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L'empire des femmes tome 1 sur 2

Germain Barthélémy (Autre)
EAN : 9782278120901
544 pages
Didier Jeunesse (21/09/2022)
4.3/5   435 notes
Résumé :
Dans un monde dominé par les femmes, elle est la fille d’une puissante. Il est homme, donc futur esclave. Sa mission : l’enlever, pour renverser le système.
Le 1er volume d’une duologie antisexiste ambitieuse et captivante, qui renverse les codes pour mieux les dénoncer !
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Critiques, Analyses et Avis (136) Voir plus Ajouter une critique
4,3

sur 435 notes
Ce roman ne faisait pas partie de mes 5 finalistes pour le PLIB 2023, mais le résumé m'intriguait. Une curiosité récompensée par une lecture prenante que j'ai dévorée, happée par le style simple mais prenant de Cassandre Lambert, et une intrigue mouvementée non dénuée de réflexions intéressantes et pertinentes.

L'autrice nous plonge rapidement dans un univers dystopique qui renverse les codes non pas pour nous proposer un régime égalitaire, mais un monde impitoyable dans lequel les femmes dominent et les hommes obéissent. Et c'est un euphémisme puisqu'ils sont tenus en esclavage ! Condamnés à se soumettre et, pour les plus « chanceux », à servir de géniteur avant de pouvoir espérer des conditions de vie un peu plus favorables, les hommes n'ont guère une vie enviable. Même le frère jumeau de notre héroïne, et donc fils de la plus puissante des femmes de Sapientia, est molesté et complètement ignoré par son illustre mère. Si j'ai regretté que ce personnage reste finalement peu exploité, il m'a fait beaucoup de peine, l'indifférence de sa mère à son égard étant encore pire que les coups.

C'est parce qu'Adona est très proche de ce frère, qu'elle ne peut pas voir autant qu'elle aimerait, qu'elle se révèle bien moins indifférente que les autres femmes devant le sort réservé aux hommes. Sans s'opposer franchement aux traditions barbares de ses ancêtres, elle se pose des questions et aimerait que les choses soient différentes. Une volonté qui s'affirmera et se confirmera au contact d'Elios et de son grand ami Nikos. Deux jeunes hommes en provenance d'une île où sont parqués les hommes, bébés mâles inclus, les mères ne souhaitant pas s'encombrer de cette inutile et encombrante descendance masculine…

Sélectionnés pour participer au tournoi de la Procréation, Elios et Nikos sont officiellement là pour avoir le grand honneur de devenir des géniteurs, mais leur réel objectif est tout autre. Déjouant les dangers, que ce soient ceux représentés par les autres candidats ou l'homme le plus important de Sapientia, ils vont devoir jouer une comédie dans laquelle l'un d'entre eux risque de se perdre. Mais leur mission doit passer avant tout, les enjeux étant bien plus importants qu'une amitié de toujours ou une complicité naissante !

Une fois prise dans la lecture, il m'a été difficile de quitter les personnages, l'autrice plaçant Elios et son acolyte dans des situations périlleuses et révoltantes. Il y a ainsi des scènes particulièrement difficiles, notamment quand sera venu le temps, après des entraînements exigeants, de se battre, ou plutôt de s'entretuer. Reprenant la tradition barbare des combats dans les arènes, l'autrice nous plonge ainsi dans l'horreur à l'état pur. On tremble devant le sort réservé aux combattants, tout en se demandant ce qui est le pire : les voir se battre à mort pour survivre ou voir toutes ces femmes, se pensant civilisées, profiter du spectacle ?

Chacun se fera sa propre opinion, mais ce qui est certain, c'est que les événements appellent à la révolte toute personne avec un minium de compassion et de sens de la justice. Pour ma part, j'ai trouvé intéressant que Cassandre Lambert nous propose une société matriarcale extrême mais qui reprend quand même certains poncifs du patriarcat. En inversant les rôles, elle permet à tout le monde de voir l'injustice d'un monde où un groupe domine sous prétexte de la supposée supériorité de son genre. Pour ce faire, elle s'appuie sur une intrigue bien ficelée et des extraits de citations détournées, certaines réelles, d'autres de son invention, pour introduire les chapitres. Un procédé qui apporte un supplément d'authenticité rendant la lecture d'autant plus immersive.

J'ai, en outre, apprécié la manière dont l'autrice utilise avec intelligence les doutes d'Adonia vis-à-vis d'une maternité qu'on lui a toujours présentée comme une obligation, alors qu'elle est loin d'être certaine de vouloir un enfant. Elle nous permet ainsi de réaliser que ce matriarcat, tellement injuste pour les hommes, dessert aussi les femmes en les emprisonnant dans un rôle qui ne leur convient pas forcément… Une réalité qui a accentué mon empathie et affection pour Adonia qui, malgré une éducation stricte et encadrée, fait montre d'une réelle capacité de réflexion. Alors certes, ses idées sont encore (trop) timorées vis-à-vis de la liberté à accorder aux hommes, mais difficile de se défaire d'un coup de baguette magique de principes qu'on vous a présentés comme des vérités absolues depuis votre plus tendre enfance…

J'ai trouvé la jeune fille touchante, notamment dans sa relation avec son frère, et ai ressenti de la peine pour elle qui souffre terriblement des exigences de sa mère. J'ai néanmoins été encore plus touchée par Elios et de Nikos et leur condition d'esclave, même si j'aurais souhaité que leur personnalité soit un peu plus développée. Cela ne m'a pas empêchée d'adorer la gouaille et le côté trublion de Nikos qui apporte une légèreté bienvenue. La relation fraternelle entre les deux amis se révèle très émouvante, et leur permettra d'avancer malgré le sang, la haine gratuite, les vengeances mesquines, la violence omniprésente, la brutalité sans concession…

J'ai mis un petit peu plus de temps à m'attacher à Elios, qui est plus sérieux et sur la réserve, mais j'ai aimé son évolution et sa capacité à prendre du recul sans perdre de vue son objectif. J'ai également apprécié ses échanges avec une personne dont la condition est bien différente de la sienne. Cela aurait pu être dérangeant, mais l'autrice les amène avec assez d'intelligence pour en faire un point d'ancrage en vue d'une potentielle prise de conscience plus vaste… Cela lui permet également de nous laisser sur une fin appelant à lire très vite la suite !

Entre injustice d'une société matriarcale oppressive et totalitaire, violences physiques et morales, mensonges, révolte imprimée dans le sang et esprit de rébellion, L'empire des femmes est un premier tome mouvementé et prenant porté par une plume fluide, entraînante et immersive. Cassandre Lambert nous prouve ici que les livres YA peuvent aussi porter des messages forts, notamment sur l'importance de l'égalité et de la justice sans prendre de gants, tout en veillant à faire de la violence et de l'esprit de domination des plaies à combattre et non des objectifs à atteindre.
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Cette duologie m'intriguait depuis pas mal de temps à cause de l'originalité de l'intrigue : notre société actuelle patriarcale complètement renversée pour un système matriarcale extrémiste (les hommes sont des esclaves et les femmes ne les considèrent pas mieux que des animaux).

J'ai adoré l'histoire et toutes les questions qu'elle soulève : c'est un classique fantasy, avec le peuple opprimé qui organise une révolution pour conquérir ses droits, mais l'autrice en profite pour dénoncer des inégalités de notre société actuelle en les renversant complément et en les exagérant le plus possible. C'était la première fois que je lisais un roman comme ça, et c'était génial.
En plus, on a un côté un peu Antiquité et Rome Antique avec la manière dont vivent les femmes, leurs tenues et les us et coutumes de leur peuple, ce qui apporte encore plus d'originalité.

Le roman super immersif et addictif, que ce soit grâce à la narration ou à l'action qui est omniprésente (avec les duels de l'arène, les complots pour mettre hors d'état de nuire les adversaires, les machinations des rebelles…), ou encore grâce au suspense quant aux plans de révolte des personnages.

Et puis justement, les protagonistes sont littéralement parfaits pour cette fantasy.
Elios et Adona sont peu à peu développés et leur personnalité évolue au sein de l'histoire. Leur relation est incroyable : on est vraiment impliqué à fond dedans, que ce soit à cause de la tension, du fait qu'ils se détestent au début (c'est un magnifique ennemies-to-friends-to-lovers), ou à cause du fait que leur lien soit absolument défendu et interdit par leur société . Et puis Nikolaos je l'adore, vraiment, c'est mon personnage préféré même s'il n'est pas un personnage principal, il n'a pas un très gros rôle dans ce tome-là mais je sens qu'il va être important pour la suite !

Bref, je ne m'attendais pas à être autant happée par l'histoire, j'ai adoré le livre et j'ai enchaîné directement avec le suivant (heureusement que je l'avais d'ailleurs, parce que la fin est insoutenable niveau suspense).
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L'empire des Femmes fait partie de mes repérages de la rentrée littéraire à venir. C'est pourquoi, lorsque j'ai vu sa disponibilité sur NetGalley je n'ai pas hésité à postuler. Tout comme je n'ai pas hésité à mettre en pause ma relecture en cours lorsque j'ai sur que j'étais sélectionné pour enfin découvrir ce premier tome des plus intriguant et prometteur. Au vu de mon enthousiasme, à la limite du coup de coeur, face à cette merveilleuse découverte, je ne regrette nullement ce choix.

Sapentia m'a donné l'occasion de découvrir une maison d'édition ainsi qu'une auteure que je ne connaissais absolument pas et que je plus qu'enchanté et ravi d'avoir rencontré à présent. Influencée par notre société et notre culture fortement et encore bien trop patriarcales, Cassandre Lambert a décidé d'inverser la tendance en nous offrant une sorte de dysptopie des plus pertinente et palpitante à découvrir. Sans révolutionner le genre littéraire, j'ai d'ailleurs eu l'impression de lire un délicieux hommage à Hunger Games grâce aux nombreux combats et autres enjeux politiques, mais en renversant les codes, cette dernière livre un délicieux et alléchant page-turner. Avec une très grande aisance et une extrême facilité, l'auteure m'a dépeint et m'a immergé au sein d'un univers des plus réaliste – notamment grâce aux citations de versets et autres documents historiques ponctuant chaque début de chapitre – et fascinant bien que souvent malaisant et violent. Il y avait longtemps qu'un monde imaginé ne m'avait pas paru autant percutant et j'ai adoré être autant chahuté au grès de l'habile plume ainsi que l'addictif et fluide style de Cassandre Lambert. L'intrigue se veut tout aussi maîtrisée que l'univers. A tel point que je n'ai pu décrocher de ma lecture et lorsque je devais mettre cette dernière en pause, je ne cessais de m'imaginer ce qui m'attendait. Il faut dire que ce premier volet déborde de rythme et d'action. Entre les combats des participants au tournois afin de devenir géniteur et de pouvoir s'élever au sein de ce gouvernement érigé et dirigé par le sexe féminin ainsi que les enjeux politiques et autres complots porté par Elios, l'un des héros de L'Empire des Femmes, je n'ai cessé de vibrer d'émotions. C'est tout un panel de sentiments qui m'a assailli au cours de mon aventure et j'ai adoré cela. D'autant plus que de part son oeuvre, Cassandre Lambert démontre à quel point les inégalités des sexes sont encore bien trop ancrées dans nos moeurs et trouvant cela des plus regrettable et déplorable, j'avoue ne pas avoir trouvé ce roman révolutionnaire.

Néanmoins et comme l'auteure l'énonce et que je cite : « Si ce roman n'a pas révolutionné votre perception de notre monde, j'espère au moins qu'il a constitué une bonne source de divertissement et d'évasion. » je peux vous assurer que celui-ci s'est dévoilé des plus divertissant et passionnant à parcourir. D'autant plus que je ne m'attendais pas à découvrir autant de barbarie et de violence et pour ne pas gâcher votre plaisir, je tairais les nombreux travers et autres vices de cette société matriarcale mais attendez-vous à être autant révoltés et interdits que lorsque les Hommes gouvernent actuellement notre monde. Attendez-vous aussi à une incroyable finalité vous laissant des plus pantelants et enragés. En effet, Cassandre Lambert m'a laissé sur le carreau tant je me suis fait surprendre par une fin des plus abrupte que je n'ai même pas vu venir tant j'étais plongé au coeur du récit. Ce premier volet n'est encore pas officiellement sorti que je suis déjà plus qu'impatient de découvrir la suite des aventures d'Elios et d'Adona tant mon enthousiasme n'aurait pu être sans les différents pertinents et éloquents points de vue de ces derniers.

Il est d'ailleurs peu dire que j'ai adoré faire la connaissance de ces personnages des plus séduisant et attachant qui soit. Bien qu'opposés à cause de leurs différents genres mais aussi de par leurs statuts social ainsi que par leurs différentes ambitions, nos deux héros se ressemblent bien plus qu'ils ne se l'imaginent. Par différentes manières, chacun se dévoile finalement une bien triste victime de la société dans laquelle ils évolueront et ont bien plus en commun et à gagner qu'il n'y parait. Si Elios se démontre des plus combatif et déterminé à faire évoluer son univers, Adona elle rêve de pouvoir vivre auprès de son frère jumeaux sans que ses coutumes et son infériorité ne l'en empêchent. Ainsi, cette dernière s'oblige à suivre le processus de procuration mis en place dans son royaume afin d'enfanter de nouvelles jeunes filles et de rentrer dans les cases que lui impose ce rigide système. Ainsi, cette dernière s'acquiert, grâce à ses richesses, le devenir du prétendant et combattant Eliot, infiltré avec son ami à l'humour et la séduction redoutables, Nikolaos pour effectué un coup d'état. Inutile d'en dévoiler davantage mais l'évolution de cette relation forcée m'a plus que séduit et malgré les hauts et les bas, j'ai adoré suivre leur approvisionnement qui, pour le moment, laisse encore douter quant à la conclusion de cette nouvelle idylle et qui, j'espère, suivra le chemin opéré dans mon imagination. Que l'attente sera longue en attendant les réponses à mes questions.

En attendant, je ne peux que vous recommander de découvrir ce page-turner, aussi addictif que percutant. Nul doute que l'éditeur signe à coup sûr l'un des romans gagnants de cette rentrée littéraire tant Cassandre Lambert plonge son lecteur dans un univers impitoyable, violent et parfois malaisant mais pourtant fascinant et passionnant à parcourir. le tout porté par un merveilleux duo de personnages bien plus identiques qu'il n'y parait et des plus attachant à découvrir.

Cette lecture a été réalisée à l'occasion de mon partenariat avec Didier Jeunesse via la plateforme Netgalley.
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Dans l'empire de Sapientia, les femmes dominent et les hommes sont réduits en esclavage. Une fois par an, le Tournoi de la Procréation permet de choisir les plus combattifs parmi les volontaires pour le rôle envié de Géniteur. Adona, fille d'une des femmes les plus puissantes de Sapientia, est inscrite au Registre de la Procréation pour la première fois. de son côté, Elios quitte l'île où il a toujours vécu avec les autres hommes pour participer au Tournoi. Mais Elios a d'autres ambitions que de devenir Géniteur : il doit mettre en oeuvre un plan qui permettra de libérer les hommes de leur esclavage. Pour cela, il doit approcher Adona...

Je ne sais pas si c'est un genre d'effet Wattpad mais les romans écrits pour les jeunes par des jeunes se multiplient depuis quelques années, encombrant les étals des libraires de livres souvent assez mal écrits et immatures. Cassandre Lambert n'a que 22 ans mais je dois reconnaître qu'elle écrit plutôt bien. Son style ne souffre pas des maladresses qui me hérissent trop souvent le poil. J'ai vraiment lu ce roman avec plaisir. Un autre avis sur Babelio soulignait que ce premier tome contient finalement peu d'action. Cependant, on ne s'y ennuie pas. Pendant une bonne partie, on n'a pas vraiment d'éléments sur le plan d'Elios. On en ait donc réduits aux conjectures, ce qui maintient l'intérêt pour l'histoire, alors même qu'une bonne part de son déroulement paraît assez attendue. de plus, des micro-suspens terminent la plupart des chapitres, donnant envie de continuer sans attendre. L'alternance entre les deux narrateurs, si elle n'est pas innovante dans le genre, est redoutable pour le côté addictif de la lecture.

Il y a une certaine originalité dans le choix d'imaginer une société dominée par les femmes. Comme l'indique l'auteur dans sa postface, beaucoup de romans présentent plutôt l'inverse. Cependant, j'ai eu pendant toute ma lecture l'impression que ce que l'auteur avait fait avec ce postulat de départ n'était pas hyper innovant, l'impression que n'importe quel auteur young adult en aurait fait autant. Alors, certes, c'est plutôt agréable à lire mais c'est sur ce point, je trouve, que cela manque un peu de maturité. L'analyse des rapports de domination entre les sexes et de la manière dont ils se construisent n'est pas suffisamment développée, ce qui aboutit à un monde très caricatural, trop pour paraître vraisemblable. Cela cause même, à mon avis, des incohérences. L'existence même du Tournoi de la Procréation, par exemple, m'a paru absurde, en y réfléchissant. Si les femmes dominantes reprochent aux hommes leur brutalité, pourquoi utiliser pour sélectionner les Géniteurs un moyen qui ne peut qu'avantager les plus brutaux d'entre eux ?
En outre, la trame narrative elle-même est assez classique : dans une société à tendance dictatoriale, deux jeunes qui devraient se haïr sont amenés à se côtoyer, à s'apprivoiser et, finalement, se retrouvent à quitter cette société pour un ailleurs incertain (fin du tome 1). Dans le tome 2, ils découvrent leurs sentiments réciproques et s'engagent dans une lutte contre la société. Dans le tome 3, ils renversent le pouvoir qui les opprimait, ils se marient et ont beaucoup d'enfants. (Le tome 2 n'est pas encore sorti : je lance donc les paris sur son contenu ^^).

Le roman fait par contre preuve de plus de subtilité que beaucoup de ses semblables sur les personnages et le développement de leurs relations (sentimentales). Certains personnages secondaires (Nikos et Cyrène en tête) ne semblent pas très originaux dans le sens où on a l'impression de les avoir déjà vus mille fois dans le rôle des meilleurs amis des héros. Ceux-ci ressemblent aussi beaucoup à tous les héros de romans young adult. Ils ont cependant une certaine épaisseur, un caractère parfois un peu difficile à définir, ce qui va bien au fait qu'ils sont jeunes et encore en train de se construire. J'ai bien aimé la manière dont la relation entre Adona et Elios se développe, en tenant compte du contexte très particulier de leur rencontre.

En résumé : le postulat de départ semble original mais est finalement traité de manière assez superficielle et un peu facile. S'il ne révolutionne pas le genre young adult, c'est un premier tome bien écrit, agréable à lire et qui s'arrête à un très mauvais moment !

Comme le dit l'auteure en conclusion de sa postface : "Si ce roman n'a pas révolutionné votre perception de notre monde, j'espère au moins qu'il a constitué une bonne source de divertissement et d'évasion." En ce qui me concerne, mission accomplie pour le deuxième but, au moins.

Merci aux éditions Didier Jeunesse de m'avoir permis de découvrir gratuitement ce roman sur la plateforme NetGalley.

Challenge Romans Jeunesse 2021/2022
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Et si Dieu était en fait Déesse ? Et si le pêché originel avait été commis par l'homme ?
L'autrice renverse les choses et nous propose un monde reprenant les codes de la Rome antique où les femmes sont le sexe fort et les hommes le sexe faible. Ces derniers sont d'ailleurs réduits en esclavage et l'un des seuls moyens, pour eux, de s'élever dans cette société matriarcale est de devenir Géniteur. C'est dans cette optique qu'Elios quitte l'île des hommes pour rejoindre Sapientia, île des femmes, et remporter le tournoi lui permettant de devenir Géniteur. Mais il s'avère qu'il est doté d'une autre mission bien particulière.
Avant cette lecture, j'avais un peu peur. Peur que l'on ait droit à du féminisme à outrance comme il est bon ton d'écrire en ce moment. J'ai cependant vite été rassurée sur ce point, l'autrice présentant une société matriarcale violente et problématique. Ainsi, ce n'est pas parce que la matriarcat remplace le patriarcat dans ce récit que tout va bien. Bien au contraire. On a un véritable roman qui prône l'égalité des sexes et cette inversion originelle est diablement bien pensée pour démontrer cela. Ainsi, en montrant des hommes soumis, l'autrice dénonce à la fois le traitement des femmes dans notre société et celui des hommes dans son monde fictif. D'ailleurs, les notes de l'autrice en fin de roman sont tout aussi intéressantes que son histoire. Elle y dit tout ce qu'il est nécessaire pour comprendre son postulat de départ et je vous invite à lire ces quelques mots. Ainsi, je ne la paraphraserai pas plus longuement dans cette critique. Je dirai juste, qu'avec moi, son objectif a été atteint : prôner l'égalité des sexes et démontrer que les arguments pour prouver l'ascendant d'un sexe sur l'autre ne sont pas viables.
Le message est servi par des personnages attachants. Adona, « la femme ne pensant pas comme les autres » possède ainsi une force mais également des faiblesses qui font que l'on s'identifie à elle. Elle ne souffre pas du complexe de super-héroïne malgré elle. Elle a conscience de certains travers de sa société, fait ce qu'elle peut pour essayer d'améliorer le quotidien de son frère mais ne cherche pas non plus à fomenter une révolte. Elle est à l'image de certaines personnes réelles qui ont conscience de choses qui ne vont pas mais qui n'ont pas l'audace de devenir la figure de proue d'un mouvement qui pourrait les dépasser. C'est humain et je trouve cela judicieux qu'Adona soit construite de cette manière.
Du côté d'Elios, même constat, sa rage et son sentiment de révolte sont légitimes dans cette société mais l'autrice parvient également à ne pas faire de lui un être sans sentiment car obnubilé par son objectif. Ainsi, il va se rendre compte que ses a priori sur les femmes ne sont parfois que des préjugés et que la réalité est en fait bien plus complexe. Dès lors ses convictions teintées de doutes sont totalement crédibles. On en vient à espérer qu'il puisse atteindre ses objectifs tout en craignant qu'il fasse les mauvais choix.
Il y a un soupçon d'attirance se développant entre les deux personnages. On ne peut pas parler de romance mais la petite graine est bien là. A voir comment l'autrice se débrouille à ce niveau-là dans le deuxième tome, mais je trouve que le début de leur relation, pourtant pleine de faux-semblants, est attachante. Mon côté fleur bleue espère que quelque chose de profond va se développer entre ces deux jeunes adultes ballottés par des événements qui les dépassent.
Enfin, les petites touches de Rome antique m'ont beaucoup plu, elles ont su apporter une plus-value au récit car elles permettent d'ancrer ce monde imaginaire dans quelque chose de connu. On n'a donc aucun mal à imaginer la société décrite.
Pour conclure, je me suis totalement laissé embarquer par le récit de l'autrice qui a su me convaincre autant sur le fond que sur la forme. Je ne peux donc que conseiller ce roman même si, de par la violence de certaines scènes, je le réserverai aux plus grands des ados. J'ai vraiment hâte de découvrir la suite.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Je le laissai sangloter de longues minutes, en silence. Je ne parlai pas plus lorsque ses pleurs redoublèrent. Je me contentai de le serrer davantage, remerciant le ciel de ne pas l'avoir pris.
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Tout ce que je veux te dire c'est qu'il est normal d'appréhender. Tous les moments importants de ta vie déclencheront ce genre de sentiments. Si tu n'as pas peur, c'est que l'évènement ne compte pas. Il faut toujours se battre pour obtenir ce que l'on veut.
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Tout ce que j’essaie de te dire, c’est qu’il est normal d’appréhender. Tous les moments importants de ta vie déclencheront ce genre de sentiments. Si tu n’as pas peur, c’est que l’évènement ne compte pas. Il faut toujours se battre pour obtenir ce que l’on veut.
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Lorsqu’ils parvinrent au niveau des véhicules, une fillette proposa de leur lancer des cailloux pour tester leur résistance à la douleur. La suggestion fut accueillie par des acclamations ravies. Ma sœur et ses camarades descendirent des caisses pour être à portée de tir et, très vite, une pluie de graviers s’abattit sur le groupe de prisonniers.
– N’abîmez pas la marchandise, les filles ! les sermonna une Protectrice.
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Tout ce que j’essaie de te dire, c’est qu’il est normal d’appréhender. Tous les moments importants de ta vie déclencheront ce genre de sentiments. Si tu n’as pas peur, c’est que l’évènement ne compte pas. Il faut toujours se battre pour obtenir ce que l’on veut.
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Vidéo de Cassandre Lambert
Cassandre Lambert est de retour en librairie, cette fois avec une romance qui risque de faire chavirer le coeur des lecteurs ! Dans "Celle que je cherchais" (Didier Jeunesse), elle raconte la rencontre de deux êtres que tout semble opposer : Noah, timide et réservé, et Armelle, fêtarde et lunatique.
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