AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Valérie Le Plouhinec (Traducteur)
ISBN : 2350212254
Éditeur : Naïve (03/11/2010)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 41 notes)
Résumé :

Stefan, seize ans, vit avec son père, libraire, dans une Angleterre qui a bien changé : des attentats terroristes ont conduit l'Etat à une politique sécuritaire effrayante. Sous prétexte de protéger les citoyens, le gouvernement les contrôle en permanence, les privant de toutes leurs libertés. Les livres sont les premières victimes de ce climat de terreur : tous les classiques de la littérature sont ré... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
100choses
05 mars 2013
Je n'avais jamais entendu parler de ce roman et sa fiche Livraddict semble confirmer qu'il a été peu lu par les blogueurs, mais son dos jaune a immédiatement attiré mon attention à la bibliothèque et sa quatrième de couverture (pour une fois que j'en lisais une) m'a immédiatement séduite. Bilan, s'il a manqué un petit quelque chose (au niveau du rythme, peut-être?) pour que je sois totalement convaincue, j'ai tout de même vraiment beaucoup aimé ce roman effroyable de réalisme.
Ce qui est fort, c'est que le Royaume-Uni qui sert de cadre à l'histoire est très proche de celui que l'on connaît aujourd'hui. Pas de technologie beaucoup plus poussée que celle que l'on a, des points de repères historiques, géographiques, culturels tout à fait réels. Bref, on évolue dans un univers très proche du notre. L'auteure s'est juste contentée de pousser à son paroxysme, jusqu'à l'absurde même, les caractéristiques d'un quotidien bien réel et familier. C'en est d'autant plus effrayant parce qu'il n'y a personne d'autre à blâmer que nous même et que l'on se dit que les choses pourraient bien tourner ainsi.
Au milieu de ce monde, Stefan est un héros particulièrement intéressant, parce qu'il n'a pas grand chose du héros justement. C'est juste un ado, un peu crétin (comme tous les ados) qui veut se rebeller contre l'autorité de son père parce que celui-ci est trop ringard à ses yeux et en même temps est totalement formaté par le moule de la société. Et justement, il veut totalement y adhérer à ce modèle pour être cool, intégré et ne pas passer pour le freak de service. Tout bascule pour lui mais il ne change pas du jour au lendemain, il n'a pas de grande illumination. Il se plante, fais des conneries, regrette, s'énerve, décide de changer, hésite, prend des décisions, hésite encore un peu. On le voit vraiment évoluer et on découvre l'étendue du régime devenu dictatorial dans lequel il vit, au même rythme que lui.
Et à la fin, ben il n'a pas sauvé le monde, il n'a pas renversé la situation. Il a beaucoup changé, a choisi un camp et se bat mais il reste tant à faire et cela va demander du temps. Et c'est vraiment un truc qui m'a plu : pas de happy end à ce livre. La situation globale a même pour ainsi dire pratiquement pas changé, parce que come on, ça n'est pas un ado qui y peut grand chose, mais Stefan lui a beaucoup changé : son regard sur son pays, la politique ont évolué au fil des pages et il est enfin capable de choisir consciemment ce qui lui semble juste mais ça ne règle pas pour autant tous les problèmes.
Et puis ce qui est intéressant dans ce livre, c'est que c'est la conscience du lecteur que l'auteure chercher à éveiller et quel que soit son âge elle le traite en adulte. Elle ne succombe jamais à la facilité, n'opte pas un instant pour un manichéisme qui manquerait totalement de crédibilité. C'est terrible parce que les terroristes sont vraiment présents et continuent de perpétrer des attentats et il est clair qu'il FAUT faire quelque chose, mais en même temps le système mis en place par le gouvernement est tellement répressif qu'il est tout aussi criminel. Alors qui a raison ? Il n'y a pas de bonne réponse évidente, à aucun moment et c'est pour cela que le narrateur se débat autant avec ses idées, ses préjugés, ses envies, son idée du juste et de l'injuste.
L'auteure propose au lecteur de réfléchir à la question, à la position qu'il adopterait dans une telle situation, mais elle ne lui donne pas la solution. Elle ne choisit pas pour lui. Elle lui montre l'extrémisme présent dans les deux camps, les raisons d'être de chacun des deux camps et elle lui donne des pistes pour réfléchir, mais globalement elle le laisse se débrouiller, comme son héros ; elle lui laisse son total libre-arbitre et j'ai trouvé ça brillant et j'aime les auteurs qui demandent à leur lecteurs d'être intelligents, de réfléchir, de faire leurs propres choix. Pour tout vous dire, je n'ai aucune idée de la position que j'adopterai face à une telle situation, mais j'ai des idées, la conscience de certains pièges dans lesquels ne pas tomber… C'est vraiment une lecture exigeante et intense, mais absolument passionnante.
Enfin, le dernier point qui m'a beaucoup plu dans ce roman, c'est l'importance accordée aux livres, à leur pouvoir contrairement à ce que pense Stefan au début. Hors on l'a bien vu à travers l'histoire, quand on commence à brûler les livres, à les censurer, ça va très très mal pour l'humanité… L'auteure nous montre le pouvoir abrité par les livres, comment ils peuvent éduquer, libérer, donner des idées, pousser à réfléchir, à rêver, à ne pas seulement accepter ce qui nous est imposé. Et ce qui m'a plu c'est que Sam Mills ne va jamais citer de sombres chefs d'oeuvres inconnus du lecteur et dont la réécriture ne choquerait pas plus que cela. Non, là ce sont William Golding, Anthony Horowitz, JK Rowling… qui sont censurés. Des auteurs dont je connais et apprécie les écrits et c'est encore plus fort. Il y a aussi évidemment 1984 qui est régulièrement cité et mon dieu, depuis le temps que je le dis, je dois vraiment absolument lire ce roman.
Et bref, les livres sont très présents tout au long des pages de ce roman et c'est à travers eux que se fait l'éducation du narrateur, sa prise de conscience dans cette Angleterre ou les cours de littérature sont devenus une option pour les élèves incapables de suive en filière scientifique renforcée. Au début il se force parce que les livres représentent tout ce qu'il déteste : son père et son métier minable mais peu à peu il en lit un puis un autre et ne peut plus s'arrêter parce que Et alors il découvre leur pouvoir.
Et là encore, ça n'est pas une bluette de tout repos entre le narrateur et les livres. Un livre ça n'est jamais anodin, surtout quand vous réalisez qu'on vous a menti toute votre vie à leur sujet et du coup c'est une histoire passionnée qu'on découvre avec de grandes révélations amoureuses, des moments de haine, de dégoût, de peur, d'incertitude. le héros grandit tout simplement et voit grâce aux livre s'effondrer tout ce en quoi il avait cru jusque là et du coup cela lui demande du temps pour se réajuster, accepter ce qu'il lit, accepter de voir remis en question tout ce qui constituait son quotidien jusque là. Et c'est là que le bât blesse parfois un peu : il n' y a pas de longueur à proprement parler, mais parfois l'histoire manque un poil de rythme avant de redémarrer sur les chapeaux de roue. C'est ce manque de régularité qui m'a parfois un poil génée, mais c'est vraiment un détail.
Bref, vraiment une lecture marquante, d'ailleurs je n'ai eu aucun mal à rédiger ce billet, même un mois après ma lecture. C'est pas un livre gai ou bourré d'espoir, c'est pas un livre qui laisse beaucoup de repos au lecteur (je l'ai littéralement lu d'une traite malgré ses plus de 400 pages, m'arrêtant juste régulièrement pour réfléchir à ce que je venais de lire, à ce que j'aurais fait moi) mais il est passionnant et nécessaire et je voudrais vraiment le voir d'avantage lu et représenté sur les blogs. Sam Mills est juste une brillante auteure et je dois absolument lire ses autres romans.
Lien : http://leboudoirdemeloe.co.u..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
cats26
06 février 2016
Ce livre a été une véritable surprise pour moi.
Derrière une couverture pas très attirante et une quatrième de couverture semblant annoncer une énième dystopie, ce cache un roman centré sur la littérature et le pouvoir des livres.
Evidemment, on pense à "Fahrenheit 451" (étonnant d'ailleurs que ce livre ne soit pas cité). Peut-être l'auteur craignait-il une comparaison défavorable.
Pourtant, il n'a pas à rougir : son roman tisse une trame originale (même si un peu démonstrative) sur la puissance des écrits de fiction.
Le jeune Stefan lit et succombe à l'influence de chaque livre qu'il lit. C'est un peu simpliste mais bien vu.
Ce qui fait que c'est un coup de coeur pour moi tient moins à l'intrigue, aux personnages (un petit peu stéréotypés, selon moi), qu'aux références du livre : "Paradise Lost" de Milton est au coeur du récit et c'est pour moi, un des plus beaux poèmes anglais, emblématique de l'usage de la liberté humaine, de l'acquisition de la connaissance mais aussi de la perte de l'innocence. Mills cite aussi "l'Attrape-coeurs", "1984", "Sa majesté des Mouches" mais aussi "Harry Potter"mis à l'index car poussant les enfants à se bercer d'illusions.
Pourtant, tout n'est pas noir ou blanc dans ce monde : les mêmes défenseurs de la liberté d'expression peuvent avoir des limites à ce qui est exprimé (Omar, par exemple).
Le roman montre bien que sous couvert de mieux protéger, on finit pas restreindre et interdire...
Bref, j'ai adoré le thème du livre et la description de cette société dystopique dont beaucoup d'aspects rappellent notre société contemporaine.
A partir de 14 ans
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
krol-franca
19 décembre 2010
La quatrième de couverture m'a d'abord attirée.
Un livre d'anticipation qui peut éclairer notre présent et notre rapport à la littérature. Voilà un sujet qui promettait d'être intéressant.
Ce roman est un excellent thriller, haletant, qui ne laisse au lecteur aucun répit. Les personnages sont complexes et ambigus, personne n'est tout noir ou tout blanc, comme le personnage d'Omar, très ambivalent qui suscite en nous (et en Stefan) autant d'attrait que de répulsion. C'est aussi un livre qui pose la question du recours ou non à la violence pour contrer l'Etat qui a supprimé toutes les libertés.
Et puis c'est un roman qui incite à lire d'autres romans : 1984 de George Orwell, par exemple, que j'ai maintenant envie de relire. L'attrape-coeurs de Salinger que je n'ai jamais lu et que j'ai follement envie de lire ! Ou encore Sa majesté des mouches de William Golding.
Un livre qui donne envie de lire, n'est-ce pas fabuleux ?
Un peu plus sur mon blog.

Lien : http://krol-franca.over-blog..
Commenter  J’apprécie          90
Ameni
09 février 2011
Black-out se lit très facilement ; J'ai englouti la première moitié d'une traite, mais la seconde a été lue par intermittence : Plus d'action, moins intéressant selon moi. Et une fin qui laisse sur sa faim. Un épilogue qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe.
Les + :
J'ai énormément apprécié la psychologie des personnages (Ce qui explique peut-être pourquoi j'ai moins apprécié les "scènes d'action") Tout en nuances, les mentalités évoluent, et c'est très agréable à lire.
Et si les personnages les plus attachants étaient finalement les livres ? Car la question est posée : Quelle est l'utilité des livres ? Donnent-ils envie d'agir, ou passe-t-on à autre chose une fois la lecture finie ? Sont-ils dangereux ?
En bref, si ce n'est pas le meilleur livre du genre, il n'en reste pas moins très intéressant, je le conseille vivement.
Commenter  J’apprécie          20
Trolly44
03 octobre 2011
Depuis des attentats terroristes, le gouvernement britannique traque les moindres gestes ou paroles suspects. Les livres font l'objet d'une attention toute particulière tandis que la censure prend une place considérable : les classiques sont Récrits et les Censeurs viennent contrôler régulièrement les librairies afin de vérifier qu'elles ne proposent pas à la vente des ouvrages interdits. Stefan croit en son gouvernement, à ses actions et à son bien-fondé. Mais voilà qu'il apprend que son père fait partie des Mots, une organisation terroriste passive, et cache sous leur toit le terroriste le plus recherché...
Sam Mills signe un roman d'aventures aux multiples rebondissements. Ce roman m'a charmé, même s'il traîne en longueur. L'auteur soulève une réflexion sur la liberté d'expression et la censure.
Commenter  J’apprécie          20
Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
krol-francakrol-franca19 décembre 2010
- La question, a précisé Raf, est la suivante : dans un pays qui produit beaucoup de lois - et chaque jour une nouvelle loi est introduite dans notre société, qu'il s'agisse de mille euros d'amende pour n'avoir pas recyclé ou du contrôle d'identité mensuel -, la société devient-elle plus faible ou plus forte ?
Commenter  J’apprécie          90
AmeniAmeni09 février 2011
Il pensait que les gens verraient tout d'un oeil nouveau après les avoir lus. Qu'ils se retourneraient contre l'Etat et exigeraient le retour à la liberté dont nous jouissions avant, ici, en Grande-Bretagne. Mais j'ai fini par comprendre que l'Etat n'est pas forcément un régime oppresseur et détaché de tout, qui est là pour nous détruire. L'Etat, malheureusement, reflète la conscience collective.
Commenter  J’apprécie          50
cats26cats2606 février 2016
Dans les livres, il y a une partie qui ne ment jamais. L'écrivain met son âme dans ses romans. Chaque mot est comme une médaille avec deux faces : d'un côté, le mensonge, la fiction; de l'autre, la vérité, la justesse. On peut mesurer un homme aux histoires qu'il écrit.
Commenter  J’apprécie          70
cats26cats2606 février 2016
D'après lui, les pendaisons n'étaient pas faites pour les criminels, mais pour le public; elles servaient à canaliser et à évacuer le chagrin, la colère et la haine causés par la perte des êtres aimés dans les attentats.
Commenter  J’apprécie          60
cats26cats2606 février 2016
J'ai compris alors qu'on ne pouvait pas se fier aux mots, qu'ils pouvaient être aussi dangereux que des bombes et aussi trompeurs que le brouillard. On peut les utiliser comme des pièces : lancez-les une fois et vous tomberez sur pile, lancez-les encore et vous verrez une face.
Commenter  J’apprécie          40
autres livres classés : dystopieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle




Quiz Voir plus

Les plus grands classiques de la science-fiction

Qui a écrit 1984

George Orwell
Aldous Huxley
H.G. Wells
Pierre Boulle

10 questions
1978 lecteurs ont répondu
Thèmes : science-fictionCréer un quiz sur ce livre
. .