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Citations de Fabrice Gaignault (25)


Demain matin, nous découvrirons enfin la côte, la mer, le sel.
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Ni blanc ni noir, ni bon ni méchant, sur cette Terre, chacun flottait ainsi dans un entre-deux grisâtre que la cohorte des pensées contradictoires, bienveillantes et malfaisantes dans le même mouvement, révélerait le jour où tout cela serait limpide. Il ne changerait jamais d’avis là-dessus, c’est pourquoi Adrien exécrait les donneurs de leçons, les parleurs, les foules bêlantes et furieuses, au nom du Bien, cette calamité qui fait tant de mal.
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Je préfère être une épée chez les voisins qu’un second couteau chez moi!
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(Jaime Leopold s'exprime, n.d.r.)
Bobby jouait de la guitare et s'était mis au bouzouki, un instrument plutôt rare à l'époque. J'ai tout de suite aimé l'énergie de Bobby. Je me souviens qu'il m'avait accompagné pour m'aider à choisir ma basse électrique. C'était un type agréable. Nous jouions une sorte de world music avant la lettre. Cela a duré à peu près une année. Bobby dessinait lui-même les affiches des concerts et se battait pour faire connaître le groupe. Maintenant, laissez-moi vous parler de la face sombre de Bobby. Il était surnommé "Bummer Bob", Bob la poisse. Bob l'embrouille. Il pouvait être déplaisant et créer des problèmes par une sorte d'égoïsme insousciant. Son ego était démesuré, et rien ne lui faisait plus plaisir que d'être au centre de l'attention. Il était aussi gentil que soudain irrespectueux. En fait, Bobby faisait ce qu'il avait envie de faire sans se poser de questions. Si c'était bon pour vous, c'était OK, si ça ne l'était pas, ça l'était tout autant à ses yeux. Je vendais un peu d'herbe et d'acide pour survivre. Un soir, sur la porte du local où nous répétions, j'ai trouvé ce mot : "Jimmy, ne rentre pas chez toi." J'ai été me planquer, mais toute la bande a été arrêtée puis relâchée, bien que maintenue sous une surveillance peu discrète. Bobby n'ai rien trouvé de mieux que de rouler un joint dans l'appartement, alors que nous savions que les flics planquaient en bas. Bing. Ils ont surgi et coffré à nouveau tout le monde. C'était Bobby tout craché, capable de conneries inconscientes. Il n'avait aucun respect pour les autres, à part ça il était marrant, créatif, malin. Un type talentueux mêlé à cette horrible histoire de meurtre qui a tué dans l'oeuf une carrière prometteuse. Cette histoire triste continue de me rendre malade.
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"J'eus une vague idée de la manière d'interpréter le langage de la musique, joué spontanément du fond du coeur et de l'âme, dans l'instant présent ; évocation musicale de la passion profonde et de la spiritualité. Ajouter une bonne cuillère d'imagination, une louche de détermination et une pincée de trop-jeune-pour-comprendre et mélanger vivement."
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Warren Oates [...] cet acteur fétiche de Sam Peckinpah disait de lui-même : "J'ai une gueule, on dirait deux lieues de route de campagne : tout est marqué, chaque nuit blanche, chaque verre vidé, chaque femme après qui j'ai cavalé."
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Gary Hinman avait, paraît-il, vendu de la mescaline frelatée à [Bobby] Beausoleil qui, en qualité d'intermédiaire, l'avait refourguée à des bandes de motards très énervés par l'état dans lequel les avait mis la substance. Bobby voulait sauver sa peau en récupérant son argent. "I wanted my money back", se justifiera-t-il, comme se serait exprimé l'Inspecteur Harry sans hausser le ton, ou dans un autre registre, Margaret Thatcher à l'adresse de François Mitterrand.
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Beausoleil punaisa d'un bout à l'autre de Haight-Ashbury des affichettes adressées à la scène musicale locale l'avertissant que le "premier orchestre symphonique électrique psychédélique du monde" recrutait des musiciens de tous styles, "tous types d'instruments bienvenus". Les candidats "devaient se présenter devant le mec avec un chapeau haut de forme et un chien blanc sur Haight street" (...) L'un des premiers musiciens à se présenter fut David LaFlamme (...) Passé par l'Utah Symphony Orchestra, David LaFlamme chantait et jouait du violon à cinq cordes, un instrument qui ne trouvait pas souvent preneur dans les groupes rock, et l'intérêt que lui manifestait Beausoleil l'intriguait, même s'il restait méfiant devant le concept énigmatique d'orchestre électrique psychédélique. Le guitariste autodidacte et celui qui, quelques années plus tard, allait devenir le leader du groupe It's A Beautiful Day n'avaient pas mis beaucoup de temps à accorder leurs violons (...) Le contrebassiste Jaime Leopold fut engagé (...) Henry Rasof, un joueur de hautbois aux gammes manouches qui aimait s'aventurer vers les tonalités indiennes contribua à donner à The Orkustra un côté "musique de charmeur de serpents". Puis vient le batteur de jazz Terry Wilson au jeu d'une inventivité stupéfiante. Ils étaient cinq et ils décidèrent de le rester.
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Ce qui, selon moi, définit un homme, c'est sa manière de jouer toutes les cartes qui lui ont été attribuées.
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Patrick Procktor adorait observer la ménagerie humaine, avec ses petitesses, ses turpitudes, et parfois aussi ses merveilleuses insolences, une habitude qui tenait autant d’un réflexe de peintre que d’une gourmandise de socialité avide de tout ce qui pouvait nourrir son imaginaire et son carnet d’adresse.
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(Jaime Leopold s'exprime, n.d.r.)
Mais vous savez, l'un des trucs les plus bizarres de cette tragédie, c'est que les proches de Bobby de l'époque Haight-Ashbury l'ont vécue de l'extérieur et à leur corps défendant, il faut bien l'avouer, aussi un peu de l'intérieur... Je porte en moi son geste fou et c'est terrible parce que c'était un ami... Et cela m'effraie de penser qu'il aurait pu devenir tout autre chose. Comme si sa personnalité, belle et sombre, était constituée de deux faces d'une même pièce... Tout homme porte en lui ses propres démons et peu d'entre nous, heureusement, les laisse s'échapper... Bobby c'est l'incarnation de la question du libre arbitre, telle qu'ont pu en parler Dostoïevski ou Camus...
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(Mirandi Babitz s'exprime, n.d.r.)
Le plus étrange dans toute cette histoire, poursuit-elle, c'est que je connaissais bien Sharon Tate, qui me commandait pas mal de tenues. Roman Polanski était également l'un de mes clients. Ma soeur, quant à elle, connaissait Bobby Beausoleil. Vous me suivez ? C'est difficile à croire aujourd'hui mais nous formions une chaîne incestueuse de victimes et de bourreaux. J'aurais pu me retrouver dans la maison de Cielo Drive la fameuse nuit. J'y avais déjà été invitée pour des fêtes. Je connaissais bien Jay Sebring, le coiffeur. Le plus dingue, c'est que je fréquentais aussi l'autre côté. Le versant du diable. On ne le dit pas assez mais la bande de Manson était complètement intégrée à notre petit milieu. Ses membres faisaient partie du paysage ambiant, si vous voyez ce que je veux dire. Ted, le petit ami que j'avais à l'époque, était un grand copain de Tex Watson, le tueur de Cielo Drive, comme j'étais amie avec Sharon Tate. Ils avaient pris de l'acide ensemble et s'étaient envoyés en l'air avec les filles du Spahn Ranch. C'est comme si nous formions une même grande bande aux moeurs dissolues, certaines jusqu'à un point évidemment extrême. Aujourd'hui il est préférable de voir la "Famille" comme l'abominable excroissance d'un corps sain. Le cancer d'une époque idyllique. C'est une vision des choses aussi simpliste que fausse. Neil Young partage avec moi cette idée qu'à ce moment-là tout était bien plus mêlé que les exégètes de l'époque ne nous l'affirment. J'ai été un témoin privilégié et je sais de quoi je parle... Parfois, alors que Sharon Tate me rendait visite, mon petit copain traînait de son côté avec Tex Watson, le futur meurtrier de ma copine. Dingue, non ? Chacun se rendait bien compte que nous allions tous trop loin dans la déconnexion des réalités et que cela allait mal se terminer. Je ressentais de plus en plus au fond de moi-même cette tension qui balançait sans arrêt entre l'innocence angélique et la sensation que quelque chose de très sombre était sur le point de se produire. Et lorsque toute cette horreur est arrivée, j'ai commencé à prendre le large de la scène du Sunstrip. Je me suis dit : j'ai eu du bol.
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Le vrai Summer of Love, contrairement à ce qu'affirment les historiens, c'est déroulé l'été 166. Dès 1967, ça a commencé à mal tourner. En 1966, tu tendais un joint au premier venu sur Haight-Ashbury. En 1967, le premier venu essayait de t'embrouiller pour le conserver. En 1968, le premier venu se barrait en courant avec. En 1969, le premier venu te flinguait avant de le récupérer.
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[... ] le seul homme dont j'avais besoin de gagner le respect était celui que je dévisageais dans le miroir.
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Guitariste californien, Bobby Beausoleil avait tout pour devenir une star du rock : le talent, le charisme, la beauté. Mais lorsque le protégé du cinéaste Kenneth Anger croisa un chanteur prometteur du nom de Charles Manson, il était écrit que sa partition ne serait pas exactement celle qui le conduirait aux sommets des charts. Bobby poignarda à mort un homme. Police. Menottes. Prison. Ce livre écrit sur la route, entre Los Angeles et San Francisco, est le récit d’une fascination pour le fil du rasoir. Où l’on croise les fantômes de Gene Clark et de Gram Parsons, une chanteuse perdue, quelques musiciens passés de l’ombre à la lumière. Et une chanson obsédante.
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Chez Procktor, une grande partie du travail a été effectuée avec une économie de moyens. […] Il y a, chez lui, quelque chose de l’ordre de la tendresse qui est très beau. Il est plus affectif, je dirais même plus adolescent que Hockney et cela apporte un charme en plus. Il y a plus d’émotions dans son dessin que chez Hockney qui reste plus froid.
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Le grand homme fragile devint une montagne russe d’émotions, que le rire, l’alcool, la fête et le sarcasme enveloppaient telle une cape magique pour le protéger des ombres tristes de l’enfance et des amours enfouies qui remontaient parfois en lui comme une méchante marée.
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Ses derniers moments d’errance et de désespérance sont tellement tristes… C’était au fond un garçon très spécial qui n’a jamais su apprivoiser le bonheur. J’ai longtemps craint qu’il soit oublié, ce qui serait affreux parce que c’est un superbe artiste. Je suis heureuse de constater que beaucoup de jeunes amateurs d’art le découvrent et le chérissent. Personne ne doit jamais oublier Patrick.
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Le destin malheureux de Patrick Procktor explique-t-il sa déchéance - provisoire - en tant qu’artiste important de son temps ? Ou son oeuvre s’est-elle fait l’écho peut-être trop hyperréaliste de sa descente aux enfers et éloigne-t-elle les amateurs d’art, comme un mauvais oeil, à l’image de ces poupées vaudoues de la rue des Beaux-Arts qui lui faisaient face le temps de l’accrochage chez Love&Co ? Toute oeuvre gagne en intérêt à la lumière de ses zones d’ombre et des secrets qu’elle renferme.
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« Il est impossible de représenter vraiment la réalité. […] Je voulais de mon côté divertir le spectateur, avec des pointes d’intensité et d’humour, pour que le spectateur me suive dans cette tentative et cet échec, à la fois inévitable et comique, de représenter parfaitement le monde. Malgré tous les efforts que vous pouvez fournir, la seule chose à laquelle on ne peut échapper est le désir que cette image soit parfaite, mais dès le premier coup de pinceau, vous êtes déjà dans l’erreur. »
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