent. C’est à dire quasiment aucune. Pas étonnant d’ailleurs de se rendre compte que l’auteur dédie son livre aux victimes d’un vrai féminicide, celui de Ciudad Juarez au Mexique. Si Mertvecgorod et son monde pourri jusqu’à l’os peut sembler fictif au premier abord, la réalité rode toujours derrière les inventions macabres de Christophe Siébert, comme un fauve prêt à bondir, comme une Chasse Sauvage prête à déferler.



Mais là où Feminicid impressionne, c’est par la constante réinvention qu’il nous offre. Christophe Siébert ne se contente pas d’une enquête policière lambda (et cela aurait été bien difficile quand on connaît un peu l’univers).

Ici, le récit du journaliste s’imbrique avec des morceaux de pages Wikipédia fictives, des patchworks de légendes païennes, des témoignages et des aveux, des articles de journaux, des chronologies et des notes, des analyses d’œuvres d’arts et même un roman dans le roman.

L’expérimentation littéraire rappelle parfois certains passages de La Maison des Feuilles sauf que l’on frôle dangereusement le snuff-movie et l’indicible, englué dans l’horreur toujours plus profonde et pénétrante qui suinte de Mertvecgorod. Christophe Siébert n’a toujours aucune limite, et c’est tant mieux puisque l’expérience finale n’en est que plus radicale.

Pour parfaire le tout, l’auteur français plonge à plusieurs reprises dans un fantastique horrifique du plus bel effet qui convoque mythes cthulhiens, rituels sataniques et autres orgies sexuelles transgressant tous les tabous.

Feminicid constate le cœur noir des hommes et se lave dans le sang des coupables comme des innocents, faisant perdre pied à son lecteur au fur et à mesure de la descente, réinventant la figure de Dracula pour mieux lui rendre justice, invoquant des puissances obscures pour asseoir la sinistre histoire de la mégalopole. Tout semble même tourner à la folie à mesure que l’enquête avance, l’espoir n’en finissant pas de crever et l’horreur de submerger la page.

Le goût affirmé et revendiqué pour l’underground et les légendes urbaines donne une saveur très particulière à cette enquête, quelque chose de viscéral, de poisseux qui colle à la peau et à la langue jusqu’à la dernière page.

Si Feminicid veut rendre justice aux corps oubliés et martyrisés des femmes-objets, défigurés par la superstition, la misère et la connerie humaine, c’est aussi pour dénoncer le pouvoir de l’argent qui rend intouchable et permet les choses les plus terrifiantes à l’abri des regards et des lois. Derrière les murs de Mertvecgorod, l’horreur engendre l’horreur et l’injustice semble ne jamais finir, peu importe si les responsables meurent, d’autres prendront toujours leur place.



C’est un nouveau tour de force narratif que nous offre Christophe Siébert avec cette enquête expérimentale qui unifie un univers passionnant et terrifiant pour en faire un symbole de la corruption morale de notre monde moderne. Feminicid accumule les trouvailles narratives et les personnages marquants, voyage dans le temps et dans les bidonvilles de la Zona, terrorise et intrigue encore et encore. Définitivement l’une des œuvres littéraires les plus marquantes de ces dernières années.
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Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images..
  22 juin 2021
Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images de la fin du monde de Christophe Siébert
Coincé entre l’Ukraine, la Russie et la mer d’Azov, la République Indépendante de Mertvecgorod (ou RIM) n’existe pas.

Sauf dans l’esprit torturé et inquiétant d’un auteur et poète français déjà lauréat du prix Sade en 2019 : Christophe Siébert.

Déjà publié Au Diable Vauvert avec Métaphysique de la viande, il nous revient avec Images de la fin du monde, premier volume des Chroniques de Mertvecgorod, ville-fantasme et mégalopole-poubelle où converge les plus vils instinct de l’humanité post-soviétique.

Vous qui entrez ici, perdez tout espoir, enfilez un FFP2 et achetez des capotes en bonne quantité, le voyage risque de secouer.



La cité du smog

Décrire Images de la fin du monde revient en réalité à décrire la mégalopole imaginaire de Mertvecgorod engluée dans son smog éternel et constamment survolé par des nuées de drones assassins puisque Christophe Siébert offre une visite guidée sous la forme d’un fix-up de nouvelles qui se transforment rapidement en livre-univers.

Tout commence par l’article d’un certain Vincent Lacroix, journaliste envoyé sur les traces du Svatoj, prince sadique aux visées révolutionnaires et ordurières qui dirige la Sit, une organisation criminelle underground emblématique de Mertvecgorod. Grâce à ce faux-article d’investigation en deux chapitres, Christophe Siébert emmène l’Européen (donc vous, le lecteur) dans sa création urbaine protéiforme où se croise le meurtre, la saleté, le sexe, l’humour noir et l’indicible (avec un supplément BDSM si possible).

Ne vous y trompez pas, Images de la fin du monde ressemble peut-être à un enchevêtrement de portraits glauques et dérangeants, c’est en réalité la peinture d’un seul et unique personnage qui importe : Mertvecgorod.

Comme Jeff Vandermeer avec Veniss Underground ou Ambregris, Christophe Siébert fait sortir de terre une ville gigantesque construite sur les ossements d’une civilisation mystique et friande de sacrifices humains pour la transposer en 2024–2025, quelque part dans un futur qui ressemble à s’y méprendre au nôtre.

Différence notable, Mertvecgorod s’affirme rapidement comme un défilé d’horreurs et de transgressions morales toutes plus violentes les unes que les autres pour le lecteur. Car la capitale de la RIM, symbole de la mégalopole moderne en pleine déliquescence morale, tiraillée entre l’influence post-soviétique et un néo-capitalisme carnassier, cette capitale n’a pas grand chose d’attirant (et ce n’est pas pour rien que son quartier le plus fameux porte le nom d’une maladie herpétique).

Trafic d’organes, tourisme sexuel, dépôt d’ordures, meurtres sauvages, sectes barbares et autres drones tueurs sont monnaie courante.

La création de Christophe Siébert vous saisit à la gorge dès les premières pages avec cet attentat monstre visant une cathédrale-ossuaire et un échangeur autoroutiers qui finit en carnage inimaginable.

Sexe, violence et technologie se mettent au service de la déchéance morale la plus pure.



La boue humaine

Tout au long des 21 textes qui composent Images de la fin du monde, nous voici dans les rues crasseuses d’une mégalopole qui semble fusionner la vision d’un accroc du sexe bourré de narcotiques et celle d’un sadique aux pulsions gores incontrôlables. Mertvecgorod nous offre une série de portraits tous plus hallucinants les uns que les autres avec une prédilection pour le sordide, le sang et les parties génitales charnues. Christophe Siébert explore les recoins les plus sombres et les pulsions primitives de l’être humain, cet endroit incongru et malaisant où sexe, mort et putréfaction se rejoignent.

On y croise l’histoire de deux frères assez désespérés pour se vendre à un combat à mort illégal dans lequel leur cerveau est contrôlé par un autre (et vous n’avez pas envie de savoir comment ça se termine), une secte qui kidnappe des enfants pour les faire souffrir et se suicider dans un même mouvement contestataire post-moderne, un homme prêt à dilapider son argent dans un lit pour organiser une orgie dantesque en l’honneur de sa grand-mère décédée, un vieux sado-masochiste amateur d’humiliations sexuelles particulièrement phalliques dont le rêve est de se construire un zoo humain, un gardien de nuit de musée prédateur sexuel…bref, une galerie de rebuts humains, de miséreux, de dingues et de tordus à en faire pâlir d’envie le grand Marquis lui-même.

Christophe Siébert observe l’être humain à la loupe, dissèque la crasse et vous offre au final une fresque qui dérange, qui bouscule, qui hante.

Symbole d’un capitalisme privatisé gardé par quelques oligarques et fascistes corrompus jusqu’à la moelle, l’univers du français impressionne par sa noirceur. Difficile de ne pas penser à l’œuvre d’Antoine Volodine pour son côté post-soviétique sans une seule lueur d’espoir et sa tendance à rameuter des éléments quasi-mystiques entre sectarisme et chamanisme.

Impossible pour autant de coller Images de la fin du monde dans une case précise, puisque Siébert prend un malin plaisir à changer de genre, de l’horreur au noir en passant par la science-fiction et le fantastique.

Tout arrive à Mertvecgorod, surtout le pire.



L’abjection comme une contestation

Ce qui surnage pourtant à l’arrivée, c’est la capacité surnaturelle de Christophe Siébert à offrir des visions macabres et sexuelles qui frappent par leur sous-texte social. De la souffrance d’une jeunesse déjà condamnée par des adultes qui s’en foutent au désœuvrement des miséreux broyés par une société inégalitaire et violente, l’auteur français nous livre une parodie grinçante et extrême d’une société post-capitaliste où tout s’achète et où le féminicide devient une épidémie incontrôlable. La révolution contre le système, vouée à l’échec et au drame, passe par l’excès, la violence aveugle et des tabous allègrement franchis, notamment en matière sexuelle.

À Mertvecgorod comme à Paris, les mamelles du pouvoir restent les mêmes : argent, sexe et violence.

Il serait dommage de ne pas insister sur la cohérence et le soin du détail apportés par l’écrivain à sa mégalopole imaginaire. Fiche Wikipédia fictive et chronologie d’une centaine de faits divers sont au programme des annexes en fin d’ouvrage, provoquant ce vertige ultime qui voit le lecteur se demander après trois cent pages si cette sinistre ville n’existe pas pour de bon.

Mais le véritable exploit de Christophe Siébert, c’est de fasciner autant son lecteur avec un sujet aussi extrême. L’ironie finale, c’est qu’Images de la fin du monde finit par nous donner envie de parcourir encore et encore les prospekts et autres rajons, de respirer son air cancérigène et de traquer les pires gourous sadiques dans les bas-fonds de Mertvecgorod.

Pas de happy-end par contre, juste une vision démente d’un futur de chair, de sang et de sperme sur fond urbain.



Dans ce gouffre de noirceur creusé de main de maître par Christophe Siébert, le lecteur découvre l’étendue de la perversion humaine et l’horreur d’un système corrompu jusqu’à la moelle. Livre-univers épatant sans aucune concession et à l’imaginaire macabre hallucinant, Images de la fin du monde fait du bien là où ça fait mal…c’est-à-dire partout !
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Métaphysique de la viande - Nuit noire & para..
  02 mai 2021
Métaphysique de la viande - Nuit noire & paranoïa de Christophe Siébert
Pire que l'enfer,

Deux apocalypses,

L'anéantissement total,

Et dans son sillon,

Mes limites en charpie,

Ébranlé,

Sa dépravation,

Ma consternation,

Et là où tout respect fuit,

La haine, ma reine,

Fut faite tsar.



Coeurs sensibles: à proscrire !
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Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images..
  16 décembre 2020
Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images de la fin du monde de Christophe Siébert
Images de la fin du monde : Chroniques de Mertvecgorod présente un recueil de nouvelles se déroulant dans un futur dystopique, dans une ville fictive, située entre l'Europe et la Russie et véritable personnage principal de l'histoire.

Mertvecgorod palpite en effet au cœur de ces pages. Incarnation de la déchéance d'une civilisation, c'est une mégalopole grotesque, glauque et puante, il y règne un désenchantement tangible, un désespoir prégnant, qui entraînent les protagonistes de ces récits vers des pulsions destructrices : la violence, la perversion, la corruption, la déchéance...

Aucun des personnages présentés (dont certains réapparaissent d'une nouvelle à l'autre) n'est aussi vivant que Mertvecgorod. Morts en sursis, sacrifiés plus ou moins volontairement, leur sang, leur sperme, leurs cris, leur désespoir ou leur infini cynisme nourrissent une ville cannibale et gloutonne, qui elle seule s'épanouit au fil du récit.



L'écriture de Siébert est d'une finesse absolue. Crue, directe, organique. Elle donne vie à l'inanimé, personnalise la souffrance, abreuve les sens. Ses mots permettent de sentir la puanteur, voir la grisaille, ressentir la terreur, palper la chair. On ressort de cette lecture totalement habité par l'esprit de Mertvecgorod qui semble avoir étendu ses tentacules jusqu'au fond de notre psyché.



Tour de force absolument magistral, Images de la fin du monde est une de mes révélations de cette fin d'année. Si loin des clichés et des codes, si loin des tours et des recettes, voilà un livre original, qui ne ressemble à rien de ce que vous avez pu lire, qui s'éloigne des romans dytopiques léchés, ceux qui finissent par se confondre dans leur banalité.


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Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images..
  16 septembre 2020
Chroniques de Mertvecgorod, tome 1 : Images de la fin du monde de Christophe Siébert
L’abject côtoie ainsi l’émotion face à ces destins tragiques bouleversants. Ces chroniques de Mertvecgorod ne vous laisseront pas indemnes.




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