AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Buchet-Chastel

Buchet-Chastel est une maison d`édition française créée en 1936. Elle publie des ouvrages de diiferentes sortes comme de la littérature française ou étrangère, des documents et essais, des biographies, ou encore des livres portant sur la musique ou l`écologie. La maison d`édition fait partie du groupe Libella.

Livres les plus populaires voir plus


Dernières parutions chez Buchet-Chastel


Dernières critiques
hcdahlem
  20 août 2018
K.O. de Hector Mathis
Voyage au bout de l’écrit



Hector Mathis. Retenez bien ce nom qui pourrait se révéler comme l’une des révélations de cette rentrée. Sur les pas d’un vagabond, il nous entraîne dans une odyssée dramatique et somptueuse.



Ce qui frappe d’abord à la découverte de ce premier roman, c’est le style, entre gouaille populaire et langue parlée, entre slam et néo-classique. Pour le coup, les libraires œuvrant pour le magazine PAGE m’ont sans doute pas beaucoup débattu avant de sélectionner ce livre pour leur Prix du style qui sera remis le 20 novembre prochain.

Hector Mathis choisit de nous entraîner sur les pas de Sitam, un jeune SDF, à qui il confie le soin de nous livrer sa vision du monde qui, on l’imagine, est loin d’être joyeuse. Aux côtés d’Archibald, toute sa fortune peut se résumer en quelques « conserves poussiéreuses, une bouilloire cabossée, une casserole et un réchaud. À peine de quoi entretenir un mourant. »

Cependant, si ce nouveau Boudu n’est pas sauvé des eaux, il va aussi avoir droit à une rencontre déterminante pour son avenir, celle de la môme Capu avec laquelle il voit pouvoir regarder le ciel virer du gris au rose, partager son amour du jazz et de la littérature…

Mais le bonheur n’est que de courte durée, car un sombre climat s’installe dans la ville. « Voilà que la terreur débarquait au coin de la rue. Que tout son jus se déversait en flots ininterrompus dans les artères de l’arrondissement. Le compteur à cadavres s’affolait de plus en plus. Les chiffres grimpaient sur l’écran. L’anéantissement trouvait sa jauge. Sa ligne graphique. Et nous étions aux premières loges. « Ça me débecte tout ça ! que je lui ai d’abord dit à la môme Capu. Tout est tellement dégueulasse que j’arrive plus à penser. Elle a qu’une envie l’humanité, retourner dans la boucherie. Maintenant qu’elle a bien dansé, elle veut s’amuser comme les parents. De la chair, des nouvelles recettes, saignantes, à point, crues de chez crues ! » Et si l’on tient un peu à la vie, la meilleure des choses est de fuir ce chaos pour essayer de reconstruire quelque chose et oublier les chocs, les traumatismes passés.

Pour Sitam, le voyage vers les Pays-Bas est aussi un retour aux sources. Dans son pays natal, il trouve assez vite un emploi dans un restaurant et de nouvelles perspectives aux côtés de son collègue et ami Benji, amoureux transi de la patronne. Mais une fois encore, dès que le ciel se dégage un nouveau coup de tonnerre vient mettre à néant les efforts consentis. Un coup de tonnerre au goût de sang. « Moi, je me disais juste que la patronne c’était une dégueulasse, qu’elle avait eu ce qu’elle voulait, du drame jusque dans la vie des autres et que comme ça elle était bien heureuse, parce que la mort maintenant c’était pour tout le monde et pas que pour elle… »

On the road again…

Reparti sur les routes pour se sauver de la mort, notre « héros » aussi tenter de se construire un avenir en alignant les mots et les phrases sur le papier, à essayer de transcender son voyage au bout de la nuit : « Je traquais mon roman, ma musique, partout, à travers les routes, dans la grisâtre, seul, avec Benji, sans lui. J’en avais trop. Fallait que j’écrive ! Que je m’y risque ! À jouer un air désagréable pour l’époque. À enfoncer la vingtaine ! À retenter l’enfance, cette infidèle. Ce corbillard d’imaginaire ! Fallait bien de la discipline pour préparer l’encéphale à fabriquer de la chair d’inconnu, des châteaux de boue, des viandes de chimères. »

Entre Céline et le Mars de Fritz Zorn, notamment pour la maladie qui ronge lentement Sita, Hector Mathis a su trouver sa propre voix. Une voix que nous ne sommes pas près d’oublier !
Lien : https://collectiondelivres.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          81
Polars_urbains
  20 août 2018
K.O. de Hector Mathis
En pleine panique face à une situation de guerre ou d’attaques terroristes, le narrateur / héros fuit la ville avec la la môme Capu ( !). Direction, le nord, du moins pour un temps. K.O. se veut donc une sorte de road movie sur fond de conflit (nombreuses références littéraires, dont Les saisons de Maurice Pons pour la littérature ou Le transperceneige de Rochette et Legrand pour la BD, Céline et le voyage étant hors compétition). Il ne s’y passe pas grand-chose mais on y fait de belles rencontres dont un clochard céleste jazzeux, un vieil ami garçon de café amoureux de la patronne du bistrot (ce qui ne lui, portera pas chance) ou une voisine charitable (« Il y a des gens comme ça qui se mettent au service de la moindre ambition, ça leur donne l’impression de participer à quelque chose de moins médiocre que leur anéantissement différé. ») Le héros / narrateur conte par ailleurs son expérience du monde du travail (bistrot, imprimerie) et livre quelques réflexions sur l’existence, tout en poursuivant la rédaction d’un premier roman.



Roman très sombre sur la fuite en avant, constat sans appel d’un mode qui change pour le pire, portraits de quelques losers plus ou moins magnifiques, K.O. se laisse lire sans déplaisir mais donne une impression de déjà lu ou déjà vu. Certains seront sensibles aux phrases courtes et simples (Proust est mort depuis belle lurette), très syncopées (« C’était du ska ce que j’écrivais, ça sautillait sans cesse, puis ça frôlait le jazz avec les cuivres pour faire la liaison. »), proches de l’écriture cinématographique de Dos Passos, On regrettera que l’auteur n’évite pas toujours le cliché (« Qu’est-ce-que c’est beau l’horizon quand il bave ses couleurs jusqu’au délire. »).



Cela étant, le premier roman d’Hector Mathis n’est pas à négliger. Ce livre très écrit sur le pouvoir des mots contre le désespoir et la mort (de la charade à tiroirs au slogan publicitaire en passant par le toman en gestation) révèle un réel désir d’écriture qui augure bien des prochaines livraisons. Une fois digérées toutefois les influences trop présentes de Céline et de certains auteurs de la Beat Generation.



Merci à Babelio et à Buchet-Chastel pour leur confiance.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
jg69
  20 août 2018
K.O. de Hector Mathis
Sitam, un jeune homme passionné de jazz et de littérature, tombe amoureux de la môme Capu. tous deux s'installent ensemble dans le logement qu'un ami a prêté à la jeune femme jusqu'à ce qu'un soir la capitale retentisse d'explosions et soit envahie de policiers et de militaires. Les deux jeunes gens parviennent à quitter Paris avant que la ville ne soit bloquée et partent se réfugier dans la banlieue natale de Sitam, "la grisâtre". C'est le début d'une errance qui va les mener de la banlieue à Amsterdam dans un contexte de précarité extrême, une errance qui va être jalonnée de belles rencontres.



Malgré un début que j'ai trouvé confus, j'ai beaucoup aimé ce roman dans lequel l'auteur aborde la question de la maladie, de la mort, de la précarité, de l'amour et de l'amitié. J'ai aimé la façon dont Hector Mathis, en quelques phrases très justes et percutantes, parvient à planter le décor d'une banlieue "la grisâtre" dont il donne une vision époustouflante, à brosser le tableau de la condition ouvrière à Amsterdam, à esquisser sa vision des vieux couples et surtout à retranscrire les sentiments du héros face à la maladie. Le style d'une rare puissance traduit à merveille un sentiment d'urgence et de colère. Un premier roman percutant dont on va certainement entendre parler...

Les premières dizaines de pages très déconcertantes pourraient inciter à abandonner ce roman, ce serait dommage car quand ça démarre cela devient vraiment bluffant.
Lien : http://leslivresdejoelle.blo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30