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Critiques sur BettieBook (14)
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hcdahlem
  17 mai 2018
Choc des cultures dans le monde littéraire

En confrontant une booktubeuse et un critique littéraire du Monde des livres, Frédéric Ciriez nous offre un truculent jeu de massacre. Avec quelques arrière-pensées?

Deux personnages, deux parcours diamétralment opposés et deux manières de concevoir leur rôle de médiateur. Les écrivains et les cinéastes ont compris le potentiel de romans et de scénarios qui confrontent des acteurs qui n'ont à priori rien à faire ensemble. Parmi les derniers exemples en date, on peut citer Pactum Salis d'Olivier Bourdeaut et Abdel et la comtesse d'Isabelle Doval.
Frédéric Ciriez a choisi de Confronter Stéphane van Hamme et Betty Leroy. Stéphane étudie les lettres et écrit ses premiers articles pour le Pélican lettré, une revue lilloise. Il choisit alors le pseudonyme de Stéphane Sorge. « Son patronyme se réfère discrètement au Très-Haut, roman où Maurice Blanchot met en scène un certain Henri Sorge – "souci" en allemand. En 1948, année de publication du Très-Haut, la philosophie heideggérienne dominait en France et trouvait des échos chez quelques écrivains préoccupés par le " souci de l'être". Henri Sorge porte le nom d'une inquiétude. Stéphane Sorge devient le nom d'un critique littéraire de vingt et un ans. » Au fil des ans, il va parvenir à se faire une place dans le milieu parisien. Il est pigiste pour le magazine Books et pour le Monde des livres, chroniqueur sur Paris Première et livre également sous un autre pseudonyme des articles à Télé 2 semaines. Mais, à l'image de la presse écrite, sa situation n'en demeure pas moins précaire. La part consacrée à la culture et plus particulièrement aux livres à tendance à se restreindre, tout comme ses lecteurs qui sont en majorité des lectrices. « Il se dit parfois avec une pointe d'amusement qu'il mène une activité professionnelle de femme, à destination des femmes. La seule issue serait de changer de sexe, ou de devenir trans-critique. »
Betty a pour sa part eu envie de partager ses lectures, principalement les dystopies (récit dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur et entend mettre en garde le lecteur en montrant les conséquences néfastes d'une idéologie) et la littérature young adult. La jeune fille a choisi internet et la vidéo comme média et créé sa chaîne intitulée «BettieBook». Un passe-temps qu'elle pratique à côté de son emploi dans un centre de bronzage à Melun, ce qui ne l'empêche nullement de réussir, car ses vidéos sont suivies par quelque 30000 abonnés. Il faut dire qu'elle a su trouvé le ton juste et a su s'approprier les codes qui correspondent à son public. Sur sa page d'accueil, elle a imaginé une souris en train de grignoter un livre et un slogan approprié « Lectrice et petite souris qui voit tout, tout, tout, suis-moi dans la maison des livres. »
Quand Stéphane Sorge, qui est chargé d'enquêter sur ce nouveau phénomène, la contacte, elle est ravie de l'acueillir, car tout est bon pour accroître encore sa notoriété. le critique littéraire, quant à lui, s'imagine déjà manger tout cru cette petite souris. Sauf que cette fois, la souris a du répondant : « Nous, on parle directement à nos abonnés, ce sont nos égaux. Ce qui nous intéresse, c'est le partage. On n'est pas comme les critiques littéraires classiques qui ne connaissent pas leurs lecteurs. » Sans oublier que notre érudit est soupçonné d'avoir parlé d'un livre sans l'avoir lu. de quoi régaler tous ceux qui souhaitent prendre sa place!
On sent que Frédéric Ciriez s'est beaucoup amusé à décrire les deux milieux, à alimenter de ses propres expériences cette satire des milieux littéraires, à conjuguer des auteurs réels avec des situations fictives. À moins que… Si ce livre n'est pas un roman à clé, il n'en dépeint pas moins parfaitement les usages, les rivalités, les mesquineries et autres coups bas ou renvois d'ascenseur espérés.
J'imagine que le plaisir que j'ai pris à le lire tient sans doute au fait que j'ai été d'abord l'un – critique littéraire durant plus de dix ans au sein d'un hebdomadaire – puis l'autre avec la création de mon blog littéraire et que je peux dire jusqu'où la réalité dépasse la fiction.
Mais la plume de Frédéric Ciriez ravira aussi les lecteurs qui ne sont pas du sérail, car elle mordante, inventive et joyeusement impertinente. Je vous laisse par exemple imaginer la tempête dans le crâne de Stéphane quand il se retrouve dans le lit de Betty. Tout le reste est littérature!
Lien : https://collectiondelivres.w..
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lucia-lilas
  09 mars 2018
Bon, commençons par le commencement : ce livre est né d'une résidence d'écrivain qui a eu lieu en 2015 à l'Université Paris Nanterre auprès d'étudiants en master 2 Métiers du livre. le sujet portait sur « la question de la critique littéraire envisagée comme une écriture de création à part entière ». (Oh, comme ça m'aurait intéressée… j'aimerais parfois retourner sur les bancs de l'école...)
Que ce sujet ne vous effraie pas : ce roman, plein d'humour, pose un regard acéré et satirique sur l'état de la critique littéraire et les difficultés de la presse écrite qui se voit un peu délaissée, notamment par les jeunes ultraconnectés qui, s'ils ont l'idée d'acheter un livre, consulteront plus facilement Internet (les blogs - très bonne idée, je ne peux que les encourager…- , les sites de lecteurs ou les vidéos de booktubers.)
Les chiffres sont là, la critique maintenant passe moins par les professionnels que par n'importe quel quidam qui poste son avis pour inviter les lecteurs à partager son coup de coeur ou bien, au contraire, leur permettre de faire une économie substantielle d'une vingtaine d'euros. Est-ce à dire que la critique s'est démocratisée ? Il y a certainement un peu de ça, c'est évident...
« BettieBook » est justement le nom du site d'une jeune et jolie lectrice booktubeuse, Bettie Leroy, passionnée par les livres, notamment les dystopies et dont les critiques sont lues par un nombre incalculable de followers. (Ah, il va falloir vous habituer à une langue branchée! Moi, j'interroge régulièrement mes propres gamins sur le sens de certains termes et une fois que j'ai compris à quoi ça renvoie, il faut qu'on m'explique... à quoi ça sert !)
L'autre personnage se nomme Stéphane Sorge : il est critique littéraire « papier et TV » (quel ringard!): il écrit dans le Monde des livres, Books, Paris Première, Livres Hebdo, les Échos week-end, Télé 2 semaines et Lovely Lady (pour ces deux derniers, sous pseudo), il est invité à droite à gauche à des dîners mondains et littéraires dans des lieux prestigieux, fréquente les Salons du livre, participe, en tant que juré, à des prix littéraires, rencontre des auteurs, des attachées de presse avec lesquelles il couche, reçoit des services de presse en pagaille qu'il n'ouvre pas, les revend chez Gibert dès qu'il peut et lit parfois un peu vite les livres dont il parle…
Il fait aussi un peu de télé...
Il gagne 2700 euros net par mois « toutes piges confondues ».
Quand il a le temps et besoin d'arrondir encore un peu ses fins de mois, il devient nègre.
Portrait peu flatteur s'il en est...
Un jour, sa chef de service du Monde des livres lui demande de faire un reportage sur « les booktubeurs et les influenceurs littéraires du web. »
Un monde totalement inconnu pour lui.
C'est là qu'il découvre BettieBook. C'est une booktubeuse influente.
« Plus on la voit, plus elle vit. Plus on s'abonne à sa chaîne, plus elle existe. Elle est un média, l'actualisation sans fin d'un corps et d'un discours. Elle est BettieBook. »
Il la rencontre lors du Salon du livre de Noël. Elle répond en toute simplicité à ses questions : non, elle ne le connaît pas, n'a jamais entendu parler de lui. Elle aime partager sa passion avec ses abonnés qui sont un peu ses amis, elle travaille dans un salon de bronzage parce que ses vidéos ne lui rapportent rien. Quand il lui demande :« Qu'est-ce qui te rend heureuse ? », elle répond: lire. Il lui pose la question qui le hante : « Tu lis le Monde des livres ? » Elle dit: « Non, je l'habite, lol. » Il dit : « Pardon ? » Elle dit : « Ben oui, j'habite le nouveau monde des livres. Pas l'ancien où tu travailles. » Il pense : «  Tu vas le payer. » Il dit : « Tu manques pas d'humour! » Elle dit : « Ben les auteures d'aujourd'hui, c'est nous. La preuve, t'es là pour moi. »
Oh, que c'est dur, oh, que ça fait mal… C'est la chute. Il faut redescendre sur terre, quitter le piédestal : les temps ont changé.
Notre critique dort mal, « il pense à la fille qui lui a rappelé sa condition de vieux exerçant un métier de vieux sur un support de vieux. » Il finit par s'abonner à sa chaîne Youtube.
Alors qu'il se voit sombrer petit à petit, elle grimpe dans l'audience, il descend, elle monte, plus haut, toujours plus haut : « Ses revenus à lui ont baissé de 27 % en une année. Sa notoriété à elle a crû de 200 % en six mois. Il se sent en bout de course. Elle réfléchit à de nouvelles opportunités professionnelles, aimerait être repérée par un YouTube-manager qui lui trouverait des plans. Il se demande comment il va joindre les deux bouts pour les fêtes de fin d'année, songe à un crédit conso chez Cetelem. Elle se fixe l'objectif des 60 000 abonnés pour Noël. Ses cheveux à lui sont ternes. Jamais elle ne s'est sentie aussi belle, aussi Bettie, autant BettieBook. Son avis a moins de poids dans les prix littéraires où il tapine. Elle envisage de postuler au jury du prix Orange de la Nouvelle numérique. Il a envie de vomir alors qu'il passe le portique de sécurité de la télé. Elle sait au plus profond d'elle- même qu'elle ne restera pas longtemps végéter à Melun chez So'leil. Ses vidéos le fascinent. Elle pense que les vieux médias doivent mourir. »
Stéphane, notre pauvre critique déchu en voie de fossilisation, rumine. Un sombre désir de vengeance s'empare soudain de lui : que va-t-il pouvoir faire pour ralentir la folle ascension de Bettie ? Quel beau croche-pied inventer pour qu'elle se vautre ?
Attention, le pire est possible quand on n'a plus grand-chose à perdre...
Frédéric Ciriez à la fois auteur et critique pose le problème des mutations de la critique littéraire dans un roman où la rencontre, que dis-je, la collision fracassante et explosive de deux mondes, deux milieux complètement opposés produit un décalage vraiment très drôle. Par exemple, l'univers actuel des youtubeurs est rendu de façon extrêmement réaliste, notamment à travers l'emploi de leur jargon que notre critique Stéphane ne connaît absolument pas : une initiation s'impose ! Choc générationnel hilarant !
Mais ce roman peut aussi être lu aussi comme un roman noir à suspense, une sorte de thriller où l'on s'interroge jusqu'à la fin (et encore après - cela devient assez vertigineux même) sur le jeu du vrai et du faux, des apparences et de la réalité, de la superficialité et des profondeurs. On bascule lentement mais sûrement dans la pire des dystopies. Belle mise en abyme !
Cela dit, derrière le côté fantaisiste et cocasse, le propos est étourdissant de lucidité, de justesse et pose des questions essentielles : « la critique est-elle dans un état critique ? » pour reprendre les mots mêmes du roman, y a-t-il vraiment une ancienne et nouvelle critique ? comment les définir l'une et l'autre ? s'opposent-elles vraiment ou bien se complètent-elles ? y a-t-il un lien entre le fond (la critique elle-même) et la forme (le support employé) ? à qui s'adressent-t-elles ? parlent-elles des mêmes livres ? l'une est-elle plus « honnête » que l'autre ? cette mutation de la critique est-elle le reflet même d'une mutation de la littérature ?
Allez, je vous laisse réfléchir à tout cela !
Un bon moment de lecture en tout cas !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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jmb33320
  09 novembre 2018
Je pensais que ce roman allait être critique et pétillant, mais il m'a paru surtout interminable. Comme quoi court peut aussi être synonyme de casse-pied. le début m'a semblé assez prometteur, même si son personnage de critique, Stéphane Sorge, m'a vite paru désagréable.
Je me suis aussi très vite désintéressé de cette confrontation entre cet homme aigri et imbu de lui-même et Bettie, une passionnée de littérature dystopique qui tient un blog vidéo sur ses lectures et qui rencontre un petit succès.
Frédéric Ciriez sait écrire, mais franchement le résultat ne m'a pas convaincu.
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LettresItBe
  07 janvier 2018
La rentrée littéraire de janvier bat son plein et Frédéric Ciriez fait son retour dans les librairies avec BettieBook publié chez Verticales. Une histoire douce-amère qui fait se rencontrer un critique littéraire sur la pente descendante et une booktubeuse en pleine force du like. À mi-chemin entre un thriller érotico-judiciaire et une non-fiction brumeuse sur le monde moderne de la critique littéraire, Frédéric Ciriez signe un nouvel ouvrage à mille facettes. Lettres it be l'a lu et vous en dit un peu plus.

# La bande-annonce

Quel obscur désir anime Stéphane Sorge, un critique littéraire respecté, alors qu'il enquête sur une jeune booktubeuse, consacrant ses coups de coeur vidéo à des dystopies grand public?
Au gré d'une intrigue hypnotique, le bref thriller de Frédéric Ciriez se fait tour à tour drôle, érotique et assassin. Il incarne avec une cruauté loufoque les enjeux actuels de l'industrie culturelle, ses splendeurs déchues, ses leurres en vogue et ses lueurs insoupçonnées.

# L'avis de Lettres it be

Frédéric Ciriez est un habitué du sombre absurde. Après Des néons sous la mer (Gallimard, 2010) qui mêlait satire, anticipation politique et mélodrame bien senti, ou encore Mélo (Gallimard, 2016) qui se mettait dans les pas de ces invisibles de tous les jours, BettieBook offre un nouveau choc des extrêmes. Ici vont se confronter les deux pendants d'une même médaille. La médaille de la critique littéraire qui n'a jamais montré plus jeune visage qu'aujourd'hui. Booktubeuse, PAL, wishlist ... Lire est à la page, hype, il suffit d'en juger par la profusion de blogs spécifiques ou de chaînes YouTube dédiées à la lecture. Frédéric Ciriez saisit la balle au bond et se plonge, avec nous, dans ce Nouveau Monde des livres 2.0.


« Plus on la voit, plus elle vit. Plus on s'abonne à sa chaîne, plus est existe. Elle est un média, l'actualisation sans fin d'un corps et d'un discours. Elle est BettieBook. »

Ainsi et dans ce roman, Stéphane Sorge, critique littéraire usé va se prendre d'intérêt pour Bettie, booktubeuse à succès. L'un se rouille doucement pendant que l'autre rayonne à la lumière de la modernité. Un tout qui baigne dans une époque contemporaine retranscrite sans fards et où les inventions de l'auteur, ses drôleries et ses quelques piques acerbes côtoient des personnages de la vraie vie. Dès l'ouverture du roman, Ciriez nous invite à prendre part à l'enterrement de Norman, l'un des plus grands booktubeurs français, dans le livre mais aussi dans la vraie vie. de quoi débuter idéalement la confusion entre fiction et réalité, confusion entretenue de main de maître par l'auteur natif de Paimpol. La guerre des mondes peut commencer.

« C'est le jour des funérailles de Norman, suivies en direct dans le monde francophone, à la télévision et sur le web, à l'égal de celles des plus grands chefs d'Etat. La vidéo funéraire, manière de web-testament ou de manifeste artistique posthume, tourne en boucle sur sa propre chaîne YouTube, atteignant les 120 millions de vues en quelques heures. »

Et alors que la lecture des premières dizaines de pages de ce livre laisse en bouche comme l'amertume d'une critique acerbe d'un vieux de la vielle qui peine à reconnaître ses successeurs dans le monde foisonnant et en plein renouvellement que celui de la critique littéraire, Frédéric Ciriez surprend une fois encore en menant parfaitement son récit avec cette rencontre de deux mondes personnifiés à merveille. Une rencontre, que dire, un Big Bang. A la légère déception flottant sur la première et la seconde partie vont succéder l'engouement sur la troisième et enfin la jubilation sur les deux dernières. En effet, cette avant-dernière partie sobrement intitulée « Ego » est un petit condensé d'inventivité littéraire, un feu d'artifices qui vient ponctuer l'histoire de façon bien originale. On vous laisse découvrir pourquoi ...

La suite de la chronique sur le blog de Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
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mabiblio1988
  10 juillet 2018
En bref :
Avec Bettie Book, Frédéric Ciriez nous emmène dans une relation conflictuelle entre une booktubeuse et un critique littéraire. Une lecture un peu spéciale mais pas désagréable à lire.

Le moins :
Certains moments sont un peu tirés par les cheveux.

Le plus :
Un livre qui nous pousse à la réflexion.
Lien : https://mabiblio1988.wordpre..
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beberoots
  07 juillet 2018
Stéphane Sorge est un critique littéraire renommé, Bettie Leroy une booktubeuse reconnue. Deux mondes séparés : l'un est en papier, l'autre numérique. Et pourtant ils oeuvrent pour la même passion : l'amour du livre. Stéphane veut comprendre pourquoi son métier est sur le déclin, comment et par qui il va être remplacé... Bettie, elle, sait qu'elle est l'avenir et se soucie éperdument du passé ! Mais ils se rencontrent, échangent jusqu'à cette ultime soirée, cette fin de week-end qui semblait idyllique !

Alors comment aborder ce roman ? Plutôt sceptique au début, cette rencontre détonante a fini par m'a intriguée. Avec un humour piquant l'auteur torture joyeusement ses personnages. Nos deux protagonistes n'ont rien en commun ou presque, n'ont pas l'air de s'aimer particulièrement et pourtant persistent pour attendre l'apothéose ! La longue scène de sexe  m'a troublée. Bien sûr pas d'amour, pas de "communion", seulement deux êtres qui se touchent, peut-être se donnent du plaisir (et encore !), juste l'utilisation de l'autre !

Frédéric Ciriez nous dresse un tableau réaliste et cruel du monde littéraire et culturel actuel. le papier est en déclin quand le web se targue de tout connaître et maîtriser. le tableau d'un monde où la manipulation, l'hypocrisie et le sadisme font rage. Cette satire sociale et littéraire teinté d'érotisme et de suspense m'a souvent mis mal à l'aise...

J'ai été complètement surprise et c'est clairement ce que j'attends d'une lecture ! Mais j'en ressors mitigée, enfin je l'ai lu mais je ne sais trop quoi en penser !
Lien : https://lesmotschocolat.word..
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cornelia-online
  04 juin 2018
« BettieBook » est le quatrième roman de Frédéric Ciriez aux Editions Verticales, qui a été rédigé suite à un travail réalisé en coopération avec des étudiants en master 2 Métiers du Livre de Nanterre, sur ‘la critique littéraire envisagée comme une écriture de création à part entière'. Tout un programme !
Stéphane Sorge est un critique littéraire quelque peu désabusé ; en multipliant les activités et piges pour divers médias, il peine à joindre les deux bouts. Lorsqu'on l'envoie enquêter sur le phénomène des ‘booktubeuses', il rencontre Bettie, une jeune femme épanouie, qui gagne sa vie dans un salon de bronzage et s'éclate en publiant ses vidéos pendant ses loisirs. Sur sa page d'accueil figure une petite souris qui boulotte un livre, comme une invitation à jouer au chat et à la souris – et voici justement Tom et Jerry qui entrent en scène…
On assiste au choc des cultures entre le monde littéraire ‘traditionnel' légèrement sclérosé et le petit univers bouillonnant et incontrôlable du 2.0. Stéphane, le narrateur, en découvre les règles, les codes et le vocabulaire. On est dans une optique toujours binaire, forcément un peu caricaturale, mais absolument hilarante : l'argent versus la notoriété, Paris versus Melun, le Monde des Livres versus Youtube, Tom versus Jerry, etc…Frédéric Ciriez s'amuse visiblement beaucoup à changer de registre au fil des quatre parties du roman (intitulées Money, Ideology, Compromise, Ego – M.I.C.E formant l'épilogue). Quant au lecteur, il jubile face à cette vision décapante d'un secteur en pleine mutation, où se débattent les deux protagonistes; les situations loufoques se multiplient, et peu à peu, les pièces du puzzle se mettent en place pour créer un véritable suspense. Pour la suite, cliquez sur le lien !
Lien : https://bit.ly/2swkw0j
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vero12
  22 avril 2018
c'est vraiment pas ma came. Je lis rarement les critiques littéraires, je sais maintenant qu'il faut pas que je lise non plus les livres des critiques littéraires.
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costello22
  27 janvier 2018
Ciriez porte ici un regard acéré et drôle sur le petit monde de la critique littéraire. A travers la relation entre un critique renommé et une jeune booktubeuse (critique littéraire sur You Tube), la BettieBook qui donne son titre au livre, c'est toute l'évolution entre nouveaux et anciens médias qui sont soumis au regard mordant de l'écrivain paimpolais. C'est drôle mais jamais méchant, caustique mais terriblement humain. C'est aussi très bien écrit, Fred Ciriez est assurément l'une de nos plus belles plumes et ce BettieBook, son quatrième roman, en est une nouvelle illustration.
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carole_bluebook
  27 avril 2019
Stéphane Sorge, critique littéraire influent des canaux traditionnels, est missionné par le Monde des Livres pour faire un papier sur les influenceurs Web et autres booktubeurs. Il va approcher une jeune et jolie booktubeuse, serial lectrice résidant à Melun et employée d'un centre de bronzage à ses heures perdues faute de pouvoir vivre de ses vidéos. Elle a de nombreux followers et est spécialiste des dystopies ; c'est Bettie Leroy, alias BettieBook.
"Attention la Toile, les booktubeuses arrivent et font le buzzzz ! On est nombreuses et on sait ce qu'on veut. On est là et on nous délogera jamais de la maison des Livres ! On est une, puis on est deux, on se multiplie comme les petites souris partout où y a du texte à grignoter. On est les lectrices d'aujourd'hui, au plus près des fans qui nous kiffent ! On est le nouveau monde !"
Sous la forme d'un thriller humoristique, l'auteur fait s'affronter deux mondes, les Anciens et les Modernes, les vieux has been et les jeunes in, les intellos littéraires et les lecteurs young adult, le papier et l'image, l'analytique et le superficiel, le vrai et les apparences... explorant habilement ce choc de valeurs à travers cette relation entre le vieux lettré et la pin-up dans laquelle chacun est prêt à tout pour dérober à l'autre ce qui lui manque... jusqu'au point de non-retour, où, sous prétexte de débattre de la littérature et de qui est légitime pour la chroniquer, les manipulations et mensonges se révèlent au grand jour et entraînent nos protagonistes dans un jeu de Tom et Jerry où chacun porte un masque...
"La Seine, blême et comme immobile, sert d'abreuvoir aux saules pleureurs. Des écluses apparaissent, bouillons d'eau triste. Il rêvasse puis, après plusieurs lacets liquides, ce sont des tours à l'horizon : Melun, préfecture et troisième ville de Seine-et-Marne."
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