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EAN : 9791030409185
64 pages
Éditeur : Allia (23/08/2018)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Et si Baudelaire revenait parmi nous ? S'il flânait de nouveau dans nos ruelles ? En l'occurrence à Paris, comme en son temps. Dans ce récit haletant, Baudelaire resurgit sous la forme, non du dandy qu'il incarna jadis, mais du vagabond, misérable hère qui assiste, affalé sur le bitume, à la valse de nos contemporains et essuie leur mépris. Lui qui redoutait tant de se sentir inférieur à ceux qu'il dédaignait, le voici hué, puis bientôt hissé à la tête d'une parade ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
cascasimir
  20 mars 2019
"La rue assourdissante autour de moi hurlait." Charles Baudelaire dédiait dans Les Fleurs du mal en 1857, ces vers " A une Passante". Éric Chauvier a convoqué le poète décédé, à notre époque, en 2018.

Il doit revivre, toujours maudit, mais comme un zombi! Il voit partout, sa muse Jeanne Duval...
En 1848, la ville lumière, Paris était différente ( sans eau courante et sans égouts) mais aussi sans tous ces véhicules pétaradants et ces gens stressés, l'oreille collée à un portable.

Vautré dans son vomi, il tente de se redresser, hagard, l'écume aux lèvres... Une femme veut lui venir en aide, lui parle comme à un débile, alors Baudelaire tend ses bras, l'attrape et la dévore. Sa faim assouvie, il se lève !
Une adolescente avance face, à lui, les yeux ravis par quelques vers, sur son SMS ( tirés des "Fleurs du mal?) Il va la suivre..." son rire jouant en son visage, comme un vent frais en un ciel clair".
Il la suit, les bras tendus, la démarche hésitante. Derrière le poète, le fou, le zombi, un groupe de "flâneurs-hipsters" le copient et singent sa zombi walk, en rigolant...

L'auteur ne manque pas d'imagination et utilise brillamment les vers de Baudelaire, en les insérant dans son récit. Les réseaux sociaux ont diffusé le cortège de ces zombis, avec Baudelaire en tête... " Ce fantôme dans l'air dansait comme un flambeau." La foule grossit, grossit, grossit...

Baudelaire a écrit dans Spleen et idéal, ces vers qui reflètent si bien le livre de E.Chauvier:
" Mais qu'importe l'éternité de la damnation, à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance ".
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julienleclerc45
  18 janvier 2019
Ce court roman est un croisement étonnant. Il emprunte le chemin de l'essai littéraire, de confronter la poésie de Baudelaire à notre époque. Il prend les airs de la mode des zombies par des descriptions précises d'un corps en pleine décomposition. Mais derrière ces faux-semblants, Eric Chauvier interroge des figures de la rue. Il place Baudelaire dans le rôle d'un citoyen, homme arpentant l'asphalte et observant le monde, la société. Face à lui, des passants, qui le rejettent, sans prêter attention. Eric Chauvier va plus loin que de prouver la pertinence de la poésie de Baudelaire. Il s'intéresse à cette société, la nôtre (et son propos sera peut-être d'actualité longtemps), qui ne voit pas les poètes. L'auteur tente de comprendre les rouages d'une certaine poésie. C'est une manière d'être au monde, de déambuler, de regarder et de piocher des éléments. Bien que son corps disparaisse au fur et à mesure du livre, une force persiste, assez forte pour créer cette poésie. Est-ce que cet art irait au-delà de la chair ? Très rapidement, ce roman se transforme en rêverie, en balade digne de François Villon, dans des univers urbains. Ce que Baudelaire a imaginé, les dérives qu'il a perçues existent maintenant. La réalité rejoint ses mots, s'en approche. le texte puise dans les images du XIXeme siècle et dans celles d'aujourd'hui pour questionner la possibilité d'accueillir le poète, l'observateur, celui qui voit au-delà. La fin terrible annonce cet impossible accueil mais témoigne également de la suprématie des mots du poète sur les actes.
Lien : https://tourneurdepages.word..
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YANCOU
  06 janvier 2020
Le Revenant est non seulement un bel éloge à la poésie de Baudelaire et à l'inventeur de la flânerie, mais c'est aussi un essai-roman malin qui permet à Eric Chauvier de scruter notre début siècle qui va vite, si vite qu'il n'est plus sensible à la poésie, qui s'arrête aux apparences et continue sa dérive, celle que Baudelaire avait deviné, mais une dérive trop rapide, car là où la lenteur favorisait la mémoire, la vitesse appelle l'oubli. Magistral.
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aureliestrega
  25 octobre 2018
Baudelaire revient en zombi! Un service de presse très sympa. Un texte très bien écrit. A travers un Baudelaire zombifié qui pourrait retrouver un peu de raison face à la beauté de ce monde, on nous décrit notre société de manière sarcastique. Une critique sévère, juste et drôle, et un pauvre Baudelaire qui n'a jamais autant souffert, heureusement il ne se doute de rien et peut manger ses assaillants.
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gege255
  06 juin 2019
Très très étrange. J'ai toujours aimé Beaudelaire, ce qui m'a donné envie de lire ce livre.
Ce n'est pas mauvais, mais c'est tout de même complètement barré.
Mon plaisir de lecture a été atténué par le fait que je ne m'attendais pas vraiment à "ça". un certain malaise pouvait même parfois me gagner.
Une drôle d'expérience.
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critiques presse (1)
LeSoir   31 décembre 2018
Une résurrection provisoire sous la plume d’Eric Chauvier.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
cascasimircascasimir   20 mars 2019
Ainsi, je voudrais une nuit, quand l'heure des voluptés sonne, vers les trésors de ta personne, comme un lâche, ramper sans bruit, pour châtier ta chair joyeuse, pour meurtrir ton sein pardonné et faire à ton flanc étonné une blessure large et creuse.
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rkhettaouirkhettaoui   21 septembre 2018
Elle s'est peu à peu convaincue que son corps était attirant pour des hommes pauvres ou des hommes riches, mais pervers. Sa dose quotidienne de crack l'aide à accepter cette situation qui, sans cela, démoraliserait n'importe qui. Elle le fixe, non parce qu'elle le trouve beau, non plus pour l'attirer en vue d'une passe. Non, elle le fixe ainsi parce que, ravagée par le crack qu'elle vient de fumer en trop grande quantité, elle ne peut faire autrement que de se tenir là, à genoux devant le monstre qui se vautre dans les restes de son repas. Le monstre qui se réveille et tente d'abord de griffer avant, soudainement, de se rétracter comme si lui revenait le souvenir d'un soir chaud d'automne, l'odeur d'un sein chaleureux. Il la regarde et voit se dérouler des rivages heureux, qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone.
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rkhettaouirkhettaoui   21 septembre 2018
La téléphonie mobile, c'est l'avenir. L'événementiel, tout ça. Elle pense à lui, au fait qu'on la trouve jolie et cela, tout de même, elle y songe maintenant en voyant Charles, ne peut constituer un argument recevable. Que seules les jolies femmes puissent startuper entérine au final une sorte d'injustice fondatrice des rapports entre les hommes qui startupent et les femmes qui startupent.
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rkhettaouirkhettaoui   21 septembre 2018
Charles Baudelaire est âgé de 6 ans lorsque succombe son géniteur, disparition qui va influencer sa vie dans les grandes largeurs. De ce drame personnel naîtra une poésie universelle. Sans la mort de son père, notre homme n'aurait probablement jamais porté sa croix de poète maudit. Peut-être même serait-il devenu fonctionnaire, marchand d'art, ou pire encore. Il n'aurait pas passé son existence à honnir son beau-père, Jacques Aupick, ce général d'armée, autoritaire par profession, qui va involontairement nourrir la révolte de l'adolescent, le plongeant tout de go dans une insondable névrose et le frappant, pour ainsi dire, de malédiction. plonge, comme l'opiomane (qu'il n'est pas encore), dans sa drogue : la sédition de principe.
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rkhettaouirkhettaoui   21 septembre 2018
Leur générosité s'exprime tout juste dans le charity business télévisé ou par une donation abstraite à une ONG. La pauvreté, lorsqu'elle est saleté, les décourage vite et les répugne. Il leur faut des pauvres affables, magnétiques, rutilants. Sans ces conditions, ils se mettraient même en colère, invectivant le laisser-aller de l'État, de la police et des juges. Ils ne savent pas cependant (ou feignent de ne pas savoir) que cette répugnance qu'ils ressentent est le produit d'un calcul froid les poussant à ne pas s'embarrasser de ce qui freinerait leur ascension personnelle ; or, la pitié figure évidemment parmi ces sources d'embarras en ce qu'elle nous plonge dans un marigot d'émotions suspectes
.
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Videos de Eric Chauvier (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eric Chauvier
Dans son dernier roman Laura, Eric Chauvier met en scène les retrouvailles d'un homme avec un ancien amour de jeunesse. Tout les oppose aujourd'hui, et leur situation sociale, professionnelle et affective dresse entre eux un gouffre en apparence infranchissable. S'engage alors un dialogue décousu, drôle et tragique à la fois, qui les rapproche le temps d'une soirée. le narrateur, double littéraire de l'auteur, interroge ainsi ce qui les sépare et raconte, par le prisme de deux personnages qui ne peuvent ni communiquer ni s'aimer, les fractures qui divisent la France d'aujourd'hui. Au-delà de ce roman, et depuis Anthropologie, son premier livre, Eric Chauvier croise la littérature avec les outils des sciences humaines et réinvente sa pratique scientifique dans cette hybridation. Cette rencontre en « chantier de fouille » est une occasion d'éclairer la démarche singulière d'un auteur attentif au langage et à nos façons d'être au monde.
Retrouvez notre dossier "Plongée littéraire dans le réel" sur notre webmagazine Balises : https://balises.bpi.fr/litterature/plongee-litteraire-dans-le-reel
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