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Critiques sur La faute au Midi (13)
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BazaR
  17 janvier 2017
Cette BD m'a fait monter dans les tours grave !!

Jean-Yves le Naour extrait une fois de plus une « péripétie » de son livre 1914 pour la développer sous forme BD. Cette fois, il se concentre sur les effets terribles du racisme intérieur auquel étaient soumis les « gens du Midi ».

Au début de la 1ère guerre mondiale, le généralissime Joffre ordonne à la IIème armée de s'enfoncer en Lorraine le plus vite possible. Son leader, Foch, veut en découdre. Citation du dossier : « Pourquoi être prudent quand la doctrine dominante est celle de l'offensive à outrance, quand on croit que c'est le courage, la détermination, l'élan, la volonté qui font la victoire ? ». Bref, c'est le retour De Crécy et D Azincourt ; on fonce et notre noble courage prévaudra. Les flèches des Anglais ont été remplacées par des canons nettement supérieurs à ceux des Français. Résultat : la chair à canon est livrée aux aigles du Deuxième Reich.
Évidemment, il faut un bouc émissaire à jeter en pâture à l'opinion. Facile ! On dit que ce sont les soldats du Midi qui ont flanché. On ne va pas accuser les Lorrains qui sont considérés comme l'élite militaire du pays, alors que le provençaux, avec le racisme intérieur qui les considèrent paresseux, indolents et profiteurs, c'est super crédible.
Une petite allusion à la presse, et voilà, le pastis est servi ! Et il est indigeste.
La volonté de « maintenir le moral du pays » ira jusqu'à condamner à mort deux hommes qui ont pourtant courageusement affronté le feu terrible des adorateurs de Wotan (hum, je m'égare). Soit disant parce qu'ils se sont automutilés pour éviter de retourner au front, témoignage de médecin (influencé par la presse, et de Lorraine) à l'appui.
Il faudra attendre un an pour que le dossier soit rejugé et ces hommes réhabilités.

Je n'ai pas vraiment envie de commenter le dessin ou le scénario. Voyez-vous, je suis du Midi moi-même (bon, du Languedoc mais vu de Paris c'est comme la Provence) et j'ai sauté au plafond une vingtaine de fois pendant ma lecture, au point de me faire de sacrés bosses sur le crâne. Quand je suis monté à Paris, je me suis bien rendu compte du regard spécifique porté sur moi lorsque je parlais de mannnger, ou de painnn. Mais ce regard était plutôt amusé, nostalgique des vacances d'été (et un certain succès auprès des filles). Cela ne m'a jamais nui. Lire donc que, dans des circonstances plus tragiques, ce « regard spécifique » a servi de prétexte et provoqué la mort d'hommes m'a profondément choqué.

Une BD à mettre entre toutes les mains.
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cicou45
  27 décembre 2016
Ayant moi-même travaillé dans un établissement d'Archives départementales, il m'était impossible de passer à côté d'un tel ouvrage, d'autant plus que la préfacière n'est autre que mon ancienne directrice.
Ici, le lecteur découvre l'Histoire de deux hommes probablement passés inaperçus parmi les milliers de morts qu'a fait la Première Guerre mondiale et qui pourtant méritent d'être mentionnés : il s'agit de Joseph Tomasini et Auguste Odde. Tous deux originaires de Corse et du Midi de la France, ils rejoindront le Nord pour participer à la bataille de Lorraine. Pourquoi souligner ces deux hommes parmi tant d'autres ? Tout simplement parce que ces derniers ont été accusés à tord de vouloir fuir le combat et de s'être auto-mutilé affin de pouvoir retourner chez eux. Fusillés pour l'exemple, ce n'est que plus tard que l'Armée reconnaîtra ses erreurs et les réhabilitera en offrant la croix de guerre à leur famille. Mais que vaut une décoration lorsqu'on a pris la vie de vos enfants, époux et parfois pères de familles ? Pas grand chose en effet et c'est pour cela que l'historien Jean-Yves le Naour, en collaboration avec les Archives départementales des Bouches-du-Rhône a décidé de les faire sortir de l'ombre et de les mettre à l'honneur ici.

Un ouvrage puissant, extrêmement bien documenté avec un documentaire qui suit cette bande-dessinée pas si anodine que cela...bien au contraire ! Un graphisme très appliqué et un scénario, bien qu'il fut brai, très bien adapté. A découvrir !
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Gudulle
  24 juillet 2016
Ouvrage pris au hasard sur les étals de la bibliothèque.
Lors du centenaire de la Première Guerre mondiale, l'idée d'une exposition à partir d'une bande dessinée pour sensibiliser et donner une approche ludique aux jeunes générations dans un devoir de mémoire.
Très vite cette idée s'est orientée sur une injustice qui a frappé les soldats provençaux désignés comme responsables de la défaite d'août 1914 en Lorraine, à travers l'histoire vraie d'un Varois Auguste Odde et d'un Corse Joseph Tomasini, fusillés pour l'exemple.
Cette histoire méconnue et touchante à bien des égards m'a beaucoup plue car ces traces d'histoires méritent d'être connues, ne serait-ce que pour rendre hommage, encore de nos jours, à tous ces jeunes soldats.
Cela prend d'autant plus de sens que j'ai pu admirer l'étonnante exposition au Panthéon, jusqu'au 11 septembre "Les monuments aux morts de la Grande Guerre 1914-1918".
Un bel ouvrage.
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ninoule69
  30 octobre 2017
Voici un nouvel opus engagé de A. Dan, qui est aussi l'auteur de Pour un peu de bonheur, voici donc une autre bande dessinée, traitant de la première guerre mondiale.
Ici, il est question du départ, pour le front de l'Est, de poilus mobilisés dans le Sud. C'est d'ailleurs pour cela qu'on les appelle "ceux du Midi".
Une histoire vraie est, bien malheureusement, à l'origine du livre. En fait, les jeunes mobilisés issus de ce fameux contingent, qui, on le comprend très vite, a mauvaise presse, et qui souffre d'une image stéréotypée au possible (celle d'une bande attardée de fainéants, aficionados invétérés de siestes, qui, conséquemment, ne peuvent être fiables, tout doreurs de pilules qu'ils sont censés être !) , ainsi donc ces poilus du Sud se retrouvent littéralement otages au sens figuré d'une situation d'échec inextricable dans laquelle le commandement militaire, et quasiment jusqu'à son sommet, a brillé par son obstination aveugle, son incompétence sans mesure et ensuite par son extrême mauvaise foi et sa volonté infinie de sauver coûte que coûte la face et les apparences. Je n'en dis pas plus.
On connaissait déjà grâce à "Un long dimanche de fiançailles" de Sébastien Japrisot le sort injuste réservé à certains soit disant mutiniers, et à présent, on découvre -en tout cas, moi j'ai fait une découverte ! - la folie d'une poignée d'hommes hautains et méprisants que seuls, le rang, les honneurs, la renommée et le pouvoir importent ! Une sorte de clan où sacrifier la chair à canon fait partie de la routine. Un monde fou et désespérément cruel !
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MissAlfie
  28 avril 2014
J'ai découvert ce nouvel album de Dan scénarisé par Jean-Yves le Naour lors de mon passage chez le dealer. Dan était en dédicace en compagnie de Laurent Galandon et Damien Vidal venus pour un autre ouvrage dont vous parlera la miss en temps utile. du coup, dessin de Dan que j'aime beaucoup et histoire (méconnue) sur la Première Guerre Mondiale, j'ai rapidement dit banco. Passons donc vite sur le dessin, on retrouve le trait caractéristique du dessinateur avec des personnages très bien foutus et, notamment, les politiques de l'époque, reconnaissables.

L'histoire s'attache donc à un épisode méconnu (pour ne pas dire ressorti des oubliettes) de la Première Guerre Mondiale. Avec la complicité du sommet de l'armée et du gouvernement, la responsabilité de la défaite dans une bataille a été portée sur un régiment méridional. Avouons que pour remobiliser les troupes et unir un pays face à l'ennemi, il y a quand même mieux. Les conséquences seront multiples : démission du ministre mais, surtout, condamnation à mort pour mutilation volontaire d'un blessé de cette bataille par un Conseil de Guerre fantoche. Tout est détaillé dans cet album qui est, en outre, complété par un carnet de huit pages en fin de livre. le carnet reprend les différents aspects de l'histoire (le contexte, la bataille, les soldats) et rentre un petit peu plus dans le détail, le tout étant accompagné d'esquisses de Dan. Au final, ce carnet fait un peu redondant avec l'album puisque, s'il rentre un peu plus dans le détail, ne nous en apprend pas beaucoup plus. Il n'empêche que, à l'image des albums de la série Explora, l'ajout de ces carnets explicatifs est toujours un plus dans une bande dessinée qui se veut culture-généralienne. Aussi, La Faute au Midi permet sous le joli dessin de Dan permet de connaître cet épisode méconnu mais néanmoins intéressant.
Lien : http://croqlivres.canalblog...
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ProfDoc45
  23 septembre 2014
En cette année du Centenaire de la Première Guerre mondiale, comment réussir à innover sur ce thème ? En faisant appel à l'historien Jean-Yves le Naour, régulièrement inventeur de trésors méconnus. Il aborde la Première Guerre mondiale avec des angles originaux, à l'instar des soldats devenus fous pendant le conflit, ou encore de l'histoire du soldat inconnu.
Sa participation à cette BD ne déroge pas à la règle avec cet épisode accusant des soldats originaires du Midi d'être à l'origine d'une défaite de l'armée française. L'Etat-major a été jusqu'au bout de sa logique, pour montrer l'exemple... "La Faute au Midi" permet de rendre hommage à ces victimes, et de rappeler aux lecteurs que la cruauté de la guerre n'est pas toujours dans le camp ennemi.
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som
  15 novembre 2015
Publié dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre, cet album revient sur la question des fusillés pour l'exemple. Après l'échec de la bataille de Lorraine en août 1914, Joffre rejette cette défaite sur les soldats au Midi. A titre d'exemple et pour « motiver » les troupes, ils seront exécutés au petit jour après une parodie de procès.
Cette bande dessinée évoque aussi le poids des préjugés d'une France rurale et provinciale où les hommes du sud, cette compagnie de Marseillais en l'occurrence, sont forcément des pleutres, plus prompts à la fête et aux plaisirs qu'à l'obéissance et l'engagement…
Basé sur des faits réels, ce court album aux couleurs solaires se poursuit par un dossier documentaire pour aller pour loin. Exemplaire.
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Biancabiblio
  14 septembre 2015
Le 7 août 1914, les provençaux venus de Marseille à Nice en passant par la Corse prennent le train pour la Lorraine. Ils laissent les champs et les récoltes pour aller bouter les boches hors de France et ramener l'Alsace et la Lorraine dans le giron national. C'est juste l'affaire de quelques semaines paraît-il, tout sera rentré dans l'ordre d'ici la Noël.

Auguste Odde fait partie de ces soldats, qui bien qu'ivres de vins, de chansons et de rêves de gloire, doute pourtant de son retour rapide dans ses chères terres proches de Toulon où il a laissé sa vieille mère bien seule.

Lancé les 20 et 21 août 1914 dans l'offensive de Lorraine, le XVe corps des soldats du Midi placé sous les ordres du général Espinasse essuie une défaite sanglante et 80% d'entre eux sont fauchés par les canons allemands.

Le XXe corps de Lorraine commandé par Foch et le XVIIIe du Languedoc, qui participent eux aussi à l'attaque, subissent le même revers. Il faut dire que Joffre et Foch en sont restés aux tactiques des batailles napoléoniennes.

Au QG de Joffre, au ministère de la Guerre, pareille défaite reste incompréhensible car elle met en défaut la stratégie du Généralissime, ce qui est inacceptable. Mais comme il faut un coupable et qu'on ne peut pas accuser les Lorrains, réputés être les meilleurs soldats de la République, l'opprobre est jeté sur le XVe corps accusé de lâcheté devant l'ennemi.

Avec un cynisme rare et un mépris absolu pour les droits de l'accusé, sur simple dénonciation du médecin major Cathoire et sans que soit établie la véracité des actes d'accusation, une cour martiale condamnera ainsi 6 blessés accusés de mutilation volontaire.

Dans La faute au midi, l'historien qu'est Jean-Yves le Naour nous dévoile un épisode fort méconnu de la première guerre mondiale et surtout l'antagonisme qui existait entre le nord et le sud de la France.

Les méridionaux, réputés fainéants, couards et indolents, avaient bien mauvaise réputation et lorsqu'ils furent accusés de lâcheté devant l'ennemi, cela n'a en aucun cas surpris l'opinion publique française qui les méprisait déjà.

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Lien : https://deslivresdeslivres.w..
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myrtigal
  23 avril 2019
Deuxième bande dessinée de Jean-Yves le Naour que je lis (après La mort vous attend à Sarajevo) et que j'ai tout autant adoré !
Encore une excellente BD de la part de l'auteur et de ses collaborateurs. de nouveau il reprend une partie, ou un chapitre, de son ouvrage 1914 et le met en images (en raccourcissant un peu l'histoire par rapport au livre).
Ici il décide de mettre en lumière un épisode très méconnu de la Grande Guerre mais qui mérite d'être su de tous et de n'être jamais oublié : l'abjecte injustice qui a frappé les soldats du Midi au tout premiers jours du conflit.
Une histoire qui nous révolte et nous brise le coeur. Condamnés à la peine de mort en quelques heures, par un pseudo tribunal militaire. Fusillés. Morts pour rien. Si ce n'est pour faire un "exemple" obsession absurde et écoeurante de la part des politiques et des généraux, favorisée par le climat tendu de ce début de guerre.
Et aussi parce que les préjugés et le racisme intérieur sont tenaces, même en temps de guerre.
Très très belle BD, révoltante et émouvante. Très bien dessinée, très bien racontée. À lire absolument.
Et ne jamais oublier les noms de Auguste Odde et Joseph Tomasini.
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troisiemeCezanne
  21 janvier 2016
Il s'agit d'une histoire qui se passe durant la première guerre mondiale. Chaque soldat avait une réputation, et les soldats de Provence avaient la réputation de " peureux ", de faire exprès de se blesser au front pour rentrer chez eux . Mais ces soldats voulaient montrer tout le contraire, qu'ils étaient de vrais soldats.
J'ai aimé cette histoire car ça m'a bouleversé et plu en même temps. Et dans le dossier documentaire, l'auteur explique que c'est une histoire vraie .
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