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Note moyenne 3.12 /5 (sur 17 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Bordeaux , le 15/07/1886
Mort(e) à : Paris , le 14/02/1925
Biographie :

Jacques Rivière est un homme de lettres français.

Fils d'un grand médecin bordelais, il se lie d’amitié avec Alain-Fournier (1886-1914) sur les bancs du lycée Lakanal, à Sceaux, où tous deux préparent le concours d’entrée à l’École normale supérieure. Ils y échouent l'un comme l'autre. Revenu à Bordeaux en 1905, il continue d'entretenir avec lui une correspondance quasi-quotidienne où l’on voit se dessiner le goût particulier de chacun pour la littérature.

Rivière obtient sa licence és lettres à Bordeaux, fait son service militaire, puis revient en 1907 à Paris préparer l’agrégation de philosophie et une thèse en Sorbonne sur La Théodicée de Fénelon, tout en gagnant modestement sa vie comme enseignant au lycée Stanislas. Il subit tour à tour les influences de Maurice Barrès, André Gide, André Suarès et Paul Claudel, avec qui il entre en correspondance.
Le 24 août 1908, il épouse la jeune sœur d’Alain-Fournier, Isabelle (1889-1971), dont il aura deux enfants.

D’abord collaborateur à L’Occident, il devient secrétaire de rédaction de la La Nouvelle Revue française en 1911. Il entreprend alors la rédaction de critiques littéraires, qu’il rassemble et publie sous le titre d’Études, où il révèle un excellent sens de la psychologie.

Il est mobilisé en 1914 au 220e régiment d'infanterie et fait prisonnier de guerre le 24 août, dès les premières échauffourées. Incarcéré au camp de Königsbrück en Saxe, il tente de s’en évader, ce qui lui vaut d'être transféré au camp disciplinaire de Hülsberg en Hanovre, où il consigne ses souvenirs de captivité, publiés en 1918 sous le titre L’Allemand. Gravement malade, il est transféré en Suisse en 1917 et interné jusqu’à la fin de la guerre.

Au lendemain du conflit, il songe à relancer la NRF dont la parution avait été interrompue. Sous sa nouvelle direction, elle reparaît le 1er juin 1919. Rivière y déploie de remarquables qualités en publiant Marcel Proust, François Mauriac, Paul Valéry, Louis Aragon. En 1919, il reçoit le Prix Blumenthal. Il n'écrira qu’un court roman psychologique, "Aimée", paru en 1922.

Il décède d’une fièvre typhoïde. Son épouse Isabelle se consacre après sa mort au classement de ses manuscrits et à la publication de ses œuvres, en même temps que de celles de son frère Alain-Fournier.
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Source : Wikipédia
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PROUST PRIX GONCOURT 1919 : L?EXPOSITION DU CENTENAIRE Drouant, 10 décembre 1919 : Marcel Proust reçoit le 17e prix Goncourt pour "À l?ombre des jeunes filles en fleurs", deuxième volet d?"À la recherche du temps perdu". Cette décision fait date : une nouvelle ère littéraire s'ouvre avec la consécration d'un roman sans égal, où se joue notre rapport au temps, à la réalité, à la subjectivité et aux êtres aimés. Les jours qui suivent sont marqués par un mouvement de contestation dans la presse hexagonale. Ce qui fera dire à Jacques Rivière, ami de l?écrivain et directeur de la NRF, témoin de cette « petite émeute » de papier : « Seuls les chefs d??uvre ont le privilège de se concilier du premier coup un ch?ur aussi consonant d?ennemis. Les sots jamais ne se mettent en révolution sans qu?il leur ait été fait quelque positive et vraiment cruelle injure. » Retour à la Galerie Gallimard sur l'histoire de ce prix, à partir des archives des Éditions Gallimard, de la Maison de Tante-Léonie (Illiers-Combray), du prix Goncourt (Nancy), de la Bibliothèque nationale de France, et de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, avec la présentation d'une soixantaine de documents exceptionnels dont certains ont été exposés dans le cadre du Printemps proustien dans la Maison de Tante-Léonie à Illiers-Combray: lettres, épreuves d?imprimerie, manuscrits et « placards » originaux, dessins et photographies. À voir en particulier le carnet de notes personnel de Marcel Proust "Moi prix Goncourt (vers 1920-1921)" et pour la première fois exposés, deux dessins de Paul Morand prêtés par la Bibliothèque nationale de France : "Marcel Proust au Ritz" (vers 1917) et "Marcel Proust sur son lit de mort" (novembre 1922).

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Citations et extraits (10) Ajouter une citation
Jacques Rivière
coco4649   04 avril 2019
Jacques Rivière
DEUXIÈME PARTIE

TEXTES ET POÈMES INÉDITS/BILBOQUET





LE MAUVAIS RÊVEUR



  Mes rêves sont avant tout une liqueur, une sorte

d'eau de nausée où je plonge et qui roule de sanglants

micas. Ni dans la vie de mes rêves, ni dans la vie

de ma vie je n'atteins à la hauteur de certaines images,

je ne m'installe dans ma continuité. Tous mes rêves

sont sans issue, sans château-fort, sans plan de ville.

Un vrai remugle de membres coupés.

  Je suis, d'ailleurs, trop renseigné sur ma pensée

pour que rien de ce qui s'y passe m'intéresse : je ne

demande qu'une chose, c'est qu'on m'enferme défini-

vement dans ma pensée.

  Et quant à l'apparence physique de mes rêves, je

vous l'ai dit : une liqueur.



p.224
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Jacques Rivière
SeriallectriceSV   20 octobre 2019
Jacques Rivière
Seuls les chefs d’œuvre ont le privilège de se concilier du premier coup un chœur aussi consonant d’ennemis. Les sots jamais ne se mettent en révolution sans qu’il leur ait été fait quelque positive et vraiment cruelle injure.



(à propos de son ami Mr Marcel Proust, lors de la polémique autour de la récompense du Goncourt pour "À l'ombre des jeunes filles en fleur " qu'il lui a été attribué en 1919)
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moravia   16 février 2019
Aimée de Jacques Rivière
A Marcel Proust

grand peintre de l'amour

cette indigne esquisse

est dédiée

par son ami

J.R.
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moravia   16 février 2019
Aimée de Jacques Rivière
Dès mon enfance, les femmes furent pour moi un objet de véritable adoration. Avant même que je fusse capable de les désirer, leur regard, leur démarche, les tendres lignes de leur corps me donnaient un trouble informe et délicieux, où je m'abîmais tout entier et passionnément. Je ne me sentais pas du tout précipité vers elles. Au contraire, elles m'apparaissaient comme sacrées, comme interdites.



(incipit)
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moravia   02 mars 2019
Aimée de Jacques Rivière
Oui, je m'étais moi-même détruit à l'avance dans son cœur et cela était irréparable ; jamais je ne redeviendrais pour elle celui qui commande, qui conduit, qui enivre. Jamais l'idée ne lui viendrait de se suspendre à moi, les yeux fermés, ni de glisser, entre mes bras, assoupie, remise, dans le grand exil du plaisir.
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moravia   09 mars 2019
Aimée de Jacques Rivière
Je lui permettais bien aujourd'hui de faire la fière. Elle n'en avait pas moins subi la condition des femmes, elle avait reçu - et dans quelles formes aggravantes - l'insulte solennelle et rituelle du désir. Cela était détestable, et tout de même c'est ce qui la fécondait pour moi, ce qui remuait la terre aride de son cœur et en faisait les mottes au soleil exposées.
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moravia   10 mars 2019
Aimée de Jacques Rivière
Une ombre de confusion et de remords passa sur le visage d'Aimée. Je vis qu'elle se rappelait tout à coup.

Elle se rappelait. Il faut comprendre tout ce que ce mot signifie d'horreur. Elle ne pensait plus que je l'aimais ! Cette idée, comme un objet qu'on oublie sur une étagère, comme, dans une machine, un rouage superflu qui peut tomber en route sans que le moteur s'arrête - cette idée était sortie de sa mémoire. Et elle n'y rentrait maintenant que par la grâce d'un nouveau hasard, que parce que j'étais revenu me mettre devant ses yeux.
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moravia   02 mars 2019
Aimée de Jacques Rivière
De sa longue et souple secousse le train me répétait interminablement que je n'avais aucune raison de manquer de patience. Et quand il s'arrêtait dans les grandes gares silencieuses, le marteau de l'homme qui venait frapper les roues des wagons, me recommandait encore : Patience ! Patience !

Ainsi s'endormait, ainsi veillait ma douleur à travers cette longue nuit de voyage, ainsi saignait sagement mon cœur...
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Enunephrase   04 juillet 2019
Etudes : 1909-1924 de Jacques Rivière
La symphonie de Debussy, c'est un foyer d'où s'échappent de tremblants rayons ; il y a un noyau et tout autour un frémissement vaporeux, le flottement de mille incertaines harmoniques ; nous sommes au milieu de la fuite des sons ; ils nous quittent et se dissipent dans tous les sens, formant autour de nous une buée délicate, sans cesse en train de s'évanouir. - Une telle musique ne peut rien exprimer que par allusions ; elle n'atteint pas les choses ; elle les indique seulement, elle nous envoie vaguement vers elles ; elle les émeut sans les saisir. Tout ce qu'elle exprime reste en dehors d'elle, n'est que retenu dans ses environs ; elle n'enferme rien, mais il y a mille présences indistinctes qu'elle s'annexe doucement et qu'elle persuade de demeurer auprès d'elle.
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Enunephrase   08 juillet 2019
Etudes : 1909-1924 de Jacques Rivière
La peinture est un moyen d’empêcher les choses de bouger. – Tout être vivant rayonne ; il permet à sa forme de s’en aller de lui, elle se détache incessamment de lui comme un beau fantôme vite dissipé ; et par chacun de ses gestes il délie de doux cercles invisibles qui se propagent. Le trait d’Ingres recueille partout cette grâce émanée [...]. En effet ce n’est pas avec une lente patience et place par place qu’Ingres fixe le mouvement des corps et de l’objet qu’il peint ; mais avec une décision passionnée, et par une élection sublime, il le remplace d’un seul coup. Tout de suite il aperçoit la forme qui tient lieu de toutes les autres ; elle est étrange, il est difficile d’en rendre compte. Mais qu’y faire ? Elle est juste.
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