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3.99/5 (sur 37 notes)

Nationalité : Belgique
Né(e) : 1977
Biographie :

Nicolas Marchal enseigne le français à l'Institut Saint-Berthuin de Malonne et au Séminaire de Floreffe.

Il publie son premier roman en 2008 "Les conquêtes véritables" aux Éditions namuroises, qui obtient le Prix des auditeurs de la Rtbf en 2009 ; puis un deuxième, "La tactique katangaise", aux Éditions La Muette, en 2011. Son dernier roman est paru en 2014 : "Agaves féroces" chez Aden.

Source : RTBF
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
A l'enterrement de papy, il y avait trop de discours. Si on avait voulu lui rendre hommage comme il faut, on aurait dû fermer nos gueules pendant deux heures dans l'église. Parce qu'il ne disait pas grand-chose, mon grand-père. C'est mon principal souvenir de lui. La seule chose qui me paraissait solide. Parce que le reste. Un sourire fragile. Des cheveux blancs qu'on aurait dit des faux, comme de l'ouate. Et ses yeux bleus, très clairs, presque transparents. Il semblait ne pas habiter ses chemises. Il passait toujours inaperçu. Quand j'étais petit, je mettais plus d'une demi-heure à voir qu'il était dans la même pièce que moi. On a appris un mot au cours de français l'autre jour : pléonasme. Celui-là, le prof de français, avec ses trucs qui servent à rien. Enfin, donc, pléonasme. Et bien, quand mon grand-père s'en allait quelque part, c'était comme un pléonasme.
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(le narrateur parle, en pensée, à son opticien incapable de redresser les branches de ses lunettes correctement)

Vous savez ce que ça peut coûter à quelqu'un de ma profession d'avoir les lunettes de travers? Non, monsieur, vous vous en foutez bien des graves conséquences de votre incurie, mais c'est que je suis enseignant, moi, monsieur, et que d'une part, prenez note je vous prie, je me dois d'avoir un regard acéré sur tous ces vandales d'élèves, un regard pour ainsi dire panoramique, repérant sans retard leurs tentatives de graffitis sur les tables, leurs échanges de notes diverses, leurs habituelles mastications de pâtes à chiquer ; d'autre part je ne puis tolérer d'être ridicule, ma fonction, bien qu'essentiellement cérébrale, est également, je le déplore souvent, publique, et si mes crétins d'élèves trouvent un motif, fut-il léger (surtout s'il est léger), de me railler, le message de mon cours lui-même en souffrira, pouvez-vous comprendre cela espèce de sous-colporteur de lentilles décoratives? Dois-je vraiment intenter une action en justice contre votre établissement? Est-ce trop vous demander de corriger l'axe des branches de ma monture, ou tenez-vous absolument à contribuer à la baisse, inexorable il faut bien le dire, du niveau intellectuel des jeunes d'aujourd'hui ? Voilà. Bien envoyé. S'il ne comprend pas, je change de boutique.
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Seuls les insectes devraient vivre dans le Sud ; les humains avaient manqué de discernement en le peuplant.
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Ce type n'attend personne. C'est triste un type qui n'attend personne. C'est peut-être aussi ça rater sa vie. Ca, et n'être attendu par personne.
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Pilar sent soudain sur elle s’abattre le poids des heures. Sans se déshabiller, ce qui chagrinera le lecteur en mal de descriptions salaces mais conservera la haute teneur morale de ce récit, elle s’effondre sur son lit. Tout de même. Cette fille est un être humain, après tout.
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Même à l’arrêt, cette automobile avait cette suffisance qui semblait inviter à la crevaison du pneu.
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[Pilar arrive chez sa logeuse, qui venait de commencer la cuisson d’un oeuf.]
Pilar pose son bagage, enfin. La logeuse ouvre la bouche et s’apprête à commencer son discours d’introduction, quand dans son dos un infect bruit strident déchire l’atmosphère empesée du corridor. Le minuteur. Alors, sous les yeux admiratifs de Pilar, la logeuse explose et hurle à son mari qu’il pourrait tout de même lever son derrière de sa chaise et aller se cuire un oeuf, Pilar jurerait que cet aboiement ne dure qu’un instant et qu’au cours de celui-ci les traits de sa logeuse se multiplient par trois, que ses cheveux se dressent littéralement sur sa tête, que tout son être grandit de vingt bons centimètres, déployant des ondes et de l’électricité autour de son crâne, que sa voix n’a plus rien de la voix d’une septuagénaire, et, immédiatement après ce cri, elle redevient elle-même et entame fermement mais paisiblement son explication des règles de la maison.
Pilar aime ça, les femmes qui en ont.
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Jean-Luc, sur son banc, tous les matins depuis le 13 février 1983, lit et relit les pages sportives du journal abandonné. Personne ne fait attention à lui, et personne ne vient le déranger. C’est le privilège des vieux clochards. Ils sentent. Ils font vaguement peur. On leur fout la paix. On ne les voit pas. On ne les approche pas.
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C’est comme ça qu’on écrit des livres, attraper l’idée, la métaphore, le fil d’une phrase plus loin, tout déçu qu’on est de voir que ce qui est écrit est déjà mort flasque froid sur la page, que si l’on veut du vif du bouillant du qui se tortille du qui se débat, il faut poursuivre, pousser jusqu’au mot suivant, au chapitre d’après, sans cesse, et puis une fois le livre édité, on n’ose pas le relire, on sait que tout ça c’est dépassé déjà, qu’il faut en écrire un autre, qu’il grouille en nous, qu’il nous déborde, alors on se met au boulot, et cela ne peut s’arrêter.
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Je me lève, je me rassois, je me relève. Je fais marcher la musique. Je change de disque. Ravi, je chasse une mouche. Je vais faire du café. Je pisse une pleine chope (j’ai le choix entre trois waters, cette maison décidément). Le voisin manœuvre pour entrer chez lui, j’observe les mouvements précis de son véhicule dans l’allée, espérant un vague incident. Je feuillette un livre au hasard, les Salves sambriennes ou les Soldats de Napoléon. Rien ne vient. J’entends bien que ces saletés d’insolents de bon dieu de bouquins ricanent dans leurs étagères. Ça oui ils ricanent de me voir tout penaud soupirant très emmerdé devant mon écran. Il me pousse des envies.
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