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3,48

sur 452 notes

Critiques filtrées sur 3 étoiles  
C'est annoncé dès le départ : ça va mal finir pour Thomas Hogan. En effet, l'unique fils de William et Mary Hogan semble marqué par une sorte de malédiction qui, malgré son caractère discret et travailleur, ses bonnes notes à l'école et l'amour qu'il porte à sa mère, va finir par le rattraper.
L'histoire d'une destinée tragique, où la part d'ombre du jeune personnage taciturne, directement héritée de son père, aurait pu s'atténuer voire s'effacer avec le temps en le laissant mener une vie simple et tranquille, prend finalement le dessus au mauvais moment pour le faire basculer jusqu'à l'anéantissement.
Je reste cependant un petit peu sur ma faim, j'ai eu parfois le sentiment de tourner autour du pot, alors que l'écriture, typée et percutante, les beaux portraits d'âmes tourmentées, le style abrupt et la restitution de l'atmosphère sombre et poisseuse empruntés à la littérature américaine que j'affectionne tant avaient tout pour m'emballer. J'étais peut-être plus dans l'attente d'une grande saga familiale que d'un court récit presque anecdotique.
N'empêche cela reste un bon moment de lecture et une auteure à suivre !
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Un conte américain écrit avec un style particulier qui le sort de la banalité du sujet,pas mal!
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Chronique familiale dans un univers américain, entre roman policier et drame. La concision et la sobriété du style de Cécile Coulon donnent à ce court roman l'efficacité dramatique des nouvelles inspirées de faits divers. L'écriture est travaillée sans outrance, on est bouleversé par l'itinéraire et le destin de Thomas Hogan. Tous les éléments se mettent en place pour tisser un destin auquel il ne peut échapper, alors que tout le prédispose à « réussir » sa vie. Nouvel Oedipe ? le crime commis le fait devenir en effet un personnage légendaire, « le fils de Mary » , dans cette petite ville des Etats-Unis, qui n'est pas sans rappeler l'univers de Steinbeck (invoqué d'ailleurs en épigraphe)
Hérédité ? (un père sombre, triste et violent)
le roman se relit à la lumière de la chute et on se rend compte qu'il ne pouvait en être autrement, sans pour autant trancher sur ce qui fait basculer le héros. C'est déjà ce qui est annoncé dès le début : « Non, vraiment, personne n'a jamais su. »
Thomas atteint le rang de ces personnages mythiques, héros tragique, coupable et innocent à la fois.
A lire absolument !
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Cécile Coulon s'y entend pour créer des ambiances. On visualise sans peine la petite ville paumée des années 50, quelque part dans le sud profond des USA, et ses habitants en perdition. Surtout les hommes, qui après s'être tués à la tâche à la scierie le jour, finissent de s'abrutir avec le tord-boyaux du bar local le soir.
Parmi ces hommes, on nous parle d'abord de Thomas Hogan, et dès les premières pages, on comprend que ça se passera mal pour lui. Un peu plus loin, on remonte le temps et on nous présente William Hogan, père du précédent, mort inopinément alors que Thomas n'était qu'un enfant.
Les 140 pages du roman tentent de nous expliquer pourquoi Thomas a mal tourné, alors qu'il semblait pourtant né sous une moins mauvaise étoile que celles allouées à ses camarades du même âge.
Pour comprendre cette « malédiction », on nous fait remonter aux supposées racines du mal, c'est-à-dire à la jeunesse du père, William. Celui-ci est un travailleur acharné, qui à force de labeur, réussit à économiser pour acheter le domaine dont il rêvait. Il épouse Mary, le meilleur parti de la ville. Tout pour être heureux, donc. Sauf que William a parfois un regard étrange, dans lequel Mary voit sourdre la violence, sans comprendre d'où elle vient. C'est là qu'on nous donne un indice : certains soirs, William donne un coup de main au poste de police pour classer les fiches vertes, sur lesquelles sont répertoriées toutes les atrocités perpétrées dans la région.
Thomas grandit dans la quasi-indifférence de son père, qui ne retrouve guère son image dans la silhouette de ce frêle et inoffensif gringalet.
A la mort de William, la vie de Thomas prend un tournant, obligé qu'il est de devenir l'homme de la maison. Dans ce rôle-là, il sera parfait : bon élève à l'école, il ne se laisse pas entraîner sur la mauvaise pente par son copain Paul ; travailleur, il aide sa mère à entretenir le domaine ; devenu bel homme, il se laisse séduire par Donna, jeune fille parfaite. Tout pour être heureux, donc. Mais cette future belle histoire va déraper en même temps que la voiture de Thomas.
Pourquoi ? C'est là tout le problème, je n'ai pas compris pourquoi.
D'accord, le père de Thomas est étrange et violent. Mais est-ce que tout homme bagarreur engendre nécessairement un fils « maudit » ?
Bien sûr, William a eu sous les yeux des fiches de police horribles. Y avait-il donc tant de meurtres sordides commis dans ce trou perdu ? Pas de réponse. Et si encore William en avait parlé à son fils, mais ce n'est pas le cas.
Ensuite, certes, Thomas a perdu son père trop tôt. Et alors ?
Admettons, il subit une déception amoureuse. Mais tous les coeurs brisés ne vont pas en prison.
Bref, ce roman ne me semble pas abouti. Trop elliptique, trop mystérieux. On veut nous faire croire à un certain atavisme, au gène de la violence. Je ne nie pas que le contexte familial et social puisse joue un rôle dans la reproduction de certains comportements, mais ici c'est trop peu étayé psychologiquement. L'auteur n'explique rien, se contente de sous-entendus, avec la conséquence que pour moi, ce n'est pas vraisemblable.
Ceci dit, en dépit de quelques métaphores hasardeuses (y compris le titre), l'auteur possède un talent d'écriture certain, qui fait que malgré tout on reste captivé jusqu'au bout par l'histoire. Mais il reste un goût de trop peu, ce n'est pas assez percutant. N'est pas Steinbeck qui veut…

Lien : https://voyagesaufildespages..
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Avis aux amateurs de plume prometteuse, le roi n'a pas sommeil de Cécile Coulon en est l'incarnation flagrante. Mais pourquoi me direz-vous ? Et bien parce que Cécile Coulon a seulement 24 ans et déjà deux romans à son actif, et que de surcroît elle peut se targuer d'un vrai talent de conteuse des temps modernes (bon je suis jalouse!). Néanmoins, là réside le paradoxe, à la lecture du Roi n'a pas sommeil, je suis partagée : j'ai trouvé l'histoire presque sans intérêt sans pour autant lâcher le roman, le style et l'atmosphère à la Steinbeck m'ayant ferrée jusqu'au bout. Ah ah, voilà du paradoxe !

L'histoire est celle de Thomas Hogan, fils d'un homme violent et d'une femme fragile et soumise, Mary, dans une bourgade paumée du coeur des USA à une époque indéterminée (mon imagination associant souvent ce type d'histoire aux années 40/50 allez savoir pourquoi). Dès les premières ligne nous savons que Thomas, l'unique enfant chéri de Mary, sa raison d'être, tourne mal et qu'une chose grave s'est déroulée plongeant sa mère dans un sombre désespoir. Cécile Coulon nous livre ainsi leur histoire, ou comment un enfant gracile, timide et bon élève, gentil et généreux, se meut en jeune homme buveur et joueur invétéré, dont le destin bascule tragiquement. En filigrane notre jeune romancière s'interroge sur la notion d'atavisme, le fils reproduisant malgré lui le comportement de son père (les gènes sont les gènes par une fatalité digne des plus grandes tragédies anciennes). J'avoue ne pas avoir accroché à cette histoire, à cette notion de déterminisme familial et de fatalité. Je suis restée à côté du roman tout en reconnaissant le vrai talent de Cécile Coulon, son écriture, puissante et précise qui s'inscrit dans la droite lignée des auteurs américains que j'affectionne (John Steinbeck et Truman Capote). Elle décortique avec justesse les états d'âme et la puissance dévastatrice des émotions contenues et des frustrations. Malgré un sentiment d'inachevé, j'ai apprécié ce livre que je recommande car je reste persuadée d'avoir trouvé en Cécile Coulon une future grande plume de la scène littéraire française et que son véritable chef-d'oeuvre ne saurait tarder. Affaire à suivre…
Lien : http://livreetcompagnie.over..
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Belle écrture. Beaux personnages. A suivre
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Le roi n'a pas sommeil m'a fait penser à une sorte de conte moderne dont le sujet serait le destin d'un homme, ici Thomas Hogan.
Thomas est né dans dans une petit ville mais dans une grande maison, celle que son père avait acheté avec espoir quelques années auparavant. Pourtant, le père, ouvrier à la scierie, meurt d'une blessure accidentelle alors que Thomas est encore très jeune. Il se rapproche alors de sa mère et devient un jeune garçon, puis un jeune homme irréprochable. Pourtant, la perte de son père le poursuivra longtemps, et changera peu à peu beaucoup de choses en lui.
L'histoire de ce personnage porte le livre, j'ai moins adhéré au style de l'auteur.
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Un livre intense et plein d'émotions.
On aimerait que l'histoire se déroule bien mais nous ne sommes pas maître de notre destin.
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Que les premiers chapitres sont pénibles ! J'ai eu énormément de mal à entrer dans ce bouquin la faute à un style d'une platitude parfois exaspérante. Je ne pouvais parfois pas lire un paragraphe sans pester contre tant de pauvreté stylistique. Soit je me suis habitué à sa médiocrité, soit le style s'améliore au fil des pages. Je crois sincèrement que le jugement le plus charitable est aussi le plus juste. Petit à petit Cécile Coulon parvient à donner à son récit le souffle qui lui manquait au début Toute la jeunesse de Thomas m'a paru poussive. Etonnement, il faut attendre que Thomas entre dans l'âge adulte pour que le roman prenne de l'ampleur à son tour. Alors, effectivement, on comprend pourquoi ce livre trône si souvent sur les tables coup de coeur des librairies. Il faudra donc un peu de patience au lecteur, un peu de tolérance aussi : Coulon n'a pas 25 ans. Une auteure à suivre donc.
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Le roman démarre sur l'arrestation de Thomas et sur la mort de Mary, sa mère. Voilà pour l'ambiance. Après ce premier chapitre, retour en arrière pour dénouer le fil d'une histoire qui, on le sait, ne devrait pas bien se terminer.

La rencontre de Mary et de William, les parents de Thomas, sa naissance et sa vie dans je ne sais trop quel coin paumé des Etats-Unis ou du Canada. Il y a du Jim Thompson (1275 âmes) dans ce roman. Thomas est un jeune homme plutôt sage mais qui a du mal à s'affirmer dans cet univers. “Il ne reconnaissait pas ces gens ; certains, paraît-il, étaient des cousins de son père. Des hommes au teint sale, aux yeux noirs, à la bouche fendue telle la queue d'un rat qui file à travers champs.”
Dans ce village, les seuls distractions au travail sont le poker et l'absorption massive d'alcool. Et pourtant, à un instant de l'histoire on se prend à rêver à un happy-end, Thomas boit peu, est d'une honnêteté sans faille lorsqu'il joue ; il semble être la garantie morale de ce village. Mais l'ombre de son père plane au dessus du jeune homme.
Le talent de Cécile Coulon est de nous entraîner, par ses phrases courtes, son style percutant et un art de la métaphore, dans la chute de son personnage. “Les os sous la peau faisaient un pantin dont les membres semblaient mal accrochés les uns aux autres.”
Ce roman m'inspire le sujet de philo du jour : dans le trou du cul du monde et en l'absence de culture, peut-on encore parler d'humanité ?
Vous avez quatre heures. de larges citations extraites de ce roman seront les bienvenues.
Lien : http://avelbre.fr/2012/10/le..
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