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Note moyenne 3.52 /5 (sur 26 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Sylvie H. Brunet a suivi des études classiques et s'est intéressée de très près à l'étymologie des mots. Elle a développé ensuite une grande connaissance du français moderne, qu'elle sait faire partager de manière vivante et passionnante. Elle est l'auteur de romans et de livres sur le langage, dont certains ont été salués par les critiques, notamment par Bernard Pivot.
Elle est japonisante et traduit des livres du japonais.

Source : Catalogue de la BNF
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Bibliographie de Sylvie Brunet   (24)Voir plus

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Video et interviews (1) Voir plusAjouter une vidéo

[Nocturne le jeudi]
Olivier BARROT présente le roman de Sylvie BRUNET "Nocturne le Jeudi", édité par Albin Michel.

Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Tandarica   16 octobre 2022
La petite anthologie des poétesses françaises de Sylvie Brunet
J’écris…

(d’Anna de Noailles)



J’écris pour que le jour où je ne serai plus

On sache comme l’air et le plaisir m’ont plu,

Et que mon livre porte à la foule future

Comme j’aimais la vie et l’heureuse Nature.

Attentive aux travaux des champs et des maisons,

J’ai marqué chaque jour la forme des saisons,

Parce que l’eau, la terre et la montante flamme

En nul endroit ne sont si belles qu’en mon âme !

J’ai dit ce que j’ai vu et ce que j’ai senti,

D’un cœur pour qui le vrai ne fut point trop hardi,

Et j’ai eu cette ardeur, par l’amour intimée,

Pour être, après la mort, parfois encore aimée,

Et qu’un jeune homme, alors, lisant ce que j’écris,

Sentant par moi son cœur ému, troublé, surpris,

Ayant tout oublié des épouses réelles,

M’accueille dans son âme et me préfère à elles…



(L’Ombre des jours, 1902)

p. 124
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Tandarica   02 octobre 2022
La petite anthologie des poétesses françaises de Sylvie Brunet
Passionnément

Louise de Vilmorin



Je l’aime un peu, beaucoup, passionnément,

Un peu c’est rare et beaucoup tout le temps.

Passionnément est dans tout mouvement :

Il est caché sous cet : un peu, bien sage

Et dans : beaucoup il bat sous mon corsage.

Passionnément ne dort pas davantage

Que mon amour aux pieds de mon amant

Et que ma lèvre en baisant son visage.



(L'Alphabet des aveux, 1954)

p. 137
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Tandarica   16 juillet 2022
La petite anthologie des poétesses françaises de Sylvie Brunet
Antoinette Deshoulières



LES MOUTONS -IDYLLE



Hélas ! petits moutons, que vous êtes heureux !

Vous paissez dans nos champs sans soucis, sans alarmes :

Aussitôt aimés qu’amoureux,

On ne vous force point à répandre des larmes ;

Vous ne formez jamais d’inutiles désirs.

Dans vos tranquilles cœurs l’amour suit la nature :

Sans ressentir ses maux, vous avez ses plaisirs.

L’ambition, l’honneur, l’intérêt, l’imposture,

Qui font tant de maux parmi nous,

Ne se rencontrent point chez vous.

Cependant nous avons la raison pour partage,

Et vous en ignorez l’usage.



(extrait, 1674)

p. 60
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Tandarica   18 octobre 2022
La petite anthologie des poétesses françaises de Sylvie Brunet
Poème de Valérie Rouzeau

(p. 152)



Mon père mon père mon père en terre

au vent d'été au vent d'hiver.

Oh mon père terra terraqué je te

répète perroquet mon père mon père.

Au vent d'hiver au vent d'été en terre

entier au vent chanté.

Enfant dans les grands sapins verts

c'était toi qui sifflais soufflais enfant

dans les grands sapins blancs.

Mon père je te répète en l'air c'est une

fleur lancée assez haut.

Les deux pieds dans tes graviers clairs.

Les deux mains pour la fleur ou l'oiseau.



(Pas revoir, extrait, 1999)
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Tandarica   16 octobre 2022
La petite anthologie des poétesses françaises de Sylvie Brunet
En danger de mots

(d’Andrée Chedid)



À quoi servent les mots

Face à celui qui meurt !

Ils apprivoisent l'abîme

Désamorcent les peurs

Ramifient la tendresse jusqu'au seuil de l'obscur

À quoi servent les mots

Face à celui qui vit !

Ils brisent ou bien apaisent

Incendient ou délivrent

Ils modèlent nos visages

Saccagent ou donnent ferment.



(Poèmes pour un texte, 1970-1991)

p. 140
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Tandarica   02 octobre 2022
La petite anthologie des poétesses françaises de Sylvie Brunet
L’Offrande à la nature

Anna de Noailles



Nature au cœur profond sur qui les cieux reposent,

Nul n’aura comme moi si chaudement aimé

La lumière des jours et la douceur des choses,

L’eau luisante et la terre où la vie a germé.



La forêt, les étangs et les plaines fécondes

Ont plus touché mes yeux que les regards humains,

Je me suis appuyée à la beauté du monde

Et j’ai tenu l’odeur des saisons dans mes mains.



J’ai porté vos soleils ainsi qu’une couronne

Sur mon front plein d’orgueil et de simplicité,

Mes jeux ont égalé les travaux de l’automne

Et j’ai pleuré d’amour aux bras de vos étés.



Je suis venue à vous sans peur et sans prudence

Vous donnant ma raison pour le bien et le mal,

Ayant pour toute joie et toute connaissance

Votre âme impétueuse aux ruses d’animal.



Comme une fleur ouverte où logent des abeilles

Ma vie a répandu des parfums et des chants,

Et mon cœur matineux est comme une corbeille

Qui vous offre du lierre et des rameaux penchants.



Soumise ainsi que l’onde où l’arbre se reflète,

J’ai connu les désirs qui brûlent dans vos soirs

Et qui font naître au cœur des hommes et des bêtes

La belle impatience et le divin vouloir.



Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature.

Ah ! faut-il que mes yeux s’emplissent d’ombre un jour,

Et que j’aille au pays sans vent et sans verdure

Que ne visitent pas la lumière et l’amour…



(Le Cœur innombrable, 1901)

pp. 122-123
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Tandarica   16 octobre 2022
La petite anthologie des poétesses françaises de Sylvie Brunet
Tant que mes yeux pourront larmes épandre

(de Louise Labé)



Tant que mes yeux pourront larmes épandre

A l'heur passé avec toi regretter,

Et qu'aux sanglots et soupirs résister

Pourra ma voix, et un peu faire entendre ;



Tant que ma main pourra les cordes tendre

Du mignard luth, pour tes grâces chanter ;

Tant que l'esprit se voudra contenter

De ne vouloir rien fors que toi comprendre,



Je ne souhaite encore point mourir.

Mais, quand mes yeux je sentirai tarir,

Ma voix cassée, et ma main impuissante,



Et mon esprit en ce mortel séjour

Ne pouvant plus montrer signe d'amante,

Prierai la mort noircir mon plus clair jour.



(Sonnets, XIV)

p. 38
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ChedevC   12 février 2022
Petit Livre de - Les Mots aux origines étonnantes de Sylvie Brunet
N'a rien à voir, en revanche, avec l'idée d'un être fourbe, celui qui est fourbu. Car ce dernier a tout simplement trop bu, excès qui l'a épuisé ! L'adjectif serait, en effet, venu au XVIe siècle d'un verbe de l'ancien français, forboire, qui signifiait « boire excessivement, se fatiguer à trop boire », et se serait appliqué tout particulièrement, explique Littré, à « un cheval qu'on a fait boire trop tôt après avoir eu chaud », ce qui lui aurait provoqué une « fourbure », inflammation des tissus du pied.



« Mais si nous voulons y arriver, donnons quelque relâche à nos chevaux ; ils sont presque fourbus » (Dumas, Vingt ans après, 1845)
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Domichel   25 juin 2018
Petit Livre de - Les Mots aux origines étonnantes de Sylvie Brunet
Au hasard des pages petite définition coquine :



- À la croisée du latin et du Marquis de Sade, on pourra aussi mentionner le godemiché, attesté depuis de XVIe siècle, d'abord sous la forme « godmicy » puis « godemichi », toutes deux à rattacher au latin « gaude mihi », forme d'impératif qui signifie « réjouis-moi ! ».
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Tandarica   18 octobre 2022
La petite anthologie des poétesses françaises de Sylvie Brunet
Quand enfin votre esprit...

(d’Anna de Noailles)



Quand enfin votre esprit devient distrait et vague,

Après l'immense amour dont vous m'entreteniez,

Mon ardeur se défait et sur vous vient régner

Comme l'écume sur la vague.

Le jour d'été s'éteint dans l'espace endormi ;

Vous parlez d'une voix que j'entends à demi ;

Étant heureux et doux, vous me croyez contente.

Vous ne pouvez savoir quel infini me tente,

Ni quels divins secrets j'échange avec le soir.

Ma fraternelle main sur votre front s'allonge,

Vous contemplez mes yeux comme un calme miroir,

Et nous sommes baignés d'un vaporeux mensonge,

Vous étant confiant et moi celle qui songe...



(les Forces éternelles, 1920)

p. 125
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