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Note moyenne 3.74 /5 (sur 69 notes)

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Birmingham, Alabama , le 19/06/1945
Biographie :

Tobias Jonathan Ansell Wolff est un écrivain américain et une figure du Kmart realism.

Il a enseigné à l'université de Syracuse dans l'État de New York de 1980 à 1997 et à l'Université de Stanford.

Il a reçu en 1985 le prestigieux PEN/Faulkner Award de la meilleure fiction pour son livre Engrenages (The Barracks Thief).

Son roman autobiographique "This Boy's Life" (1989) a été porté à l'écran en 1993 sous le titre français "Blessures secrètes".

Source : Wikipedia
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Blessures secrètes, un film américain de Michael Caton-Jones avec Robert De Niro, Leonardo DiCaprio, Ellen Barkin. Trailer.


Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
Tobias Wolff

Écrire nous libère de la prison du soi et nous entraîne vers l’aventure suprême, qui nous permet de voir la vie à travers les yeux d’un autre.

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Parfois, comme cette paix qu’il ressentait ne lui semblait pas naturelle, elle éveillait des craintes en lui. La pire d’entre elles était qu’en aimant trop ses enfants, il les mettait en danger, et que d’une certaine manière, il leur faisait courir des risques. Par moments, il avait la certitude qu’un malheur allait s’abattre sur eux. À mesure que les garçons grandirent, cette crainte se fit plus rare, mais elle l’oppressait encore de temps à autre.

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D’une main il s’appuie sur la barrière et de l’autre il se soulage sur les fleurs. Il n’en manque pas une seule, marchant comme ça sur toute l’étendue de la clôture. Quand il a fini, il secoue sa Floride, remonte sa fermeture Éclair et regagne son allée. Il manque de tomber en glissant sur le gravier, mais il se rattrape en poussant un juron, puis il rentre à l’intérieur, claquant la porte à nouveau.

Quand je me retourne, ma femme me regarde attentivement, penchée en avant. Elle hausse les sourcils.

— Il n’a pas recommencé, dit-elle.

Je réponds d’un hochement de tête.

— La petite ou la grosse commission ?

— La petite.

— Encore heureux, dit-elle en se recouchant. Entre le chien et lui, c’est un miracle que tu arrives à faire pousser quoi que ce soit là dehors.

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[...] ... Eugene était tombé sur Talbot Nevin comme camarade de chambre. La famille de Talbot avait fait don à l'école de la patinoire de hockey Andrew Nevin, ainsi que de la bibliothèque Andrew Nevin ; elle subventionnait aussi le cycle de conférences Andrew Nevin. Le père de Talbot avait terminé à la deuxième place du Grand Prix de Monaco deux ans auparavant, et les magazines people publiaient souvent une photo de lui en compagnie de personnes comme Jill St John, par exemple, avec, pour légende, la déclaration de l'un des deux : "Il y a une grande amitié entre nous, rien de plus." J'avais envie de faire la connaissance de Talbot Nevin.

Alors un jour j'allai les voir dans leur chambre. Eugene ouvrit la porte et me donna une vigoureuse poignée de main.

- "En voilà une surprise !" dit-il. "Tab, je te présente un copain à moi. Il est de l'Oregon. Y a pas plus au nord dans la cambrousse."

Talbot Nevin était assis sur le bord de son lit, en train d'enfiler des lacets d'un blanc immaculé dans les œillets d'une paire de baskets dégoûtantes. Il fit un signe de tête sans me regarder.

- "Le père de Tab a remporté une grande course l'année dernière," poursuivit Eugene.

Ça m'embêtait qu'il me dise cela. Je ne voulais pas que Talbot sache que j'étais au courant de quoi que ce soit à son sujet. Je voulais entrer en contact avec lui en toute innocence, sans qu'il puisse suspecter que je l'appréciais pour autre chose que lui-même.

- "Il ne l'a pas remportée. Il est arrivé deuxième."

Talbot jeta ses baskets par terre et, pour la première fois, il leva le regard vers moi. Il avait des yeux bleu porcelaine sous des cils et des sourcils si clairs qu'on les voyait à peine. Ses cheveux aussi étaient blond-blanc, raides et ternes sur son front. On aurait dit que son visage avait été moulé, comme celui d'une poupée, délicat et souffreteux.

- "Quel genre de course ?" demandai-je.

- "Un Grand Prix," dit-il en enlevant ses chaussures. ... [...]

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Puis Hubbard vient se positionner face à la formation, et Lewis voit le masque de protection en métal sur son nez. Oh, Seigneur, se dit-il, ce n’est pas moi qui ai fait cela. Son regard s’attarde sur le masque. Il y avait un homme, à Lawton, qui portait exactement le même parce qu’il n’avait plus de nez, on le lui avait tranché net au cours d’une bagarre quand il était jeune. Sous le masque, il y avait deux orifices, rien d’autre.

Hubbard suit le sergent-chef d’un bout à l’autre des rangs. Lewis croise son regard un instant, puis pose à nouveau les yeux sur le masque. Ça fait mal, se dit-il. Il se rattrapera auprès d’Hubbard. Il deviendra son ami, le meilleur ami qu’Hubbard aura jamais eu. Ils iront jouer au bowling ensemble, et au cinéma, en ville. Le prochain week-end prolongé, ils feront du stop jusqu’à Nag’s Head et ils se lèveront quelques nénettes, là-bas. Le soir, ils descendront à la plage et ils feront la fête. Ils allumeront un feu, ils se soûleront et ils rigoleront bien. Et quand ils seront expédiés à l’autre bout du monde, ils ne se quitteront pas d’une semelle. Ils prendront soin l’un de l’autre, veilleront à ce qu’ils en reviennent, l’un et l’autre, et par la suite, quand ils auront quitté l’armée, ils resteront amis pour toujours.

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« Une école préparatoire en mars, c’est comme un bateau en plein marasme. » Notre professeur d’histoire dit cela, tandis que nous attendions que la cloche sonne la fin du cours. Il était debout à la fenêtre et donnait de petits coups de bague sur la vitre, d’un air rêveur et absent destiné à nous laisser croire qu’il avait oublié notre présence. Nous étions supposés en conclure que quand nous n’étions pas là, il changeait, devenait un homme intéressant, un homme spirituel et profond, qui improvisait des bons mots et possédait une vision poétique de la vie. » Un journaliste publie la notice nécrologique qu’un homme qui est toujours en vie, un soldat qui ne s’est pas porté volontaire apprend la mort de son meilleur ami, deux camarades de classe ambitionnent de construire un avion, un enseignant trop entreprenant se fait agresser par un mari jaloux, un critique littéraire se retrouve face à des braqueurs de banque masqués et armés, un soldat en mission au Vietnam apprend la mort de sa mère, comprend qu’il s’agit d’une erreur et profite de la situation, une jeune femme se rend chez son frère pour lui tenir la main après un chagrin d’amour…

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Moi non plus, je n’ai pas de pitié pour elle, mais je n’en ai jamais eu. Elle s’adresse à son bébé en braillant, et je m’excuse, mais je ne vais quand même pas m’en faire pour quelqu’un qui traite un enfant comme ça. Elle lui hurle des choses du genre : “Je croyais t’avoir dit de rester dans ta chambre !” À un enfant qui ne sait même pas encore parler.

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Si le gratte-papier l’avait nettoyé au poker, ou si quelqu’un de sa famille était tombé malade, s’il avait été vraiment dans le besoin, il aurait pu emprunter de l’argent ou aller voir le commandant de la compagnie. Il y avait une cagnotte spéciale pour des choses comme ça. Quand la femme du sergent responsable du mess avait disparu, il avait emprunté plus de cent dollars pour rentrer chez lui et partir à sa recherche. C’était le sergent chargé de l’approvisionnement qui nous l’avait raconté. D’après lui, le sergent du mess n’avait jamais remboursé l’argent, probablement parce qu’il n’avait pas retrouvé sa femme. De toute façon, même s’il avait été fauché, il n’en serait pas mort, Lewis, avec des vêtements fournis gratuitement, un toit au-dessus de la tête et trois repas par jour.

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I have been corrected on some points, most of chronology. Also my mother thinks that a dog I describe as ugly was actually quite handsome. I've allowed some of these points to stand, because this is a book of memory, and memory has its own story to tell.

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[...] ... Je remarquai Eugene avant de faire véritablement sa connaissance. Il était impossible de ne pas le remarquer. Au moment où notre train quittait New York, Eugene, qui passait d'un autre wagon à celui où j'étais assis, réussit à rester coincé dans la porte, entre ses deux énormes valises. Je l'observai se débattre pour essayer de se libérer, fasciné par le chapeau qu'il avait sur la tête, un chapeau tyrolien vert avec des plumes sur le côté. Je me demandai s'il comptait atténuer le ridicule de sa situation en souriant dans toutes les directions comme il faisait. Quelque chose finit par céder et il se retrouva propulsé dans le couloir. J'espérais qu'il ne viendrait pas s'installer près de moi, mais c'est ce qu'il fit.

Il se mit à parler pratiquement à l'instant où il s'assit et il ne s'arrêta que lorsque nous arrivâmes à Wallingford. Est-ce que j'allais à Choate ? Quelle coïncidence, lui aussi. En première année ? Lui aussi. Je venais d'où ? De l'Oregon ? Sans déconner ? Un coin perdu au fin fond de la cambrousse, hein ? Lui, il venait de l'Indiana - de Gary, dans l'Indiana. Comme dans la chanson, je connaissais la chanson, hein ? Je la connaissais, mais il me la chanta quand même, jusqu'au bout, y compris le dernier couplet, plutôt gênant. Il y avait d'autres gars dans notre wagon et ils n'arrêtaient pas de nous regarder, j'aurais aimé qu'il la ferme.

Est-ce que je faisais de la natation ? Dommage, c'était un sport intéressant, je devrais m'y mettre. L'année précédente, il avait battu un record en nage libre, dans le championnat du Middle West. C'était quoi, ma matière préférée ? Lui, il pensait avoir un petit faible pour les maths, mais il était très bon partout. Il m'offrit une cigarette, que je refusai.

- "Faudrait que j'arrête," dit-il. "Sinon, je vais y laisser ma peau." ... [...]

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