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Critiques sur Zénith-Hôtel (16)
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Lolokili
  07 février 2013
Elle couche Nanou, la Putain de Saint-Lazare, sur le papier… elle couche ses pensées, sa routine, son quotidien d'arpenteuse de trottoir. Et puis il y a ses clients, leur vie, leur histoire, une galerie de portraits cabossés insérés dans son journal intime comme autant de courtes nouvelles.

Ni tout à fait sordide, ni complètement désespéré, ce premier roman du tout jeune Oscar Coop-Phane est une perle de concision crue et désenchantée, une parcelle pourtant sensible et tendre de poésie brute, humaine, simplement humaine.

Prix de Flore 2012 pour ce petit ouvrage très attachant. Oscar Coop-Phane y fait preuve d'une sensibilité sans mièvrerie qui augure, on le souhaite, un avenir littéraire riche de promesses. "Demain Berlin", son deuxième roman, vient déjà de sortir… A suivre.


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michfred
  30 mai 2019
Zénith Hotel, comment tomber plus bas? Une "pute de rue", pas bien jeune, pas bien belle, prend la plume.

Elle refuse de raconter sa vie de pute de rue. Pute de rue, ça n'a aucune espèce d'intérêt, faut être nigaud pour croire ça. Une pute de rue, ça mange, ça boit, ça dort, ça fume, ça se lave et ça va,  quand il faut,  au bout du couloir du Zénith hôtel, dans le chiotte à la turque.

Sinon, ça bosse. Comme tout le monde.

Alors entre deux pages d'une désolante banalité,  la pute de rue taille. ..le portrait de ses clients de la rue d'Amsterdam: l'homme au piano, l'homme au chien, l'homme-éponge,  l'homme à la mob'...

Des hommes-monades, réduits à une seule caractéristique qui les agrafe encore un peu au tissu social en capilotade.

Des solitudes additionnées dans le grand désert de la misère relationnelle parisienne.

Oscar Coop-Phane a du culot, du style  -  minimaliste, le style- , mais aussi une sorte de tendresse un peu glauque et poisseuse qui serre le coeur.

 Un petit livre cruel et pourtant sensible.  
On en sort touché mais vaguement nauséeux..
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Laurence64
  18 octobre 2012
Zénith-Hôtel ou le quotidien non sublimé d'une prostituée qui arpente le bitume urbain. le verbe cru et sincère, Nanou se raconte, dans les murs de la chambre d'hôtel qui l'abrite, dans sa chemise de nuit déchirée qu'elle aime parce que les hommes ne la voient pas.

Pourtant, elle ne les déteste pas, ces hommes, Elle les plaindrait presque. Elle comprend, Nanou, la détresse ou la tristesse de parcours aussi froissés que des draps après l'amour. Ceux de Dominique, Emmanuel, Victor, Luc, Jipé, Robert. Des bouts de vie misérables, juste assez misérables pour éprouver le besoin de se frotter à une vieille putain.

Et du haut de ses 23 ans, Oscar Coop-Phane peint les petites gens avec une tendresse infinie .C'est triste, c'est d'une sensibilité aux couleurs d'un papier mural fané. C'est un fort joli premier roman.
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Bazart
  28 novembre 2012

Un texte court mais saisissant, au goût de rouille et
de chair. P
Le Zénith-Hôtel, c'est celui où loge Nanou, une "pute
de rue, une vraie pute de trottoir, à talons hauts et
cigarettes mentholées". le roman se passe sur une
seule journée, et trois types de narrations se
cumulent : le journal de Nanou, qui raconte par le
menu le déroulement de ses journées, les gestes du
quotidien dans sa chambre miteuse de l'hôtel
parisien. Puis les portraits de ses clients, le plus
souvent des hommes que la vie n'a pas épargnés. Des
cabossés, des âmes faibles. On y croise un taulard à
l'enfance martyrisée, un pion désabusé, le propriétaire
d'un chien boîteux, un fou de la bécane, etc. Des
hommes "pris sur le vif", dans leurs vies qui ne sont
pas si reluisantes. Ces portraits se terminent,
toujours, par les quelques paroles échangées avec
Nanou avant de passer à l'acte.
Un roman envoutant et séduisant, meme si un peu court et manquant un peu de chair, mais assurément un début prometteur pour ce jeune écrivainqui devrait continuer sur sa lancée puisque son
prochain roman sera publié en janvierprochain.
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charlitdeslivres
  20 mars 2016
Sur le salon du livre, j'ai fais une razzia chez les éditions Finitude, dont leurs couvertures sublimes m'ont envoûtées. Mais derrière l'apparence que reste-t-il, et bien des petits romans qui ne payent pas de mine, mais qui valent très certainement le détour !

Ce petit roman nous montre une vie tout ce qu'il y a plus de normal, mais une vie que l'on ne souhaiterait pas avoir. C'est un livre sur Nanou, prostituée, mais dans ce texte on n'aborde pas le côté obscène de cette situation. On nous présente juste des moments de vies emmêlés. Des vies tristes et solitaires, qui ne recherchent qu'un moment de chaleur même si ce n'est que dans les bras d'une prostituée de trottoir.

Il est dur de traiter d'un sujet si profondément ancré dans les stéréotypes. Ici pas de mélodrame, on ne sait pas si elle a été violée, si son enfance était abominable. C'est une femme abîmée par cette vie, mais sans possibilité de changer. Elle se prostitue, pas par volonté ou par envie, mais juste parce que c'est sa vie. L'écriture semble très terre à terre dans la description de ces personnages, et pourtant elle fonctionne. Il ne faut que peu de mots pour décrire la solitude d'une vie. On nous parle sans cynisme et sans rajout. On nous parle d'une journée dans la vie d'une femme, celle d'une prostituée.

Dans ce tableau que l'on nous peint sur ces personnages qui ne sont pas forcément si austères. Ces hommes cherchent un bout de compassion à leur vie et ils plongent dans ces draps sales pour le trouver. Mais au-delà d'un simple roman, le récit se découvre sous des airs de poèmes. Retrouvant de la beauté dans ce monde sombre.

Ce roman nous entraîne dans la solitude la plus poussée. Dans ces vies qui recherchent juste un peu de chaleur, un peu d'amour. Mais cela ne les laissera que plus seuls, abandonnés de tous.
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Shool
  02 avril 2013
« Je suis une pute de rue. Pas une call-girl ou quelque chose comme ça ; non, une vraie pite de trottoir, à talons hauts et cigarettes mentholées. »




Voilà un livre qui décoiffe. On démarre sur les chapeaux de roue. Attachez vos ceintures, c'est parti !

Les dents grasses, un goût d'animal, un corps gênant. Pas de doute, nous sommes dans la peau d'une prostituée qui gagne bien sa vie.

Et elle a décidé de nous prendre à témoins pour quelques pages. Elle a décidé de nous écrire son histoire. Enfin pas tout à fait son histoire, mais le conte d'une journée passée.

On e va pourtant pas seulement la suivre elle, mais nous allons partir à la conquête des hommes qui viendront la voir. Ils sont plusieurs, alcoolique, avec des chiens, ou simplement trop seuls.

Chacun a son histoire mais tous ont un point commun : leur âme leur fait mal. Ils ont besoin de se défouler, de changer leur quotidien. Parce que la solitude ça fait peur. Ca fait mal.

Alors les voilà, le suns après les autres, prés de notre pute qui écrit son journal. Elle ne parle jamais des rapports sexuels. Une honte la submerge. elle se sent dégueulasse. Elle a beau frotter jusqu'au sang, sa peau garde l'odeur âcre des hommes qui lui rendent visite. Et si elle assouvi leurs désirs, elle a choisi de ne pas leur mentir : l'existence n'est qu'un long chemin de solitude. Il faut vous le mettre dans le crâne. Vous êtes seul, et vous le resterez.

Face à vous même,

Quoi que vous fassiez,

Ou que vous alliez…

Vous êtes









Seuls.







Au delà de ces propos repoussant, dérangeant voir complètement ahurissant (ah bon?), l'auteur nous propose un petit moment complice avec la prostitution.

C'est une espèce de petit bonus.

On est seul… Avec elle. Elle, qui travail quand elle nous écrit. Qui peut nous exciter. Qui s'amuse avec des non-dits et attend de nous croiser, tous, au détour d'une rue.

Avec une écriture archaïque et assez inégale, l'auteur tend vers le mouvement glauque, si on part du principe qu'il existe, pour nous faie ressentir les émotions qui sont bien loins de nous.

On se lève à cinq heures du matin. On prend vite un café pour pas louper le train ou le métro, on court sans cesse. Et elle nous regarde passer.



De l'homme seul qui n'a comme unique ami qu'un chien en train de mourir à l'homme qui vit avec sa femme qu'il aime mais qu'il trouve vraiment trop grosse, on a des personnalités bien différentes et travaillées en quelques pages.

Avec une entrée en fanfare et un engouement rapide pour cette histoire, on fini quand même par se lasser quelque peu de certains personnages. Peut-être parce que leur vie est justement bien trop plate…

On reste cependant concentré dans le texte, et rien ne nous ferait tourner la tête quand on est plongé dans cette écriture atypique.
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Maldoror
  26 décembre 2012
Le Zénith-Hôtel, pour des vacances ou pour autres choses, je ne vous le recommande pas. L'endroit est glauque à souhait. À côté, une masure nord-coréenne ferait quasiment figure de palais des mille et une nuits. Cela n'a donc  rien de surprenant que la narratrice, Nanou, "une putain pour l'éternité" de 26 ans, n'y fasse pas beaucoup mieux qu'y passer le temps, ses nuits, qu'y survivre. Il est à l'image de sa vie désabusée, morne, sans espérance. Pourtant la seule étoile de l'hôtel serait bien cette Nanou, "une vieille putain plumitive", dont le passe-temps et le moyen de surnager sont donc d'écrire. Car elle le fait bien. Ses sujets sont ses clients ; car pour sa part, elle se livre peu, et presque malgré elle, par bouffée, par trop-plein, par le même besoin que celui qui la pousse à écrire, mélangeant ainsi le moyen et l'objet. Elle n'aime pas sa vie. Elle se plaît donc à inventer celle de ses clients. Elle y voit et ne retient que les mêmes soucis, la même solitude profonde, la même maladresse à vivre, le même manque d'adaptation à leur vie, le temps qui passe, l'usure du quotidien. Ce n'est pas gai. C'est gris. Et malgré tout, ce n'est pas noir, et on a du mal à dire que c'est triste car elle nous parle d'humains avec une tendresse latente, une solidarité de condition, une absence de jugement et de méchanceté, de la lucidité, nous inspirant des sentiments certainement très mêlés : la sensation de partager cette même humanité, une certaine empathie et un zeste de pitié.
Ce roman est une vraie réussite par la délicatesse et la profonde humanité des propos, empreints d'une lucidité bienveillante. Ces portraits de "la France d'en bas" ne portent en eux aucune peinture sociale, mais, dans la diversité de quotidiens rudes dans lesquels certains sont submergés, une certaine poésie surgit.
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R-MDominik
  26 septembre 2013
A priori, pas une vraie histoire, mais de toute façon, ce n'est pas toujours l'important d'un roman...
Une écriture apparemment simple et évidente, O C-P écrit au sujet des solitaires, des anonymes des grandes villes, des gens à la dérive.
Pour paraphraser Léonard Cohen, ses perdants ne sont pas magnifiques, mais des minus, de ces gens sales et pauvres auxquels on ne prête pas attention !
Un livre froid, infiniment triste, des destins qui se côtoient, la journée d'une «pute plumitive» avec sa vie sordide d'un jour ordinaire, la sensation de son corps, les lieux où elle vit.
Loin d'un Brassens qui prend fait et cause pour cette «putain qui aurait pu être ta mère» mais c'est bel et bien «une complainte de fille de joie» sans joie !
Les portraits des clients défilent à la vitesse d'une passe ! Mais on sent l'empathie de l'auteur, une réceptivité aux histoires de gens paumés,.

Ce n'est jamais vulgaire, ce n'est jamais salace. Pas de compassion ni de lamentation, pas de morale, pas de message.

Les instants où les personnages dialoguent avec « leur » pute, avant la passe en quelques lignes qui claquent !

Cela dit, les personnages sont un peu trop campés, pas assez complexes, ils manquent d'épaisseur (mais c'est peut-être voulu) et puis surtout je n'ai pu tout au long de la lecture m'empêcher de penser que c'est peut-être un peu trop efficace et calculé(serait-ce un produit marketing ?)
Taillé sur mesure pour un prix du genre du "Prix du Flore"?
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severinehochedez
  31 janvier 2013
Texte court mais puissant , jolis portraits . Sans tomber dans le vulgaire, on y retrouve une prostitué à Paris .
J'ai beaucoup aimé le style d'écriture . Premier roman pour cet auteur à suivre .
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Emma83
  01 mai 2013
Belle écriture contemporaine, rythmée... des personnages bien pensés qui reflètent la solitude quotidienne. Je me réjouis de lire les prochains ouvrages de Oscar Coop-phane.
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