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Critiques sur La théorie des nuages (15)
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nadiouchka
  06 novembre 2017
Au programme de mon prochain club de lecture : « La théorie des nuages » de Stéphane Audeguy. Je me suis dit : « Chic moi qui aime regarder les nuages et les photographier quand c'est possible, ça devrait me plaire ». Mais je vous signale que je n'ai jamais la tête dans les nuages, au contraire. Et puis ce premier roman de cet auteur a obtenu le Grand Prix Maurice Genevoix de l'Académie Française. Donc, bonne référence.

L'auteur commence par une citation de Lutèce : « Tout ce qu'on voit encore se développer dans les airs et naître au-dessus de nous, tout ce qui se forme dans les nuages, tout enfin, neige, vent, grêle, gelées, et le gel si puissant qui durcit le cours des eaux et ralentit ou arrête çà et là la marche des fleuves, tout cela peut aisément s'expliquer, ton esprit n'éprouvera aucune peine à en comprendre et à en pénétrer le secret, du moment que tu connais les propriétés des atomes. » (préface).

L'histoire débute avec un vieux couturier japonais, Akira Kumo, grand passionné des nuages et qui leur consacre une grande bibliothèque. Il embauche une jeune femme, Virginie Latour, pour mettre un peu d'ordre dans ses livres et les classifier. Étonnée par la simplicité du travail et la rémunération importante qui lui est allouée, elle fait taire ses scrupules et se découvre un intérêt dans cette tâche ainsi que d'affection pour ce vieil homme qui semble rechercher de la compagnie.

L'ouvrage est composé de trois chapitres :
- Première partie : L'étude des ciels (avec une phrase de Constable : « What a glorious morning in this for clouds ! »).
- Deuxième partie : Vers d'autres latitudes (je vous épargne la préface du International Cloud Atlas car elle est aussi en anglais mais surtout longue).
- Troisième partie : le Protocole Abercrombie (« Chose assez curieuse, il ne m'arriva pas une seule fois, devant ces magies liquide ou aériennes, de me plaindre de l'absence de l'homme ». Baudelaire).
Ces trois histoires, en fait, forment un tout et se rejoignent.

Le texte est assez poétique mais il faut bien garder la tête sur les épaules car, finalement, on évolue vers les débuts de la météorologie – on y parle de Luke Howard qui est devenu célèbre grâce à son « système de nomenclature des nuages » ; surnommé aussi « le parrain des nuages », c'est lui qui a désigné trois principales catégories de ceux-ci : cumulus, stratus et cirrus.
On y parle aussi du fameux et très recherché Protocole de Richard Abercrombie ainsi que du peintre Carmichael et de Goethe. On passe du présent au passé.
Parfois j'ai trouvé des paragraphes un peu trop longs, complexes (instructifs certes mais j'ai fait un effort pour les lire). Il y est aussi question de la sexualité de Virginie (avec des descriptions plutôt crues, mais bon, si elle fonctionne ainsi c'est bien son droit…). On trouve aussi tout de même de l'amour.
Au milieu de tous ces nuages, le personnage d'Akira Kumo est touchant par sa sensibilité – il ne connaît pas vraiment son âge et lorsqu'il le découvre c'est la stupéfaction.

L'auteur a fait preuve de beaucoup d'imagination pour ce livre et on constate qu'il s'est bien documenté. Par exemple, il nous fait part d'évocations historiques avec la bombe d'Hiroshima...

Les personnages sont assez pittoresques dans l'ensemble, avec chacun leur particularité. Mais ce livre est également une réflexion sur le temps qui passe, le temps météorologique bien sûr au gré du vent qui fait défiler les nuages.

Au final, « La théorie des nuages » a bien mérité son prix car il n'était pas facile de faire passer autant de notions scientifiques en prenant, au départ, l'histoire d'un couturier japonais.
Les sentiments sont bien décrits, les thèmes écologiques font partie intégrante de la réflexion : on y trouve l'évocation du volcan Krakatoa en 1883…

Je vais donc pouvoir dire lors de mon club de lecture que, si j'ai plutôt aimé ce livre, il m'a laissée malgré tout un peu sceptique : sujet très intéressant, certes ; je n'ai rien (au contraire) contre les indications scientifiques… Mais (eh oui il y a un mais) : avait-on besoin de tant compliquer les choses ? Mais (un autre mais pour celui-ci çà va) : le livre se rattrape avec son humanité, sa tendresse, sa poésie. Mais (encore ?) : dommage pour le dernier geste tragique d'Akira (je ne dirai pas lequel).
D'un autre côté l'écrivain a bâti son histoire ainsi et il nous faut l'accepter (ce n'est pas à moi de récrire quelques passages).

En fait, ainsi va l'histoire qu'à la fin on se retrouve tout de même avec un joli premier roman, bien construit et, si l'on y réfléchit, ce n'était vraiment pas facile quand on pense aux chemins par lesquels on passe.
En conclusion, je donne un 4 étoiles qui vont briller dans les nuages.
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dancingbrave
  22 septembre 2014
Improbable et compliqué à souhaits

20 août

Je me lance dans la lecture de la « théorie des nuages », tout fier de l'avoir dégotté à la librairie du bleuet, vous savez le lieu improbable qui se trouve là où on était sûr de ne surtout pas le trouver…
Rapidement je comprends que le thème sera bien celui des nuages, une improbabilité qui me sourit.
Puis je rencontre des personnages un peu curieux, improbables eux aussi ; certains réels d'autres non.
Bref, tout cela semble annoncer un roman original (je vous fais grâce de l'ultime « improbable »)

Mais en fait il s'agit plutôt d'une histoire des sciences romancée…
Et là où je dis romancée, je devrais dire, compliquée gratuitement :
Compliquée par des personnages sans rapport aucun avec le thème, des personnages à la sexualité compliquée, surprenante et surtout dont l'étalage n'a absolument rien à voir avec le roman et ne lui apporte rien.
Compliqué par une syntaxe lourde, confuse, difficile.

(Je vous en donne quelques exemples plus bas).

20 septembre

A relire certaines phrases deux ou trois fois, à parfois m'endormir sur l'ouvrage (ben voui ...), je me suis retrouvé, vingt jours après à la page 141 et avec de gros doutes. Car, outre la lourdeur du style, en avançant laborieusement dans l'histoire de nouvelles pistes apparaissent, mais toutes font Flop ne menant vraiment vers rien de constructif.
Alors je prends sur moi en me disant que cela va s'éclaircir plus loin, que des liens vont unir tout cela et je commets l'erreur fatale : je vais sur notre cher Babelio et là je vois que même la toute nouvelle piste que l'auteur a avancée et sur laquelle je fonde encore quelque espoir s'avère être une Farce grotesque !

22 septembre :

Aller hop, c'est décidé ! Vue ma pile à lire si lourde de promesses et des appétits que je nourris, je décide de souffler sur ces nuages à la page 141 et de passer à autre chose.

Pfffft ...

Comme promis : quelques exemples de citations improbables et compliquées :


Richard Abercrombie l'entend arriver, lui sourit, l'arrête d'un geste, et, la poussant légèrement devant lui, il fait un geste large du bras...
(Pardon ?)


Mais il est épuisé ; et, comme une nappe d'eau qui a passé le point où elle peut se renouveler, avec le temps, Akira Kumo se tarit, sûrement et lentement.
(Vous pouvez répéter ?)

Diverses sociétés savantes ont fait envoyer [...] des couronnes mortuaires et des messages de condoléances, longs et vagues.
(Ben oui, comme votre roman)

Quand elle jouit, elle se cramponne à son mari comme une noyée. Sinon elle reste tranquille, heureuse comme un paysage.
(Image poétique ?)

Elle n'est pas belle, c'est autre chose en elle qui le chavire. de toute façon la beauté des femmes ne présente aucun intérêt pour Carmichael. Mais lorsque Mary Bickford entre dans un lieu public, il faut faire un effort pour ne pas la regarder, on pense à des choses douces et belles, on se sent vaguement triste aussi.
(Euh, elle est comment finalement ?)

...Dans un éclair la vérité lui revient, irréfutable : il n'est pas né en 1946, mais à la fin de l'année 1933. Et du moment où il a tiré ce fil minuscule, Toute l'étoffe ne vient pas d'un coup, naturellement ; mais bientôt il n'en restera rien.
(Plait-il ?)
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cyberugo
  26 mai 2012
On peut dire de ce roman qu'il est frais, rafraîchissant, divertissant, mais en même temps instructif et érudit. Il va nous retracer une partie de l'histoire de la météorologie de façon romancée, en nous faisant découvrir la vie de scientifiques concernés, avec la vie de l'époque. On va aussi suivre la vie d'un grand couturier censé vivre à notre époque, ainsi que de sa bibliothécaire qui sera le fil conducteur de l'ouvrage.
L'intrigue est construite sur des allers et retours entre flashbacks et époque contemporaine, en nous entraînant dans différentes intrigues pourtant toutes liées. Cela passe bien, sauf peut-être quelques passages un poil trop longs. de beaux sentiments se dégagent de l'ensemble, nous envoyant un petit nuage. Un comble !!
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nanu
  21 avril 2010
La rencontre improbable d'un riche industriel japonais vivant à Paris et d'une jeune bibliothécaire, qu'il charge de classer sa bibliothèque spécialisée dans tous les écrits sur les nuages. Au fil de leurs conversations et de leur amitié naissante, on découvre tout un monde de peintres, chercheurs, climatologues, poètes... fascinés par les nuages. Mes doutes de départ (comment ? on peut tenir 350 pages rien que sur les nuages ?) se sont progressivement changés en admiration réelle pour cet auteur, son écriture limpide et poétique, son bel humanisme, et l'originalité de son univers. Une belle et forte découverte, avec ce premier roman, un grand auteur est né !
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thisou08
  20 février 2017
Il était une fois une bibliothécaire employée par un couturier, Akira Kumo, pour répertorier tous les livres qu'il possède sur les nuages.
Un livre sur les nuages ? Mais que peux-t-on en dire ?
En fait, l'auteur a choisi ce prétexte pour, d'une part, raconter la naissance de la météorologie et d'autre part, la vie d'Akira Kumo, qui a vécu Hiroshima et qui a survécu.
Comment ?
Pour le savoir, lisez ce livre, vous ne le regretterez pas...
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lacrocheteuse
  16 juillet 2014
Un livre ou on apprend beaucoup de choses sur les nuages, les météorologues, les peintres, tout ce qui concernent les nuages en générale même dans les batailles. Un autre passage sur le personnage Akira pendant son enfance pendant la bombe hiroshima, toutes cette histoire est écouté par Virginie Latour, une bibliothècaire embauché pour rangé sa collection sur les nuages, dont le fameux "protocole des nuages". Peut choquer certaines personnes sur le fameux protocole !!! Un très beau livre et sincère félicitation à son premier roman.
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moustafette
  02 janvier 2011
Akira Kumo est un célèbre couturier japonais installé en France au début des années 60. Sur ces vieux jours, il décide d'engager une jeune bibliothécaire afin qu'elle l'aide à classer tous les ouvrages qui s'amoncellent sur les étagères de son hôtel particulier. Akira Kumo est aussi un riche collectionneur original. C'est, entre autre, un passionné de nuages et des hommes qui un jour ont décidé de les nommer, de les classer, de les étudier, ceux qu'on appelle les chasseurs de nuages. Et c'est leur histoire que le vieil homme va narrer à Virginie Latour, tout en rangeant les livres.

Mais ce livre ne se résume pas à cet aspect historique ni à cette chasse au trésor. C'est aussi la rencontre de deux êtres qui sauront l'un écouter, l'autre se livrer. Car la vie d'Akira Kumo est un roman dans le roman. Tout au long de ces séances de rangement, le vieil homme replonge dans les méandres de son histoire, et des brumes de sa mémoire émergent les souvenirs. Un autre nuage se dessine à l'horizon. Paradoxalement, il nous éclairera sur l'étrange fascination pour ces formes toujours mouvantes qui incitent tant à la rêverie.

Ce livre m'a embarquée pour un voyage extraordinaire au coeur des nuages, là où ma tête est le mieux à sa place, loin de ce bas monde.

Lien : http://moustafette.canalblog..
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zazimuth
  27 août 2010
Ce qui m'avait attirée c'est qu'il y était question de collections (sic) et de la folie douce qui peut atteindre les collectionneurs. Et je me suis finalement laissé aspirer par une histoire bien plus complexe qu'il n'y paraît dont les thèmes se mélangent et qui tourne autour de trois personnages principaux : Virginie Latour qui va faire le lien entre les différentes parties du livre, Akira Kumo et Richard Abercrombie.
La première est bibliothécaire et elle va se voir confier une mission en détachement auprès du second. Akira Kumo est un couturier japonais installé à Paris. Célèbre pour les nombreuses collections qu'il a successivement entreprises (ah ah !!), les dernières années de sa vie sont principalement marquées par une quête d'exhaustivité centrée sur la seule collection qu'il va conserver : les documents concernant les nuages... Il a donc besoin d'un(e) bibliothécaire pour répertorier sa collection...
Lien : https://cneedaujourlejour.bl..
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Apoapo
  06 février 2016
Ce roman, par l'interposition de deux personnages-narrateurs, contient la biographie romanesque et fantasque des quelques hommes du XIX siècle qui se passionnèrent de nuages en fondant les prémisses de la météorologie moderne. Ces biographies, de savants - Luke Howard, Richard Abercrombie, William Williamsson - et du peintre Carmichael, constituent la partie la plus détaillée et instructive du récit, mais s'y greffent aussi des éléments narratifs fort intéressants sur la vie du principal personnage-narrateur, le vieux styliste japonais Akira Kumo. Son récit adressé à sa bibliothécaire Virginie Latour, dans le cadre d'une relation amicale et sentimentale que la parole développe, lui permet à la fois de (se) préciser les raisons de sa nouvelle lubie de collectionneur d'ouvrages consacrés aux nuages, ainsi que, par là-même, de se remémorer son enfance et d'autres parties refoulées et obscures de sa propre biographie, à l'ombre du Nuage par antonomase, le nuage atomique d'Hiroshima.
Le lecteur avisé devine vite cette association historique, même s'il se laisse aller à la séduction du jeu de reconstitution progressive de mémoire, si bien mené. Il lui faut plus de temps pour déceler d'autres analogies plus subtiles, comme celle entre la sexualité (frôlant la perversion) de Richard Abercrombie et celle de Kumo lui-même. L'auteur suggère : "Ce que Virginie Latour avait d'abord perçu comme le long et doux cortège des amoureux de nuages comporte, elle s'en aperçoit maintenant, un peu trop de suicidés, de désespérés, d'amoureux éconduits et de solitaires tristes." (p. 280) : et c'est presque un "understatement"... Par contre serait-ce surinterpréter que de faire l'hypothèse d'une analogie entre tous ces amoureux de nuages et différentes formes de perversion sexuelle ?
Et sur cette question, le grand manque de ce roman, me semble-t-il dès le début, c'est l'impressionnant silence, l'énorme anémie narrative concernant le personnage féminin, cette Virginie Latour, qui ne sert presque que de catalyseur de récits, et qui ne possède de caractère qu'une caractéristique dysfonctionnelle relative, encore, justement à sa jouissance sexuelle...
Nuages-mort, nuages-perversions... ç'eût été véritablement passionnant. Et le seul personnage féminin était justement là, à portée de la plume !
Matière pour un autre roman, peut-être ? Voici en effet l'excipit:
"Virginie Latour pense aussi, sur sa petite île blanche au milieu des tempêtes, qu'elle va vivre sa vie. Mais ceci est une autre histoire."
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folivier
  18 mars 2011
Un couturier japonais à Paris recrute une jeune bibliothéquaire pour classer et archiver sa collection d'ouvrages relatifs aux nuages et à la météorologie. L'auteur nous fait découvrir une histoire (réelle ou imaginée ?) de la météorologie et suivre le parcours à partir du XVIII° siècle de quelques personnages anonymes ou scientifiques amoureux des nuages. le nuage devient une allégorie de la vie et d'une certaine conception du monde (cycle perpétuel de l'eau). L'auteur fait des parrallèles et analogies entre la composition des nuages et celle du corps humain, la structure des nuages et celle du cerveau (avec une approche sur la théorie des fractales). le nuage est la métaphore du temps qui s'écoule. Il devient également le symbôle de notre société qui se déshumanise et aboutit aux horreurs du XX° siècle (nuage de gazs toxiques de 14-18, fumée des crématoires et le champignon de Hiroshima).
Cependant j'ai eu le sentiment que tous ces thèmes étaient effleurés, juste abordés. le livre manque de densité... mais peut-être est-ce volontaire pour être aussi léger qu'un nuage alors que ce dernier en fait représente un masse énorme...
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