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Note moyenne 3.52 /5 (sur 27 notes)

Nationalité : Suisse
Né(e) à : Genève , le 30/09/1962
Biographie :

Yves Citton est un théoricien de la littérature et un penseur suisse.

Il est Professeur de Littérature française à l’Université Stendhal – Grenoble 3 depuis 2003 et Responsable du Pôle grenoblois de l'UMR/LIRE.

Il a publié, entre autres, L’envers de la liberté. L’invention d’un imaginaire spinoziste dans la France des Lumières (2006) et Lire, interpréter, actualiser (2007).

Yves Citton est membre du collectif et du secrétariat de rédaction de Multitudes.

Il enseigne désormais la littérature et les médias à l'université Paris VIII.







Source : Magazine Sciences Humaines
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"Cloud Labor, Pretty Bot Jobs" table ronde avec Nicolas Nova (HEAD-Genève, Near Future Laboratory), Yves Citton (Université de Grenoble) et Patrick Keller (ECAL, fabric | ch). Modération : Marie Lechner

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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
deuxquatredeux   15 novembre 2014
Pour une écologie de l'attention de Yves Citton
On essaiera de mieux comprendre en quoi nos environnements conditionnent notre attention, individuelle et collective, et en quoi nous conservons toujours une certaine puissance d'agir sur notre destin, dès lors que nous entreprenons de reconfigurer ces environnements. D'une certaine façon, notre attention est ce qui nous appartient le plus en propre. Et pourtant, nous n'en disposons que pour l'aliéner - dans les appareils de capture où nous immerge le capitalisme consumériste, comme dans les expériences esthétiques où nous nous plongeons avec le plus de passion.
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deuxquatredeux   08 janvier 2019
Contre-courants politiques de Yves Citton
Un discours politique devenu dominant suggère que les notions de «  gauche  » et de «  droite  » n?ont plus cours  : comme le franc, la peseta et la lire, ce seraient des devises obsolètes, que seuls des retardés tenteraient (avec de moins en moins de succès) de continuer à faire circuler par nostalgie pour un âge révolu. Faut-il s?en réjouir, et profiter de la brèche ainsi ouverte dans les murailles des vieilles forteresses partidaires  ? Faut-il s?en lamenter, et travailler à restaurer des repères sans lesquels nous nous sentons dramatiquement désorientés  ? Ce livre suggère que le dilemme est mal posé. Si tant d?entre nous restent incrédules envers les fausses promesses de la gauche comme envers les turpitudes de la droite, c?est sans doute qu?ils ont de bonnes raisons de s?en méfier. Si tant d?entre nous ne savent plus où se tourner pour satisfaire une soif de justice trop souvent déçue, c?est que quelque chose fait défaut dans nos horizons politiques actuels. Les discours hérités auxquels se réduisent les positionnements politiques traditionnels sentent souvent le rassis, et sonnent trop creux pour parvenir à mobiliser nos engagements. Nous avons cependant besoin de repères pour nous orienter au sein de problèmes sociaux de plus en plus intriqués et complexes. Et les repères binaires (droite/ gauche, haut/ bas, devant/ derrière) sont encore les plus efficaces. Autrement dit  : nous avons besoin de nouvelles polarités politiques. C?est à l?émergence de ces polarités qu?espère contribuer ce bref ouvrage. Pour ce faire, il esquisse une vingtaine de contrastes articulés en une dizaine d?oppositions binaires. Le jeu consistera moins à choisir, de façon exclusive, si l?on est d?un côté ou de l?autre, si l?on votera pour l?un ou contre l?autre, mais plutôt à sentir ce qui peut nous attirer ou nous repousser dans chacune des directions ainsi dessinées. La prémisse en est qu?il n?y a pas les gentils contre les méchants, les bons contre les cons, les clairvoyants contre les enfumés, les savants contre les ignares, mais que nous gagnerions toutes et tous à nous positionner entre les deux pôles ainsi dégagés. Davantage qu?un jeu de classification, la question sera de déterminer où précisément nous devrions nous situer si nous souhaitons mettre nos positionnements et nos pratiques en accord avec nos sentiments. Tout autant que des oppositions extérieures entre forces politiques ennemies, ces polarités pourront être envisagées comme des contrastes intérieurs, générés par des forces contradictoires qui nous traversent et avec lesquelles nous avons constamment à composer. Donc  : nous avons besoin de polarités, mais c?est toujours entre les deux pôles que nous devons trouver où vivre. Comme l?explicitera la conclusion, les courants et contre-courants mis en scène dans chaque paire d?opposés seront à imaginer sous la forme des résistances électriques, vivant de la tension persistante entre un pôle négatif et un pôle positif qui n?existent que l?un par rapport à l?autre.



Introduction
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bina   12 décembre 2014
Pour une écologie de l'attention de Yves Citton
Le seul fait de regarder ensemble les mêmes choses au même moment produit des effets de valorisation commune.
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bina   12 décembre 2014
Pour une écologie de l'attention de Yves Citton
Un livre consacré à l'épuisement de nos ressources attentionnelles est une contradiction incarnée: il vous explique pourquoi vous n'aurez pas le temps de le lire.
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bina   12 décembre 2014
Pour une écologie de l'attention de Yves Citton
Corollaire de rivalité: la somme d'attention attribuée à un certain phénomène réduit la masse d'attention disponible pour considérer d'autres phénomènes.
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Charybde2   12 janvier 2021
Mythocratie : Storytelling et imaginaire de gauche de Yves Citton
On le voit, les nominations les plus banales, sitôt qu’on gratte un peu sous leur surface, révèlent un enchevêtrement vertigineux de questions non posées et de réponses déjà données, qui n’attendent que la plus fragile incertitude pour révéler « une pluralité conflictuelle de requêtes », menaçant d’« un déséquilibre perpétuel » quiconque ne s’en tient pas à « l’imposition extérieure de catégories ou de noms » relevant de « grilles » toutes faites. Comme on l’a abondamment vu au cours du chapitre III, ces nominations ne prennent sens qu’à l’intérieur de narrations (généralement implicites) toujours déjà scénarisées : le mot de « viande » porte en lui l’image d’un chef en toque, armé d’un couteau acéré, qui enchaîne avec virtuosité les actions de coupe, de salage, de poivrage et de remuage de sauce, avec tout son imaginaire de couleurs, de bruits et d’odeurs ; le mot d' »agro-industrie » évoque des animaux parqués dans des cages, nourris de bouillies chimiques, entassés dans des camions, massacrés en série, suspendus et découpés dans des halls aseptisés où les humains ne travaillent que masqués. Les narrations impliquées dans des mots aussi communs sont non seulement scénarisées par avance, elles sont également scénarisantes : qu’on m’annonce de la « viande » et je m’empare de mon couteau, bois une golée de vin rouge, coupe une tranche de pain ; qu’on me parle d' »agro-industrie » et je fronce les sourcils en m’apprêtant soit à expliquer que mon boucher ne se fournit que chez un petit fermier bio de la région, soit, si je suis végétarien, à citer les 78 % des terres agricoles mondiales accaparées par la production de viande.

Outre que cela conduirait rapidement à la paralysie, il serait bien entendu perçu comme très maladroit de se sentir sommé de répondre à la « pluralité conflictuelle de requêtes » qui grouille à chaque repas dans mon assiette ainsi qu’entre mes voisins de table. En promouvant « une vision maladroite et fragile du politique », Michel Vanni tient justement compte du fait qu’on ne peut pas répondre de façon satisfaisante à ces requêtes, ni même savoir avec certitude s’il s’agit de requêtes, ni si c’est bien à nous qu’elles sont adressées. C’est l’incertitude de l’adresse qui fait que certains prêtent attention à des requêtes qu’ils croient percevoir en provenance des animaux, des affamés ou de l’environnement, décidant en conséquence d’arrêter de manger de la viande, tandis que d’autres se sentent parfaitement à l’aise en découpant leur steak saignant.

De même que l’ambivalence qui en est souvent le pendant, la maladresse est inévitable face à de telles incertitudes. Dès lors que nul ne saurait y échapper, ce qui est décisif, c’est le rapport qu’on entretient avec elle. Michel Vanni propose de restructurer le champ de l’éthos politique en opposant « deux « postures » subjectives différentes : la fidélité à la maladresse constitutive des réponses d’une part, et le déni de celle-ci d’autre part ». On peut illustrer et radicaliser cette polarité en mettant d’un côté, en haut à droite, le modèle du chef fasciste, pleinement sûr de lui, qui assène des affirmations assurées et rassurantes, en hurlant des slogans qui magnétisent des foules fascinées ; et, à l’autre pôle, en bas à gauche, la fée Maladroite qui balbutie sa proposition de virage sans être elle-même tout à fait convaincue que ça ne fera pas capoter le carrosse, mais estimant malgré tout que, étant donné les multiples incertitudes de la situation, il vaudrait (peut-être) mieux prendre ce risque, ou du moins en discuter. C’est toute la gamme des scénarisations politiques qui se situe entre ces deux pôles, scénarisations auxquelles on pourrait, sans aucune prétention à la rigueur comptable, attribuer différents coefficients de gaucherie.

« Militer pour l’incertitude ou pour la maladresse » implique de chercher à réformer (en permanence) les institutions, de façon à assouplir les réponses fatalement ossifiées (bureaucratisées) qu’elles apportent aux requêtes de leurs participants et de leurs utilisateurs. Le coefficient de gaucherie se mesurerait ici au « degré d’ouverture des institutions à la maladresse de leurs propres réponses ». Comme le suggère toutefois Michel Vanni lui-même, c’est aussi en termes de « posture subjective » que doit être abordée la gaucherie. Au lieu de se définir principalement par certains contenus idéologiques (être contre les privatisations, pour l’impôt sur les grandes fortunes, etc.), « l’imaginaire de gauche » mérite sans doute de se caractériser par certains modes d’énonciation. Une subjectivité est (au moins un peu) de « gauche » dès lors qu’elle se trouve mal-à-droite à côté du manager qui joue au petit chef ou à côté de l’expert qui assène ses vérités en les appuyant de tout le poids de son autorité scientifique. Dès lors qu’on ressent le besoin de « lutter contre toute une mythologie de l’adresse et de l’efficacité, largement dominante à l’âge du capitalisme mondialisé », l’ennemi n’est bien entendu pas à dénoncer dans l’expert ou le manager eux-mêmes, qui ne font sans doute que répondre de leur mieux à « la pluralité conflictuelle de requêtes » où ils se trouvent enchevêtrés. Si ennemi il y a, il faut le repérer dans certaines façons de mettre en scène le geste de la réponse et de l’énonciation.

L’habitude de multiplier les guillemets – à laquelle il n’aura pas échappé au lecteur que cet ouvrage sacrifiait de façon caricaturale – pourrait par exemple servir de mesure d’un tel coefficient de gaucherie. De par la distance qu’ils instaurent entre le sujet énonciateur et les nominations dont il se sert, les guillemets font affleurer à la surface du texte l’incertitude et la fragilité de ces nominations : chacun d’eux pointe le doigt en direction des mythes sous-jacents qui accompagnent les termes utilisés. Le correspondant à l’oral de cette maladresse typographique est figuré par ces universitaires (généralement anglo-saxons) gardant perpétuellement les bras levés pendant leur conférence, tant ils multiplient le geste par lequel deux doigts recourbés dessinent deux crochets aériens au-dessus de leur tête – selon un tic ridicule et agaçant : gauche…
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foxinthesnow   03 mai 2020
Générations collapsonautes de Yves Citton
Pour se lever le matin à 6 h 30 et passer quarante-cinq minutes dans les transports afin de s’enfermer dans un bureau pendant huit heures, il faut « croire » à un certain horizon socioculturel (basé sur le salariat, l’argent, le marché) qui n’est, dans l’absolu, ni évident ni nécessaire. Ce qui, pour certain·e·s, paraît absolument sensé dans le cadre d’une société particulière – du progrès, du travail rémunéré et de la marchandise – peut devenir incompréhensible et opaque, voire totalement absurde, pour celles et ceux qui, du fait de leur immersion en milieu effondriste, ressentent la crise de signification d’un tel univers, et se retrouvent à l’observer depuis l’extérieur.
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deuxquatredeux   12 avril 2015
Pour une écologie de l'attention de Yves Citton
C'est bien de cette capacité à remarquer ce qui est là - qui est important mais qu'on avait jusque-là négligé - que Joseph Jacotot et Jacques Rancière font le ressort d'une pédagogie dirigée vers l'émancipation intellectuelle. La fonction essentielle de leur maître (potentiellement ignorant) n'est pas d'expliquer des contenus, mais d'exercer l'attention des élèves, que ce soit par un commandement imposé à leur volonté ou par la stimulation de leur désir. C'est bien vers "une habitude et un plaisir pris à remarquer" que doit tendre toute expérience d'enseignement.
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Charybde2   07 mai 2018
Médiarchie de Yves Citton
Le voyage en médiarchie que propose cet ouvrage s’efforce de cartographier cet ailleurs à la fois inconnu et familier. Il invite souvent à parler une langue étrangère (aux accents surtout anglophones et germaniques), qu’on espère rendre aussi compréhensible que possible, sans pour autant lui faire perdre le charme de l’exotisme. Il trace son cheminement à travers quatre continents, dont chacun décline un peu plus précisément ce que confond généralement la référence commune aux « médias ». Chacun de ces continents s’affiche sous une graphie particulière aidant à distinguer les différents registres de réalité habituellement confondus. (…)

Davantage qu’un expert ès-médiologie, l’auteur prétend plutôt au statut de traducteur-interprète et de guide touristique. Il espère en savoir juste assez pour réussir à faire partager aux autres son désir d’aller y voir de plus près. L’urgence politique est-elle compatible avec la curiosité touristique ? C’est le pari que fait ce livre en présentant la médiarchie à la fois comme la nouvelle frontière d’un monde encore extérieur – de par sa nouveauté anthropologique, vieille d’à peine quelques siècles et en reconfiguration constante depuis son émergence – et comme la limite intérieure qui nous empêche de devenir ce que nous pourrions être.
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Charybde2   12 janvier 2021
Mythocratie : Storytelling et imaginaire de gauche de Yves Citton
Nul n’est encore parvenu à déterminer ce que peut un récit. Certains s’offusquent des « mythes » dont on nous berce ; d’autres dénoncent « les histoires » qu’on nous raconte ; d’autres encore veulent croire qu’il suffit de trouver la bonne « story » pour mener les ânes aux urnes, les moutons au supermarché et les fourmis au travail. Plutôt que des dénonciations ou des recettes de cuisine, cet ouvrage propose une interrogation sur les pouvoirs propres des récits, doublée d’un récit sur la nature mythique du pouvoir : mytho-cratie.

Pour ce faire, on articulera trois champs de réflexion, qu’il serait trop ambitieux de prétendre analyser séparément, mais qu’on espère saisir par ce qui les traverse. D’une part, on tentera de faire le point sur l’imaginaire du pouvoir caractérisant les développements récents d’une certaine pensée politique, inspirée à la fois de Spinoza, de Gabriel Tarde, de Michel Foucault et de Gilles Deleuze. Il s’agira de se donner les moyens de repérer et de comprendre les fonctionnements d’un pouvoir apparemment « doux » (soft power), qui insinue, suggère et stimule, plus qu’il n’interdit, ordonne ou contraint – un pouvoir qui « conduit des conduites » en circulant au gré des flux de désirs et de croyances que canalisent nos réseaux de communication « médiatique ».

On s’efforcera par ailleurs de faire la part de réalités, de fantasmes et de potentiels émancipateurs enveloppés dans les pratiques de narration et de storytelling. On s’appuiera ici sur diverses disciplines (au carrefour de l’anthropologie, de la sociologie, de la narratologie et de la sémiotique) pour tenter de comprendre en quoi la structuration narrative constitue une précondition nécessaire à l’action humaine, en même temps qu’un horizon appelé à opérer l’intégration de nos divers gestes quotidiens. Ce sera l’occasion de se demander pourquoi et comment les ressources du storytelling ont pu être accaparées par des idéologies réactionnaires (« de droite »), et sous quelles conditions elles peuvent être réappropriées par des politiques émancipatrices (« de gauche »).

Au point de rencontre entre pratiques de narration et dispositifs de pouvoir, on essaiera enfin de définir un type d’activité très particulier, la scénarisation. Raconter une histoire à quelqu’un, cela revient en effet non seulement à articuler certaines représentations d’actions selon certains types d’enchaînements, mais cela amène également à conduire la conduite de celui qui nous écoute, au gré de ces articulations et de ces enchaînements. En mettant en scène les agissements des personnages (fictifs) de mon récit, je contribue – plus ou moins efficacement, plus ou moins marginalement – à scénariser le comportement des personnes (réelles) auxquelles j’adresse mon récit. Cette activité de scénarisation demande à être analysée à la fois dans ses vertus propres, liées à la nature du geste narratif, et dans ses répercussions au sein de nos dispositifs médiatiques. Passer de la problématique de la narration à celle de la scénarisation implique de se demander à travers quelles structures de communication et avec quels effets possibles une histoire peut affecter un public et orienter ses comportements ultérieurs.
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