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Critiques sur La Nature (6)
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dbacquet
  08 avril 2013
Il est des livres qui vous transforment, qui vous divulgue leur énergie débordante, leur foi, leur enthousiasme. Un souffle puissant et bénéfique émane de ces pages. La pensée et les mots semblent jaillir spontanément, entraînant parfois le lecteur dans une sorte de labyrinthe quelque peu déroutant, aux profondeurs insondables. D'emblée, avec ce premier essai, Emerson s'était imposé comme le chef de file du Transcendantalisme américain, loin des dogmes et des institutions. Il avait renoncé à sa charge de pasteur de l'église unitarienne et était devenu un conférencier itinérant, s'adressant à un public varié. Il mêle la poésie et la philosophie, héritier du Romantisme, qu'il prolongea outre atlantique, de l'Idéalisme, des Grecs, de Platon et de Plotin, mais aussi des philosophies et religions de l'orient. Dans cet essai il prône un retour à la nature, et à travers elle un retour vers l'un, à une régénération de l'esprit. Dans la nature tout coïncide, le soleil et la lune, le jour et la nuit, la matière et l'esprit, dans une sorte de flot transparent, de fluide cosmique. Il est aussi question de rachat. Emerson ne conçoit pas de vérité sans vertu ni beauté. L'intellect humain a réduit le monde, l'a laissé en morceaux, a transformé l'homme en « égoïste sauvage ». Emerson, pourtant si confiant, pressent une menace, la nécessité d'un changement dans les fibres les plus profondes de l'homme.
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MarcoPolo85
  15 novembre 2014
J'ai une très régulière envie de me plonger dans un récit ou dans un roman qui m'emmène au coeur de la terre et de la nature, loin de toute Société organisée. Si je peux sentir les affres d'un climat, des vents redoutables, des pluies incessantes ou un sécheresse notoire, je jubile (tout çà bien confortablement installé dans mon canapé).
Aujourd'hui, j'attaque un livre différent de mon habitude, un livre qui transcende mon ordinaire. Avec Ralph Waldo Emerson, et son essai sur « la nature » écrit au XIXème siècle, je pars vers le transcendantalisme*. Un petit peu compliqué pour ma petite tête, mais pas inintéressant.
« Qui peut regarder une rivière pendant une heure de méditation et ne pas se rappeler l'écoulement de toutes choses ? ». C'est de la philo pure et dure, autour de la nature, bien sûr, qui met en évidence la relation de l'homme avec l'univers.
Bon, certes, çà ne se boit pas comme du p'tit lait, on ne l'engloutit pas d'un seul coup d'un seul. Il faut prendre le temps pour en sortir toute sa substance.

*Ecole philosophique américaine qui se caractérise par un certain mysticisme moral et par la tendance à unir l'individuel et l'universel.
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Fx1
  17 août 2014
Un livre colossal , qu'il faut prendre le temps de lire , pour comprendre au mieux les propos de cet auteur inclassable et brillant qui ne pouvait qu'étre un proche de Thoreau . L'on peut presque dire que l'on a là les fondements de la vision écologiste , qui s'est helas bien trop dispersée avec le temps . Une telle maestria est bien trop rare pour étre délaissée . Il faut impérativement découvrir cet auteur immense ne serait ce que pour avoir une idée de ce que l'homme peut faire quandil est motivé a faire avancer la cause humaniste .
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Chri
  10 mai 2019
Le mysticisme totalisant de ce livre m'a presque terrassé. J'ai terminé l'empilement suivant de citations, qui montent crescendo dans l'angoisse, en me disant que ça servira au moins de cairn pour signaler le chemin scabreux. Il y pousse en effet une espèce de surhomme d'inspiration divine ou naturelle, doté d'une justesse intrinsèque qui confère aux impulsions le droit de se traduire dans des actions directes, et qui suggère aux autres l'obéissance.

« Les instincts de la fourmi sont sans intérêt en tant que tels, mais dès qu'une certaine relation peut être établie entre celle-ci et l'homme, l'humble tâcherone se révèle un guide, un petit être au coeur puissant, dont toutes les habitudes, même cette découverte faite récemment qu'elle ne dort jamais, deviennent d'un coup sublimes »
« Qui saura deviner ce que le courage du pêcheur doit au rocher battu par la mer, combien la paix intérieure de l'homme s'inspire du ciel azuré ? »
« La science empirique est de nature à obscurcir la vue et, par la connaissance même des fonctions et des processus, capable de priver l'élève de la virile contemplation du tout. »
« Un quelconque doute concernant la permanence de ses lois (la nature) paralyserait les facultés de l'homme ».
« En un lieu privé, parmi des objets sordides, une action vraie ou héroïque semble immédiatement faire descendre le ciel sur elle pour en faire son temple et paraît transformer le soleil en flambeau. »

Bon, je ne pouvais pas terminer cette critique sans signaler la partie la plus gratinée. Ce livre manifeste un retour du sentiment religieux au plan mystique accompagné d'une déclaration d'amour à Dieu ou à la nature. Mais ici toute expérience est précédée d'une réalité absolue ou transcendante qui demeure dans la mystique chrétienne, comme dans la forme dogmatique de la religion qui est critiquée dans ce livre.
L'espèce d'homme décrite au-dessus est parfaitement adaptée à cette réalité transcendante. Ce surhomme surmoral continue à m'angoisser, et je n'ai pas été étonné d'apprendre au passage que les essais de Emerson faisaient partie des lectures préférées de Nietzsche. Mais contrairement au pêcheur qui fonde la réalité sur son expérience, le surhomme emporté par la fougue, les deux pieds dans le même sabot, risque fort de terminer dans les rochers. Du moins s'il en réchappe, il remerciera humblement ses sauveteurs et il aura appris à ne pas écouter les voix venues de nulle part.
Quant au sens de l'engagement de l'auteur en faveur de l'environnement, j'ai trouvé intéressant de le rapprocher du sens de son engagement pour l'abolition de l'esclavage. La citation suivante dans son Journal en 1851 confirme l'ambivalence : « The absence of moral feeling in the white-man is the very calamity I deplore. […] The captivity of a thousand negroes is nothing to me. »
Alors imaginez maintenant ce que Emerson pense de la nature : « La nature n'est rien d'autre qu'un intermédiaire. Elle est faite pour servir. Elle accepte la domination de l'homme aussi humblement que l'âne sur lequel était juché le sauveur. »
La similitude avec les tweets de Donald Trump est frappante, comme si on assistait à une sorte de refoulement de l'enseignement chrétien de l'amour de son prochain.
Heureusement une autre conception de la nature émergait à la même époque, lorsque Darwin exposait une théorie de l'évolution immanente au vivant plutôt que transcendante. Mais on peut se demander, depuis tout ce temps, ce qui a réellement changé dans le rapport de l'homme avec la nature.
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loreleirocks
  27 janvier 2013
Oui, hein. Pourquoi pas? Une petite soixantaine de pages de philosophie sur la Nature.
Je dois m'avouer vaincue. Okay, je ne sais rien du mouvement transcendantaliste. Ça n'aide pas. Et le texte est dans un anglais parfois très simple (ce qui n'empêche pas la relecture multiple avant compréhension) et la plupart du temps étrangement agencé et ponctué (mais occasionnellement clair). Vous me direz, je n'avais qu'à lire en français.
Mais en fait, je crois que la langue n'a rien à voir avec la difficulté de ce court essai.
Si le premier quart est presque poétique et livre clairement l'amour d'Emerson pour la Nature (imaginez un peu la nature américaine au XIXème!), tout devient très rapidement obscur et en référence à la religion. Je suis passé d'une compréhension approximative des notions évoquées concernant la relation de l'Homme à la Nature, à de sacrés noeuds au cerveau...
Je note tout de même un passage très intéressant sur le langage. Et digeste!
Je pense néanmoins reprendre le bouquin un jour où l'autre après éclairé ma lanterne sur le transcendantalisme. Je ne peux pas rester sur une fin de lecture aussi frustrante.
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lerital31
  08 septembre 2013
De beaux passages, des réflexions intéressantes. A lire par petites doses pour y méditer...
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