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Note moyenne 4.14 /5 (sur 162 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Martigues , le 30/07/1978
Biographie :

Ancien élève de l’École Normale Supérieure et agrégé d’histoire, Johann Chapoutot est Maître de conférences en histoire à l’université Pierre Mendès-France à Grenoble.

Il consacre ses travaux à l'histoire de la culture nazie, notamment dans son essai intitulé Le national-socialisme et l’Antiquité.

Spécialiste d’histoire politique et culturelle, Johann Chapoutot utilise le cinéma comme une source importante de recherche. Il enseigne l'histoire contemporaine de l'Allemagne depuis 1806, ainsi que l'histoire mise en regard avec le cinéma.

En 2015, il conteste la pertinence de rééditer Mein Kampf d'Adolf Hitler.

En 2016, il collabore en tant que spécialiste du nazisme avec Christian Ingrao au documentaire Hitler et les apôtres du mal qui dépeint "Hitler en dilettante et paresseux, ne supportant " pas l’effort intellectuel de longue haleine ", mais sachant parfaitement s’entourer."
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Source : France Inter
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Historien du nazisme et de sa vision du monde, Johann Chapoutot a récemment fait paraître un essai dont la réception n’a pas été unanimement favorable : "Libre d’obéir : le management, du nazisme a aujourd’hui". Il revient avec Julien Théry sur la démarche du livre et profite de l'occasion pour répondre aux objections qui lui ont été opposées.

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Citations et extraits (153) Voir plus Ajouter une citation
PrettyYoungCat   29 juillet 2020
Comprendre le nazisme de Johann Chapoutot
Le cas états-unien maintenant. Il s'agit (...) de maintenir, par la violence s'il le faut, un ordre social fondé sur l'esclavage, puis, après 1865, sur l'exploitation quasi servile d'une main-d’œuvre soumise à la ségrégation. Cela implique et justifie l'emploi de la violence civile et/ou militaire, policière en tout cas, sur le territoire des États-Unis, mais également la tolérance vis-à-vis des coutumes de domination des anciens maîtres sur leurs anciens esclaves : le passage à tabac, la mort violente par lynchage... Ce n'est pas forcément un crime puni par le code pénal américain que de lyncher un Noir qui aurait voulu prendre la main d'une Blanche, au contraire c'est rétablir un ordre naturel sain d'une société qui doit être préservée comme doivent être préservées la séparation des races, la pureté des sangs voulues par le Créateur. Le juriste James Whitman a bien montré ce que les nazis devaient aux Américains et aux lois Jim Crow.
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Ogrimoire   19 mai 2019
Hitler de Johann Chapoutot
Il faut bien comprendre l’affectivité qui porte l’intériorisation d’un tel système de croyance. Les nazis ont une approche extraordinairement angoissée du monde, constituée d’ennemis ligués qui veulent conduire l’Allemagne à sa perte en tant qu’État, que nation, mais aussi en tant qu’entité biologique ; les Français ont envahi la Ruhr avec des troupes de couleur, des tirailleurs sénégalais notamment, et il s’agit là, à leurs yeux, comme pour tous les compteurs de la Rassenschande (la honte noire), d’une atteinte fondamentale et délétère au patrimoine racial allemand.
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arcade_d   27 février 2020
Libres d'obéir : Le management, du nazisme à aujourd'hui de Johann Chapoutot
La conversion de l'ancien SS aux principes d'individualisme et d'autonomie n'était cependant qu'apparente : entre ce que Höhn prône et écrit dans les années 1933-1945 et ce qu’il enseigne à partir de 1956, il n'y a aucune solution de continuité, mais bien une impressionnante suite dans les idées.

Pendant les douze ans de la domination nazie en Allemagne, un régime hostile à la liberté a prétendu être, par la voix de ses juristes et théoriciens, la réalisation de la liberté « germanique ». Un de ses intellectuels est devenu, après 1945, le penseur d'un management non autoritaire - paradoxe apparent pour un ancien SS, mais apparent seulement, pour celui qui voulait rompre avec l'État absolutiste, voire avec l'État tout court, et faire advenir la liberté d'initiative de l'agent et des agences.

Cette liberté était cependant une injonction contradictoire : dans le management imaginé par Höhn, on est libre d'obéir, libre de réaliser les objectifs imposés par la Führung. La seule liberté résidait dans le choix des moyens, jamais dans celui des fins. Höhn est en effet tout sauf un libertaire ou un anarchiste : les milliers d'entreprises (2 440 de 1956 à 1969) qui lui envoient leurs cadres en sont pleinement conscientes.
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Johann Chapoutot
arcade_d   27 février 2020
Johann Chapoutot
Les contradictions se cumulent ainsi aux paradoxes. Premier paradoxe apparent : un ancien SS imagine un modèle de management non autoritaire. Second paradoxe : l'injonction contradictoire de la liberté d'obéir. Cette accumulation de contradictions semble constitutive d'une perversion bien réelle, au sens le plus classique du terme : la méthode de Bad Harzburg, comme les méthodes de management par objectifs qui lui sont apparentées, repose sur un mensonge fondamental, et fait dévier l'employé, ou le subordonné, d'une liberté promise vers une aliénation certaine, pour le plus grand confort de la Führung, de cette « direction » qui ne porte plus elle seule la responsabilité de l'échec potentiel ou effectif.

La conséquence de ces contradictions et de cette perversion est tout sauf théorique : ne jamais penser les fins, être cantonné au seul calcul des moyens est constitutif d'une aliénation au travail dont on connaît les symptômes psychosociaux : anxiété, épuisement, « burn out » ainsi que cette forme de démission intérieure que l'on appelle désormais le « bore out », cette « démission intérieure ».
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arcade_d   28 février 2020
Libres d'obéir : Le management, du nazisme à aujourd'hui de Johann Chapoutot
Des penseurs politiques, sensibles à cette évolution économique, ont répondu très tôt que le salut résidait dans le refus – refus de la hiérarchie, de l'autorité, refus de la contrainte et de la subordination – en somme l'anarchie, au sens le plus strict du terme (le refus du pouvoir de contrainte).

Leur réponse inaugurait une nouvelle société politique, sans sociétés économiques, sans, ou alors de taille très réduite. L'idéal, comme chez Rousseau déjà, se révélait être le travailleur indépendant – l'horloger ou le lapidaire jurassien, le producteur libre ou l'artiste, chantés par Proudhon, et chers à son compatriote Courbet, qui partageait ses idées.

Ces auteurs et ces idées n'ont cessé d'inspirer des pratiques alternatives, des coopératives égalitaires aux reconversions néorurales, en passant par les retrouvailles de cadres lassés par leur aliénation avec une activité artisanale enfin indépendante. Une Arcadie "an-archique", délivrée de la subordination et du management, qui n'est pas un paradis pour autant. La réalité du travail, de l'effort à fournir, d'une certaine anxiété face au résultat, demeure, mais sans l'aliénation. « Qu'il est doux de travailler pour soi », entend-on chez ceux qui sont heureux de réhabiliter une maison et d'en faire revivre le potager.

Solipsisme naïf et irresponsable ?

Peut-être pas, comme le montre le succès de l'économie sociale et solidaire - et le partage des légumes dudit potager : on peut travailler pour soi et être utile aux autres. On se situe ici aux antipodes des structures, des idéaux et du monde de Reinhard Höhn, auquel on peut préférer Hegel : le travail humain, c'est le travail non aliéné, qui permet a l'esprit de se réaliser et de se connaître par la production d'une chose (res) qui l'exprime et qui lui ressemble - pâtisserie ou bouture, livre ou objet manufacturé - et non cette activité qui réifie l'individu, le transforme en objet – « ressource humaine », « facteur travail », « masse salariale » voué au benchmarking, a l'entretien d'évaluation et à l'inévitable réunion Powerpoint.

Discipliner les femmes et les hommes en les considérant comme de simples facteurs de production et dévaster la Terre, conçue comme un simple objet, vont de pair. En poussant la destruction de la nature et l'exploitation de la « force vitale » jusqu'à des niveaux inédits, les nazis apparaissent comme l'image déformée et révélatrice d'une modernité devenue folle – servie par des illusions (la « victoire finale » ou la « reprise de la croissance ») et par des mensonges (« liberté », « autonomie ») dont des penseurs du management comme Reinhard Höhn ont été les habiles artisans.

Son destin personnel montre toutefois que ces idées n'ont qu'un temps et que leurs auteurs ont leur époque. Hõhn a pâti des révélations sur son passé et des critiques adressées à son modèle managérial - critiques internes, fourbies par d'autres modèles. Les temps peuvent également changer sous l'effet de circonstances plus générales et plus pressantes : notre regard sur nous-mêmes, sur autrui et sur le monde, pétri de « gestion », de « lutte » et de « management » par quelques décennies d'économie hautement productiviste et de divertissements bien orientés (de « l'industrie Walt Disney », du « maillon faible », aux jeux concurrentiels de télé-réalité) changera peut-être en raison du caractère parfaitement irréaliste de notre organisation économique et de nos « valeurs ».
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PostTenebrasLire   17 septembre 2020
Libres d'obéir : Le management, du nazisme à aujourd'hui de Johann Chapoutot
Être rentable / performant / productif (leistungsfähig) et s’affirmer (sich durchsetzen) dans un univers concurrentiel (Wettbewerb) pour triompher (siegen) dans le combat pour la vie (Lebenskampf) : ces vocables typiques de la pensée nazie furent les siens après 1945, comme ils sont trop souvent les nôtres aujourd’hui. Les nazis ne les ont pas inventés – ils sont hérités du darwinisme social militaire, économique et eugéniste de l’Occident des années 1850-1930 – mais ils les ont incarnés et illustrés d’une manière qui devrait nous conduire à réfléchir sur ce que nous sommes, pensons et faisons.
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PostTenebrasLire   25 novembre 2020
Comprendre le nazisme de Johann Chapoutot
Il ne faut jamais perdre de vue que des politiques ultra-criminelles comme la Shoah n’ont pas été possibles uniquement grâce aux 250 000 Allemands qui ont été des exécutants immédiats. Il n’y a pas de Shoah sans gendarmes et préfets français. Il n’y pas de Shoah sans nationalistes lituaniens. Il n’y a pas de Shoah sans Oustachis croates. Il n’y a pas de Shoah sans policiers hongrois. Des représentants de presque tous les pays d’Europe y ont participé
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Luniver   12 août 2020
Libres d'obéir : Le management, du nazisme à aujourd'hui de Johann Chapoutot
Le syndicat unique, organisation corporatiste, met ainsi fin à la lutte des classes et aux stériles oppositions entre patronat et employés ou ouvriers. Sa division chargée des loisirs, la KdF, a pour mission de rendre le lieu de travail beau et heureux, et de permettre la reconstitution de la force productive des ouvriers. C'est ainsi la KdF qui organise des concerts de musique classique dans les ateliers des usines, complaisamment couverts par les actualités cinématographiques du Reich lorsqu'une sommité du monde artistique comme Herbert von Karajan, est à la baguette. Un département de l'organisation KdF, l'Amt Schönheit der Arbeit (Beauté du travail), est chargé de la réflexion portant sur la décoration, l'ergonomie, la sécurité au travail et les loisirs sur le lieu de production. Étonnante modernité nazie : l'heure n'est pas encore aux baby-foot, aux cours de yoga ni aux chief happiness officers, mais le principe et l'esprit sont bien les mêmes. Le bien-être, sinon la joie, étant des facteurs de performance et des conditions d'une productivité optimale, il est indispensable d'y veiller.
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arcade_d   26 février 2020
Libres d'obéir : Le management, du nazisme à aujourd'hui de Johann Chapoutot
Néfaste et funeste, l'État l'est d'autant plus qu'il semble prendre un malin plaisir à entraver et étouffer les forces vives » par une réglementation tatillon ne, mise en oeuvre par tous les ronds-de-cuir sans imagination et tous les eunuques serviles qui peuplent la fonction publique : ce caillot réglementaire, cette infection administrative coagulent le sang, les flux et

les dynamiques de la race germanique au lieu de les fluidifier et d'encourager leur circulation. Dans ces conditions, la thrombose est inévitable, et la mort est certaine si un tournant salutaire n'est pas pris. Les multiples appels à la « simplification » des règles et « esprit bureaucratique », la stigmatisation violente des fonctionnaires et des juges qui ont encore le mauvais esprit d'appliquer la loi – tout cela procède de l'héritage social-darwiniste et participe d'un idéal de libération de la germanité, encore trop entravée par des lois rédigées et promulguées par des Juifs.
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Luniver   11 août 2020
Libres d'obéir : Le management, du nazisme à aujourd'hui de Johann Chapoutot
Dans ses responsabilités et en raison de ses hautes fonctions, Herbert Backe s'est intéressé à l'organisation du travail, à la direction des hommes, à ce que nous appelons le "management". Il n'est pas le seul, loin de là. Certains nazis en ont même fait, comme nous le verrons, une carrière et une œuvre après la guerre. Il n'y a à cela rien d'étonnant. L'Allemagne était le lieu d'une économie complexe et développée, avec une industrie puissante et abondance, où les ingénieurs-conseils, comme en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni et ailleurs en Europe, réfléchissaient à l'organisation optimale de la force de travail. Le management a une histoire qui commence bien avant le nazisme, mais cette histoire s'est poursuivie et la réflexion s'est enrichie durant les douze ans du IIIe Reich, moment managérial, mais aussi matrice de la théorie et de la pratique du management pour l'après-guerre.
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