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Note moyenne 3.56 /5 (sur 8 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Aurillac , le 28/02/1982
Biographie :

Normalien, agrégé de philosophie, il a publié un roman, L’Armée des chenilles (Gallimard, 2007), un recueil de proses, Ce Monde en train (La Part commune, 2009), et un livre de poésie, Barbares ­(Flammarion, 2009). En 2010, il est lauréat de la Villa Kujoyama de Kyoto, où il commence, en même temps que celle de L’Empereur Hon-Seki, l’écriture de sa reprise du Kojiki (Le ­Corridor bleu, 2011).
Adepte de la course à pied.
En 2006 il enseignait la philosophie au lycée André-Malraux, à Allonnes dans la Sarthe.
Il vit et travaille à Shanghai en 2012.



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L'Empereur Hon-Seki

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coco4649   20 juin 2019
Sans adresse de Pierre Vinclair
 

(6)





Tu manges sans gluten... Je suis flexitarien.

Tous les soirs, je mitonne (incroyable il y a peu)

humblement – tarte, tian, lasagnes... – quelque plat.

On a beau se connaître, on ne se prévoit rien.



Je n’imaginais pas parler le japonais

en partant pour Kyoto... moins encore être en Chine...

Et dans un mois je passe un C1 de chinois !

(Mais si je change, c’est parce que je prends racine.



Car alors qu’à Hong Kong on m’écartait d’un poste

pour lequel je n’avais aucune compétence –

à Shanghai, son patron encourageait Clémence



à un énième tour de piste. Chaque année,

Jean-François, je te dis que je pars – et je reste :

chaque nouvel effort tourne la même vis.)
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coco4649   20 décembre 2018
Sans adresse de Pierre Vinclair
(43)





Je traverse la ville au milieu des sonates

de Beethoven — fin du vacarme. Les moteurs,

les cris ont disparu. Je suis devenu sourd

au-dehors, seul avec la musique au-dedans.



Seul, ou te regardant dans ton salon, Manu,

penché sur le laqué noir, étal, du piano

s'éveillant, rugissant, jument sous tes experts

chatouillis — c'est l'opus 106, "Hammerklavier"?



Je suis en train de l'écouter. On est déçu,

presque, à l'idée qu'un tel mouvement ait des règles,

réponde à une partition — à du solfège !



On se croirait plutôt en haut d'un précipice

où, de sa pointe infime, un affect libre trace

aux nuées les contours virevoltants de l'être.





// à paraitre le 04 janvier 2019
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Julian_Morrow   09 avril 2017
Kojiki : Chronique des faits anciens de Pierre Vinclair
Ses pleurs étaient tels que la montagne verdoyante devint aride et que les fleuves et la mer se desséchèrent tous. Ainsi les voix des kami envahirent tout comme, les mouches au moment du repiquage du riz, et d'innombrables désastres se produisirent.
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coco4649   20 juin 2019
Sans adresse de Pierre Vinclair
PRISES DE VERS AVEC LAURENT ALBARRACIN (74, 75)





(75)



En effeuillant un brin de thym sur mes lasagnes,

je songe aux beaux tableaux des lettrés de jadis

où la trace d’une encre de Chine, au lavis,

en bambou nonchalant, pleure sur les montagnes.



Ce n’est pas le bambou poussant dans les campagnes ;

ni sur l’échafaudage en marge du parvis

de Jing’An ; ni sur le marché, près des radis ;

ni le jô d’aïkido, servant quand tu castagnes…



Est-ce une chose, ce bambou ? Moins qu’une image,

c’est un geste, trace épurée, l’Unique Trait

de pinceau dont parle Citrouille-Amère (un sage



chinois ancien) ; pas une chose ; un schème abstrait.

Lasagnes sans objet, thym aveugle, poème

fondant en bouche, on peut vous déguster quand même.





//P. V. PIERRE VINCLAIR
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coco4649   20 juin 2019
Sans adresse de Pierre Vinclair
PRISES DE VERS AVEC LAURENT ALBARRACIN (74, 75)





(74)



Tant va la cruche à l’eau qu’elle en prend les reflets,

La teinte vineuse du début de la fin,

La couleur usée de la mer, d’étain déteint,

Qu’elle fait apercevoir sur ses flancs replets.



Allant de la vase au vase et du vase au vague,

Le poème, dans un aller-retour qui fore

En ramant dans la mer, sans y pêcher d’amphore,

Rapporte au moins une forme du fond qu’il drague.



Si tu veux surfer sur la télé de la mer,

Vas-y, je t’en prie, sois nouveau et méthodique,

Prends la vague dedans les tubes cathodiques,



Et fais gaffe dans le spot au publicitaire.

Amusons-nous au sein des failles exiguës

Et polissons nos vers pour qu’ils soient ambigus.





//L. A. LAURENT ALBARRACIN
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coco4649   20 décembre 2018
Sans adresse de Pierre Vinclair
(51)





Dans les campagnes, bleues comme des hématomes,

les touffes d'agnelets écrasés, poussant leur

part d'effroi, ou de haine, ou de joie — pauvres gens —,

élèvent en prière un bêlement ignoble.



Le chômage, la mort de Dieu, Dieu, la Finance,

mes frères, sauriez-vous d'où provient leur souffrance?

Quelque chose étourdit la France, endolorie,

qui s'en va, roulant sur elle-même, à l'abîme.



"Qui pleure ainsi ?", s'enquiert Iesus Triumphator

à l'avant de son char, dans son habit moulant

aux deux modernités bien visibles, de faune



par les nymphes chéri, célébrant le Spectacle

en Marché, — "qui ne jouit pas, qui pleure au concours

des suçons ? Je vous aime ! (Accélérons le pas)".





// à paraitre le 04 janvier 2019
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coco4649   20 décembre 2018
Sans adresse de Pierre Vinclair
(60)





J'arpente dans Shanghai pour la dernière fois

les chemins engorgés de marchands de machins;

je salue les façades noircies, décrépites,

des maisons — je sais bien que leurs jours sont comptés



par l'administrateur autant que mes syllabes :

il préfère construire un immeuble idéal

que perdre son regard dans les rues inondées

de poussière inutile et de soupirs fétides.



Et moi je ne dis pas, d'orgueil, que le réel

me gifle de son fouet radieux ou me percute

comme un clavier d'orgue d'église où Dieu vient jouer



en même temps toutes les notes — non. Je souffle

doucement dans mon instrument bouché les pouëts

d'un air d'adieu reconnaissant et amusé.





// à paraitre le 04 janvier 2019
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coco4649   20 décembre 2018
Sans adresse de Pierre Vinclair
(42)





Je traduis du Shijing un long poème — ventre

vide, gorge irritée et poumons pleins de gaz :

un nuage (légère grappe aux mille fesses)

lâche sur l'avenue quelques vesses toxiques ;



puis je marche jusqu'à rare, un banc, où j'avale

un sandwich de Dodu blanc de poulet-mayo

pendant qu'au casque dégoulinent les propos

de suspects candidats à la présidentielle.



Je vais boire un café à la boulangerie.

Au milieu des poupées offertes à l'ennui,

encombrées de désir inutile, je songe



que le poème est comme une couette : il protège

le fragile giron abandonné. Traduire,

se faufiler, c'est jouir — dans la muse d'un autre.



// à paraitre le 04 janvier 2019
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coco4649   20 juin 2019
Sans adresse de Pierre Vinclair
 

(3)





Volant sur l’autoroute aérienne, je lis,

dans la navette vide, Interviews with Francis

Bacon. Soudain, je pense, en finissant, Ivan,

le premier entretien, à t’écrire un sonnet.



Puis une voix me dit que “je n’ai pas le temps” ;

“C’est, réponds-je en mon for intérieur, un peu fort !

Rentabiliser quoi ? Tu fais de la lecture,

démon, de l’écriture, une usine à cadences !



”Faut-il le rendement ou le rendu du temps ?

J’informe moins, courbé sur mes quatorze vis,

qu’en un mail d’une ligne ; ouvrier fétichiste,



je peux stopper (grève à l’envers !) la chaîne : en t’écr

ivant, je nous unis, dans l’éternel, extraits

du devenir, la poésie sans gravité.
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coco4649   20 juin 2019
Sans adresse de Pierre Vinclair
 

(5)





“It matters what you call a thing”, écrit Solmaz

Sharif dans le premier vers du premier poème

de son seul livre, LOOK ; elle y reprend les mots

“d’un quotidien colonisé” ? Je ne sais pas.



Je l’ai traduit, avant de demander le droit

à Sharif d’envoyer à Poezibao

ma traduction. Pas de réponse : seul Verdier

m’a écrit aujourd’hui – qu’il refusait mon livre.



De l’une le silence et le refus de l’autre,

pour faire un chiasme, Ô Condello, me désespèrent

un peu. Quand on écrit, il ne faut pas y croire



trop. Ou alors y croire et n’en attendre rien :

écrire en chien, en sourd, sans écouter, jamais,

c’est important, le nom qu’on donne à quelque chose.
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