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Note moyenne 4.37 /5 (sur 23 notes)

Nationalité : Canada
Biographie :

Marie Uguay (22 avril 1955 - 26 octobre 1981) était une poète francophone canadienne réputée au Québec.
Elle est née dans le quartier Ville-Émard de Montréal.
Victime d'un cancer des os, elle fut amputée de sa jambe droite à l'âge de 21 ans pendant qu'elle poursuivait des études de littérature à l'Université du Québec à Montréal. Elle est décédée d'un cancer à l'âge de 26 ans le 26 octobre 1981.
La Maison de la culture Marie-Uguay a depuis été baptisée en son nom à Ville-Émard.

Elle est née sous le nom de Marie Lalonde mais elle emprunta plus tard le nom de son grand-père maternel, un professeur de violon et amateur de littérature qu'elle admirait beaucoup. Elle s'initia à l'écriture très jeune, écrivant des histoires pour son propre plaisir. Elle découvrit rapidement son amour de la poésie puisqu'elle adorait les images et la vie que l'on donne à un texte grâce à cet art littéraire.
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Source : wikipedia
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Cette musique intense je ne l'oublie pas..., Marie Uguay lu par l'auteure

Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
Marie Uguay
dolly31   08 juin 2020
Marie Uguay
Maintenant nous sommes assis...



maintenant nous sommes assis à la grande terrasse

où paraît le soir et les voix parlent un langage inconnu

de plus en plus s’efface la limite entre le ciel et la terre

et surgissent du miroir de vigoureuses étoiles

calmes et filantes



plus loin un long mur blanc

et sa corolle de fenêtres noires



ton visage a la douceur de qui pense à autre chose

ton front se pose sur mon front

des portes claquent des pas surgissent dans l’écho

un sable léger court sur l’asphalte

comme une légère fontaine suffocante



en cette heure tardive et gisante

les banlieues sont des braises d’orange



tu ne finis pas tes phrases

comme s’il fallait comprendre de l’œil

la solitude du verbe

tu es assis au bord du lit

et parfois un grand éclair de chaleur

découvre les toits et ton corps





« Maintenant nous sommes assis... »,L’Outre-Vie dans Poèmes, Montréal, Les Éditions du Boréal, 2005.
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nadejda   02 octobre 2011
Journal de Marie Uguay
Ecrire c'est une façon de connaître. Dans connaître il y a le mot naître. Naître sans cesse au réel d'une connaissance jamais intransigeante et dominatrice, mais toujours spéculative. C'est multiplier sa vie dans et par le langage, vivre comme dans un lieu où tout part et tout revient sans cesse. C'est approfondir la face autobiographique des rêves. C'est une autre forme de l'amour fou. p 182
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sabine59   24 mai 2017
Poèmes de Marie Uguay


Souvenir odorant des pages

lecture derrière les vitres trempées

languissement des caresses

plusieurs envols ont créé ce tremblement des mots

brèche lourde du soleil



(" Signe et rumeur")
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nadejda   16 juillet 2014
Poèmes de Marie Uguay
L’Outre-vie



« Ecartelée entre les termes du désir, sa démence est d’avoir cru possible, même le seul temps de son cri, que cet écartèlement pouvait se rompre pour l’accueillir. » Marguerite Duras La femme du Gange



L’outre-vie c’est quand on n’est pas encore dans la vie, qu’on la regarde, que l’on cherche à y entrer. On n’est pas morte mais déjà presque vivante, presque née, en train de naître peut-être, dans ce passage hors frontière et hors temps qui caractérise le désir. Désir de l’autre, désir du monde. Que la vie jaillisse comme dans une outre gonflée. Et l’on est encore loin. L’outre-vie comme l’outre-mer ou l’outre-tombe. Il faut traverser la rigidité des évidences, des préjugés, des peurs, des habitudes, traverser le réel obtus pour entrer dans une réalité à la fois plus douloureuse et plus plaisante, dans l’inconnu, le secret, le contradictoire, ouvrir ses sens et connaître. Traverser l’opacité du silence et inventer nos existences, nos amours, là où il n’y a plus de fatalité d’aucune sorte. p 39
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Lali   10 février 2011
Poèmes de Marie Uguay
Aux matins d’eau morte

châssis d’abîme aux labours des mois et des amours

sous les paupières du demi-sommeil

j’entends ton souffle pénétrer la lumière



Le printemps rose et suant

monte des forêts

L’été chauffé à blanc

Octobre dans son sang

et ses écorces vermoulues

L’hiver avec le rythme sourd de l’espace



Mesures du temps et toi dans l’ardente substance



Tout un voyage est resté en nous

et notre rêve dérive

vers le reste du monde
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nadejda   02 octobre 2011
Journal de Marie Uguay
Printemps : plus beau mot de la langue française. La lumière s'en vient, ô quel espoir, la plus belle saison du monde, le miracle et l'amour fou. On a l'impression que l'impossible est derrière la porte.(...) Ce pays trop muet soudain me chante tant de murmure et me chante tant de douceurs. Mes racines s'allongent, que mes fruits se forment un jour à la plénitude du printemps et de la parole, que les étés les transportent sur leurs bras tendus vers le rire. La sève monte dans les érables, on entend gronder sa force ténébreuse qui nous nourrira de plaisir. Voici la grande respiration des érables en mars. p 206
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nadejda   05 octobre 2011
Journal de Marie Uguay
A-t-on déjà vu quelque chose de plus pur que ce blanc qui ruisselle à l'appel du noir... Page blanche et la tache du mot en noir. Sur un rouleau qui défie et l'espace et le temps, rouleau de soie blanche où quelques feuilles de bambou comme une écriture nerveuse. Tout respire, n'est que rythme, comme un pouls, une marée. Source secrète rendue visible. Promesse tenue. J'ai le goût d'écrire rien que pour voir vibrer cette lumière autour. p 237
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nadejda   16 juillet 2014
Poèmes de Marie Uguay
Attendre, l'esprit séduit par les reflets roses de l'averse nocturne. Et le vent devient une langue sur les paupières et sur les joues, passe dans le cou, raconte d'autres nuits. Certaines sont des draps tirés sur des cachotteries d'enfants, sur des sourires, gardiens involontaires, et d'autres bellement ridées sont des premiers secrets, des premiers loups. La ville se déplie et s'irise de tout l'ample délassement de l'air. Attendre n'a plus d'importance et la nuit se confie à nous avant le sommeil. La nuit est amoureuse confusion mentale. Et l'odeur de toi dans les linges de l'aube. p 185
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Lali   10 février 2011
Poèmes de Marie Uguay
Le soir d’avril nous ignore

Les forêts cachent leur cœur sagace

les bords de mer leur douceur de ne pas mourir

la pierre sa science de lumière

Tous les lieux de la terre nous ignorent

Tu n’es plus seul à vieillir

il y a près de toi des yeux immobiles
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nadejda   02 octobre 2011
Journal de Marie Uguay
L'amour fou nous aide à désapprendre. Pour créer il faut tout désapprendre, il faut douter de tout, regarder chaque chose avec étonnement, détruire les formes et produire des sens multiples, fluctuants et émouvants. p 181
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