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EAN : 9791027801695
162 pages
Le Castor Astral (16/05/2018)
4.05/5   167 notes
Résumé :
Les ronces convoquent le souvenir de mollets griffés, de vêtements déchirés, mais aussi des mûres, qu'on cueille avec ses parents dans la lumière d'une fin de journée d'été, alors que la rentrée scolaire, littéraire, approche.
Entre les caresses et les crocs, Les ronces de Cécile Coulon nous tendent la main pour nous emmener balader du côté de chez Raymond Carver. Sur ces chemins, elle croise des vendeurs de pantoufles, des chiens longilignes, un inconnu qui ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
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Je découvre la plume de Cécile Coulon avec ce recueil qui m'a été offert de façon inattendue car jusqu'à présent je ne connaissais pas l'auteure et je lis très peu - vraiment très peu - de poésie.

J'ai découvert une âme sensible à travers les poèmes en prose qui traitent du quotidien dans ce qu'il a soit de plus touchant soit de plus ingrat. L'auteure se livre avec pudeur et elle manipule les mots de façon très fluide, ça coule de source.

Parfois on tarde à comprendre où elle veut nous emmener mais on se prête au voyage avec facilité puis plaisir. C'est d'ailleurs ce qu'on attend d'un poète, n'est-ce pas ? réussir à sublimer des détails qui semblent insignifiants, changer notre regard sur ce qui nous entoure et dénicher la beauté derrière la banalité.

Une jolie découverte qui m'incitera à me pencher sur ses romans.

Challenge PLUMES FÉMININES 2019

Challenge MULTI-DÉFIS 2019

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J'écarte les pages du paysage pour entrer dans un chemin de ronces. J'ai toujours pensé que la poésie était une manière d'apporter de la lenteur dans notre façon de cheminer dans les mots.

Les Ronces ont cette vertu de nous aider à nous frayer un chemin difficile, ne pas l'offrir facilement à nous. Les Ronces nous aident à cheminer avec lenteur dans le paysage.

Ici, dans ce recueil de poèmes, Cécile Coulon convoque le désir à la manière d'une voyageuse.

Ses vers nous invitent à une forme de voyage, mais nous disent aussi de ne jamais se résigner.

Ici les ronces s'écartent peu à peu dans le paysage des pages, celles-ci nous laissent entrer dans le chemin des phrases, il faut marcher, s'éloigner, regarder plus haut que cela nos vies d'en bas.

À notre tour, nous entrons comme un voyageur dans ce dédale de mots.

Les ronces s'ouvrent parfois sur les lèvres des arbres, sur les ailes alourdies des oiseaux par la pluie,

Dire que l'être aimé est le plus bel endroit où choir enfin.

J'écarte les pages du paysage et je chemine parmi les ronces.

Aimer quelqu'un qui ne vous aime pas. Se heurter à son mur.

La quête d'un visage, d'une voix, les mots qui viennent ou ne viennent plus.

Les ronces sont des feuilles et il nous faut les apprivoiser.

Faire les choses pour ne pas oublier l'autre.

Les nuits blanches débarquent comme des wagons dans une gare fantôme.

Cécile Coulon, à travers ces chroniques poétiques, nous parle de sa passion d'écrire, de cette difficulté d'écrire aussi. Elle convoque son quotidien et des forêts peuplées d'enchantements.

Parfois il faut quitter les montagnes. Descendre. La poésie de Cécile Coulon nous tend la main dans un sentier qui côtoie le vertige quand on aime encore.

Le quotidien est là, celui de nos vies, Cécile Coulon a décidé de lui donner une lumière. C'est une lumière qui égratigne, faite de ronces. Aimer, c'est aussi éprouver la difficulté d'aimer. L'absence.

Cécile Coulon jette du sel dans nos yeux et de l'orage dans nos cœurs, quand ce n'est pas l'inverse.

Sa poésie incite à ressembler à nous-mêmes.

Parfois, lorsqu'on rentre dans nos tanières, il reste encore un peu de lumière dans le corps recroquevillé. D'où vient-elle ?

Ce que j'aime dans la poésie, c'est cette manière de poser de la lenteur dans nos manières trop lourdes. La poésie de Cécile Coulon ressemble à cela. Elle réussit à entrer dans nos tanières, caresser nos corps recroquevillés. Faire entrer de la lumière là où nos gestes sont empesés, enfermés.

Longtemps encore, je voudrais continuer d'être griffé par Les ronces de Cécile Coulon.

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J'étais partie pour acheter Seule en sa demeure et Les ronces m'ont fait de l'oeil, souvent lecteur varie.

C'est beau, bien écrit, de belles descriptions de la campagne.

J'ai bien aimé C'est déjà Noël empreint de réalisme , de nostalgie, de tristesse.

Après c'est un de ces premiers recueil ce qui explique une découverte mitigée.

Je n'ai pas trouvé cet enthousiasme, cette joie où cette nostalgie et tristesse que m'apportent d'autres poètes. J'ai eu l'impression d'être attachée au sol par un boulet et je le regrette mais ce n'est que mon avis.

Dans ces cas-là, un seul conseil. Lisez-le, faites vous votre propre opinion.

Challenge POÉVIE : la POÉSIE c'est la VIE (2022-2023)

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« La poésie, c'est le joli surnom qu'on donne à la vie. » Jacques Prévert

C'est bien de la vie dont nous parle Cécile Coulon dans ce beau recueil de poésie, les choses simples de la vie. Un kebab avec une barquette de frites, la première cigarette, la table du petit déjeuner, la course à pied, les troupeaux les rivières, l'enfance qui s'éloigne, Dieu. Comme elles sont belles les choses de la vie sous la plume de Cécile Coulon.

« Ne garde rien de ce qui t'a fait tant de mal, les lettres, les photos, les listes de courses, les partitions, les marque-pages,

ne garde rien, ne jette rien non plus,

fais-en cadeau à quelqu'un qui trouvera ça beau. »

L'amour tient une grande place dans ces quelques pages, l'amour pour une grande dame, sa grand-mère, la difficulté d'aimer, l'absence, l'amour qui s'en va, est-ce que tu m'aimes encore ? Mais aussi l'amour de sa terre Eyzahut, la maison, son âme, sa montagne, son volcan, son pays.

« Je fus aimée si longtemps qu'aujourd'hui mon coeur,

chanceux cavalier, vit chichement de ses rentes. »

J'ai fait la connaissance de la beauté de l'écriture de Cécile Coulon avec « Trois saisons d'orage », ensuite ce fut ces quelques poèmes parsemés de temps en temps sur sa page Facebook. Quel bonheur de les voir aujourd'hui réunis dans un recueil ! Il n'est pas facile de parler de poésie, car la poésie, ça ne se raconte pas, ça s'écoute avec son coeur. Alors laissez-vous porter par les mots de Cécile Coulon une jeune femme libre, amoureuse et attachée à ses racines.

« Un poème c'est quelque chose

d'éphémère et joli

comme la signature d'un doigt

sur la buée d'une vitre. »

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Cet ouvrage est le premier recueil de poèmes de Cécile Coulon. Un ensemble de textes qui paraissent, pour la plupart, si ce n'est tous, s'appuyer sur son vécu, ses expériences personnelles.

On part donc sur une base d'inspiration assez intimiste, qui se voit contrecarrée par le style d'écriture de l'auteure : des phrases directes et sans fard, parfois presque un peu crues ; des énumérations ; des répétitions... On n'est pas du tout dans le genre "poésie à l'eau de rose" ! D'autant que, comme le suggère le titre, l'auteure n'hésite pas à chercher l'inspiration dans ses blessures intimes.

Le moins que l'on puisse dire est que Cécile Coulon développe une forme qui lui est propre, dédaignant totalement les règles de la poésie classique. Elle parvient cependant, le plus souvent, à faire chanter les mots avec un mélange de plaisir, de joie et de tendresse, mais aussi de mélancolie et de douleur - "Courir c'est ruisseler de douleur, de la gorge aux talons, des poumons aux genoux".

Le résultat est riche et intéressant. Il y a du très bon, comme dans "Ma force", "La surface, poème pour ceux qui ont mal", "Courir" (extraordinaire !), "Tes mains" ou "Les volcans" et bien d'autres ! Il y a aussi du moins bien... Mais en tournant la dernière page, on a envie de découvrir la suite, en espérant qu'il y en aura une !


Lien : http://michelgiraud.fr/2020/..
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Citations et extraits (68) Voir plus Ajouter une citation

UNE FOIS PAR JOUR

Une fois par jour quelqu'un que je ne connais pas

me demande mon avis sur des choses

qui ne me regardent pas,

- comment faire pour se remettre d'une rupture -

- est-ce que je dois avoir honte de ce que je suis -

- Peut-on tout pardonner -

des questions de ce genre, des questions comme des briques

sur le coin de la figure et une fois par jour je réponds

que personne ne peut répondre à la place de celui

ou celle qui pose la question

et pourtant ça continue, plus j'écris des romans

et plus je raconte

des histoires idiotes en soirées plus on me demande des conseils

sur des passages difficiles du quotidien :

c'est la première et la dernière fois que je dis ce que j'ai à dire

là-dessus après je retournerai couper la tête des poules

dans la basse-cour

ou jouer aux cartes.

Si tu veux te remettre d'une rupture, d'un deuil, cesse d'avoir

honte de ce que tu es et pardonner au monde extérieur

ses innombrables trahisons, mensonges

et croche-pattes,

travaille comme un âne du dix-huitième siècle,

avec acharnement et en silence,

bois souvent mais jamais seul,

fais-toi jouir une fois par jour au moins,

pour que ton corps se souvienne de ce que ça fait,

de plus jouir est excellent pour le sommeil

et contre les mauvaises pensées,

ouvre les fenêtres en plein hiver le froid ça occupe la tête

et ça empêche de pleurer

ne garde rien de ce qui t'a fait tant de mal, les lettres,

les photos, les listes de courses,

les partitions, les marque-pages,

ne garde rien, ne jette rien non plus,

fais-en cadeau à quelqu'un qui trouvera ça beau,

travaille comme un cheval du moyen-âge,

mange une seule fois dans la journée,

la faim ça occupe la tête et ça empêche de pleurer,

vois tes amis mais jamais chez toi

vois tes familles mais jamais chez toi

vois tes collègues mais jamais chez toi

répète que ce n'est pas grave, tu as atrocement mal

et ton sourire est une plaie ouverte

mais ce n'est pas grave, ça ne le sera jamais

répète que ça n'a pas d'importance, ne réponds pas

au téléphone, ne réponds pas aux messages sur le répondeur,

ne réponds pas aux lettres, ne réponds pas à toutes

ces formes de signaux lancés à travers les autres,

les sites internet et les inscriptions sur les murs dans l'entrée,

claque tout ton pognon, achète des objets inutiles et très chers,

fais-toi jouir une fois par jour au moins,

pour que ton corps se rappelle que tu en es capable,

fume, mais pas dans ton lit

fume, mais pas dans les toilettes

fume, mais pas en regardant les voisins

qui s'embrassent sur la terrasse

si tu veux t'en sortir, nom de dieu,

fais absolument ce que tu veux de ta vie mais cesse donc

de poser la question à quelqu'un qui a mis du temps

avant de trouver ses propres réponses.

(P41-43)

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LA SURFACE, POÈME POUR CEUX QUI ONT MAL

dans ces moment où tu cesses de tourner avec le monde

quand tu ne comprends pas

que les autres ne puissent pas comprendre

que tu es blessée

que tu es cassée

qu'il y a dans ta tête

la voix insupportable du passé

qui répète

"je te l'avais bien dit

je te l'avais bien dit"

dans ces moment où tu ne peux pas

aller plus loin que la porte de ta chambre

où ta colère est une valise pleine impossible à fermer

quand tu saute sur ton cœur pour qu'il cesse d'aboyer

les autres ne comprennent pas

non

ils ne comprennent pas

que c'est comme être punie après un long voyage

qu'on t'a renvoyée

qu'on t'a humiliée

les autres ne peuvent pas faire autrement

que de te prendre dans leurs bras

en murmurant "ça va aller"

l'amour est un naufrage

et la voix du passé s'agace

"je te l'avais bien dit

je te l'avais bien dit

tu ne m'as pas écoutée"

ne t'inquiète pas

tu auras longtemps mal

ça peut prendre une semaine

un mois une année

jusqu'à ce que le prochain bateau passe

ne t'inquiète pas

il faudra du temps

avant que tu puisse enfin

remonter à la surface

dans ces moments où tu te demandes si tu as mérité

cette plaie grande ouverte qui bat comme un tambour

quand tu ne sais plus

si tu te détestes ou non d'y avoir cru

Personne ne devrait s'en vouloir d'avoir cru en l'amour

c'est un enfant farceur, c'est un mauvais joueur

qui est parti avec les meilleures cartes

et la voix du passé dans ton corps tout entier

Brisé de larmes et de fatigue

qui répète

"je te l'avais bien dit

je te l'avais bien dit

tu ne m'as pas écoutée"

ne t'inquiète pas

Il faut que tu apprennes à vivre de nouveau

à retrouver ta place

ta tristesse est un enclos

ouvert

Il faudra du temps

mais un jour

tu sauras comment

remonter à la surface.

Il n'y a pas de justice en amour

il n'y a pas de victime, de coupable

seulement des corps tendus, des promesses murmurées

des ronds de sueur sur vos deux oreillers

il n'y a pas de route nationales qui permette de contourner

les pires moments

il n'y a pas de bourreau, de responsables

il n'y a pas de passion plus respectable

que celle d'aimer

tu voudrais croire que ça ne recommencera pas

que tu as vécu assez

il n'y a pas d'expérience en amour

seulement des tremblements soudains

et des sourires navrés

et des valises fermées

ton cœur n'a pas manqué d'audace

il n'y a pas de chants sacrés

seulement le souvenir des bouches qui s’embrassent

il ne faudra pas les oublier

la vie ne se tait pas

il faudra l'écouter

si tu veux remonter

bientôt

à la surface.

(P76-79)

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UNE FOIS PAR JOUR

[...]

Si tu veux te remettre d'une rupture, d'un deuil, cesser d'avoir

honte de ce que tu es et pardonner au monde extérieur

ses innombrables trahisons, mensonges

et croche-pattes,

travaille comme un âne du dix-huitième siècle,

avec acharnement et en silence,

bois souvent mais jamais seul,

fais-toi jouir une fois par jour au moins,

pour que ton corps se souvienne de ce que ça fait,

de plus jouir est excellent pour le sommeil

et contre les mauvaises pensées,

ouvre les fenêtres en plein hiver le froid ça occupe la tête

et ça empêche de pleurer

ne garde rien de ce qui t'a fait tant de mal, les lettres,

les photos, les listes de courses,

les partitions, les marque-pages,

ne garde rien, ne jette rien non plus,

fais-en cadeaux à quelqu'un qui trouvera ça beau,

travaille comme un cheval du moyen âge,

mange une seule fois dans la journée,

la faim ça occupe la tête et ça empêche de pleurer,

[...]

fais-toi jouir une fois par jour au moins,

pour que ton corps se rappelle que tu en es capable,

fume, mais pas dans ton lit

fume, mais pas dans les toilettes

fume, mais pas en regardant les voisins

qui s'embrassent sur la terrasse

si tu veux t'en sortir, nom de dieu,

fais absolument ce que tu veux de ta vie et cesse donc

de poser la question à quelqu'un qui a mis du temps

avant de trouver ses propres réponses.

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LA PARTIE

Il y a des jours comme ça

où je me demande si

la partie est terminée

ou si, au contraire,

elle vient juste de commencer.

Aujourd'hui est un de ces jours-là

sauf qu'il dure depuis dix ans,

déjà.

Je commence à trouver le temps

long.

En plus de ça, depuis ce matin

je me demande si un poème

est le début, ou la fin

d'un énième chapitre.

J'en suis arrivée à la conclusion suivante :

un poème c'est quelque chose

d'éphémère et joli

comme la signature d'un doigt

sur la buée d'une vitre.

p.134

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DEPUIS LA FENÊTRE OUVERTE…

Extrait 3

je cesserai d’écrire des poèmes le jour où l’on cessera

de considérer

les hommes sincères

comme des hommes malades

en attendant la rivière continue

elle

la pluie continue

elle

demain matin les ronces vont griffer les renards dans les bois

le ciel ce grand poumon sauvage a jeté ses filets

sur les hommes tout en bas

seul le bruit de la terre arrive depuis la fenêtre ouverte.

p.72

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