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ISBN : 2923682386
Éditeur : Les Allusifs (15/04/2015)

Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Les rêves volent comme les mites et pondent des oeufs dans les meubles, le linge, les seuils de porte, partout. Dans son village perdu de l'Alentejo, Rosa, quinze ans, rêve à ses héros de romans policiers tout en suçant des cailloux qui lui rappellent des moments plus ou moins heureux de son existence. Avec sa sensualité brute, elle enflamme aussi la libido des autres habitants et subsiste tant bien que mal comme bonne chez de riches entrepreneurs. Aux petits soins ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
albumsdelucie
  30 juin 2015
Ce sont les vies de Rosa, d'Antonia, d'Ari, de Miss Whitemore et du professeur Borja. Des histoires qui se frôlent et se heurtent dans une campagne absurdement jubilatoire, enduite de fatalité. C'est peut-être surtout Rosa, jeune fille en fleurs qui sucent des cailloux pour se souvenir des sentiments passés, laissant la haine côtoyer l'amour au creux de la même main. Qu'elle le veuille ou non, Rosa attire sur elle les regards des hommes et en tombe facilement amoureuse. le regard chargé d'innocence feinte et de fraicheur, elle consacre une énergie folle à Antonia, sa grand-mère malade qui voit mal, entend mal et parle peu.
Dans cette histoire là, les personnages sont des blessés de vie, bousculés par elle et par l'épée de la fatalité qui entaille leur dos. La vie a le goût de rouille et n'épargne aucun de ceux qui foulent la terre.Alors quand la grand-mère de Rosa lui demande cet ultime voyage en terre sainte, elle ne peut refuser. Mais ils sont pauvres, Antonia est faible et le voyage à Jérusalem est une folie impossible. Mais comme dirait le professeur Borja, l'impossible c'est de la merde, alors si le petit groupe ne se rend pas à Jérusalem, c'est Jérusalem qui viendra à eux.
Ici, les savants et curé délurés exposent leur science dans des thèses qui surgissent complètement détraquées mais qui au fond, lorsqu'on y regarde d'un peu plus près, transportent leur écho à travers nous, de manière bien étrange comme s'il fallait gratter la première couche d'absurde pour laisser émerger la vérité. Les débats métaphysiques touchent gravement à la mort, interrogent au passage le sens de nos existences et écorchent la question de Dieu, avec humour, cynisme et perfection. Jésus-Christ buvait de la bière fut un moment parfait de lecture. Afonso Cruz, magistral, et Marie-Hélène Piwnik par la traduction qu'elle offre, délivrent un condensé de très belle littérature. Une littérature inclassable, surprenante, philosophique et poétique. Un détonnant mélange des genres, une littérature qui parle du monde et de sa complexité. Un incroyable must, un joyeux bordel, assourdissant et terriblement puissant. Pur plaisir, sourires et larmes garantis…
Lien : http://www.undernierlivre.ne..
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chroniquesdurenard
  26 août 2018
« Jésus Christ buvait de la bière » est le titre évocateur d'un roman court d'Afonso Cruz, auteur portugais multi-primé. Poétique et violent, cette oeuvre littéraire inclassable réussit un tour de force magistral. D'une puissance rare !
Dans un petit village perdu du Portugal, Rosa, une jeune fille élevée par sa grand-mère vieillissante, suce des cailloux qui lui rappellent des moments heureux ou malheureux de son existence. Belle comme un coeur, elle fait tourner la tête des hommes. Autour d'elle, gravitent des personnages caricaturés et caricaturaux qui dialoguent ensemble sans vraiment se comprendre. Une riche héritière qui dort dans une carcasse de baleine, un prête maso, un professeur qui ne vit que de science, un ami-amant aux petits pieds, etc… La vie de la jeune fille bascule comme un métronome, oscillant entre profond ennui et désir de ne pas sortir de cette monotonie qui est la sienne. Et puis, jusqu'au jour où un événement peu ordinaire vient bouleverser un destin bien rangé.
La mort, la condition paysanne, la religion ou encore la science, sont autant de sujets explorés dans ce livre. Incisif et percussif, les théories des uns s'opposent à celles des autres. Certaines réflexions philosophiques font réfléchir et d'autres, risibles ou absurde, font sourire.
« Notre mort ne se produit pas quand nous sommes enterrés, elle se produit continûment : les dents tombent, les genoux durcissent, la peau se ride, les amis s'en vont. Tout cela c'est la mort. le moment final n'est que cela, un moment. »
Le style de l'auteur est tantôt chantant, tantôt sinistre mais reconnaissable et fort. Une patte d'expert qui s'est posé maintes fois des questions qui nous sont communes à tous. Ou comment amplifier le sentiment que les êtres humains ont tous les mêmes préoccupations obsédantes.
« Rosa se met à crier, elle s'accroche aux jambes de sa grand-mère, en disant qu'elle ne veut pas s'en aller. Qu'elle ne veut pas s'en aller. Qu'elle ne veut pas s'en aller. Qu'elle ne veut pas s'en aller. »
En résumé, ce roman est une oeuvre à la fois très réaliste et onirique qui ne laissera personne indifférent. A ne pas lire en cas de déprime car c'est loin d'être un livre léger pleins de bons sentiments.

Lien : http://www.chroniquesdurenar..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
albumsdeluciealbumsdelucie   30 juin 2015
« Rosa suce des petites pierres comme des bonbons. Ce sont des pierres qu’elle a ramassées dans des endroits où elle a connu une certaine forme de joie, ou de douleur, des moments qu’elle ne veut pas oublier. […] Certaines de ces pierres sont pointues et Rosa se blesse la bouche en les suçant comme des bonbons, mais elle aime cette sensation de douleur mêlée au souvenir de la joie, et cette saveur rouillée, celle du sang, de la vie . »
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actionjoeactionjoe   17 décembre 2018
Les singes n'ont pas des derrières comme les nôtres, et comme celui de Rosa, le plus rond de tous. Nous avons un cerveau capable de penser selon la logique d'Aristote et la théologie de Thomas d'Aquin seulement parce que nous avons des fesses extraverties.
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actionjoeactionjoe   17 décembre 2018
Pour avoir de la bière, il fallait cultiver. Et c'est ainsi qu'est née la société que nous connaissons. Grâce à la bière, nous avons des hôpitaux et des bibliothèques. Il n'y aurait pas de livres sans la bière.
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Ler Mais, Ler Melhor - Jesus Cristo bebia cerveja, de Afonso Cruz
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