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Note moyenne 4.05 /5 (sur 101 notes)

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Fontana, Californie , 1946
Biographie :

Mike Davis est ethnologue, sociologue et historien.


Il débuta comme ouvrier des abattoirs, puis entreprit des études et s'intéressa au marxisme. Il a pu aborder de nombreux sujets, et notamment la lutte des classes à travers l'étude des problèmes fonciers de Los Angeles, le développement des bidonvilles et la militarisation de la vie sociale à travers les mesures sécuritaires.


Il est actuellement professeur d'histoire à l'université de Californie à Irvine, membre du comité de rédaction de la New Left Review et collaborateur de la Socialist review, revue du Socialist Workers Party anglais.

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Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
deuxquatredeux   05 septembre 2014
Petite histoire de la voiture piégée de Mike Davis
Toute histoire d'une technologie donnée court le risque de l'autisme et de l’exagération. Il est trop facile de croire que le monde moderne n'est que l'addition de ses inventions et de leurs conséquences sociales automatiques: la machine à vapeur engendre le socialisme, les voyages en train le tourisme, la radio les dictateurs, les ordinateurs les "nerds", et ainsi de suite. Mais comme Marx nous avait prévenus il y a déjà longtemps, l'avenir d'une innovation dépend de l'existence de structures sociales (ou de "rapports de production") capables de développer son potentiel et de tirer profit de ses performances. Les Grecs d'Alexandrie, par exemple, s'amusaient avec des jouets propulsés à la vapeur, mais à une époque ou la main d’œuvre servile était abondante, ils n'avaient nul besoin d'une technologie économisant le travail humain. De la même façon, la voiture piégée en tant qu'arme terroriste existait en puissance pratiquement plus d'une génération avant que le groupe Stern s'en serve pour semer la haine en Palestine; son évolution ultérieure pendant la guerre froide, tout comme l'essor du "terrorisme" en général, fut en partie freinée par l'autorité des superpuissances et leurs réseaux d'alliances. Mais, après Beyrouth et Kaboul, et entre autres grâce à Bill Casey et à ses collaborateurs pakistanais, elle a proliféré dans le monde entier comme une mauvaise herbe, prenant racine dans les milliers de fissures créées par les conflits ethniques et religieux que, paradoxalement, la mondialisation a mis au jour. Elle fleurit également dans les territoires sinistrés par une inégalité extrême, à la périphérie des villes pauvres, et même dans les recoins désespérés du Midle-West américain.
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steka   05 septembre 2014
Au-delà de Blade Runner de Mike Davis
Les discours politiques mettent constamment en avant le ressentiment à l'égard des pauvres et des gens de couleur, alors qu'ils passent discrètement sous silence les structures réelles de l'inégalité urbaine.
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steka   20 mars 2013
City of Quartz : Los Angeles, capitale du futur de Mike Davis
Dans une société de plus en plus réactionnaire et barricadée, où la solidarité est strictement rationnée par le déficit budgétaire et la révolte fiscale des classes moyennes (..), comment s'étonner que les jeunes des quartiers pauvres nourrissent leurs propres fantasmes de pouvoir les armes à la main ?

Les signes d'un désastre imminent sont omniprésents, et toute une génération est entraînée vers une impossible apocalypse.
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steka   20 mars 2013
City of Quartz : Los Angeles, capitale du futur de Mike Davis
Préface

Le noyau de City of Quartz est sans doute le chapitre 4, " La forteresse L.A. ", qui analyse la privatisation et la militarisation sournoise de l'espace public à travers les innovations urbanistiques et architecturales et les technologies du contrôle policier.
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art-bsurde   09 mars 2015
Le pire des mondes possibles : De l'explosion urbaine au bidonville global de Mike Davis
Les barrages institutionnels à la croissance urbaine rapide ont été levés par la conjonction paradoxale de la contre-révolte coloniale et de l'indépendance nationale en Afrique et en Asie, et par le renversement des dictatures et des régimes à faible croissance en Amérique Latine. Poussés vers les villes par des forces brutales et irrésistibles, les pauvres revendiquèrent leur "droit de cité" avec avidité, même si celui-ci se résumait à un taudis à la périphérie. Plus encore que la famine et la dette, la guerre civile et sa répression ont été les leviers les plus cruellement efficaces de l'urbanisation informelle des années 1950 et 1960.
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art-bsurde   05 septembre 2015
Le pire des mondes possibles : De l'explosion urbaine au bidonville global de Mike Davis
En 1974-1975, le Fonds monétaire international, suivi par la Banque mondiale, fit passer l'objet prioritaire de son attention des pays industrialisés développés à un tiers monde chancelant sous l'impact de la flambée des prix du pétrole. A mesure qu'augmentait le volume de ses prêts, le FMI multiplia et durcit les « conditionnalités » et « ajustements structurels » qu'il imposait aux nations débitrices. Comme l'économiste Frances Stewart le souligne dans son étude majeure, les « développements exogènes qui nécessitaient un ajustement n'étaient pas pris en compte par ces institutions – les plus important d'entre eux étant la chute des prix des biens de consommation et le coût exorbitant du service de la dette », mais toutes les politiques intérieures et tous les programmes publics constituaient un gibier légal pour l’imposition de coupes budgétaires. En août 1982, quand le Mexique menaça de cesser ses remboursements, aussi bien le FMI que la Banque Mondiale, en synchronisation avec les plus grandes banques privées, étaient explicitement devenus les bras armés de la révolution capitaliste internationale prônée par les régimes de Reagan, Thatcher et Kohl. Le plan Baker de 1985 (baptisé du nom du secrétaire au Trésor américain James Baker, mais dont les grandes lignes avaient été élaborées par son vice-secrétaire Richard Darman) exigea ainsi froidement que les quinze plus grands débiteurs du tiers monde abandonnent toute stratégie de développement de type étatique en échange de nouvelles facilités de paiement et de la permission de continuer à jouer un rôle dans le concert économique mondial. Ce plan poussa également la Banque mondiale aux avant-postes de la gestion à long terme des dizaines de programmes d'ajustement structurel qui étaient en train de façonner le meilleur des mondes du dénommé « consensus de Washington ».

Il s'agit bien sûr d'un monde où les exigences des banques étrangères et des créditeurs ont toujours priorité sur les besoins vitaux des urbains et des ruraux pauvres, d'un monde où l'on considère comme « normal » qu'un pays pauvre comme l'Ouganda consacre un budget douze fois supérieur au remboursement de sa dette qu'à son système de santé – et ce en pleine crise du VIH/sida. Comme le montre The Challenge of Slums, les PAS étaient « délibérément anti-urbains par nature », et visaient à renverser le « favoritisme » dont jouissaient auparavant les villes en matière de politiques sociales, de systèmes fiscaux ou d'investissements publics. Partout, le FMI et la Banque mondiale – agissant en tant que baillis des grandes banques, et avec le soutien des administrations Reagan et George H.W Bush – offrirent aux pays pauvres le même cocktail létal de dévaluation, de privatisation, levées des barrière douanières à l'importation, arrêt des subventions alimentaires, récupération forcée des coûts dans les secteurs de la santé et de l'éducation et réduction sans pitié de tout le secteur public. (Un message célèbre du secrétaire au Trésor George Shultz à des responsables d'USAID en poste à l'étranger disait ainsi : « Dans la plupart des cas, les entreprises du secteur public doivent être privatisées. ») Au même moment, les PAS ruinaient les petits propriétaires terriens ruraux en coupant les subventions dont ils bénéficiaient et en les poussant, à la hussarde, dans le grand bain des marchés mondiaux dominés par l'agro-industrie lourdement subventionnée du premier monde.
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art-bsurde   11 mars 2015
Le pire des mondes possibles : De l'explosion urbaine au bidonville global de Mike Davis
A tout moment, pouvait-on lire dans un rapport de l'OMS de 1996, il y a près un habitant des villes du sud sur deux qui souffre d'une ou de plusieurs maladies associées aux problèmes d'alimentation en eau et d'évacuation des eaux usées. Bien que l'eau propre soit le médicament le moins cher que l'on connaisse sur la planète, le service publique de distribution d'eau potable, comme le marché des toilettes, doit souvent faire face à de rudes pressions de la part des groupes d’intérêts privés.

La vente d'eau est une industrie lucrative dans les villes pauvres. Nairobi, comme toujours, en offre un parfait exemple, où des entrepreneurs bénéficiant d'accointances politiques revendent de l'eau (qui ne coûte presque rien aux familles suffisamment riches pour s'offrir un robinet) aux habitants des bidonvilles à des prix exorbitants. « Une étude a montré que les habitants du bidonville de Kibera paient leur litre d'eau cinq fois plus cher que la moyenne des usagers américains […] »
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deuxquatredeux   04 septembre 2014
Petite histoire de la voiture piégée de Mike Davis
Le résultat de ce processus, c'est l’irréversible mondialisation du savoir-faire en matière de voiture piégée. Tel un virus implacable, une fois que la technique des véhicules piégés pénètre l'ADN d'une société hôte et attise ses contradictions, son usage tend à se reproduire indéfiniment.
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art-bsurde   15 mai 2015
Le pire des mondes possibles : De l'explosion urbaine au bidonville global de Mike Davis
Ce refus peut prendre des formes archaïques, aussi bien qu'avant-gardistes : un rejet de la modernité ou une tentative pour en ranimer les promesses étouffées. Nul ne devrait s'étonner que certains jeunes pauvres des banlieues d'Istanbul, du Caire, de Casablanca ou de Paris adoptent le nihilisme religieux du salafisme djihadiste et applaudissent au spectacle de la destruction des symboles les plus ostentatoires d'une modernité qui leur est étrangère. Ou que des millions d'autres s'adonnent aux économies urbaines de subsistance des gangs des rues, narcotrafiquants, milices et autres organisations politiques sectaires. Les rhétoriques de diabolisation des diverses « guerres » internationales – contre le terrorisme, la drogue, la criminalité – ne font que créer un apartheid sémantique : elles dressent des remparts épistémologiques autour des gecekondus, favelas et autres chawls, qui minent toute possibilité de débat honnête sur la question de la violence quotidienne de l'exclusion économique. Et, comme à l'époque victorienne, la criminalisation des urbains pauvres est une prophétie qui porte en elle-même les germes de son accomplissement, qui prépare de manière certaine un avenir de guerre urbaine incessante. A mesure que les classes moyennes du Tiers-Monde se bunkérisent dans leurs parc à thèmes électrifiés et autres « villages sécurisés » suburbains, elles perdent progressivement toute compréhension culturelle des marais urbains qu'elles ont laissés derrière elles.
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steka   05 septembre 2014
Au-delà de Blade Runner de Mike Davis
Mais quel genre de paysage urbain, si ce n'est pas celui de Blade Runner, pourrait bien produire en fin de compte l'évolution sans entraves des inégalités, du crime et du désespoir social ?
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