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Note moyenne 3.54 /5 (sur 56 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Villeneuve-sur-Lot , le 9/02/1957
Biographie :

Jean-Luc Barré est un écrivain, historien et éditeur français.

Issu d’une famille d’agriculteurs et d’artisans, Jean-Luc Barré a passé la majeure partie de sa jeunesse en province avant de s’installer à Paris à l'âge de vingt ans pour s’y consacrer à la recherche et à l’écriture.

En 1980, il intègre les éditions Plon où il fait ses débuts d’éditeur. Il s’occupe de la publication d’ouvrages de Jules Roy, d’Alain Decaux, de l’amiral Philippe de Gaulle et du maréchal de Lattre de Tassigny. En 1988 il publie une première biographie, Le Seigneur-chat, consacrée à Philippe Berthelot.

Il publie en 2009 et 2010 une biographie de François Mauriac.

Plume de Jacques Chirac, il participe à l’écriture des Mémoires de l’ancien président de la République, parus en 2009 et 2011 et vendus à ce jour à plus de 500 000 exemplaires.

Membre du jury littéraire de la Fondation de la vocation, il a cofondé en 2015 le Prix Récamier dont il préside le jury. Ce prix couronnera en mai chaque année un roman français ou francophone paru au cours des quatre derniers mois.

Lauréat de la Fondation de la Vocation (1982) , il est membre du Who'who in France (2010) et fait partie depuis janvier 2014 du Cercle de l'Union Interalliée .
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Jean-Luc Barré vous présente son ouvrage "Le corps d'origine" aux éditions Grasset. Entretien avec Julien Rousset. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2509046/jean-luc-barre-le-corps-d-origine Note de musique : © mollat Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Linkedin : https://www.linkedin.com/in/votre-libraire-mollat/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Vimeo : https://vimeo.com/mollat
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
torpedo   11 mai 2021
Le corps d'origine de Jean-Luc Barré
- Qui sait vraiment qui nous sommes, s'interroge l'avocat de sa voix cuivrée de fumeur de havanes. Ce que l'on connaît de nous, chacun dans son genre, se résume à peu de choses. Notre aspect le plus sommaire et le plus approximatif. Tout le reste, qui tient à notre vie profonde et n'intéresse que nous, est condamné, par la force des choses, à demeurer inavouable. C'est pourtant la seule vérité qui compte...
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hcdahlem   04 juin 2021
Le corps d'origine de Jean-Luc Barré
Héloïse de Chauvel représentait à cet égard le parti idéal. Fille d’un général de cavalerie dont elle était l'unique héritière, richement dotée du côté de sa mère de propriétés dans le Périgord et d’un manoir en Touraine, élevée dans les écoles religieuses les plus prisées, elle offrait tous les gages d’un parfait statut social. Guillaume n'avait pas eu à chercher loin pour la rencontrer: Héloïse assurait à l’Assemblée le secrétariat du groupe des députés de droite lorsqu'il avait remarqué cette grande jeune fille timide à la physionomie un peu austère. Les cheveux coupés court, un visage émacié aux pommettes hautes, un sourire désarmant de crainte ou d’ingénuité, elle parlait du bout des lèvres quand elle consentait, comme malgré elle, à sortir de son silence, On l'entendait à peine et elle semblait n'avoir qu’une hâte, se faire oublier pour retourner à des activités qu'elle menait avec une discrétion de fer. p. 131
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torpedo   11 mai 2021
Le corps d'origine de Jean-Luc Barré
Il a si bien réussi à faire oublier ses revirements passés et à se construire l'image d'un homme de pouvoir droit et inflexible, que plus personne ne s'étonne quand il prend plaisir à répéter : "Je ne suis pas de ceux qui changent d'avis à tout bout de champ. Je ne change pas tout court."
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torpedo   11 mai 2021
Le corps d'origine de Jean-Luc Barré
En attendant la succession promise, il consacre une partie de son temps, entre deux hauts postes administratifs, à se former sur le terrain. Exercice préparatoire qui lui impose chaque week-end d'arpenter inlassablement sa future circonscription, aux côtés du député toujours en place. D'aller, de fermes en villages, à la rencontre de chaque famille. D'assister, bien qu'incroyant, à chaque messe dominicale. De festoyer lors des foires, des comices agricoles et autres cérémonies d'intronisation par les confréries du cru. Sans négliger aucun banquet d'anciens combattants ni aucun déjeuner de premier de l'an dans les maisons de retraite, toujours présent les jours d'inauguration d'un nouveau bâtiment public ou du départ d'une course cycliste... Une corvée dont Guillaume Roussel semble ne jamais se lasser, apprécié de ses futurs électeurs qui lui accorderont largement leurs suffrages le jour où il pourra enfin se présenter seul devant eux.
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beamag87   20 mars 2017
Le grand et le trop court de Jean-Luc Barré
-Comment dire du bien de lui tout en exprimant ce que j'en pense réellement?

Je compte sur vous pur tout dire sans rien dire.

Vous m'avez compris.
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Floccus   05 février 2019
François Mauriac. Biographie intime. Tome 2 : 1940-1970 de Jean-Luc Barré
Parmi les multiples visiteurs qui (...) se succèdent au domicile de l'écrivain et viennent se recueillir devant le corps du défunt dont les mains jointes tiennent un bouquet d’œillets des champs (...), le moins attendu, le plus insolite et peut-être le plus mauriacien est l'acteur Michel Simon. Hirsute et bougonnant, à son habitude, le comédien surgit les yeux embués de larmes dans l'appartement du 38, avenue Théophile-Gautier où il passera une bonne partie de la journée, confiant aux journalistes qui s'étonnent de sa présence : "Voyez-vous, j'aimais beaucoup cet homme-là. Malgré toutes ses bondieuseries et ses "Je Vous salue Marie", il avait su rester un homme libre. Il savait prendre parti avec fracas... C'est curieux, un catholique qui a le sens de l'humour..." Mauriac se fût assurément réjoui d'un tel hommage, l'un des rares dont on l'ait gratifié qui ne devaient rien aux convenances... (465)
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Sepo   26 octobre 2015
Jacques et Raissa Maritain : Les mendiants du ciel de Jean-Luc Barré
Profanation de la charité en Espagne:



C'est un sacrilège horrible de massacrer des prêtres - fussent-ils fascistes, ce sont les ministres du Christ - en haine de la religion; et c'est un autre sacrilège, horrible aussi de massacrer des pauvres - fussent-ils"marxistes", c'est le peuple du Christ - au nom de la religion. C'est un sacrilège patent de brûler des églises et les images saintes [...]. C'est un autre sacrilège - à forme religieuse - d'affubler les soldats musulmans d'images du Sacré-Cœur pour qu'ils tuent saintement des fils de chrétiens et de prétendre enrôler Dieu dans les passions d'une lutte où l'adversaire est regardé comme indigne de tout respect et de toute pitié."p.429
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Floccus   25 janvier 2019
François Mauriac. Biographie intime. Tome 2 : 1940-1970 de Jean-Luc Barré


En février 1948, il provoque certains remous parmi ses lecteurs du Figaro en soulignant, à propos de l'assassinat de Gandhi, l'incapacité de l'Église contemporaine à faire entendre sa voix autrement que par "des actes officiels" et "des gestes diplomatiques", sans atteindre à l'efficacité, au rayonnement de ce "vieillard hindou" qui, "dans un monde voué au crime (...) aura régné par la douceur". Les lettres de protestation affluent. Mauriac y retrouve celle d'une de ses "correspondantes" régulières, signée "une mère de famille de quatre enfants qui sacrifie un quart d'heure pour vous crier son indignation..." La réaction qui le touche plus que toute autre arrive de Rome, via Jacques Maritain qui lui signale, "d'une façon naturellement tout à fait confidentielle", que la pape Pie XII a été "blessé" par son article. (181)

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hcdahlem   04 juin 2021
Le corps d'origine de Jean-Luc Barré
INCIPIT

Le soupçon

Ni vu ni connu, Guillaume Roussel a pris l’habitude de tricher sur presque tout depuis le début de sa carrière: l’argent, le sexe, les idées. Il n’en éprouve ni remords ni satisfaction. Tout au plus une certaine hantise, parfois, d’être démasqué. Mais il se rassure vite, conscient de n’être pas un cas isolé dans un univers comme le sien. Il considère même ce double jeu comme une particularité de son époque et l’un des travers de sa caste.

«Nous vivons dans un monde de faussaires», s’est-il exclamé, provocateur comme souvent, lors du dernier dîner de sa promotion, sans qu’aucun de ses voisins de table ne croie bon de se récrier ou de le contredire. On était entre soi et personne n’a semblé se demander à qui il faisait expressément allusion. Les mêmes qui se sont tus ce soir-là, par crainte ou approbation, s’empresseront quelques mois plus tard de voir dans cette formule de connivence un aveu qui n’engageait que lui.

Roussel sait qu’il partage avec nombre de ses condisciples le même « vice de fabrication » : des failles inavouables, des secrets indicibles qui pourraient se révéler compromettants s’ils ne scellaient entre eux, solidarité de corps oblige, une entente d’initiés. Un pacte d’entraide et de silence qui n’a fait que conforter Guillaume Roussel dans le sentiment de sa propre immunité.

Tout est usurpé dans son image publique, à commencer par la rigueur des principes et la fidélité aux valeurs dont il se réclame. Leader d’une droite qui se veut dure et intransigeante, Guillaume Roussel s’est doté, au fil du temps, d’un profil politique poussé jusqu’au stéréotype, allié à un physique adéquat : défenseur de l’ordre et de la tradition, gestionnaire sourcilleux, époux vertueux, chef de famille exemplaire, catholique de stricte obédience, sous l’aspect d’un homme d’allure policée, silhouette élancée, taille mince, visage aux traits virils et réguliers, cheveux bruns coupés court, sourire au charme étudié, voix ferme aux inflexions martiales, l’air d’être tout entier sous contrôle. Rien, si ce n’est le regard toujours un peu de biais, embusqué derrière des lunettes à fines montures, ne manque à cette panoplie sans tache reproduite à profusion sur ses affiches électorales et dans ses promesses de campagne.

Guillaume Roussel a forgé son autorité et sa réputation sur ce personnage d’emprunt, une façon d’être et de penser distincte de sa vraie vie. C’est ainsi qu’il a réussi, porté par une ambition débridée, à accéder aux plus hautes charges de l’État. Énarque, député de Saône-et-Loire à trente-cinq ans, ministre de l’Intérieur à cinquante, chef du gouvernement quatre ans plus tard. Ascension qualifiée d’irrésistible, à défaut d’autre explication, par des médias comme pris de court devant une telle facilité à se jouer des obstacles, une aptitude à séduire et s’imposer par une force de persuasion dont personne n’a jamais paru mettre en doute la sincérité ni soupçonner les faux-semblants. Ce qu’on appelle un parcours sans faute.

Le chef de l’État, Louis Moulins-Duthilleul, ayant dû renoncer, à près de quatre-vingts ans, à briguer un second mandat, on voit en Guillaume Roussel une sorte d’héritier naturel. Nul ne semble mieux placé, en tout cas, pour lui succéder. Roussel a quitté ses fonctions six mois avant l’échéance pour préparer la future campagne présidentielle. À cinquante-huit ans, faute de rival crédible et fort d’un bilan à Matignon jugé satisfaisant dans les sondages d’opinion, il a toutes chances de remporter l’élection. D’autant que sa désignation comme candidat, obtenue à la quasi-unanimité, a pris des allures de sacre lors du congrès de la Droite populaire. Une puissante machine de guerre électorale aussitôt mise en ordre de marche.

L’Élysée lui semble donc tout acquis quand au cours de la première quinzaine de février, à quelques semaines du premier tour fixé au 20 avril, une mauvaise rumeur s’est mise à circuler dans divers milieux parisiens.

À l’origine, un fait divers passé quasi inaperçu dans un premier temps : le meurtre un mois auparavant d’un jeune Marocain nommé Fouad Layannah. Son corps a été retrouvé poignardé au petit matin dans un square proche du boulevard Suchet, un des quartiers résidentiels les mieux préservés de la capitale. Cet assassinat focalise l’attention des médias depuis qu’un site d’information indépendant, baptisé Free Investigation, a révélé, dans les derniers jours de janvier, à la fois l’identité de la victime et les activités qui lui ont valu d’être fiché par les services de police.

Dans cette enquête, publiée à grand fracas, Fouad Layannah est présenté comme un escort-boy « très prisé des dignitaires de Rabat », qui aurait aussi entretenu des relations tarifées avec « certaines personnalités françaises ». Selon des sources officieuses, il aurait été éliminé pour avoir tenté de faire chanter des « clients haut placés ». Les mobiles du crime ne seraient pas seulement liés à la prostitution. D’autres pistes sont envisagées : trafic de drogue, escroquerie, règlement de comptes politique.

C’est un des proches de Guillaume Roussel, l’homme d’affaires franco-libanais Antoine Jelloul, qui l’a alerté le premier, peu avant la parution de l’article. Jelloul lui a téléphoné expressément à ce sujet, un soir vers minuit, depuis Tanger, une de ses escales favorites entre Dakar, Beyrouth et Paris. Il sortait d’un dîner où avait été évoqué, à mots couverts, un scandale sur le point d’éclater. « Diverses célébrités » y seraient impliquées, dont un ancien Premier ministre français. Jelloul, d’ordinaire très bien informé, n’en savait pas davantage sur l’homme politique en question, assurant que son nom n’avait pas été dévoilé. Mais au ton de sa voix, Roussel l’a senti inhabituellement prudent, évasif, comme s’il était tenu au secret. Jelloul et lui sont convenus d’en reparler dès leur prochaine rencontre à Paris.

Les choses se précisent peu après. Guillaume Roussel n’est pas attaqué ouvertement, son nom reste encore cité parmi d’autres sous le manteau. Mais les bruits qu’on lui rapporte de propos tenus en privé par certains de ses « amis » sont sans équivoque. C’est bien lui qui est directement visé. Il lui faut peu de temps pour s’en convaincre : au bout de quelques jours, comme déjà cerné par une meute invisible, il lui semble être pisté, épié, à la merci de regards où il ne lit que méfiance et soupçon. Chaque contact, même fortuit, ravive cette impression diffuse qui ne le quitte plus et pèse sur lui comme une ombre.

Au sein de son équipe rapprochée, personne n’ose aborder le problème. Un silence gêné qui a tout l’air d’une dérobade. L’attitude la plus surprenante est celle de son chef de cabinet, Pierre Servier. Également chargé de la direction de sa campagne, Servier, qui passe pour son homme de confiance, est devenu étrangement muet et absent. Le regard furtif, l’air embarrassé dès que Roussel s’efforce d’engager avec lui un début de conversation. Servier détient-il des renseignements inquiétants qu’il craindrait de lui livrer ? Estime-t-il les chances de son candidat déjà si compromises qu’il s’interroge sur la conduite à tenir ?

Pour tenter d’y voir clair, Roussel l’invite à déjeuner en tête à tête dans le salon privé d’un grand restaurant de Montparnasse, dont ils sont tous les deux familiers. Une pièce capitonnée de velours rouge, protégée par un rideau grenat à l’abri duquel ils ont fomenté, au cours des dernières années, alliances et complots en tous genres.

Ils commandent chacun une sole sèche et une bouteille d’eau minérale. Leur conversation, passé les banalités d’usage, a du mal à s’enclencher, entrecoupée de longs silences, comme s’ils avaient déjà perdu l’habitude de se parler. Roussel, qui mange vite, est près de finir son plat quand Servier, la mastication plus lente, semble s’ingénier à ne jamais terminer le sien. L’échange, entre deux bouchées, se limite à des questions d’intendance. Le candidat les évacue d’un geste de la main sans même feindre de s’y intéresser, alors que Servier s’attache à ne lui épargner aucun détail.
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Floccus   05 février 2019
François Mauriac. Biographie intime. Tome 2 : 1940-1970 de Jean-Luc Barré


Lorsque éclatent les événements de mai 1968, François Mauriac n'est pas l'homme le mieux préparé à comprendre et moins encore à approuver les raisons profondes d'une révolte étudiante qui le prend de court, comme la plupart des observateurs et responsables politiques. Il a beau être un adorateur de la jeunesse, rien ne le prédispose à soutenir les aspirations de celle-ci à une plus grande libéralisation des moeurs, à un épanouissement sexuel dégagé de toute morale - si ce n'est le regret faussement indigné qu'il exprimait à Roger Stéphane, peu après la clôture de Vatican II, qu'on ne l'eût pas prévenu "plus tôt", quant à lui, que "le péché de la chair n'avait pas d'importance..." (437)
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