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Note moyenne 4.33 /5 (sur 84 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Martigues , le 30/07/1978
Biographie :

Ancien élève de l’École Normale Supérieure et agrégé d’histoire, Johann Chapoutot est Maître de conférences en histoire à l’université Pierre Mendès-France à Grenoble.

Il consacre ses travaux à l'histoire de la culture nazie, notamment dans son essai intitulé Le national-socialisme et l’Antiquité.

Spécialiste d’histoire politique et culturelle, Johann Chapoutot utilise le cinéma comme une source importante de recherche. Il enseigne l'histoire contemporaine de l'Allemagne depuis 1806, ainsi que l'histoire mise en regard avec le cinéma.

En 2015, il conteste la pertinence de rééditer Mein Kampf d'Adolf Hitler.

En 2016, il collabore en tant que spécialiste du nazisme avec Christian Ingrao au documentaire Hitler et les apôtres du mal qui dépeint "Hitler en dilettante et paresseux, ne supportant " pas l’effort intellectuel de longue haleine ", mais sachant parfaitement s’entourer."
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Source : France Inter
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Historien du nazisme et de sa vision du monde, Johann Chapoutot a récemment fait paraître un essai dont la réception n’a pas été unanimement favorable : "Libre d’obéir : le management, du nazisme a aujourd’hui". Il revient avec Julien Théry sur la démarche du livre et profite de l'occasion pour répondre aux objections qui lui ont été opposées.
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Citations et extraits (103) Voir plus Ajouter une citation
PostTenebrasLire   30 mai 2020
Libres d'obéir : Le management, du nazisme à aujourd'hui de Johann Chapoutot
Pour ne pas être dépendant des juges et de leur laxisme supposé, le « mouvement » nazi institue un état d’urgence, voire d’exception, permanent en dotant la police, avec les ordonnances de février 1933, de pouvoirs exorbitants en matière de répression politique.
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PostTenebrasLire   27 mai 2020
Hitler de Johann Chapoutot
Cet homme n’était pas omnipotent, ni le génie qu’il a prétendu être. Avec des talents, une énergie et une rage personnelle évidents, il a été servi par une conjoncture qu’il a su exploiter mais qui s’est retournée contre lui lorsque la guerre est devenue si défavorable à l’Allemagne. C’est peut-être là aussi l’une des missions des historiens : déconstruire patiemment les mythes.
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PostTenebrasLire   28 mai 2020
Comprendre le nazisme de Johann Chapoutot
Il me semble que Mein Kampf est, au fond, une pierre assez secondaire dans la construction de l’édifice de cette vision du monde nazie. Cette vision du monde nazie, elle a été construite par des milliers de gens qui ont travaillé : des idéologues, des journalistes, des philosophes, des médecins, des anthropologues et des scientifiques de tous ordres
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PostTenebrasLire   22 mai 2020
Comprendre le nazisme de Johann Chapoutot
Se poser la question du « pourquoi » et du « pourquoi » des bourreaux – pourquoi les bourreaux ont agi ainsi ? Quel sens ont-ils conféré à leur action ? –, c’est bien montrer que le crime nazi a été un acte hélas humain, trop humain, et que donc il est plausible.
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PostTenebrasLire   24 mai 2020
Libres d'obéir : Le management, du nazisme à aujourd'hui de Johann Chapoutot
Les historiens et les politistes ont donné à cette improbable organisation le nom de « polycratie » : ce qui caractérise le IIIe Reich est en effet la multiplicité des instances de pouvoir et de décision, ainsi que leur compétition incessante. Le constat est, en première instance, surprenant : « rigueur allemande » et « goût de l’ordre » ne sont pas au rendez-vous, moins encore la logique « totalitaire » de l’unité et de la verticalité.
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PostTenebrasLire   22 mai 2020
Hitler de Johann Chapoutot
Hitler a voulu léguer à la postérité un mythe qu’il avait soigneusement organisé quelques années auparavant.
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PostTenebrasLire   19 mai 2020
Libres d'obéir : Le management, du nazisme à aujourd'hui de Johann Chapoutot
Alors que le IIIe Reich se donnait les apparences de l’ordre le plus strict qui fût, son fonctionnement évoquait plus un système instable et chaotique que les chorégraphies impeccables des défilés.
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Ogrimoire   19 mai 2019
Hitler de Johann Chapoutot
Il faut bien comprendre l’affectivité qui porte l’intériorisation d’un tel système de croyance. Les nazis ont une approche extraordinairement angoissée du monde, constituée d’ennemis ligués qui veulent conduire l’Allemagne à sa perte en tant qu’État, que nation, mais aussi en tant qu’entité biologique ; les Français ont envahi la Ruhr avec des troupes de couleur, des tirailleurs sénégalais notamment, et il s’agit là, à leurs yeux, comme pour tous les compteurs de la Rassenschande (la honte noire), d’une atteinte fondamentale et délétère au patrimoine racial allemand.
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Johann Chapoutot
arcade_d   27 février 2020
Johann Chapoutot
Les contradictions se cumulent ainsi aux paradoxes. Premier paradoxe apparent : un ancien SS imagine un modèle de management non autoritaire. Second paradoxe : l'injonction contradictoire de la liberté d'obéir. Cette accumulation de contradictions semble constitutive d'une perversion bien réelle, au sens le plus classique du terme : la méthode de Bad Harzburg, comme les méthodes de management par objectifs qui lui sont apparentées, repose sur un mensonge fondamental, et fait dévier l'employé, ou le subordonné, d'une liberté promise vers une aliénation certaine, pour le plus grand confort de la Führung, de cette « direction » qui ne porte plus elle seule la responsabilité de l'échec potentiel ou effectif.

La conséquence de ces contradictions et de cette perversion est tout sauf théorique : ne jamais penser les fins, être cantonné au seul calcul des moyens est constitutif d'une aliénation au travail dont on connaît les symptômes psychosociaux : anxiété, épuisement, « burn out » ainsi que cette forme de démission intérieure que l'on appelle désormais le « bore out », cette « démission intérieure ».
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arcade_d   28 février 2020
Libres d'obéir : Le management, du nazisme à aujourd'hui de Johann Chapoutot
Des penseurs politiques, sensibles à cette évolution économique, ont répondu très tôt que le salut résidait dans le refus – refus de la hiérarchie, de l'autorité, refus de la contrainte et de la subordination – en somme l'anarchie, au sens le plus strict du terme (le refus du pouvoir de contrainte).

Leur réponse inaugurait une nouvelle société politique, sans sociétés économiques, sans, ou alors de taille très réduite. L'idéal, comme chez Rousseau déjà, se révélait être le travailleur indépendant – l'horloger ou le lapidaire jurassien, le producteur libre ou l'artiste, chantés par Proudhon, et chers à son compatriote Courbet, qui partageait ses idées.

Ces auteurs et ces idées n'ont cessé d'inspirer des pratiques alternatives, des coopératives égalitaires aux reconversions néorurales, en passant par les retrouvailles de cadres lassés par leur aliénation avec une activité artisanale enfin indépendante. Une Arcadie "an-archique", délivrée de la subordination et du management, qui n'est pas un paradis pour autant. La réalité du travail, de l'effort à fournir, d'une certaine anxiété face au résultat, demeure, mais sans l'aliénation. « Qu'il est doux de travailler pour soi », entend-on chez ceux qui sont heureux de réhabiliter une maison et d'en faire revivre le potager.

Solipsisme naïf et irresponsable ?

Peut-être pas, comme le montre le succès de l'économie sociale et solidaire - et le partage des légumes dudit potager : on peut travailler pour soi et être utile aux autres. On se situe ici aux antipodes des structures, des idéaux et du monde de Reinhard Höhn, auquel on peut préférer Hegel : le travail humain, c'est le travail non aliéné, qui permet a l'esprit de se réaliser et de se connaître par la production d'une chose (res) qui l'exprime et qui lui ressemble - pâtisserie ou bouture, livre ou objet manufacturé - et non cette activité qui réifie l'individu, le transforme en objet – « ressource humaine », « facteur travail », « masse salariale » voué au benchmarking, a l'entretien d'évaluation et à l'inévitable réunion Powerpoint.

Discipliner les femmes et les hommes en les considérant comme de simples facteurs de production et dévaster la Terre, conçue comme un simple objet, vont de pair. En poussant la destruction de la nature et l'exploitation de la « force vitale » jusqu'à des niveaux inédits, les nazis apparaissent comme l'image déformée et révélatrice d'une modernité devenue folle – servie par des illusions (la « victoire finale » ou la « reprise de la croissance ») et par des mensonges (« liberté », « autonomie ») dont des penseurs du management comme Reinhard Höhn ont été les habiles artisans.

Son destin personnel montre toutefois que ces idées n'ont qu'un temps et que leurs auteurs ont leur époque. Hõhn a pâti des révélations sur son passé et des critiques adressées à son modèle managérial - critiques internes, fourbies par d'autres modèles. Les temps peuvent également changer sous l'effet de circonstances plus générales et plus pressantes : notre regard sur nous-mêmes, sur autrui et sur le monde, pétri de « gestion », de « lutte » et de « management » par quelques décennies d'économie hautement productiviste et de divertissements bien orientés (de « l'industrie Walt Disney », du « maillon faible », aux jeux concurrentiels de télé-réalité) changera peut-être en raison du caractère parfaitement irréaliste de notre organisation économique et de nos « valeurs ».
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