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Note moyenne 3.91 /5 (sur 107 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Saint Yrieix la Perche , 1971
Biographie :

Docteur en anthropologie, Habilité à diriger les recherches, chargé de cours à l'Université Victor Segalen Bordeaux 2, Eric Chauvier contribue depuis plus de dix ans au renouvellement de l'anthropologie en élargissant les espaces qu'elle s'attribuait, les façons de l'écrire et le public à qui elle se destine. Ainsi, son ouvrage Anthropologie, compte-rendu d'une enquête – comme tous ses livres – a souvent été lu comme une fiction. Il proposait ainsi de nouvelles formes d'écriture qui échappent à la monographie ou au traité. De plus, il a défini des instruments d'analyse fondés sur les anomalies, ruptures langagières de la communication, failles dans l'« ordinaire ». Enfin ses enquêtes portent sur les aspects les plus banals de la vie quotidienne, relations familiales, rencontres, risque industriel... Dans des situations les plus habituelles, il porte son attention sur les « anomalies », brusque surgissement du réel dans la communication, dans le langage ordinaire, dans le conditionnement qu'établissent les mots. Cette définition de l'ordinaire qui provient du philosophe américain Stanley Cavell, permet d'utiliser dans l'étude des paroles et des discours, la pragmatique du langage telle que l'ont conçue en leur temps Wittgenstein et Austin. Cette anthropologie pose donc le langage comme l'inéluctable médiation dans l'accès à la connaissance du réel.
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Source : Wikipédia
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Le 16 décembre 2016, Mathilde Serrell et Martin Quenehen recevaient Eric Chauvier dans Ping Pong, aux côtés du journaliste et écrivain Philippe Vasset et de Jean-Claude Poisron, documentariste.
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
cascasimir   20 mars 2019
Le revenant de Eric Chauvier
Ainsi, je voudrais une nuit, quand l'heure des voluptés sonne, vers les trésors de ta personne, comme un lâche, ramper sans bruit, pour châtier ta chair joyeuse, pour meurtrir ton sein pardonné et faire à ton flanc étonné une blessure large et creuse.
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hcdahlem   09 janvier 2020
Laura de Eric Chauvier
La regarder, je ne fais que ça. Mais elle, me voyait-elle seulement? Je n’ai aucune raison de le penser. J’étais le fils de l’instituteur et jouissais à ce titre d’une sorte de statut remar¬quable, quoique seulement aux yeux des jeunes gens raisonnables, respectueux d’un ordre qui les rassurait. Ce n’était pas le cas de Laura. Elle semblait indifférente à mon soi-disant “statut”. À ses yeux, j’étais peut-être même complice du mal indistinct qui s’acharnait sur elle. Elle m’a toujours donné l’impression de mépriser tout ce qui se ratta¬chait à l’école républicaine, ses symboles et ses prétendus principes d’égalité.
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BandiFuyons   02 janvier 2020
Laura de Eric Chauvier
Elle n’a que ça en tête : tout faire brûler. Comment peut-elle dire ça alors que tout est déjà réduit en cendres autour d’elle?
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alzaia   22 mars 2013
Anthropologie de Eric Chauvier
P44 - 45



...Ma question est simple et pragmatique : pourquoi enseigner et pratiquer la sociologie de Maurice Jeanjean (pseudo) alors qu'elle ne peut intitier celui qui s'y adonne au mystère d'une rencontre ordinaire ? (...) Cette observation s'inscrit dans un argumentaire plus large, selon lequel les vérifications d'un système théorique par la réalité doivent inspirer de la méfiance : la réalité vous semble-t-elle devoir se justifier de perdre et gagner dans cette conversion ? Et si cela se fait, qu'avez-vous l'impression de perdre et de gagner dans cette conversion ? Peut-être que certains pans de votre mémoire sensible, certains reliefs de votre capital biographique, ce qui vous constitue en propre, se trouveront escamotés. Pourtant, les système classificatoires de la sociologie finiront par avoir raison de vous.



Biens sûr, vous ne les appellerez pas par leurs dénominations savantes, mais ce n'est pas grave au fond puisque des cabinets-conseils sauront vous les rendre intelligibles. Au moment de devenir des cibles, l'enjeu ne vous semblera même pas important, qu'il s'agisse d'acheter de l'alimentation surgelée ou de scruter, en expert bien sûr, la situation de X.



Proposer des classements sociologiques des pratiques humaines, contenus dans de systèmes binaires et prétendument universels, permet dans une large mesure de vendre de l'alimentation surgelée - produisant également de la pensée surgelée.



La pratique de l'universalité est devenue un plan marketing. La récupération est aisée puisque les outils qui servent l'universalité sont tout à fait simplifiés.(...) Je ne soutiens pas que la sociologie telle que la pratique Maurice est inutile ou inadéquate -(...)- mais plutôt qu'elle corrompt la perception que les individus ont de leur monde ordinaire.



Cette dérive des outils objectivant et neutralisant de la sociologie classique trouve des illustrations ad hoc à travers le témoignage de George (...) Si les profanes ont des tendances naturelles à simplifier les choses en les classifiant, ce phénomène a largement été accentué par la dérive des outils sociologiques, au point de confondre la modélisation de l'expérience de vie en communauté avec la neutralisation pure et simple des formes de vie qui la constituent.



Je ne sais comment Maurice (..) en est venu a théoriser le monde environnant sans observer X (...) à considérer qu'il n'avait pas à rencontrer X au moment d'apporter à son sujet un commentaire théorique. Et il y a là (...) un authentique gâchis. La peur de se confronter au mystère d'une rencontre en est peut être la raison - le visage de X pourrait effectivement faire vaciller la théorie de Maurice Jeanjean. La théorie du sociologue se dresse sèchement face à ce chaos inimaginable : le regard de X.
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steka   29 janvier 2017
Les mots sans les choses de Eric Chauvier
Il faut observer comment, en quelques décennies seulement, la conflictualité de classes est devenue inaudible, puis indicible. Le langage de la gouvernance nous pousse désormais à confondre un monde social sans tension et un monde social sans mots évoquant des tensions.
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Erik35   15 février 2017
La Crise commence où finit le langage de Eric Chauvier
C'est ainsi que prend forme le consensus de crise : dans la prostration du langage. C'est ainsi que toute disposition individuelle à la vulnérabilité psychologique est travaillée au corps par le langage ordinaire, par ces mots qui n'ont l'air de rien.
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alzaia   10 février 2013
Somaland de Eric Chauvier
Deuxième partie - p77



MUR (directeur du groupe PETROLIK ) (tandis que la foule gronde, regardant une issue auprès de madame le maire qui l'exhorte à prendre ses responsabilités) - Merci, je comprends votre colère. Le problème est que nous, on peut vous parler de PETROLIC et de l'accident qu'on a connu. Maintenant, sur le site d'AMPECK FA-2, on est un peu mal placés pour répondre. Il faudrait voir avec eux directement. Nous, je dois vous dire qu'on ne les fréquente pas beaucoup



UN HOMME (regard injecté de colère) - Ah vous ne les fréquentez pas, et bien si ça pète votre raffinerie, je suis heureux de vous apprendre que votre périmètre de sécurité recoupe celui d'AMPECK ! Alors ça vaudrait peut-être la peine de leur passer un coup de fil au moins (rires dans le public)



UN AUTRE HOMME - Ca fait deux fois qu'on a d

es problèmes. AMPECK, ils sont où? C'est qui ces mecs ? Ca fait deux fois en un mois. L'autre fois, c'était le nuage d'ammoniaque.



UN AUTRE HOMME - Trois fois, trois fois avec l'incendie sur AMPECK ! Alors on peut bien savoir si on est sur une bombe ou pas?!



LE CHASSEUR QUI A DECOUVERT LA NAPPE DE PETROLE : (calme mais ferme) - Je pense que, concernant PETROLIC, on nous aurait avertis plus tôt, ce ne serait pas arrivé toute cette histoire



UN HOMME - Une petite remarque quand même. J'ai travaillé pendant 30 ans avec du fioul lourd numéro un sur la raffinerie. Le fioul lourd, on m'a toujours dit que c'était absolument pas dangereux. Et puis actuellement j'apprends que c'est catastrophique, que c'est cancérogène, et que c'est super dangereux. J'ai travaillé pendant une trentaine d'années avec de l'amiante. On m'a toujours dit que c'était pas dangereux, qu'il fallait prendre des mesures. Je m'aperçois maintenant que je dois passer un scanner tous les ans, que je dois passer des test respiratoires, et que je vais peut-être crever du mésothéliome, ou de je ne sais quoi. Alors maintenant que vous nous dites que le nuage que l'on a respiré n'est pas dangereux, j'ai un peu du mal à vous croire. On en reparlera peut-être dans quelques années. Mais enfin, il y a pas mal d'enfants dans les écoles. Alors moi, à mon âge, c'est pas trop grave, mais pour les gamins vous vous rendez compte! Déjà, le photak on sait pas trop, mais alors si en plus on a ça, on sort plus ! On va tous crever et tout le monde s'en fout!



UN HOMME - Moi je voulais parler des rives du fleuve. Elles sont forcément imprégnées, ce sont des terrains d'argile, ça a un petit peu l'apparence d'une éponge si vous voulez. Ce qui fait que les berges sont gorgées de produit et que ça suinte légèrement (calme et froid). Quand on marche dessus, certains disent qu'on voit le pétrole qui ressort. Des experts, pas vous mais d'autres, disent que c'est tout à fait normal, que ça joue un peu le rôle d'éponge. Qu'est-ce qu'on doit penser ? (froid et calme) Que la rive du fleuve sert à absorber votre pétrole et que c'est normal, c'est la nature (froid)?



MARTINEAU (neutralisé par la gêne) - Il existe une nappe d'argile qui est bien compacte, qui constitue un écran imperméable. On est très serein de ce côté-là. On va voir les résultats d'analyses dans les prochaines heures, mais je suis très confiant. La pollution ne migrera pas jusqu'à la deuxième nappe. L'écran d'argile l'arrêtera à coup sûr.



L'HOMME QUI VOULAIT PARLER DES RIVES DU FLEUVE - Arrêtez, arrêtez, il faut mettre de nouveaux bacs de rétention ! C'est infernal de penser que la nature a pour fonction d'arrêter le pétrole!





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Erik35   14 février 2017
La Crise commence où finit le langage de Eric Chauvier
Le vivre-ensemble repose désormais sur une technique oratoire de l'urgence susceptible d'être réitérée de façon illimitée. Cette rhétorique vous presse et vous intimide, favorisant votre projection dans un environnement d'invisibles, axé sur la défiance, l'individualisme, le repli sur soi, l'absence d'idées personnelles, de perspectives critiques et, pour tout dire, de tempérament.
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alzaia   09 février 2013
Que du bonheur de Eric Chauvier
Il a appartient aujourd'hui aux êtres dissonants de résister autant que faire ce peut à cette fiction discriminante de béatitude, d'une part en traquant les dérives de ce langage afin que sa vacuité saute aux yeux du plus grand nombre, d'autre part en alimentant in situ sa dissonance. L'enjeu est à la fois de déstabiliser les tenants de ce langage dominant, et de se forger une ligne de conduite critique. Il faut prendre la tangente, se carapater dans son infamie, pour faire l'épreuve de sa différence, et, sans cesse, vérifier que l'on n'est membre d'aucune équipe, et que celà ne mène à aucune honte. Il faut explorer sa dissonance, même si,à ce que l'on dit, elle empeste. Il s'agit là d'un acte de résistance et de clairvoyance.(...) celui qui voit est celui qui sait refuser la niche du lexique et la laisse de l'intonation, ce discours de manager qui se répand dans l'équipe comme un anxyolitique (...)
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alzaia   06 février 2013
Contre Télérama de Eric Chauvier
p62



Culture. - Les bulls déchiraient le bois* de hêtres (ce bois que nous apprécions tout de même beaucoup, cela, maintenant nous sautait aux yeux) et les amoncellement de ronces hautes comme des immeubles de trois étages qui suscitaient autrefois notre effarement régulier ; des panneaux publicitaires jonchaient le sol,ou bien étaient enfouis, semblant déjà appartenir à une autre époque ; des promoteurs donnaient leurs ordres aux chefs de chantiers en balayant l'horizon par de grands gestes. Nous en avons reparlé le soir de ce que nous avions vu, tenant une sorte de "comité d'urgence" (nous avons ri de ces mots qui nous donnaient une importance démesurée) où chacun pouvait faire une proposition qu'il jugeait adaptée. Mais notre colère n'était pas assez canalisée pour s'exprimer distinctement. Quant aux habituelles pétitions ou doléances, elles n'étaient pas assez puissante pour exprimer ce que nous ressentions. Certains ce sont lancés dans des métaphores emphatiques, où il était question de "beauté foudroyée", d'"ennemis définitifs" et de "destructions massives", mais ça ne tenait pas. Avant même de parler, ils savaient que leurs mots étaient trop lourds et trop loin de notre monde vécu. Nos voix ne porteraient pas, et cette impossible conversion de l'intime en politique nous préoccupaient au plus haut point. Avec ce rapt de notre raison anthropologique, nous avons pressenti l'avènement d'une nouvelle "crise culturelle", qui nous est apparue comme "la faillite de tous les modèles de transcription usuels de notre ordinaire". Finalement, pour être prise avec la zone périurbaine qui s'étendait un peu plus chaque jour autour de nous et en nous, il fut décidé de reprendre les notes que nous avions consignées depuis des mois - ces "outils" étaient à taille humaine - , puis de les organiser à la seule mesure de la colère qu'avait initialement déclenchée la lecture de l'hebdomadaire. Tout autre choix de vie nous semblait faux et impraticable -définitivement impraticable.



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note personnelle et non pas de l'auteur, pour aider à la lecture de cette citation

* au début du texte il est question d'un espace boisé qui va être destiné à la construction de nouvelles constructions, source de discordes
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