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Critiques de Jack Black (76)
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Personne ne gagne

Ah, ce bouquin fait partie des ces petites trouvailles étonnantes vers lesquelles on revient toujours. Imaginez : l'autobiographie d'une cambrioleur professionnel de l'avant 1914, toxicomane, qui a passé des décennies derrière les barreaux et qui a pris la plume soi-disant pour s'amender et pour remercier ses juges de lui avoir donné une dernière chance. Son propos est donc de convaincre ceux qui seraient tentés par le crime de rester dans le droit chemin (d'où le titre original "You Can't Win").

Néanmoins, cette autobiographie est beaucoup moins moralisatrice qu'elle n'y paraît. D'une part, lauteur donne des renseignements très précieux sur les moyens de voler sans se faire prendre et, dans l'ensemble, ce livre est un documentaire inestimable sur la pègre de l'avant-guerre. D'autre part, il souligne à plusieurs reprises que s'il a rompu avec le crime et l'opium, ce n'est pas grâce au système judiciaire, mais bien en dépit des affres carcéraux qui n'ont pas réussi à le briser : le "You Can't Win" s'adresse également aux juges auxquels était dédié ce livre. L'aveu se transforme en réquisitoire.

Enfin, il ne faudrait pas réduire cette oeuvre à sa seule valeur documentaire : le syle, la narration et la construction sont admirables en bien des points. Entre autres choses, le jeu sur la narration à la première personne qui connaît un splendide retournement, digne des expérimentations du Nouveau Roman - avec 50 ans d'avance. Rien d'étonnant à ce que ce livre fût une référence majeure de William Burrough pour "Junky".
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Personne ne gagne

Personne ne gagne est le récit autobiographique de Jack Black, hobo, voleur, cambrioleur, perceur de coffre. À travers ses errances, ses coups, ses incarcérations, à travers les États-Unis et le Canada, à travers quelques dizaines d’années de vie jusqu’à sa « reconversion » dans un emploi d’archiviste d’un journal, il nous fait découvrir une époque et un mode de vie.

Car, au-delà de sa vie, son récit trace aussi le portrait de l’Amérique de la fin du XIXe et du début du XXe siècles. Une Amérique post-ruée vers l’or avec ses saloons, ses fumeries d’opium, ses bordels, ses prisons aux pratiques cruelles. L’Amérique nocturne, celle des bas-fonds et de l’illégalité. Mendiants, prostituées, voleurs, assassins, vagabonds… tel est l’entourage de Jack Black. Un entourage dont il nous fait découvrir l’argot et le code moral étonnamment rempli de principes et de valeurs. Un entourage d’où naîtra quelques trahisons, mais aussi des amitiés fortes et des loyautés indéfectibles.



Jack Black raconte son histoire de manière assez humble et particulièrement lucide. Il analyse à plusieurs reprises le pourquoi de ses activités criminelles et ses sentiments fluctuant, sans finalement blâmer une quelconque cause extérieure.

Son récit est un plaidoyer contre la peine de mort et les mauvais traitements en prison qui ne résolvent rien et ne détournent personne de la récidive. Parfois maltraité, blessé physiquement par l’autorité, il raconte comment cela n’a fait que nourrir sa rage et son sentiment d’injustice, l’éloignant toujours davantage de la société, jusqu’à ce qu’il soit sauvé par la bienveillance d’un procureur, d’un juge, de personnes l’ayant aidé, lui ayant procuré un toit et un travail. Sa détermination fut également un outil précieux grâce à un déclic personnel nourrissant sa volonté d’arrêter l’opium, de rembourser ses dettes et de ne pas trahir la parole donnée.

Des passages sont particulièrement chouettes et intéressants, qu’ils soient drôles, touchants ou introspectifs, mais je regrette que d’autres m’aient laissé de marbre alors qu’ils n’auraient pas dû. Je pense notamment à ceux où des amis se font tuer sous ses yeux pendant des vols, mais où le récit ne transmet aucune émotion (pour le coup, on ne peut pas lui reprocher de tomber dans le pathos !).



Une fois Jack Black parti sur les routes, le roman souffre d’une certaine répétition à mes yeux : il s’agit d’un enchaînement de coups et d’emprisonnements un peu mécanique, amplifié par un détachement vis-à-vis de l’histoire, des événements, du narrateur. J’ai eu bien du mal à me sentir impliquée ; au contraire, je me suis sentie mise à distance, peut-être à cause du fait que l’auteur revient sur des événements s’étant déroulés des années auparavant. Paradoxalement, cela donne l’impression d’une liste de casses et de vols assez exhaustives sans que je ne me sois représentée le nombre de coups, le temps que cela lui demandait, les sensations et les pensées que cela génère chez lui sur le moment…

Cependant, cela est rattrapé sur la fin – c’est juste dommage d’avoir dû attendre autant – dans deux chapitres où il relate des coups en détail, presque mouvement par mouvement, ce qui rattrape tous les défauts énumérés ci-dessus. Outre le fait que l’on se rend mieux compte du temps qu’il y passe, c’est surtout beaucoup plus immersif ! Nous partageons sa tension, son appréhension du réveil de la victime ; nous vivons sa frustration en cas d’échec – tout en souriant de quelques gros ratés quasi burlesques – et son plaisir en cas de succès. Et, en parallèle, j’ai ressenti le côté hyper intrusif et dérangeant pour la cible endormie qui ignore qu’une main étrangère est en train de fouiller sous son oreiller…



L’argot utilisé par Jack Black – une boutanche, thuner, une consolante, les conventions dans les jungles, se faire un train… – m’a d’ailleurs interrogée. Car s’il permet d’offrir une voix originale et identifiable à son narrateur, de l’ancrer dans un milieu, son authenticité est questionnable étant donné qu’il s’agit d’une traduction. Ainsi, je me suis souvent demandé quel avait été l’angle des traducteurs et comment les termes avaient été choisis : sont-ils ceux des voleurs francophones ? sont-ils issus du parler des classes sociales les plus modestes ? J’avoue que j’aurais apprécié une petite annexe sur le sujet…



Car le roman est complété par trois annexes à l’intérêt variable. La première est un texte de Jack Black sur les pratiques dans les prisons, leur inefficacité, d’où un appel à davantage d’humanité : sa plume et ses développements sont à la fois intéressants et convaincants. La seconde est de la main de William S. Burroughs qui fut influencé par Jack Black, mais je l’ai trouvé particulièrement dispensable et oubliable ; enfin, la dernière précise un peu la reconversion de Jack Black et la genèse du roman et était potentiellement intéressant mais finalement trop brouillonne pour que je l’apprécie vraiment.



Un récit plaisant qui se lit rapidement – ce qui contribue sans doute à éviter la lassitude née de la redondance – mais bien loin des chocs littéraires qu’ont pu être d’autres Monsieur Toussaint Louverture (tels La Maison dans laquelle, Watership Down ou Et quelquefois j’ai comme une grande idée).
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Personne ne gagne

Journal d'un "chevalier de la route", d'un hobo sans attaches, d'un voleur épris de liberté. Jack Black raconte sans fioritures sa vie rocambolesque, faite d'évasions de prisons, de perçage de coffres, de consommation d'opium à Chinatown et de parties de cartes au saloon. Comme dans les romans qu'il affectionne, les gens qu'il croise au détour de ses pérégrinations sont de sacrés personnages. Peut-on faire plus badass que Salt Chunk Mary ou plus avisé que Sanctimonious Kid ?

Jack Black a la gouaille et l'argot de l'époque, transformant son quotidien bien réel en véritable récit d'aventure. Il met en avant la camaraderie, le "code d'honneur" des voleurs, les mauvais traitements infligés à ceux-ci en milieu carcéral et pointe du doigt un système où personne ne gagne. En fin observateur, il offre un traitement lucide et honnête de cette époque révolue.

Le texte est sublimé par une très belle édition de Monsieur Toussaint Louverture, agrémenté de quelques autres textes sympas.

Une belle découverte, un peu répétitive parfois mais très facile à lire.
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Personne ne gagne

Quel roman, les amis ! Quel hymne à la liberté !

Une liberté crue, malmenée, chevauchée, affranchie.

On saute dans les trains comme on sauterait sur les épaules de ce grand bandit. Avec passion et même, peut-être, une pointe d’envie.

Nous sommes ici loin de l’autobiographie classique. Il y a un je-ne-sais-quoi d’énergie grisante et de vérité absolue.

Sans doute Jack Balck ignorait-il l’incroyable auteur qu’il était.

Peut-être même, l’homme de bien qu’il incarnait.

On frissonne avec lui, on picole avec lui, on braque avec lui, on s’insurge avec lui.

Passer à côté de ce livre culte serait une erreur et l’ouvrir c’est ne plus pouvoir le lâcher.

Une mention spéciale à l’éditeur pour la couverture, si soignée !

Et la préface de William S. Burrough… une pépite !

S’il est encore nécessaire, en quatre mots : un chef d’oeuvre !
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Personne ne gagne

Un voyage dans l’Amérique des années 1890 à 1910, un voyage au milieu des voleurs et des vagabonds. Un voyage clandestin dans les trains de marchandise, une vie sur les routes poussiéreuses de l’ouest, une vie de larcins, de repas frugaux partagés avec des compagnons d’infortune devant un feu de camp, de nuits passées à la belle étoile ou dans des pensions crasseuses. Une vie d’alcool, de violence et d’opium.



Jack Black a mené cette vie d’errance, entrecoupée de nombreux passages derrière les barreaux. Né en 1871, il a connu les saloons, les prostituées, les joueurs de poker à la gâchette facile. Surtout, il a suivi la trace des hobos sur les chemins de traverse d’un pays sortant à peine de la sauvagerie du Far West. Devenu cambrioleur puis opiomane, il côtoie des perceurs de coffres, enchaîne les bons et les mauvais coups, est condamné à 25 ans de pénitencier, s’évade plusieurs fois, subit en prison l’épreuve du fouet et de la camisole de force, les passages à tabac et les privations. En 1916, on lui tire une balle dans le ventre à bout portant. Il s’en sort miraculeusement et profite de sa convalescence pour coucher sur le papier son parcours sinueux.



Personne ne gagne n’est donc pas une fiction. C’est une autobiographie, un témoignage sur une époque depuis longtemps révolue. Jack Black est un bourlingueur touché par « la malédiction du sang nomade ». Un cambrioleur itinérant fréquentant une faune interlope traversée par une même philosophie basée sur le respect de la parole donnée et une inébranlable solidarité.



Un récit sans temps mort où les événements s’enchaînent à une vitesse folle, qui ne brille certes pas par son écriture sans grand relief et peut paraître parfois répétitif (cambriolage – arrestation – jugement – prison - remise en liberté – cambriolage – arrestation – jugement - prison, etc.) mais reste au final un fabuleux regard porté sur un univers de marginaux, camés, putains, rebelles, assassins, voleurs ou arnaqueurs qui représentent la face sombre de l’Amérique à l’aube du 20ème siècle.


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Personne ne gagne

[Coup de cœur] pour ce roman autobiographique d’un cambrioleur, fin XIXème, début XXème aux USA. Un texte fort sur un parcours de vie qui mène un jeune gars intelligent, vaillant et bon sur le chemin de la malhonnêteté. De mauvais aiguillages s’enclenchent et la vie de Jack Black bascule, les rails l’entraînent vers les postes de police, les cours de justice et cellules de prison. Jack Black a toujours espéré un redressement de ce foutu aiguillage qui le ramènerait dans la foule des honnêtes gens, et paradoxalement, ceux qui le haïssent. L’histoire de Jack Black est toujours d’actualité, un excellent texte dont il faut aussi lire les annexes.



John Black perd sa mère trop tôt et son père, honnête homme, ne se sent pas de l’élever. Ce dernier le place en pension dans une école religieuse à la discipline stricte. Pourtant, il s’en sort bien, il est intelligent et malin. Très jeune, il trouve le moyen de faire des petits boulots et décide de prendre sa vie en main. Malgré leur attachement réciproque père et fils poursuivent des chemins différents. John décide de prendre la route pour rejoindre des grandes villes. Appelé par l’aventure et les rencontres autour des feux de camp, il mène rapidement la vie d’errance des hobos dans l’Ouest américain, il fait des connaissances décisives qui vont le mener vers l’argent facile et ses dangers.



C’est avec beaucoup de franchise que Black raconte comment sa vie a basculé, comment il s’est retrouvé à choisir entre une vie normale ou marginale. Il retrace ses amitiés sincères et rend hommage à ceux qui lui ont donné sa chance, parle de ses errances et des erreurs qui l’ont conduit au pénitencier. Son témoignage essentiel est que la violence entraîne la violence, la brutalité fait naître la brutalité. De même, l’amabilité entraîne l’amabilité. En tant que cambrioleur repenti, Black croit au pouvoir de la deuxième chance et « critique la répression au quotidien des laissés pour compte du rêve américain », un vrai plaisir de lecture.

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Personne ne gagne

Ne vous y méprenez pas, ce type n’a d’un gentleman que l’apparence. Hors-la-loi dès son plus jeune âge alors que son père le fout à la porte pour lui apprendre la rudesse de la vie, le trépidant Jack Black – non, pas l’acteur de Tenacious D –, qui excellera bientôt dans le banditisme, n’est autre qu’un voyou de haute volée, un clochard pas spécialement céleste, un habitué du placard, mais surtout un exemple de débrouillardise, un amoureux de la vie, même si elle se conjugue avec la poussière et la galère.



Précurseur remarquable de ce que sera la beat generation, Personne ne gagne est une magnifique célébration de la joie d’être vivant.





« Les honnêtes gens prennent le problème à l’envers. S’ils s’intéressaient plus à l’éducation des enfants, ils se désintéresseraient vite de la chaise électrique. Ils ne voient que les crimes et jamais les raisons qui poussent les criminels à agir ; il ne voient que ce qu’ils sont devenus et jamais ce qui a fait d’eux ce qu’ils sont. »
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Personne ne gagne



Depuis son plus jeune âge, Thomas Callaghan est attiré par les pointures du grand banditisme "Jesse James ect..., tous ces personnages le fascine.

Ayant du temps pour lire et apprendre, c’est entouré de nonnes, dans un pensionnat qu’il aura la chance de recevoir une bonne éducation jusqu'à l'âge de quatorze ans.

Depuis la mort de sa mère, son père part souvent en déplacement et Jack se retrouve livré à lui-même, dans des lieux pas toujours de son âge, c'est un adolescent très déstabilisé.

Un beau jour, Jack Black alias Thomas Callaghan plaque tout et part à l’aventure à travers les

États- Unis, de trains en trains, de villes en villes et de coffres en braquages et coups tordus.

Il passera quelques années de sa vie derrière les barreaux.

Des passages assez rudes et de plus son addiction à l'opium qui a failli lui couter la vie plusieurs fois, hélas sa mort restera une énigme et il ne laissera qu'une montre en souvenir de lui et son histoire que j'ai pris plaisir à découvrir.

Mais un jour après un gros coup dur et une fatigue intense, il va chercher la paix et il va tout faire pour se faire pardonner.

C'est un homme libre et rebelle qui a parcouru des kilomètres du Canada au Sud des États-Unis, il a toujours vécu la peur au ventre et il défiait tous les dangers, un jour il a dit stop et a décidé de changer sa vie. C'est à la fin de ses jours qu'il fera tout pour sa rédemption et il a œuvrera pour des bonnes causes et aussi contre la peine de mort.

Il avait beaucoup de mal sur la conscience et il a réussi à se faire pardonner et donner un sens à sa vie.

Je me suis quand même posé une question, est-ce que Jack a connu l’amour dans sa vie car il n’en parle jamais dans son roman, surement dû à un manque d’affection et à l’ignorance de son père. Jamais durant toute son histoire il ne parle de rencontre où de liens affectifs.

Un roman très bien écrit et très poignant, c'est un voyage plein d'aventures et de rebondissements, j'ai passé des bons moments et je ne regrette pas d'avoir craqué pour ce roman entre biographie et roman d'aventure.

Je vous le conseille vivement.




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Personne ne gagne

Thomas Callaghan, qui prendra plus tard le nom de Jack Black, né en 1871. Orphelin de mère et confié par son père à des bonnes sœurs chargées de son éducation, c’est au couvent qu’il rencontre par procuration la vie criminelle à travers les journaux et les récits d’un cocher ayant combattu du côté confédéré et fasciné par le gang des frères James. Ce que discerne le jeune homme derrière ces histoires, c’est moins la violence et les trahisons que l’intense liberté que doit procurer cette vie à la marge. Il est encore un adolescent mal dégrossi lorsqu’il quitte Kansas City, où il a rejoint son père à l’âge de quatorze ans, pour épouser la vie de ces hobos qui traversent l’Amérique du Nord dans des trains de marchandises. Menus larcins et arrestations pour vagabondages finissent par lui faire rencontrer la confrérie des Johnsons, voleurs au code d’honneur strict fondé sur l’entraide, et rejoindre les yeggs, cambrioleurs et perceurs de coffres.

C’est un Jack Black rangé, devenu archiviste pour un journal de San Francisco qui, en 1926, écrit ces mémoires contant trente années faites de coups réussis parfois, bien plus souvent avortés, d’amitiés indéfectibles et de trahisons, d’addiction à l’opium et, bien entendu, de quinze années de prison, du Canada à Folsom.

Il y a une incontestable modernité dans le récit de la vie de Jack Black. Le talent de conteur de l’auteur, n’y est pas pour rien, mais surtout Black se refuse aux regrets comme aux remords sans pour autant nier ses propres méfaits et ses erreurs. Son regard sur la prison, qu’il a connu intimement à un moment où les prisonniers ont encore droit au fouet ou à la camisole de force, est aussi résolument moderne, et son texte « Qu’est-ce qui cloche chez les honnêtes gens ?», en annexe de l’ouvrage vient encore éclairer son propos. Enfin, dans un monde extrêmement balisé, Personne ne gagne apparaît comme une immense ode à la liberté et – comme l’indique clairement son titre – à ce qu’il peut en coûter de vouloir la vivre pleinement.

Mais au-delà de ce que ce livre peut avoir d’édifiant, on trouvera surtout un formidable récit d’aventures et comme un gamin lisant Dumas ou London, on est embringué dans la vie de vagabond de Jack Black. On pénètre ainsi les « conventions » de hobos, on suit le cambrioleur paralysé, la main sous un oreiller pour subtiliser un portefeuille en écoutant la respiration du dormeur, on rencontre avec lui la communauté chinoise, son code d’honneur et ses fumeries, on découvre les receleurs et les arrangements avec la justice, plus ou moins aidés par le parasite du yegg qui se respecte, l’avocat : « Je n’étais qu’un pauvre voleur, un honnête voleur, à la merci d’un avocat de grand chemin ». Bref, on se laisse embarquer par le récit aussi enlevé qu’instructif de Jack Black et c’est un immense plaisir.




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Personne ne gagne

Les éditions Monsieur Toussaint Louverture nous proposent encore une petite merveille avec cette biographie atypique de Jack Black.

En effet, je ne pensais pas qu'il existât de récit sur la vie d'un homme né à la fin du XIXème siècle aux Etats Unis où l'on puisse suivre son parcours depuis l'enfance jusqu'à sa vie de cambrioleur. J'ai vécu dans ces pages la vie de vagabond, de Hobo, les voyages en train de marchandise, j'ai appris l'origine du mot "jungle", ces endroits à la périphérie des villes où se regroupaient les alcooliques, les sdf, les sans le sous, les pickpockets et hommes recherchés. J'ai découvert que ce monde a des règles, il existe des codes permis les hors la loi et ceux qui les respectent obtiennent une considération. Je conseille ce récit riche qui nous mène de la Californie au Canada puis à San Francisco en passant par de nombreux états.
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Personne ne gagne

RÉSUMÉ:"De San-Francisco au Canada, de trains de marchandises en fumeries d'opium, d'arnaques en perçages de coffres, du désespoir à l'euphorie, Jack Black est un bandit: parfois derrière les barreaux, toujours en fuite. Avec ironie, sagesse et compassion, il nous entraîne sur la route au tournant du XXe siècle. Personne ne gagne est un hymne à une existence affranchie des conventions. Qu'il soit hors-la-loi, opiomane ou source d'inspiration pour Kerouac et Burroughs, qu'importe, qu'il vole au devant de la déchéance ou qu'il flambe comme un roi, qu'importe, Jack Black n'est guidé que par son amour de la liberté. C'est dur, inoubliable, profondément américain. Black est peut-être un vaurien, mais aussi un conteur né qui joue avec son passé afin de nous remuer, de nous remettre sur le droit chemin."



MON AVIS: Une autobiographie extrêmement riche et très bien racontée. Cet homme décrit sa vie sans concession avec lucidité et honnêteté.

Une existence rude, faite de petits plaisirs et de situations difficiles. Ce n'est pas de tout repos d'être un voleur!

Jack Black ne se ménage pas, il sait que ce qu'il fait ce n'est pas bien . Il lui faudra pourtant quasiment 40 ans pour choisir de revenir sur "le droit chemin".

Une vision des "bas-fonds" américains qui m'a vraiment intéressé, car ce n'est pas un "roman" , c'est la réalité, et elle n'est pas jolie, jolie qu'on soit du coté de la loi ou de celui des "vauriens".

La corruption est partout, la délation va bon train, et si on sait que "voler, arnaquer, truander", c'est mal, Jack Black nous explique que dans son "milieu" l'honnêteté, l'entraide, sont souvent bien plus présentes que n'importe où ailleurs.

J'ai beaucoup apprécié cette lecture.



Lu pour le poche du mois du Picabo River Book Club



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Personne ne gagne

Publié pour la première fois aux débuts des années 1930, les mémoires de Jack Black nous embarquent dans le grand ouest américain de la fin du XIXème siècle dans un univers picaresque, peuplé de cambrioleurs, de trafiquants en tout genre et de putes au grand cœur. Orphelin dès son plus jeune âge, Jack quitte son Missouri natal pour tailler la route vers San Francisco en passant par le Canada. Toujours en cavale, sautant d’un train à l’autre, enchainant ses fric-frac à une vie de pacha, Jack est surtout mû par un puissant sentiment de liberté doublé d’une certaine innocence.

Mi-Kérouac pour l’aspect fuite éperdue, mi-Burroughs pour le côté bad boy, « Personne ne gagne » est un récit énergique, très vivant, d’une grande fraîcheur, à la limite de la truculence. Le rythme effréné des aventures, le vocabulaire haut en couleur finissent par nous séduire totalement.

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Personne ne gagne

C’est le Jack Black (qui n’est autre que Thomas Callaghan, si l’on se fie au rabat de Monsieur Toussaint Louverture) adulte, rangé et posé, qui nous relate la vie de cet adolescent toujours en cavale, parfois en prison et systématiquement à l’affût d’un bon coup pour se remplir les poches. Car, après avoir appris les ficelles du métier d’un vagabond voleur croisé sur le bord de la route, Jack Black ne tardera pas à choisir le vol pour assurer sa subsistance… À sa suite, nous traversons les Etats-Unis, des banlieues huppées de San Francisco aux petites villes minières planquées dans le Montana, ou encore en empruntant un train de marchandise jusqu’à la ville de Seattle, alors en pleine mutation. D’un style fluide, vivant et rythmé, Jack Black nous dévoile cette vie rocambolesque, que l’on prend un immense plaisir à découvrir… car, l’atout indéniable de Personne ne gagne est le recul dont fait preuve l’adulte face aux choix faits par l’adolescent. Jack Black pose un regard lucide et rafraîchissant sur cette vie pleine de rebondissements, ne se cherchant aucune excuse. Avec Personne ne gagne, Jack Black assume ses actes et ses choix, nous explique qu’il lui aura fallu un paquet d’années pour distinguer le Bien du Mal et, surtout, faire face aux conséquences de ses actes car l’amour de la liberté ne pousse pas toujours dans le bon chemin. Personne ne gagne est un roman qui vibre, qui interroge et passionne ; un formidable portrait d’un criminel au grand coeur refusant avec vigueur les codes imposés par la société, d’une époque et d’un pays en constante mutation. Plus qu’une autobiographie, Personne ne gagne est un magnifique roman d’aventures.
Lien : http://www.carozine.fr/cultu..
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Personne ne gagne

Jack Black à un véritablement talent de raconteur d’histoire. Récit autobiographique, « personne ne gagne » nous fait découvrir, ou redécouvrir, le monde des Hobos, ces hommes et ces femmes vivants en marge du rêve américain du 19ème siècle jusque bien après la crise de 1929. Pas étonnant que les beats, Kerouac et Burroughs (celui ci signe d’ailleurs la post-face) en tête, aient vu dans cette figure de bandit vagabond un modèle et une source d’inspiration.



Sans gloriole ni amertume, sans repentance ni fierté, Jack Black nous raconte les 30 années qui l’ont vu défier la police et ses lois, 30 ans dont la moitié passé en prison. Et Jack Black n’est pas avare de conseil pour tout ce qui concerne la truanderie. Percer un coffre, planquer le butin, attraper un train pour changer de ville, endormir un chien dangereux, l’auteur nous livre ces petits secrets.



C’est surtout en portraitiste que l’auteur dévoile tout son talent. De magnifiques portraits de ses compagnons de route et de misère ou des rencontres plus fugaces.



Il ne cache rien non plus de ses travers, à commencer par l’opium que le diminue jusqu’à l’abrutir. Et s’il s’en sort, il sait qu’il ne doit rien au système.



On pense à Jack London, ou à Ben Reitman.



Comme ces deux auteurs, Jack Black, sous les airs nonchalants et sereins du gars qui en est sortie, n’oublie pas de donner son avis sur le monde, et la prison en particulier en prend pour son grade, machine a humilier qui n’a jamais réhabiliter personne. S’il est moins politique que Jack London, Jack Black est tout aussi humaniste, et ne cache rien de ce qu’il pense des conditions de vie de cette Amérique des laissés pour compte, des marginaux, des prostituées, des truands et des voleurs, bref, peut-être, des derniers aventuriers.



Et bravo au Éditions Monsieur Toussaint Louverture d’avoir eu la bonne idée de rééditer ce livre très injustement oublié.
Lien : https://bonnesfeuillesetmauv..
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Personne ne gagne

Quelle claque ! Commençons tout de suite par là : merci ! Merci Monsieur Toussaint Louverture ! Merci et presque stop à la fois, mon petit cœur de lectrice a trop de coup de bonheurs en ce moment !! Après Watership Down, après Le Séducteur….. Mais plaisantez pas, continuez surtout ! En poursuivant dans les mercis, il y en a aussi pour le magnifique travail de traduction, encore une fois ! Donner à ce texte un écrin de papier et de mots ! De l’histoire, de l’aventure, le milieu des hobos (suis-je la seule à avoir eu en tête la mélodie de la chanson de Charlie Winston pendant la lecture ?). C’est dur, c’est brut mais ça parle d’amitiés fortes, de partage même quand il n’y a rien ! Le résumé associe Jack London et Alexandre Jacob dans la même phrase, déjà là, j’étais attrapée ! Pas de justification à ses actes, pas de regret ensuite, Jack Black avance toujours avec un seul moteur : s’émanciper des codes ! Quels beaux portraits de ces compagnons de route, lumineux, et ce même dans les moments sombres et violents de ses passages en prison. Je ne suis pas prête d’oublier Salt Chunck Mary, Foot and a half George et Sanctimonious Kid. Une lecture qui remue, une plongée dans l’Amérique de la fin du 19e siècle, au rythme des trains à vapeur le long des rails de la liberté !

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Personne ne gagne

D'abord il y a l'objet "livre" qui est de toute beauté et qui mérite que l'on s'arrête 5 minutes sur le travail de la maison d'édition Monsieur Toussaint Louverture. La couverture est aussi classieuse que l'histoire qui nous est racontée.

Une histoire de bandit, mais de bandit avec éthique et morale, de voleur d'une autre époque. Histoire vraie, biographie d'un voleur du far-west ou simplement d'un homme épris de liberté.

A lire plus comme un témoignage que comme un véritable roman même si la vie de Jack Black est romanesque à souhait.
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Personne ne gagne

"Personne ne gagne" raconte la vie de Joe Black, un des voleurs les plus réputés de son époque, 1871-1926 entre les Etats Unis et le Canada.



Entre roman d'aventures, guide de vie et dictionnaire du jargon de l'époque, Personne ne Gagne est une épopée passionnante, pleine de bandits au grand cœur, de coffres forts ouverts à l'explosif, de séjours en prison, de voyages en train sans billets, (....).



Mais surtout ce roman est - et se veut être - un formidable plaidoyer contre les méthodes particulièrement répressives qui étaient employées à l'époque par la loi (et qui sont aujourd'hui encore d'actualités, la peine capitale étant toujours à l'ordre du jour aux States...). Joe Black était d'ailleurs sur la fin de sa vie un militant et un conférencier de renom sur le thème des mauvais traitements infligés aux prévenus sous prétexte de les "redresser". Et on peut dire qu'il connait, qu'il maîtrise sur le bout des doigts son sujet.



Personne ne gagne offre un formidable moment de lecture, car tellement sincère. On a du mal à croire que c'est une histoire vraie tellement la vie de Black est incroyable !



Pour l'anecdote, j'ai commencé ce roman seule et je l'ai terminé en en faisant la lecture à mon mec. Ça n'arrive que très rarement car toutes les histoires que je lis ne l'intéressent pas mais pour celle là, je savais que ça le passionnerait tout autant que moi et ça n'a pas loupé ! D'ailleurs je dirais que c'est au moins autant une histoire qui se conte qu''une histoire qui se lit. En tout cas c'était un vrai plaisir de la raconter.



Je pourrais continuer à discourir longtemps sur les aventures de Black (dont personnellement je suis tombée amoureuse dès les premières pages ;)) mais je préfère le laisser vous les raconter lui-même car il le fait si bien; alors je vous invite chaudement à découvrir ce roman et à passer, comme moi, comme mon mec, et comme des milliers d'autres personnes, un super moment en compagnie des hobos et des yeggs !
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Personne ne gagne

« Ma vanité juvénile, cette confiance excessive qui naît de l’ignorance, me soufflait que je pouvais gagner à un jeu dangereux et pervers où personne ne gagne. Au lieu de réfléchir et faire un bilan lucide, je partis avec joie en quête de nouvelles aventures. »



Récit autobiographique, « Personne ne gagne » de Jack Black est le témoignage d’un hors-la-loi repenti. Très tôt orphelin de mère, et délaissé par un père absent, il va se tourner vers une vie d’errance, celle des « hobos » pour finir par se perfectionner dans le cambriolage de maisons et le perçage de coffres. Le lecteur suit Black dans ses premiers larcins, la minutie dans les détails de chaque coup préparés. Les leçons retenues après les échecs qui l’ont mené derrière les barreaux. À noter que si le mode de vie qu’il a choisi est répréhensible aux yeux de la morale, il faut rappeler aux futurs lecteurs que l’auteur n’a jamais tué au cours de sa carrière criminelle.



Il évoque même, avec ce qui ressemble à un repentir sincère, les angoisses qu’il a pu générer auprès de ses victimes. On est à mi-chemin entre le mode d’emploi du bon petit cambrioleur, le récit expiatoire et un essai militant contre le système carcéral en vigueur à l’époque.



Si l’avalanche de détails rend son histoire plus probante, malheureusement, on n’échappe pas, par moments à un sentiment de redondance, lorsque Black décortique méticuleusement les coups qu’il prépare. On finit même par voir l’issue pathétique approcher avant qu’il ne se fasse coffrer. Ce qui compte, finalement, ce n’est pas tant le butin que le shoot d’adrénaline que cela procure. En bon opiomane, Jack Black vit pour le frisson, jusqu’à ce que l’univers carcéral le brise totalement, et qu’un juge clément et un journaliste compatissant le sortent de sa condition.



Un livre qui vaut malgré tout le détour. Ne serait-ce que parce qu’il est le témoignage d’une époque vécue par un acteur de premier plan. L’image d’Épinal du vagabond sautant d’un wagon de marchandises à l’autre, et celle du Hors-la-loi d’un Far West en déclin à l’aube du XXème siècle.
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Personne ne gagne

Dans ce récit autobiographique, un peu répétitif, mais surprenant, Jack Black relate avec talent une page de l'histoire américaine à travers ses aventures et celles des personnages hauts en couleur qui ont croisé sa route. Avec une écriture limpide et bienveillante, l'auteur s'adresse plusieurs fois et en toute franchise au lecteur, allant jusqu'à le placer dans la situation-même du cambrioleur à un moment du récit grâce à l'usage de la deuxième personne du singulier. Profondément humble et compréhensif, il reste cependant très concis sur les moments difficiles, en prison ou en cavale. Il nous parle de la tension engendrée par une vie de voleur, ou "yegg", sur les routes et dénonce l'engrenage des violences carcérales, ce jeu truqué auquel "Personne ne gagne" (l'un des plus beaux titres qu'il m'ait été donné de rencontrer). Son regard singulier a marqué le XXe siècle et montré qu'on ne résout pas la violence par la violence, mais par la gentillesse, en faisant appel à la plus grande qualité aux yeux des criminels : la loyauté. Un petit mot enfin pour le magnifique travail des éditions Monsieur Toussaint Louverture, qui fait du simple fait de tenir le livre un plaisir en soi.
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Personne ne gagne

Traduction du récit de la vie aventureuse de l'auteur américain. Né en 1871 mort en 1932. A la mort de sa mère quand il était encore enfant, son père le mène dans un internat tenu par des sœurs, elles lui donneront de l'affection, l'instruction scolaire, la politesse et la religion. Quand son père le reprend 4 ou 5 ans plus tard c'est pour le délaisser dans des hôtels pendant qu'il gagne péniblement de quoi survivre. Le jeune garçon reçoit quelques dollars en travaillant dans des tripots, il devient très débrouillard en observant l'humanité pas très reluisante qui fréquente les troquets et les salles de jeux d'argent. Un jour, les circonstances le font partir en passager clandestin dans un train qui transporte du bois vers la côte ouest des Etats Unis, l'eldorado dans son imaginaire. Il a 16 ans. Au fil de rencontres instructives et souvent bienveillantes, il devient apprenti brigand, il s'avère doué, loyal envers ses compagnons. Il participe à des larcins de plus en plus dangereux, bénéficie des conseils de vieux loups expérimentés, fait de la prison tout jeune, ramassé par des shérifs calamiteux et souvent très violents. Mais toujours, il reste fidèle et loyal à la confrérie des brigands itinérants. Petit à petit il se fait une réputation, suit les pérégrinations de plus expérimentés dans le percement de coffre fort ou du vol à l'adresse.

L’écriture de ce récit émaillé de l'argot du milieu américain, est passionnant, il fait entrevoir au lecteur l'envers du décor des westerns cinématographiques et de la ruée vers l'or et nous montre la faune fantastique qui gravite autour de l'élan que fût cette période. On y rencontre en toile de fond, les chinois arrivés pour construire le chemin de fer, les indiens qui côtoient les blancs dans leur posture fière et altière. Et tous ces émigrés d'Europe qui essaient juste de survivre à la famine qui sévit dans leurs pays. Le style est sans fioriture, sans psychologie, il va toujours à l'essentiel, chaque chapitre raconte une aventure nouvelle, un épisode de sa vie très riche ou de la vie d'un de ses comparses et amis de brigandages.

Ce titre, Personne ne gagne, vient de sa constatation alors qu'il est encore un jeune homme, que la confrérie à laquelle il appartient, malgré les risques qu'elle prend, l'argent qu'elle brasse, s’en sort beaucoup plus mal financièrement et ne construit rien dans sa vie, contrairement aux employés ou ouvrier, exploités, mal payés, qui triment si durement, mais construisent une famille, une maison. En plus l'espérance de vie de cette population particulière est limitée par les mauvaises rencontres, les aléas des poursuites et cavales diverses. Mais le souffle de liberté qui traverse tout le livre est merveilleux. Et puis il est très moral car le narrateur rentre dans le droit chemin après des années de prisons et les rencontres avec un juge et un patron de journal, il devient libraire puis archiviste, il ne vole plus, gagne sa vie honnêtement et est heureux. Pourtant, il sera retrouvé mort d’une balle dans la gorge dans le port de New-York, assassiné ou suicidé, on ne sait pas il a 61 ans.

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