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4.35/5 (sur 52 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 04/06/1944
Mort(e) le : 12/06/1992
Biographie :

Serge Daney (Paris, 4 juin 1944 – 12 juin 1992), est un critique cinématographique français. Il est parti de la critique de films pour passer à une critique de la télévision et a fini par développer une théorie critique de l'image.

Après avoir fondé une revue Visages du Cinéma en 1962, Serge Daney débute sa carrière comme critique aux Cahiers du cinéma, en 1964, invité par Jean Douchet (à la fin de la période jaune – en référence à la couleur de la couverture – période où des critiques comme François Truffaut, Jean-Luc Godard, Éric Rohmer ou Jacques Rivette passent à la réalisation et lancent la Nouvelle Vague). Après 1968 il voyage, puis devient, en 1973, aux côtés de Serge Toubiana, rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, après une période de grands débats théoriques et d'engagement politique radical, sur fond de maoïsme. Daney appellera cela la période non légendaire des Cahiers.

Il quitte la célèbre revue de cinéma en 1981.

En 1981 il rejoint le quotidien Libération, d'abord comme critique cinéphile, mais avec la volonté d'y créer une rubrique plus large consacrée à l'image. Il s'intéresse tout particulièrement à la télévision et écrit des séries d'articles sur les films télédiffusés et la programmation télévisuelle. De 1985 à 1990 il anime une émission hebdomadaire, Microfilms, sur la radio France-Culture, où il reçoit un invité pour parler de sujets ayant trait au cinéma. Il a donné des cours de cinéma à la faculté de Censier Paris III Sorbonne Nouvelle.

En 1991 il revient à la critique cinématographique et fonde la revue trimestrielle Trafic. Serge Daney meurt des suites du sida en 1992.
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Source : Wikipedia
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Bibliographie de Serge Daney   (21)Voir plus

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Videos et interviews (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de

Retour sur l'entretien du 4 novembre 2004 à Radio-France : https://youtu.be/TDzTUYNWhFM 1. Rumeurs journalistiques 2. Attente 3. Première caméra vidéo de Godard 4. Nomenclatures 5. Réaction de Godard aux invectives 6. Principes nietzschéens de la polémique 7. Neutralité et confusion 8. Renoncements du cinéma 9. Amis et ennemis 10. Répondre toujours 11. Conseil à de jeunes cinéastes 12. le nom "Américains" 13. Parler des films 14. Puzzles 15. Bible, Talmud et Mallarmé 16. Platon socratisé, Kafka et Max Brod 17. Adapter ou pas 18. Cinéphiles, imbéciles 19. Argent du cinéma, gratuité de la Bible 20. Cinéma et Domination 21. Écriture du mouvement 22. Trinités 23. Images des Palestiniens 24. Production, distribution, exploitation 25. Image et son 26. Habiter son nom 27. Dire, montrer, critiquer la critique 28. Camp de la Mort 29. le montage n'existe pas 30. Domination du "Je sais" et mensonge total 31. Dire et faire 32. Faussetés 33. Juifs exterminés, suicidaires palestiniens 34. L'auteur 35. Contrechamp et directives 36. Métaphore et idée 37. Autour de Serge Daney 38. Méchanceté? 39. Calculs de la Technique 40. Timbres de voix et histoire nationale 41. Malédiction de la vidéo et de Marguerite Duras

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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Lorsque, dans l'étrangeté du samedi après-midi, le zappeur tombe sur un gros plan de murène ou sur un plongeur téméraire en train de voler à sa mère un bébé requin (lequel se débat), il sent que, sur ces images-là, il va poser le regard (et reposer, pour un temps, la télécommande). Et il n'est pas certain qu'il faille avoir la fibre animalière et aimer, comme Bardot, les bêtes, pour tomber sous le charme de ces images qui ne veulent rien. Images sans look, images cool, images à prendre ou à laisser. C'est parce qu'elles ne veulent rien que nous pouvons les vouloir. C'est parce que leurs acteurs sont muets qu'il nous vient le désir de parler d'eux (et non pas pour eux). Combien de crabes perplexes, de bancs de maquereaux étonnés, de petits poissons colorés et de grandes raies enterrées vivantes dans le sable ne nous ont pas fait "signe" un jour? Signe de vie et preuve que la vie va.

LA TÉLÉVISION AU FOND DU BOCAL (5 octobre 1987)
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Serge Daney
La ville est le lieu où le jeune homme perd ses idéaux et la jeune fille sa vertu.
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Serge Daney
Le cinéphile est celui qui sait que ce qu'il regarde est en train de disparaître.
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Le visuel (qui est l'essence de la télé) est le spectacle qu'un seul camp se donne de lui-même tandis que l'image (qui fut l'horizon du cinéma) est ce qui naît d'une rencontre avec l'autre, fût-il l'ennemi.
(...)
Il est clair que nous sommes trop loin de la ligne droite avant le sprint présidentiel pour avoir droit à autre chose qu'au spectacle des seconds couteaux (Méhaignerie, Lajoinie déjà), lesquels, aussi coupants soient-ils, ont le tort d'être seconds. Nous sommes dans le pré-générique d'un film d'action à venir.
(...)
Le speaker vedette n'était (...) venu de Paris que pour essayer d'être dans la même image qu'un Scud et il ne courrait qu'un risque : qu'il n'y en ait pas de tiré à ce moment-là (ou que, tiré, il lui tombe dessus). (...) Qu'il n'y ait rien de plus humain que de vouloir "être dans l'image" est une chose, qu'on profite d'une guerre pour se "faire tirer le portrait" en faisant écran à tout le reste en est une autre. Jamais le double sens du mot "écran" n'a été autant d'actualité.
(...)
Comme si Spielberg, après avoir filmé du point de vue d'un enfant voué à rencontrer E.T, s'était mis à filmer du point de vue d'un E.T. Un E.T. qui aurait mis tout son savoir dans un ordinateur afin de se refaire, de là-bas, une simulation émue de "comment c'est", chez les humains.
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"ça nous intéresse, Monsieur le président", disait Mourousi (debout) à Mitterand (assis), lequel (toujours assis) a vu récemment défiler (chez Ockrent) deux ou trois "phénomènes de société" plutôt rudes. Mais tout cela - démocratisation des rôle oblige - est normal puisqu'au même moment, on demande aux "stars" du showbiz de se prononcer sur la vie politique. Que, dans les deux cas, les réponses n'aient pas grand intérêt est secondaire puisque ce qu'on teste, ce n'est pas la réponse (avoir quelque chose à dire) mais la capacité à ne pas faire de lapsus trop voyants. Il en va pour le téléspectateur comme il en va pour le cinéphile : il va moins voir un film (expérience qui prend du temps) que vérifier qu'il correspond bien à son image. C'est ainsi que se constitue un public amateur de symptômes plus que de "messages", de plus en plus sophistiqué et de moins en moins exigeant.
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Pourquoi ai-je aimé ce cinéma-là? Parce qu'au cinéma permanent s'est ajoutée l'idée de la vie permanente, d'un fond disponible sur lequel "s'enlevaient" les images. Parce que ce cinéma-là est le plus engagé socialement et qu'il me permettait de rendre au César du social ce qui lui revenait et auquel j'avais si peu d'accès. Accompagner le flux du temps, de la vie, mais aussi bien les contradictions dans leur devenir commun, un bout de temps. En finir avec ce qui ne finit pas, d'où les fins-miracles, les coups de force, les larmes à la fin. Partager du temps avec des personnages qui partagent l'image et son hors-champ. Passer le temps à le voir passer.
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La parenthèse (morale) du cinéma moderne étant finie, le cinéma (ou ce qu'il en reste) redécouvre une question de fond: d'ou viennent les corps de reve? Comme si les hommes et les femmes (et les enfants) des spots publicitaires, une fois décrochés du "social" et libérés des histoires "communes", flottaient dans un éther sans histoire et qu'il fallait, héritant d'eux, leur inventer une génèse, un mythe, une origine. Ce serait le sens du plongeur du "Grand Bleu", bien beau garçon incapable de partager une histoire avec qui que ce soit et à qui il faut, du coup, trouver un mythe-programme, celui qui le départage d'avec les dauphins.
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De tout temps, il a existé un étrange plaisir à dire que la télé était nulle. Une façon de sous-entendre que d'une télé meilleure nous ne saurions pas trop quoi faire. Qu'il n'y a pas de raison pour que, médium du quotidien, elle l'emporte en intérêt sur le quotidien de nos vies. Que la télé, c'est toujours mieux ailleurs (en Angleterre, par exemple) et que, de toute façon, on n'ira pas y voir de plus près. La télé est mauvaise comme la météo peut être mauvaise, c'est-à-dire naturellement, comme un environnement météorologique de plus.
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Croyance désespérée que le cinéma transcende les gouts personnels, que je préfèrerai un film hétéro-hétéro de Rossellini à un film homo mais complaisant de Reisenbach. Espoir qu'il y a dans le cinéma plus que la reconnaissance de "ses" objets. Morale: que les films servent à se coltiner ce qu'il n'est pas question de fréquenter dans la vie.
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L'élégance a donc disparu à mesure que, du tennis, l'oeil du téléspectateur attendait antre chose que de l'élégance. C'est ainsi que l'infernal Connors et l'aberrant MacEnroe furent aimés en raison même de leurs mauvaises manières, parce qu'elles étaient finalement plus intéressantes que la classe guindée des derniers stylistes (de Clerc à Gomez). Tout cela, au demeurant très humain, creusait la scénographie du tennis d'une dimension supplémentaire, celle du gros plan après l'échange, du replay désarticulé, de la trivialité stroboscopique du ralenti, du micro à hauteur de court. c'est ainsi que le nombre d'évènements à la seconde s'est gonflé de tous les affects, tics, pulsions et rages muettes dont un corps est capable.
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